Erreur sur la personne [PV Lagertha]
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 Erreur sur la personne [PV Lagertha]

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Akhénaton V. Orello



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MessageSujet: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Jeu 23 Juin - 13:52

Nous pénétrons un hall bondé et bruyant. Tu as beau te mouvoir avec aisance entre les corps en mouvements, leur présence tout autour de toi M'irrite. Me gave. En silence, Je grogne et Je montre les dents. Tous restent pourtant aveuglement à Mon avertissement. Tous, sauf toi. Toi qui souris. Toi qui Me souris. Le dessin de ta bouche M'est tout acquis. Tu aimes Me sentir ainsi gronder en toi. Mon impatience à l'état brut. Tu sais combien de jours il reste à Ma peine. Tu refuses de Me le dévoiler. Ou peut-être bien que tu l'as fait encore ce matin. Je ne M'en rappelle pas. Ou plus. Ou peut-être bien que si. Je M'en moque. Tout ceci est beaucoup trop long. Je veux sortir. Et Je le veux MAINTENANT!

Le murmure mutin qui s'échappe de tes lèvres à peine entrouverte fait frétiller Mes sens aux aguets. Je Me concentre sur toi et toi seule. Toi qui arrive à Me bercer. Toi qui arrive à Me berner. Je sais que Je dois attendre. Cela ne Me plait guère. Je trépigne. Je tourne en rond. Tel un fauve en cage. Tel un animal dans tes entrailles.

Instinct ou réflexe, peu importe, fait est que la paume de ta main droite finit par se poser sur le tissu qui enveloppe ta paroi abdominale. Le haut de Mon crâne vient se lover contre l'intérieur de cette prison de chair. Je ferme les paupières. Il n'y a que toi, pour ainsi M'apaiser.

J'accepte ta requête silencieuse. Je retourne à Mon panier. Je malaxe le coussin que tu y as si soigneusement déposé. Je tourne en rond. Une fois. Deux fois. Je finis par Me coucher. Je ne reste pas pour autant sur Mes gardes. Je vois à travers tes yeux. J'entends à travers tes oreilles. Et Je goutte, ô oui Je goutte, cette envie contagieuse qui emplit lentement ton antre buccal. De là à certifier qui de Nous deux en est seulement à l'origine ... à Moi désormais de sourire de cette si délicieuse fatalité.

Je te laisse vaguer à tes occupations diurnes. Je tente de comprendre. Cela m'échappe souvent. J'abandonne encore plus. Ce n'est pas que cela ne m'intéresse pas, mais c'est tout comme. Pourquoi t'évertuer à marchander? Pourquoi tout simplement ne pas prendre ce qui revient de droit? Que les autres aient ce besoin maladif de se glisser dans des cases prémâchés, Je peux le comprendre. Mais pourquoi toi? Il te suffirait d'un mot à peine. Un mot pour que Je mette le monde à tes pieds. Un mot pour l'écraser de tes talons vertigineux. Un mot pour échapper à la médiocrité d'une telle aberrante réalité.

Tu n'en fais rien. J'accepte cette décision. Je la garde au chaud. Je t'observe. Je te suis. Je te vies. Tes moindres mouvements. Tes moindres inspirations. L'oxygène a beau rentrer par ta bouche, c'est bel et bien dans Mes poumons qu'il vient se nicher. Tu as accepté de tout Me partager, alors pourquoi ne pourrais-Je pas en faire de même?

Tu te diriges vers les coulisses. On ne tente même pas de t'arrêter. Le personnel est bien trop affairé ailleurs. On manque de te bousculer. Tout le long de ma colonne, Je sens les poils s'hérisser. Pourtant Je n'en fais rien. Pas sans ton accord. Jamais. Ou si peu.
Un homme d’un certain âge vient vers toi. Je ne peux M’empêcher de Me mettre sur la défensive. D’ouvrir la gueule en prévision de ce qui va suivre. Tu le laisses pourtant approcher. Si proche. Trop proche. Je sens son haleine fétide s’écraser sur ta peau si parfaite. Son aftershave M’agresse les narines. Je grimace. Tu lui murmures le numéro de ta loge. Rien de plus. Déjà tu te retournes. Déjà tu t’éloignes. Tu ne lui offres rien de plus que la vue de ton dos. C’est là tout ce qu’il mérite. Je ricane. Je Me sens beau. Je Me sens Grand.

Tu empruntes un long escalier aux marches de velours. Nous ne croisons aucune autre âme qui vive ou si peu. Cela Me convient parfaitement. J’aime t’avoir pour Moi seul. Tu te diriges vers un interstice dans le mur, seulement recouvert d’un rideau. Tu te glisses sous le tissu. Tu prends place dans une loge VIP réservée à ta seule attention. Moins de dix sièges. Tous inoccupés. Un balcon surplombant une partie de la populace constituée des petites gens. Ni l'un ni l'autre Nous n'avons de l'attention à leur porter. Même si l'envie ne Me manque guère d'y uriner. Et si tu te penchais par-dessus la rambarde pour cracher? Promis, Je ne cafterai pas. Puis de toute façon, que peuvent-ils bien te faire? Tu es intouchable. Si pas par Moi, au moins de par ton nom.
Tu repousses gentiment toutes Mes propositions. Je pourrais M'en offusquer. Il n'en est rien. Je reste silencieux. Tapis dans l'Ombre. Assis en chien de faïence sur le trône que tu M'as érigé. Là encore Je vois à travers tes yeux. Je devine à travers tes impressions. Sous mon impulsion, ta tête part légèrement de côté. J'ai beau voir les acteurs bouger, Je ne comprends pas un traitre mot de leur cinéma. Cela semble pourtant te plaire. Tu restes silencieuse. Un brin rêveur. Est-ce le spectacle qui a cet effet euphorisant sur toi? Ou tes songes sont-ils déjà loin? Dommage que tu ne peux point M'y emmener. N'oublies pas de revenir. Tu Me manques déjà.

Une scène touche à sa fin. Le décor change. Le remarques-tu seulement ? J’aimerais beaucoup rentrer dans ta tête. Pénétrer tes rêves. M’incruster davantage encore dans ton subconscient. Fusionner avec ton inconscient. Je ronge pourtant Mon frein. Je t’accorde encore un peu de liberté. Promis.

Un bruit dans Notre dos te sort de ta transe. Tu n’en montres rien si ce n’est le léger mouvement de tes paupières. Je tente de découvrir l’identité de l’invité surprise. Là non plus tu ne M’accordes nullement ce caprice. Ton attention reste plongée sur le podium. Une silhouette vient prendre place à tes côtés. Tu ne démords toujours pas de ta position. Tu ne tournes pas le regard. Tu souris à peine. Je peine à comprendre ta réaction. Cela Me frustre quelque peu. N’es-tu donc pas un minimum curieuse ?

    - 20 000 en petites coupures.


Ta voix est douce. Envoûtante. J’aime à Me laisser bercer par son timbre sous-jacent. Elle M’apaise autant qu’elle M’enivre. Elle promet tellement à celui qui sait l’interpréter.

L’enveloppe concernée est posée sur le siège qui vous sépare. J’avoue être intrigué. Qu’as-tu bien pu acheter pour un tel montant ?
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Lagertha MacKenzie



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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Sam 25 Juin - 21:36


Erreur sur la personne
Lagertha & Akhénaton

Ils n’avaient pas pu travailler de la journée. Toute la troupe avait été en congés forcés, parce qu’une autre pièce était jouée ce soir-là sur les célèbres planches de la Comédie Française… et bien évidemment, il leur fallait répéter pour cette soirée. Ça ne dérangeait pas tant l’Ecossaise qui, en vérité, même si elle était un bourreau du travail et ne vivait presque que pour cela, était soulagée. Elle allait pouvoir se faire une journée rien que pour elle. Ce genre d’événements était rare pour elle et, souvent, elle ne savait pas bien quoi faire. On lui aurait conseillé de rester toute la journée sur le canapé, en pyjama, avec un pot de glace devant la télévision, mais Lagertha était une femme d’action. Elle ne pouvait pas rester en place ainsi pendant des heures, ne bougeant que pour remplir et vider son estomac. Bien qu’elle se fût accordée une grasse matinée bien méritée, la jeune femme était rapidement sortie. D’abord pour aller faire des courses pour remplir le frigo de l’appartement qu’elle partageait avec Ysabeau, puis pour son propre plaisir, enfilant jogging et baskets pour aller courir. Elle ne s’était munie que d’une bouteille d’eau, de ses papiers d’identité et de quelques billets et était partie à l’aventure dans la capitale française.

Depuis qu’elle était arrivée – il y avait de cela plusieurs mois maintenant, pas encore tout à fait un an – Lagertha n’avait guère eu le temps de faire du tourisme. Elle était souvent trop épuisée, tant physiquement que mentalement, après les journées de répétition et d’engueulades avec le scénariste, pour ne serait-ce que fouler les pavés. Aujourd’hui, elle profitait donc de son jour de congé pour faire un peu d’exploration. Elle n’avait rien des touristes glamour qui arpentaient les rues, vêtue de sa tenue de sport et suante, mais elle appréciait cette découverte de la cité, à sa façon. Sans concession, avec toute la franchise dont elle était capable. Sa queue de cheval oscillait, battant ses épaules, à chaque large foulée. Elle s’était perdue dans les petites rues, suivant simplement son instinct, faisant confiance à son sens de l’orientation pour la ramener sur les axes plus vivants. Après tout, si elle était capable de s’y retrouver dans les champs les plus paumés de l’Ecosse, Paris ne serait pas bien compliquée. Elle s’était arrêtée quelques fois, sans réfléchir, dans des cafés ou des sandwicheries, pour simplement profiter d’une décoration agréable ou d’un filet de musique qui s’échappait de la bâtisse. Elle ne s’encombrait pas de pensées compliquées. Le but était justement de faire le vide, de profiter de choses simples et immédiates.

Puis, finalement, elle était rentrée. Elle serait bien restée à courir encore, si seulement elle n’avait pas reçu une invitation pour ladite pièce qui lui avait valu ce jour de tranquillité. Alors qu’elle avait pénétré dans l’appartement – apparemment délaissé par sa colocataire –, Lagertha avait constaté sur l’horloge accrochée au mur que l’heure était déjà bien avancée. Tellement qu’elle savait pertinemment qu’elle serait en retard une fois qu’elle aurait fini de se doucher et de se préparer. Elle lâcha un juron fleuri en gaélique avant de traverser la pièce principale, semant sur son chemin ses baskets, l’élastique qui enserrait sa chevelure blonde, et ses vêtements. Elle se glissa sous le jet bouillant de la douche et savoura malgré tout la cascade d’eau sur son corps, poussant un soupir d’aise. Elle ressortit néanmoins assez vite de la cabine et, enroulée dans une serviette éponge, une autre autour de ses cheveux, rejoignit sa chambre pour se trouver une robe pour la soirée. Sa langue claqua contre son palais et elle sélectionna une petite robe noire et exhuma une paire d’escarpins de la même couleur. Autant faire sobre. De toute façon, elle n’avait pas de robe de cocktail ou autre connerie du même acabit. Dieux, elle était issue d’une petite famille d’écossais au sang vigoureux, pas de la haute société aristocratique de Paris.

Quand elle arriva enfin à la Comédie Française, Lagertha était effectivement en retard. Cela devait faire bien une demi-heure que la pièce avait commencée. Si le portier ne la connaissait pas si bien, il lui aurait refusé l’entrée, comme il était coutume au théâtre. Une fois les portes fermées, on ne pouvait plus entrer. Question de respect. Pourtant, devant son sourire d’excuse et ses talons hauts qui martelaient le sol, il la laissa passer. Il ne la guida pas à travers les coulisses de la célèbre salle de spectacle, elle les connaissait mieux que son propre appartement, et elle était bien capable de trouver sa place toute seule. Elle ralentit devant la porte qui menait au balcon où était son numéro de siège, piétinant quelque peu sur ses escarpins, replaçant deux mèches qui s’étaient échappées de son chignon lâche et ouvrit la porte de la manière la plus discrète possible. Se dirigeant dans le noir, la jeune femme gagna son siège. Elle tourna la tête vers la personne déjà présente dans l’alcôve, prête à s’excuser et à la saluer d’un signe de tête, mais l’autre VIP resta concentrée sur la pièce qui se jouait en contrebas. Lagertha pinça les lèvres, haussa légèrement les épaules et s’assit.

Elle était en train d’essayer de reprendre le fil de la pièce, jetant un coup d’œil à son programme pour chercher à quelle scène de quel acte ils en étaient, quand elle remarqua un mouvement dans son champ de vision. L’enveloppe blanche semblait bien pâle dans la pénombre, sur le siège entre elle et l’autre spectatrice. – 20 000 en petites coupures. – Lagertha fronça les sourcils et chercha à accrocher le regard de la brunette, sans y parvenir. Excuse me ?! s’étrangla-t-elle à moitié, tentant de ne pourtant pas hausser la voix. Si elle ne connaissait encore guère de mots en français, l’émotion vive qu’elle ressentait gommait tous ceux qu’elle avait pu apprendre. Qui croyait-elle qu’elle était, hein ? Elle fronça un peu plus les sourcils, au souvenir d’une autre scène qu’elle avait surpris dans ce théâtre-même. Etait-il le lieu où des transactions illégales se faisaient ? Rien que cette idée l’exaspérait au plus haut point. I don’t know who you think I am, but I don’t want your f… Elle s’arrêta avant de jurer et reprit rapidement. … money ! Elle décroisa les jambes pour les croiser dans l’autre sens, plaça ses bras contre sa poitrine et rapporta son regard sur la scène, snobant son « interlocutrice ».



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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Mer 29 Juin - 8:35

Je perçois son arrivée une fraction de seconde avant toi. Le martèlement de ses pieds sur le sol. Le couinement à peine perceptible d'une porte cachée. Pourquoi n'a-t-elle pas emprunté le rideau, comme toi-même tu l'as fait à ton entrée? Beaucoup plus discret. Vachement moins criard. Rien que par cela, elle M'exaspère déjà. Pourtant, Je dois bien avouer que la curiosité est en train de gagner du terrain. J'ai envie de humer l'air tout autour d'elle. De nicher Ma truffe dans sa nuque. Dans ses cheveux. Elle vient de l'extérieur. Je suis même certaine qu'elle est venue à pieds. Peut-être même en courant. Et toi Akhénaton, quand consentiras-tu enfin à Me (re)lâcher?

Malgré son intrusion plus que dérangeante, tu ne détaches aucunement ton regard de la scène principale. J'ignore par contre si tu suis effectivement leur gestuelle si comique ou si tout n'est que futile apparence. Si toi aussi tu l'as déjà senti. Si toi aussi tu n'aspires qu'à en prendre plus. Est-ce là un semblant de sourire que Je perçois aux coins de tes lèvres? Que Me caches-tu? Dis-le-Moi. Susurre-le Moi au creux de Mon ouïe en plein éveil. Promis, Je ne cafterai pas. Promis, Je saurai Me tenir.

Je tourne en rond tel un fauve en cage. Je veux voir! Pas la scène avec ces pantins désarticulés. Pas l'homme d'orchestre qui apporte une dimension supplémentaire à cet ersatz de drame raconté. Et certainement pas à ces centaines de fourmis au silence ébahi. Non! Ce que Je veux Moi se trouve ici. Et Je le veux maintenant! Si J'avais eu des mains à la place des pattes, sans le moindre doute serais-Je déjà en train de marteler l'intérieur de ta cavité abdominale. Je pourrais, il est vrai, te gratter. Te griffer. Et, pourquoi pas, même te déchirer. Mais Je n'aspire pas le moins du monde à te blesser. Dès lors Je Me contente de chouiner. Un peu. Passionnément. A la folie. Tu finis par céder à Mon caprice. A moins que ce ne soit là rien de plus que ta réaction sur son expression clairement outrée? Ton visage se détourne vers le côté. Je découvre le sien au même moment que toi. Je braque Mes sens aux tiens. Je décortique les mêmes éléments que toi. Je savoure les détails. J'avale les imperfections. Le voile qui transparait dans ses prunelles étrangères ne fait qu'accentuer davantage ses origines lointaines. Je ne comprends pas un traitre mot de ce qu'elle déblatère. Sa voix m'est indignation. Irritation. Elle monte dans les aigus et manque de Me vriller un tympan. Je plisse des yeux et secoue légèrement le crâne pour Me défaire de cette saloperie. Toi pourtant, tu ne sembles nullement en être affectée. Tu l'observes en silence. Tu insistes pour accrocher ton regard au sien. Elle refuse. Elle détourne l'attention. Elle replie les bras et les jambes. Est-ce là une moue que Je vois naître sur son joli visage? Oserait-elle seulement te bouder?

J'ai envie de rire. De ricaner. De claquer des dents en félicitations à cette audace assumée. Tu sembles suivre Mon dessein. Toi aussi tu souris. Tu penches à peine la tête. Tu observes la courbe de sa nuque. Le gonflement de sa jugulaire. Ni une ni deux me voilà en position. Droit. Fier. Je sens la musculature de Mon dos se contracter. Prêt à bondir. Prêt à sauter. Ma respiration s'accélère dans Ma cage thoracique. Notre cœur mutuel rate un mouvement. Laisse-Moi sortir.

Tu fais bien pire que cela. Ô toi fourbe créature que J'ai choisi pour Mienne. Tu prouves bien là ta parfaite maîtrise de la situation. Le plaisir non-feint que tu éprouves à Me torturer ainsi. Dans un seul et même geste sans fin, tu épluches l'enveloppe du siège et te glisses à son seul emplacement. Te voilà tout contre. Si près. Et pourtant tellement loin à la fois. Tu te penches vers elle sans même attendre ton reste. Du bout du nez tu effleures l'infime - infâme - pellicule de sueur qui persiste à même sa peau. Qui ruissèle de manière invisible à l'orée de cette magnifique veine omniprésente. Je ne vois qu'elle. Je ne sens qu'elle. Et en cet instant bien précis, c'est tout ce auquel J'aspire. Tes lèvres s'entrouvrent à peine. Vas-y. VAS-Y!

    - Scotland?


Un mot à peine. Ce point d'interrogation qui n'en est pas vraiment un. Pourquoi donc poser une question dont la réponse t'est d'ores et déjà acquise? Pourquoi t'éterniser? Pourquoi continuer à reporter? Tu connais les limites de Ma propre impatience pourtant mieux que quiconque! Il te suffirait de si peu pour la toucher. Pour la goûter. Pour la mordre. C'est d'ailleurs ce que Moi Je fais. Je claque. Fort. Bruyant. Je gronde et Je peste car tu ne m'accordes pas le droit de jouer. Déjà tu te retires. Tu as pris ce que tu voulais. Et Moi, Je me sens lésé. Humilié. Je te déteste! Je te hais! C'est décidé, Je ne veux plus de toi! A la prochaine lune, Je Me barre!

    - Original comme choix de contact.


Je ne peux décemment pas te bouder bien longtemps. Ta voix M'intrigue. Elle M'appelle. Elle M'hypnotise. A tes côtés Je suis comme un jeune chiot qui n'aspire qu'à apprendre et à écouter. En occurrence, T'écouter. Je suis comme accroché à tes lèvres. Je bois tes moindres paroles. Je Me noie dans ton verbe. Depuis notre toute première rencontre, tu as toujours eu cet effet dévastateur sur Ma seule consistance.

    - Discret. Passe-partout. Insoupçonnable.


Tes mots sont à Mes oreilles comme des notes virevoltantes. Elles s'attardent un instant tout autour de Ma silhouette avant de se fondre et se morfondre dans Mon ombre. J'aspire à les attraper. A les happer. A les faire Miens pour l'éternité. Le temps n'est pas de cet avis. Il les arrache à Mon unique contemplation. Il les évapore. Il les détruit. Je ronchonne face à cet excès de fatalité.

    - Ou pas.


Je perçois un subtil changement de ton. Plus sec. Plus cassant. Me revoilà tout acquis à la cause. A ta cause. Tu n'es pas personne à te laisser berner. Tu es passée toi-même Maître dans cet art. Tu n'es pas n'importe qui. On ne se joue pas de toi. Tout au plus, avec. Mais pas ce soir. La somme y est. Tu l'as compté par trois fois. J'ai vu une panoplie de têtes mortes dévaler. Jusqu'à en avoir le tournis. Si cette fille veut plus, elle va devoir outrepasser ses talents de négociatrice. Elle ne sait clairement pas à qui elle a à faire. Je salive d'avance à la prévision de la répartie.

    - Where is the object?


Je ne sais toujours pas ce que tu as acheté. A dire vrai, Je M'en moque bien. J'espère sincèrement qu'elle va tenter de te berner. J'ai encore tant de nuits à attendre avant de pouvoir sortir. Une petite distraction imprévue m'aiderait assurément à patienter.
Un peu.
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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Sam 2 Juil - 22:01


Erreur sur la personne
Lagertha & Akhénaton

L’inconnue cherchait à conserver son attention, l’ancrage de leurs regards. Mais l’Écossaise n’en avait pas envie. Elle ne voulait rien avoir à faire avec une femme qui amenait autant d’argent dans son théâtre pour une transaction qui devait être illégale. Comme la dernière fois. Mais Lagertha apprenait vite : elle ne toucherait pas à l’enveloppe. Elle n’avait pas encore envie de subir un phénomène étrange… qui sait s’il n’y avait pas encore une sorte d’agent biologique, pathologique, ou un poison sur le papier qui lui paralyserait tout le membre ? Elle se détourna alors de l’inconnue et reporta son attention sur la scène, ses membres croisés contre elle la refermant comme une huître. Elle ne voulait rien avoir à faire avec ce genre de transaction. Elle espérait que l’autre comprendrait et qu’elle la laisserait à sa contemplation de la pièce qui se déroulait en contrebas. Qu’elle comprenne qu’elle n’était pas la personne qu’elle attendait visiblement. Si ce genre de rencontres fortuites se produisait encore, elle allait finir par en discuter avec le directeur du théâtre. Elle ne supportait pas l’idée de travailler dans un lieu qui abritait ce genre de pratique. Sa langue claqua contre son palais, elle ferma les yeux et secoua légèrement la tête, exaspérée.

La jeune femme sursauta en sentant le contact de la chair contre sa gorge. Elle sentit la caresse infime des lèvres qui s’entrouvrent, le souffle sur sa chair à la fine pellicule de sueur. – Scotland? – Lagertha bougea sur son fauteuil, cherchant à s’éloigner de cette présence intrusive autant que le lui permettait l’accoudoir opposé. Elle tourna la tête, simplement pour fusiller l’inconnue du regard. Elle avait assez de culture pour reconnaître son accent, elle devait bien lui concéder cela. Mais ça n’irait pas plus loin. Ses prunelles s’étrécirent et la ligne de sa bouche se plissa. Dans la pénombre, l’autre semblait prédatrice et ténébreuse. Elle arrêta pourtant son observation et se détourna encore une fois. – Original comme choix de contact. – Les mots lui parvenaient, mais elle faisait mine de ne pas les entendre. Ses lèvres étaient toujours plissées, ses bras croisés contre sa poitrine. Elle n’était pas particulièrement fan de la pièce, mais elle voulait lui accorder l’attention qu’elle méritait. Le travail était bien fait… seulement le sujet n’était pas celui qu’elle préférait. – Discret. Passe-partout. Insoupçonnable. – Elle comprenait la plupart des mots, même si elle avait encore du mal avec les intonations françaises et que son vocabulaire était assez faible. Elle ne comprenait pourtant pas le sens qu’ils portaient ainsi assemblés les uns aux autres. Pour qui cette femme la prenait-elle ?

– Ou pas. – Le ton plus sec lui fit raidir l’échine. Elle put percevoir, comme la corde tendue d’un instrument sur laquelle une note vibrait, l’impatience de celle qui se tenait à ses côtés. Elle ne lui accordait toujours pas son attention, refusant de lui faire face encore une fois. – Where is the object? – Un soupir mourut sur ses lèvres et, dans un clignement lent des paupières, Lagertha finit par l’observer à nouveau. I don’t know what you’re talking about. Please, let me enjoy the play in silence. Elle lui lança un regard appuyé qui voulait tout dire. Même si elle avait potentiellement pensé à rester chez elle ce soir au lieu de répondre à l’invitation qu’on lui avait envoyée, Lagertha voulait faire honneur aux comédiens en contrebas… d’autant plus qu’elle n’avait rien à faire, aucune affaire à traiter, avec cette femme. Elle avait cette allure… celle des êtres qui n’étaient pas spécialement fréquentables. Inverness était assez épargnée par les affaires les plus sombres, mais Lagertha avait croisé quelques visages dans les rues de la capitale française qui avaient retenu son attention… et qu’elle n’avait guère envie de revoir. Il y avait quelque chose qui pourtant l’intriguait chez cette femme, au-delà de la ferme impression, intuition, qu’elle ne lui apporterait que des ennuis. Please. insista-t-elle encore une fois. I really don’t have any idea of what you’re talking about… and I just want to watch the play.



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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Ven 8 Juil - 8:12

Son odeur Me colle dans les narines. Elle M'enivre. Elle Me saoule. Mais dans le bon sens du terme. Je ne sens plus qu'elle. Son parfum étranger ponctué par la moue délicieuse de sa bouche boudeuse. Je suis PERSUADÉ qu'elle met en scène toute cette gestuelle rien que pour Me narguer. Eh bien félicitations jeune demoiselle, vous venez de gagner votre pari. Je vous suis tout acquis.

Je Me lèche les babines tandis que vous jouez au jeu du chat et de la souris. Je n'ai pas encore décidé vers qui exactement allait Mon vote de faveur. Il en va de soi que la logique veut qu'il soit pour toi ... mais pourquoi ne pas pimenter un peu les enjeux? Pourquoi ne pas Me faire désirer à Mon tour? Pourquoi serait-elle seule à jouer? Pourquoi serait-elle l'unique à pouvoir gagner?
Non, Je veux et J'exige Ma part du gâteau. Comme Je sais pertinemment que tu ne consentiras pas à Me l'offrir, il ne Me reste plus qu'à le prendre! J'ai beau ne pas avoir le contrôle de la situation, Je peux pourtant te perturber un minimum depuis les Ténèbres et leurs tréfonds.

Elle te renvoie des mots acerbes à travers son langage étranger. C'est le même que celui utilisé par Dior. Je commence doucement à M'y habituer. Même si Je dois avouer que Je préfère la tonalité que toi tu utilises habituellement. Sa mélodie est présente, c'est un fait. Je pourrais M'y calquer. Mais Je n'en éprouve aucun besoin et nulle envie. Tu seras Mon interprète et en échange Je te voue une confiance aveugle. Quelle belle preuve d'allégeance, ne trouves-tu donc point?

La fille tente de s'éloigner. Pourtant elle ne consent pas pour autant à fuir. La pièce en contre-bas représenterait-elle donc une telle aubaine à sa pauvreté? Permettez-Moi d'en douter. Je Me colle plus encore contre la paroi de ton toi. Je fixe avec intensité à travers tes seules pupilles. Elle ne doit probablement rien en remarquer. Tant mieux pour elle. Tant pis pour Moi. Je n'insiste pas longtemps. La vue n'est pas le sens le plus avisé pour ce genre de premier rencard. Dès lors Je prends un peu de recul. Je ferme les paupières et inspire profondément. Je répète les processus à diverses reprises. Je laisse les senteurs venir à Moi. Je Me laisse envelopper par toute l'information gratuite qu'elle consent si indélibérement à Nous accorder. S'il était en Mon pouvoir de le faire, Je Me roulerais dans son parfum à l'image d'un vulgaire cabot qui trouve une fiente de pigeon. A vos yeux ce n'est peut-être pas très ragoûtant. Pourtant à la transposition animale il s'agit là d'un instinct des plus aboutis. Ne poussons pas pour autant la rêverie à son point d'apothéose. Mon hôte ne saurait assurément pas apprécier ce genre d'adage à sa véritable valeur. Je ne lui en tiens aucune rigueur. Il est vrai que l'humain dispose de son propre code déontologique.

Si c'est le silence qu'elle veut, c'est également lui qu'elle aura. Tu n'insistes pas. Pourquoi? Ton absence de réaction et ta facilité à obtempérer face à une si faible proie ne font que davantage stimuler Ma faim. Je devine autant que Je sens ton sourire sous-jacent. Invisible à l'œil nu, Je n'éprouve pourtant aucune difficulté quelconque à l'imaginer. Je Me sens privilégié. Tu Me caresses dans le sens du poil. Je devrais M'en méfier. Oui ... Je devrais.

Je sais qu'il s'agit là d'un test à Mon attention. Une épreuve du feu. Tu te colles à une inconnue. Tu viens humer l'air qui l'entoure. Tu ne bouges pas. Tu n'attaques pas. Il est là exactement ce que tu attends de Moi. Que J'apprenne à attendre ton feu vert. Que Je M'engage à respecter ton code de la route. Bien sûr cela n'est pas pour Me plaire. Pourtant Je sais que Je devrai apprendre à M'y plier si Je veux continuer à exister. J'ignore comment, mais Je reste persuadé que tu as en toi le pouvoir de m'exorciser. Ou du moins celui de trouver et payer quelqu'un pour le faire. Cette seule idée fait naître un rictus à même Mes crocs. Je suis tellement bien ici. Je ne veux nullement partir. Je comprends le message. Je vais devoir apprendre à obéir.

Et c'est exactement ce que Je fais. Je Me contente de M'asseoir et d'attendre. De regarder droit devant Moi. D'observer, à travers tes yeux, le spectacle qui continue à se dérouler tout en bas. C'est d'un lassant. C'est d'un barbant. Pourtant Je ne rechigne ni ne ronchonne. Si Je suis sage ... peut-être bien que Je serai récompensé?

Après un temps qui M'apparait comme interminable, la scène finale est jouée. Le rideau tombe. La foule de nuisibles se lève pour applaudir. Je reste persuadé que ce sont eux les véritables acteurs de ce petit jeu. Payés pour vanter les mérites d'un attroupement hétéroclite. Mais passons. Je Me suis tenu à carreau non? On peut jouer maintenant?
Oui ta tête se tourne de côté!!

    - Un caprice en vaut bien un autre non?


Oui, oui, oui et encore OUI! Vas-y, mords-la. Griffe-la. Gifle-la. Peu importe. Fais quelque chose! Je ne ...
Qu'est-ce que ...

Un bruit dans Notre dos. Ton attention se détache de Mon nouveau jouet au profit d'une silhouette qui se glisse dans la loge par le rideau. Il s'agit d'une jeune femme aux boucles blondes. Pas plus âgée que Notre première interlocutrice. Visiblement essoufflée. Dans ses mains, une boite en carton parfaitement scellée.

    - Miss Orello, je suis navrée je ... Oh.


Oh indeed ...

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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Dim 17 Juil - 10:45


Erreur sur la personne
Lagertha & Akhénaton

Finalement, l’inconnue fit silence. Dans un soupir à peine prononcé, Lagertha se retourna vers la scène pour contempler le spectacle se déroulant en contrebas. La pièce n’était pas si glorieuse que cela, malgré le fait qu’elle soit présentée dans une salle aussi prestigieuse que la Comédie Française. La jeune écossaise en avait vues des bien meilleures dans des établissements bien plus petits, avec pour seuls sièges des chaises qui vous donnaient mal aux fesses, mais d’une telle qualité qu’on en oubliait la douleur de son postérieur. Là, elle s’ennuyait quelque peu, mais elle refusait de donner raison à cette femme qui semblait la prendre pour quelqu’un d’autre. Elle ne voulait pas rentrer dans son jeu. Et on lui avait offert cette place. On lui avait appris à honorer les présents qu’on lui faisait. Alors même si la pièce n’était pas transcendante et au-delà de toute espérance, Lagertha se concentra dessus. Elle détailla la finesse des chorégraphies, prêta attention aux notes délicates de la cantatrice, à celles que parvenaient à atteindre son homologue masculin. Elle pouvait en déduire qu’ils avaient tout misé sur le talent du couple de chanteurs et sur bien peu d’autre chose. Néanmoins, la jeune femme parvint à apprécier ce qu’elle voyait. Elle se fit la remarque que ces deux-là pourraient avoir un avenir des plus brillants au sein du monde du spectacle, si seulement ils arrivaient à se détacher de cette compagnie qui les tirait vers le bas. Peut-être y avait-il des agents et des producteurs ce soir dans la salle. Peut-être auraient-ils une chance d’atteindre les prestigieuses planches de Broadway ou Carnegie Hall. Peut-être.

Puis le rideau final se déroula paisiblement sur la scène, l’épais tissu de velours rouge balayant le parquet. Les applaudissements retentirent dans la salle, bien que plus polis qu’enthousiastes. Lagertha les observa s’aligner devant, pour saluer le public. Elle se leva à son tour, comme tous les autres en contrebas, mais ses applaudissements s’étaient déjà taris. Elle voulait simplement quitté l’alcôve, sans un mot pour celle qui avait partagé ce balcon avec elle. Elle n’avait rien à lui dire, ne lui devait rien. – Un caprice en vaut bien un autre non? – Mais apparemment la brune n’était pas de cet avis. Lagertha eut un demi-soupir et releva les yeux vers l’inconnue. Elle ne savait vraiment pas ce qu’elle lui voulait. Elle n’avait rien à lui vendre, certainement pas pour la somme en petites coupures qu’elle avait pu vaguement deviner dans l’enveloppe. Elle ne voulait pas prendre part au moindre trafic pouvant avoir lieu dans cet établissement. Au contraire, si seulement elle pouvait y mettre fin une bonne fois pour toute, elle n’en serait que plus satisfaite. Pourquoi tout le monde semblait vouloir pratiquer l’illégalité sur son lieu de travail ? Ne pouvaient-ils pas aller dans les ruelles sombres comme tous les autres ? Un théâtre n’était pas le lieu pour ce genre de pratique. L’arc de sa mâchoire se contracta alors qu’elle allait répondre, perdant le peu de patience qu’il lui restait… mais le froissement du rideau la fit tourner la tête. Une nouvelle personne se tenait là, une boite entre les mains. Elle aurait pu lui ressembler, dans la pénombre de la salle de spectacle, mais Lagertha voyait bien en cette nouvelle venue une faiblesse qu’elle-même ne possédait pas. Peu importait ce qu’il se jouait réellement là, il était clair que la blondinette ne devait être qu’une livreuse et pas une négociatrice. Elle n’avait pas les ovaires pour ça.

Les yeux clairs de l’écossaise se plissèrent. Elle jeta un regard appuyé à la brune, lui signifiant clairement un « je vous l’avais bien dit », puis elle fit quelques pas dans la direction du rideau. L’autre s’avança pour se décaler afin de la laisser passer, pensant qu’elle voulait sortir. Elle aurait pu. Mais Lagertha en avait assez que ce genre de pratiques ait lieu ici. Elle posa sa main sur la boite allongée.  You should do that elsewhere. A theater is not the place for that kind of filthy things. You should be ashamed of yourselves. lâcha-t-elle d’une voix glaciale qu’on lui connaissait bien peu, sauf quand, comme à cet instant, elle prenait position contre quelque chose qui l’horripilait. Go do your crap outside of my theater. ajouta-t-elle, le regard planté dans les prunelles timides de la blondinette, la main toujours sur la boîte. Elle ne bougerait pas tant que l’autre ne reculerait pas et ne sortirait pas de l’alcôve, puis du théâtre.



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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Jeu 25 Aoû - 13:16

La nouvelle venue ravale un hoquet. Sursaute intérieurement. Son palpitant vient de rater un battement. Elle ignore visiblement qui de vous deux constitue la pièce maîtresse de tels enjeux. Toi elle te connait. Si pas de vue, au moins de nom. De réputation. Elle a beau n'avoir jamais assisté, elle sait pertinemment ne pas vouloir être celle qui te servira de modèle ce soir. L'autre jeune femme par contre, elle ignore en tout point comment l'approcher. S'il y a lieu de plier l'échine, de courber le dos ou tout simplement de nier son abjecte présence. Je souris de plus belles. Les cartes viennent de changer. L’enjeu de monter en puissance. Considérablement même.

Toi tu restes là. Assise. Stoïque. Tu assistes à une scène digne d'un lynchage publique. Tu laisses volontiers le premier rôle à celle dont aucun ici présent ne connait la réelle identité. Je suis aux aguets. Je suis au taquet. Si seulement Je le pouvais, Je lui filerais un coup de museau dans les reins afin de faire avancer les choses. Afin de provoquer une réaction. Pourquoi diable est-ce toujours aussi long?!

Elle se lève. S’avance vers le livreur. La demoiselle au langage soignée recule d’un pas. Comme pour laisser passer. Sans intérêt.
Cela aurait assurément pu en rester là. Elles croisent. Se toisent. Se quittent sans un mot. Fin de l’acte. Le rideau tombe. Je boude. But hey, au moins J’aurais eu l’audace de la renifler. Tout cela est bien entendu sans compter le revers de la médaille. La frustration entraînée. Engendrée. L’étrangère refuse de céder à la facilité. Elle riposte. Elle attaque. Elle agresse même. Je suis on ne peut plus attentive à cette nouvelle approche. Des fourmis par milliers semblent se disputer la suprématie de Mon organisme tout entier. J’ai envie de bondir. De sauter. De ruer.
Comme à ton habitude, tu M’en empêches grandement. Tu restes assise. Callée confortablement dans un siège qui ne l’est pas vraiment. Observatrice silencieuse. Spectatrice muette. Se rendent-elles seulement compte que, au final, c’est bien toi le seul marionnettiste ?

Son avant-bras se tend. Elle dépose une main qui ne tremble pas sur le haut de la boite en carton. Nouveau sursaut. Nouveau hoquet. Don’t shoot the messenger que dit pourtant l’adage. Je ricane de plus belle. De ta propre bouche ne s’expulse guère le moindre mot. Mais comment fais-tu donc pour ne pas te ruer dans l’action ? Pour ne pas participer activement à la création ? Et si pas toi, pourquoi également M’en priver Moi ?
Entre pester, grogner et la fermer ; J’avoue que Mon cœur balance. Dangereusement même. Tu ne serais pas sujette au mal de mer par le plus grand des hasards ?

Des mots. Encore des mots. J’ai beau ne pas tout comprendre, toi cela semble fortement t’amuser. Le sourire affiché aux coins de tes lèvres ne s’en veut que plus accentué. Je connais cette expression. Elle Me file des frissons. J’accepte. J’adhère. J’exige. Toujours. Plus. Vas-y, lève-toi !

C’est ce que tu fais. Je n’en crois pas Mes propres yeux. Il est tellement rare que tu cèdes à Mes seuls caprices. Mais peut-être n’y a-t-il là tout simplement aucun lien de cause à effet. Après tout, cela va faire bientôt trois années que Nous nous côtoyons. Quoi de plus logique que Nos états d’esprit commencent ENFIN à converger. La question qui persiste désormais est de savoir qui déteint sur qui … in fine, est-ce vraiment important ?

Le regard planté dans celui de la messagère dépourvue de réplique, l’Ecossaise ne te voit pas approcher. Et même si elle le sent, tu es bien trop rapide. Silencieuse. Aérienne presque. Je Me sens Moi-même comme flotter sur un petit nuage. Comme courir dans un champ de coton. Tu te colles dans son dos. Tu pousses le vice à son apothéose en osant même aller jusqu’à la frôler. L’effleurer. Peut-être même la toucher. Tes lèvres en feu au sourire étincelant viennent se perdre dans le creux de son cou. Juste là, à la naissance de son oreille droite. Tu inspires son parfum. Tu expires ton indéniable besoin de dominance. Non seulement à son encontre à elle, mais à celui du monde entier qui ne mérite rien de plus que ramper à tes pieds.
Ta bouche s’entrouvre à peine. Ma gueule mime à la perfection cette sordide approche. Je cesse de respirer. Je peine à déglutir. Si proche et pourtant toujours trop loin. Cesse de Me faire languir bordel !

    - YOUR theater ?


Le premier mot glisse. Roule. S’immisce. S’insinue. Il se fait maître de ce balcon à Mes yeux si petit que pour contenir une telle pression. Je crains ne plus tenir bien longtemps. Mes canines Me chatouillent. Mes griffes de démangent. J’ai tellement envie de jouer. Et à défaut, Je pourrais Me contenter de goutter.

Tu détournes à peine le visage afin de plonger ton attention dans le regard du troisième improvisé protagoniste. Tu ne démords pour autant pas de ta place de prédateur. Tu restes dans le dos de l’une. Seule barrière tangible qui se dresse entre toi et l’autre. Dans ses yeux, Je lis la peur. La terreur. L’angoisse. L’anticipation. Tellement de bonnes choses. J’en viendrais presque à saliver.

    - Vous êtes en retard mademoiselle Bloom.


Le cavalier noir en C6.

    - Miss Orello, oui. Pardon. Je sais. Je …


Panique. Sueur. Le regard qui baisse. La voix qui tremble. Je ne manque pas une seule miette de ce délicieux repas.

    - Shhhh … ce n’est pas grave.


Même Moi J’en viens à Me demander à qui exactement s’adresse ce vicieux murmure. Malgré le temps qui passe, tu ne cesses de Me surprendre. Oh comme J’aime cela.

    - What about you show us where we should do those filthy things miss Sunshine?


Si tu le pouvais, tu t’en rapprocherais encore plus. J’en suis intimement convaincu. En rentrant à l’appartement ce soir, ce n’est pas l’odeur du loup que tu auras collé tout partout sur toi … mais bien celui du RAT.

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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Mer 21 Sep - 16:01


Erreur sur la personne
Lagertha & Akhénaton

L’autre se leva enfin. Si elle ne la voyait pas, elle l’avait entendue, elle l’avait senti dans le mouvement infime de l’air. Elle était une guerrière, elle avait appris à être plus qu’attentive de ce qui l’entourait. Surtout quand la situation l’exigeait. Et elle l’exigeait. Peut-être que tout ceci pourrait se finir rapidement. Elle aurait pu en rester là, partir sans demander son reste. Mais elle n’était pas la première qu’elle surprenait à trafiquer dans le théâtre. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Il y avait un autre endroit que la Comédie Française pour ces activités illégales. Le coin d’une rue ou un parc désert par exemple. Pas besoin de venir troubler ce lieu de culture par le poisseux du trafic.  Pourtant, l’autre la surprit en se coulant derrière elle, bien trop près, comme si elle n’avait aucune notion d’espace vital. Ses lèvres, son souffle, dans le creux de son oreille, chatouillant le lobe de son oreille. En d’autres circonstances, elle aurait certainement pu se laisser aller à cette proximité. La demoiselle n’était pas hideuse, bien au contraire. Mais si Lagertha avait des mœurs relativement faciles, la brunette avait bafoué ses valeurs et ses principes. Et c’était une chose que l’Écossaise ne pardonnait pas. – YOUR theater ? – ça n’était pas le sien, non. Mais d’une certaine façon, elle contribuait à la grandeur de ce lieu alors que la brunette ne voulait que l’entrainer vers la déchéance. Elle ne pouvait pas la laisser faire. Elle passait plus de temps ici que dans son appartement. Elle était plus ici chez elle que dans son appartement.

– Vous êtes en retard mademoiselle Bloom. – Lagertha ne bronchait pas. Elle n’esquissait pas le moindre geste. Sa respiration et les battements de son cœur étaient restés calmes et inchangés. Miss Orello, oui. Pardon. Je sais. Je … Elle suivit l’échange sans un mot. – Shhhh … ce n’est pas grave. – En plus de se livrer à un trafic, Lagertha devinait que la jeune femme était en plus de cela une petite brute qui s’amusait de la fragilité des autres. Cette fois, la blondinette serra les dents. Elle ne pouvait pas laisser passer ça. Cette femme allait à l’encontre de tout ce qu’elle estimait, de tout ce qu’on lui avait appris. Elle ne pouvait pas se détourner et quitter les lieux sans rien faire, sans lui apprendre les bonnes manières et la politesse. – What about you show us where we should do those filthy things miss Sunshine? – Lagertha se retourna, faisant fi de leur proximité et de sa petite taille. Levant le menton, elle parvint néanmoins à lui adresser un regard qui ne dissimulait rien de ce qu’elle ressentait pour elle. I could teach you a lot of things. Being polite and don’t be a bully, for instance.  – susurra-t-elle entre ses dents serrées. But it would be indeed better to do that outside. No need to destroy a little bit more this place. More than you already did.  – Sur ces mots, elle se détourna, ses talons claquant sur le parquet élimé par les années, et se dirigea vers la sortie, sans un regard en arrière pour s’assurer que les deux autres la suivaient.

Arrivée dans la ruelle à l’extérieur, ses mèches blondes chahutées par une brise fraiche, Lagertha poussa un sourire. Nobody taught you the good manners ?  – lâcha-t-elle en tournant pour faire face aux inconnues qui l’avaient rejointe. Elle était exaspérée. Bien trop.



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MessageSujet: Re: Erreur sur la personne [PV Lagertha]   Mer 12 Oct - 8:37

Si proche.
Et pourtant tellement loin.
Je peine à contenir Mes envies premières. Mes instincts premiers. Mon corps tout entier hurle pour s'accaparer de plus. Pour Me laisser le libre arbitre. Le contrôle total. A défaut, partiel. Juste le temps de goutter. De plonger la pointe de mes canines dans cette jugulaire qui susurre de telles insanités à Notre seule attention. Le battement de son cœur et le rythme de sa respiration ont beau ne trahir aucune impression, Nous savons tous deux ce qu'il en est véritablement. Elle Nous cherche. Elle Nous nargue. Elle Nous veut. Exhibant ainsi son soi à l'image d'une vulgaire catin. Accédant à Notre requête silencieuse de rapprochement. Elle ne s'éloigne en rien. Ne montre aucun dégoût. Ne traduit aucune gêne. Comme il M'est insoutenable de ne pas la voir en cet instant bien précis à travers les yeux de cette pimbeche dont le rouge des joues manque de peu de l'exploser. L'image M'amuse. Me fait même ricaner. Il aurait été plutôt original de vous retrouver ainsi couvertes de matière grise.

Je claque légèrement des dents. Je sens Ma salivation se perdre dans une telle contemplation. Pourquoi tes mains ne sont-elles toujours pas posées sur ses hanches? Pourquoi tes lèvres ne sont-elles toujours pas en train de se promener le long de son épiderme? Pourquoi jouer la fille prude là où Nous savons tous ici présents à quoi une telle audace est inévitablement vouée à se terminer?

Je tente de te pousser. De t'entraîner dans le mouvement. Je n'en ai strictement rien à faire de tes principes moraux. Promis, Je ne cafterai pas. Et crois-en Mon expérience, la petite coursière n'en fera guère plus. Au mieux, elle participe. Au pire, elle s'évanouit. L'un comme l'autre n'est pas digne d'un quelconque intérêt de Ma part. Un atout médiocre. Une perte négligeable. Ce soir J'aurai déjà oublié les traits de son visage. Ta proie de prédilection par contre ... Je ferme un instant les yeux et hume plus fort encore son parfum illicite. Je M'abreuve à la source même d'une telle corne d'abondance. Je crois bien que Je commence à baver. Substance toxique et ô combien doucereuse qui vient se loger à l'orée de Mon menton. Qui vient assécher Ma gueule à peine entrouverte. Il te suffirait de si peu pour contenter Mon insatiable faim de plus. Du moins ... pour quelques instants.

Bien sûr cela est sans compter la réaction de la principale concernée. Elle ne semblait pourtant pas contraire à ton approche pour le moins originale. Aurait-elle senti que ton âme appartenait déjà autrui? Je suis interloqué. Je suis intrigué. Un odorat particulier? Un sixième sens? Aurait-elle déjà découvert qui Je suis? Où Je suis? Pourquoi Je le suis? Est-ce qu'elle a seulement ressenti Mon empressement? Mon envie de plus si pas le besoin qui s'en transcrit? Qui de Nous deux a bien pu cafter?
Humm ... tu as raison, la réponse importe aussi peu que la réponse première. Cette dernière se voit rapidement reconvertie dans une réalité plus adaptée : Qui espère-t-elle réellement affronter. Celle qui a ou Celui qui veut? J'avoue ouvertement poser une option sur la deuxième proposition. Il en va de soi que Je vais prêcher Ma propre paroi. Non pas pour te faire de l'ombre, mais bel et bien uniquement pour lustrer Mon propre égo. Je referme la mâchoire. Ravale les traces d'une quelconque faiblesse. Ce petit bout de femme se tient juste là. A portée de main. A l'orée d'un coup de griffe. Un mouvement à peine et Je pourrais la faire mienne. Un mot seulement et elle pourrait être tienne. Même si Je sais que l'échange ne t'intéresse pas, ne pourrais-tu pas déployer un tout petit effort? Rien que pour Moi. Rien qu'une fois.

Plus de mots encore. Toujours dans cette langue étrangère qui Me file la nausée. C'est officiel, Je n'arrive tout simplement pas à M'y plier. Du coup Je fais passer la mélodie en second. Je la transforme en bruit de fond. De toute façon, Mes autres sens ont largement de quoi se sustenter. Ce regard foudroyant. Cette jugulaire qui semble danser la java. Cette détermination. Cette frustration. Cette excitation. Elle ou Moi? Moi ou elle? Peu importe, Je sens qu'elle te cherche. Je sais qu'elle Me trouve. Je Me moque bien du baratin qu'elle peut te balancer, Je n'aspire encore et toujours qu'à la goutter. Sous Mes serres. Sous Mes crocs. Dans Mes entrailles.

C'est là qu'elle se détourne. Qu'elle s'éloigne de Nous. Est-ce qu'elle se rend seulement compte de l'affront que Nous venons ainsi de subir? Mon sourire devient grimace. Mon ronronnement se change en grognement. Il est aisé de Me vexer. En voilà la preuve vivante.

Elle ne Nous attend même pas. Seul la petite coursière semble prendre en compte Notre opinion. D'un léger signe du menton tu l'invites à suivre Notre autoproclamé guide. Elle garde toujours cette fichue boite callée contre son torse. Tu sembles en oublier quant à la plus simple existence. Moi aussi remarque. C'est juste le ridicule d'une telle position vautrée qui Me rappelle à l'ordre.
Quelques mètres à peine. Ou plus. J'avoue avoir peine à compter vu les circonstances atténuantes. Je n'ai qu'une envie et c'est celle de lui sauter à la gorge. De M'écraser sur elle de tout Notre long. De l'encastrer dans le sol et de l'obliger à se noyer plus profondément encore dans tes prunelles étrangement colorées. Jusqu'à s'y perdre. Jusqu'à M'y trouver. Je peste et Je râle face à une telle audace déplacée. Je tourne en rond. Je fais les cent pas. Tu devrais Me laisser régler tout ça. Promis, Je ferai vite. Pas de tâches sur les vêtements et on essuie la bouche après coup. T'as vu, J'ai tout bien retenu.
C'est bon alors?

Un sourire? Soupire? Est-ce seulement important? De toute évidence, Je n'aime pas le ton employé. Elle devrait se montrer flattée d'évoluer à tes côtés. Se vautrer à tes pieds. Te lécher les bottes. Implorer un pardon dont Je ne saurai la gratifier. Au lieu de cela elle joue la dure à cuire. Elle se croit héroïne du petit peuple. Justicière selon son propre codex de loi. Je Me demande vaguement comment elle a bien pu faire pour survivre jusque-là. Une maigre réflexion à peine. Il est clair que le temps est venu de remettre les pendules à l'heure. De la destituer de sa couronne virtuelle. Pauvre gamine utopiste. Paix à ton acharnement futile.

    - I could say the same about you.


Etrangement la situation semble t'amuser. Outre mesure même. Si seulement Je pouvais comprendre le sens caché de votre saloperie de conversation.

    - Mais comme tu sembles insister ... Minella ...


Je la sens se crisper. Réprimer un sursaut. Ravaler un hoquet de reprise. Cette godiche de mademoiselle Bloom même pas capable de délivrer un colis selon les conditions précédemment établies. Un petit bruissement presque attendrissant s'échappe néanmoins de sa bouche à peine entrouverte. PRESQUE. Je n'ai pas besoin de regarder pour voir le rouge lui monter au visage. Pour deviner sa tête pivoine qui s'encastre dans ses épaules. Cela t'apprendra à faire confiance aux petites gens. J'ai toujours su qu'on n'était jamais mieux servi que par soi-même. Quelle preuve Me faut-il encore t'apporter pour recevoir ta clémence? Pour arracher ton feu vert?
Cette petite Ecossaises a clairement besoin d'être remise à sa place. Si tu ne veux pas t'y coller, sache que Je n'éprouve pas la moindre honte à M'en occuper.

    - ... veuillez déposer votre fardeau au sol je vous prie.


Du coin de l'œil J'observe le larbin s'exécuter à la tâche. Je sens sa transpiration naissante. Je devine ses mouvements tremblants. Hésitants. Autrefois J'aurais pu M'en contenter. Mais pas ici. Pas ce soir. Il Me faudra bien plus pour Me rassasier.

La demoiselle déglutit. Balance un regard tantôt à gauche tantôt à droite. Je parie qu'elle doit prier ardemment tous les saints dieux d'un paradis auquel Nous ne croyons pas. Cela M'arrache un semblant de sourire. Trop facile.

Toi tu ne l'observes même pas. Ton regard sans fond toujours fixement posé sur l'origine de toute cette mascarade. Malgré Mon énervement latent, toi tu sembles parfaitement à l'aise. Aucunement perturbée. Mais comment fais-tu?!!

    - Shall we?


Une nouvelle fois tu n'attends pas ton reste. Ton avant-bras gauche part un peu trop brusquement vers l'avant. La paume de ta main trouve obstacle sous forme du dos de la dénommée Minella. Celle-ci se retrouve expulsée quelques pas vers l'avant et manque même de se vautrer. Est-ce Moi ou est-ce qu'elle est en train de sangloter? Je glousse. Faiblarde va.

    - Please go ahead ... enlighten us.


Us?
C'est qui ça?
Toi et Moi?
Ou ...

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Erreur sur la personne [PV Lagertha]
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