[FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises
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Soren A. Keynes



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MessageSujet: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Mer 27 Juil - 22:35



Darkness rises

FT. WILHELMINA DE SANTIS



Paris, 1962.

Il l’a planté là. Comme ça sans un mot de plus, il vient tout juste de le planter là et de le laisser. La main serrant le haut de son col s’est envolée, et c’est sans plus de cérémonie, bien que le dos crispé, qu’il l’a vu filer. Tourner les talons. Sans un mot de plus qu’un magnifique je vous l’offre parfaitement bien exprimé. Pendant un instant il s’est retourné, ne voyant plus que la silhouette disparaissant dans l’obscurité. Même la porte ne fut pas claquée. A présent, Soren fait face à un silence de mort, ne sachant réellement ce qui l’attend, ne sachant même pas qu’il a en face de lui un vampire aux dents longues pouvant être aussi méprisante qu’un démon. Pourtant, il aurait dû s’en douter, à la manière dont son ex-propriétaire s’est aplati comme une crêpe devant elle. Il aurait dû s’en douter mais non, au lieu de ça, Monsieur passe deux doigts sur sa lèvre enflée dont le sang a dorénavant séché. C’est qu’il ne l’a pas raté encore une fois le fumier. L’odeur de cuivre significatif se trouve toujours dans sa bouche et il grimace sans reporter son attention sur la rouquine. Etant donné sa silhouette elle ne peut pas rivaliser avec la force et la puissance de son démon précédent. Préjugé idiot. Pourtant, Soren est du genre à réfléchir même avant de penser, et il ose se montrer aussi naïf ? Le coup qu’il a pris a dû lui ravager quelques neurones dans la foulée. Il n’y a pas d’autres explications.

L’ambiance est lourde et pesante, mais l’humain ne semble pas perturbé le moins du monde, attendant patiemment les premiers ordres ou… Il ne sait quoi d’autre. Il est plus attiré par la décoration que la propriétaire, en fait. Le tableau, il l’a brûlé, oui, avec une de ses allumettes. Il a ruiné une affaire importante, une nécessité financière. Il vient de créer un gouffre dans les plans de la vampire et il ne le sait même pas. Si, il est tout de même conscient que sa connerie a eu un effet plutôt dévastateur au point que ça rende son démon furax. Au point qu’il ne soit transmis et offert comme de la chair à saucisse au premier venu. Vraiment, ce détail-là, il l’a un peu en travers de la gorge, quand bien même ne plus être abusé par ce gros dégueulasse qui devient rouge sang dès lors que son sort de camouflage fout le camp, ce n’était pas désagréable, ni une mauvaise chose. Ha ha, Dieu qu’il a tort. Il se perd dans ses pensées, l’humain insolent, pourrait presque se limer les ongles tant la situation devient une calamité de silences répétés. Le calme avant la tempête. C’est toujours calme avant que les choses dégénères, il ne sait pas pourquoi, lui aurait tendance à hurler comme un forcené en envoyant tout voler, mais eux, ils semblent mettre un point d’honneur à laisser planer un soupçon d’horreur muet. Un voile de tension qui s’épaissit et se gangrène de seconde en seconde. Oui, il a merdé, oui il se retrouve coincé là maintenant, avec elle, qui ne cesse de le toiser et qu’il toise à présent en retour.

Soren ne baisse pas les yeux, garde ses bras le long de son corps, tuerait pour une cigarette et se triture d’ailleurs les doigts en signe de « manque ». La tension est de plus en plus palpable et il se sent légèrement privé de ses repères. Est-il supposé dire quelque chose ? S’excuser ? Mais s’excuser de quoi ? Voir cet air mauvais c’était tout ce qu’il cherchait. Bon, certes, non, il voulait juste emmerder son démon rouge tomate et pimenté, pas déclencher la troisième guerre mondiale. Il a voulu jouer, il a merdé et a été jusqu’au bout de sa connerie. De toute façon qui pleurera une toile de ce genre avec des nanas complètement peinte de façon cubique ? Ce n’était même plus à la mode ces trucs-là. Picasso ne lui en voudrait absolument pas du fin fond de sa tombe ou de son Enfer personnel. Qu’elle abrège, qu’elle parle surtout, il va finir par se l’allumer ici, sa clope. Gardant ses azurs fièrement postées dans les prunelles similaires mais beaucoup plus sombres de par l’agacement certain qui se lit en ses traits, Soren ne sourcille pas et fait front. Première erreur, ou peut-être même déjà la deuxième, ou la suivante d’une longue liste. Il n’en sait rien. Pour l’heure, il se contente de rester stoïque, bien qu’à force de rester debout, il commence à en attraper une sérieuse crampe au mollet. Et cette lèvre éclatée ne cesse de le taper et de le brûler, au même rythme que son cœur qui bat, de façon étrange, toujours lentement. Il n’est pas affolé le moins du monde, et ça elle le savait bien avant lui. Et le pire, c’est qu’il garde le silence, l’interroge plus ou moins du regard à présent, avant de soupirer. Il ne sait toujours pas quoi dire, oui il l’a brûlé, voilà, c’est tout… Au revoir et à la prochaine ? Au fond, il espère qu’elle va le congédier, ou pourquoi pas même le tuer. Non pas qu’il souhaite réellement mourir, mais repartir dans une énième galère de servitude sempiternelle, il n’est pas certain d’en avoir encore envie. Alors, il l’observe, inlassablement, jusqu’à ce que finalement ne sortent les mots de trop, en même temps que la cigarette qu’il tient à présent entre ses doigts, prêt à l’allumer mais… Il n’a plus d’allumette, la dernière est celle qui a brûlé le tableau. Clope au bec, il cherche dans ses poches puis relève les yeux sur elle.

« Vous n’auriez pas du feu ? ».


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Dim 28 Aoû - 10:37



Darkness rises

FT. Soren A. Keynes



Paris, 1962.

Des aventures désastreuses arrivent parfois aux moments les plus inopportuns. Et avec le temps, j'avais compris qu'il était inutile d'agir sous le joug de la rage qui m'habite pourtant depuis si longtemps. Alors, en visualisant la toile déchirée par les flemmes, décrépies, sans plus aucune saveur artistique ... Ce gouffre financier qui sous mes yeux s'effritent en un tas de petites cendres, j'inspire longuement. Mes ongles parfaitement manucurés lacérant le creux de mon poing, déversant mon hémoglobine mortuaire aux côtés de mes louboutins.

« - … Petit enfoiré. »

Et au bourdonnement grené de ma voix enragée, j'entame un doux chant de pénitence.


----


Talons qui claquent. Asphalte qui grouille sous l'ombre de ma robe légère comme un voile. Ma crinière vaporeuse virevolte sur mes épaules, tandis que j'avance lentement vers cette satanée gueule de poivron. Mes dents grincent, mes iris bourdonnent. A chaque claquement de talon, je le vois crisser. Se ratatiner. Vibrer. Il déchante vite, courbe l'échine et me propose un marché des plus absurdes. Me donner le gamin ? J'hausse un sourcil, pèse le pour et le contre et me penche légèrement vers la vermine affalée à terre. Je n'ai même pas eu besoin d'user de mes mains. Pitoyable créature qui s'élève à un rang bien trop grand pour sa piètre personne.

- Impossible de faire marche arrière.

Elle opine du chef, la couarde vermine.

Et je penche la tête sur le côté, lui adressant mon plus beau sourire carnassier. Il s'exécute, trébuche et détale comme un lapin écarlate. Et nous voilà seuls, le fautif et moi-même, au fond de cette sordide ruelle. Sans même ouvrir mes babines plissées, j'attends que l'affreuse bestiole daigne ouvrir ses foutues lippes. Il prend son temps, déplie son échine et se hausse à ma hauteur. Il n'a pourtant pas l'occasion de me dépasser, et j'y prends un fugace plaisir gorgé d’orgueil. Avec une flegme qui suinte par tous ses pores, l'insolent ose une question absurde tout en glissant un bâton de nicotine dans son bec. Il test mes limites. Il se joue de moi. Sait-il seulement ce que je suis ? Je redresse mes épaules, serre les dents et force un sourire aimable à apparaître sur ma gueule de porcelaine. Et j'approche, tout doucement, mon nez touchant presque le sien. Je peux sentir l'odeur de la barrette de goudron. Et même plus encore. Il a transpiré. Il sent la chaleur du feu et l'odeur d'un homme éprouvé. Mais son cœur ne bat pas la chamade. Il est sûrement trop troublé d'avoir été  ainsi délaissé après tant d'années. Mes doigts glisse lentement jusqu'au bâton, que je retire de ses lèvres avec douceur pour aller l'écraser sous la semelle de mes jolies savates.

- Non, pas ici, je réponds simplement en posant une main sur son épaule. Mais je sais où je peux en trouver … j'assure en me glissant à ses côtés, l'encourageant à avancer. Bien, sortons d'ici, je déteste cet endroit sordide. »

Que dis-je, que fais-je, ma main encore gorgée de sang séché plaquée sur son épaule large ? Il comprendra bientôt.

Et il le regrettera, son démon de supérette.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Mer 31 Aoû - 20:14



Darkness rises

FT. WILHELMINA DE SANTIS



Un sourire forcé étire les traits de la blanche colombe qui ne lui fait aucun effet. Elle s’est forcée à sourire, ça se lit sur sa gueule mais elle veut se la jouer aimable alors le jeune homme reste de marbre et ne lui offre aucun air renfrogné. Rien. Tout bien réfléchi, il a clairement l’air de s’en foutre royalement, cigarette entre les lèvres et attendant qu’elle daigne bien lui répondre quant à la présence d’un briquet ou d’une allumette. Wilhelmina ne le fait pas, pas tout de suite. Ses talons claquent et elle se rapproche. Soren ne comprend pas pourquoi son ancien propriétaire démoniaque a frémi devant ses talons, ni pourquoi il a pris les jambes à son cou en acceptant de le perdre, lui qui aimait tellement en profiter. En soi, l’humain ne va pas pleurer sa disparition, et qui sait, avec une femme les choses seront peut-être différentes. C’est du moins ce qu’il pensait à ce moment-là, avant que les yeux ne se posent sur lui et que la chevelure rougeoyante ne s’arrête à quelques centimètres à peine de son visage, leurs nez se frôlant presque de façon narquoise. Ses deux billes azur semblent plonger tout droit dans les ténèbres et les abysses profonds mais il ne recule pas. Parfaitement immobile. Elle ne lui fait pas peur ni ne l’effraie outre mesure, constat évident à l’écoute de son cœur qui bat normalement. Il aurait pu être tétanisé, se sentir abandonné mais il n’y a rien de tout cela qui rentre en ligne de compte. Au fond, Soren est peut-être déjà mort intérieurement, une partie de lui s’est envolée, c’est sûr, à l’instant même où sa jumelle a poussé son tout dernier soupir.

Le bâton entre ses lèvres est lentement tiré. Le jeune homme ne fait rien pour l’arrêter mais il plisse le nez, élan de contrariété qu’il lui fait remarquer. Ses prunelles suivent la cigarette des yeux qui vient s’échouer sur le sol pour être sèchement écrasée. Alors il relève les yeux vers elle, sourcils froncés. On n’écrase pas ainsi l’une de ses si précieuses cigarettes ! Pas alors qu’il lui manque de la nicotine dans le sang. Ses lèvres s’entrouvrent mais il est contraint de les refermer aussitôt car elle prend la parole, posant une main sur son épaule et la serrant juste assez pour qu’il comprenne qu’il devait se mettre à bouger. Contrarié, il l’est, et ses prunelles océaniques croisent d’ailleurs une dernière fois le bâton de la mort écrasé à même le sol tandis qu’ils s’éloignent.

Non pas ici. Elle sait où trouver du feu, pourquoi ça ne lui donne pas un sentiment de sérénité dit de la manière dont elle le présente ? Silencieux, les talons claquent dans la nuit à ses côtés et c’est mains dans les poches de son jean que Soren avance. Forcé. Il ne peut pas aller contre la volonté de la rouquine, mais tôt ou tard il essaiera de s’enfuir. Il le sait. Il le sent battre dans son propre sang cet élan d’escapade. Il ignore ce qu’elle est et ne peut même pas dire qu’il a senti la froideur de sa peau puisqu’elle ne lui touche que son épaule par le biais de sa veste en cuir. En brûlant ce tableau, l’humain s’est déjà pris une soufflante, en témoignent sa lèvre inférieure pour ainsi dire explosée et l’œil au beurre noir qui commence à poindre le bout de son nez sous l’une de ses rétines. Malgré tout, il se veut obéissant et docile, marche tranquillement aux côtés de celle qui a probablement pété un boulon en ayant vu son œuvre d’art. Soren le préfère comme ça, ce tableau, mais il peut tout de même être ouvert et comprendre que ça ne soit pas le cas de tout le monde. Et pas son cas à elle. Il voudrait presque s’en vanter mais il sent parfaitement bien que la situation pourrait à tout moment dégénérer, d’ailleurs, il ignore même où il va. En cette nuit de 1962, une autre vie s’ouvre à lui, pas foncièrement différente de l’ancienne mais le temps d’un instant le brun aime à croire que tout va changer du tout au tout, en bien. En mieux. Ca ne peut pas être pire que ces trente années passées au côté d’un poivron rouge. Non vraiment pas.

« Au cas où vous décideriez de m’emmener chez vous, sachez que je ne suis pas de ceux qui couchent le premier soir. ».

Celle-là, il n’a pas pu la retenir alors qu’il tourne à l’angle d’une ruelle et s’évaporent définitivement hors de l’obscurité, mirettes éclairées par la lumière publique des lampadaires. Comme une sorte de clin d’œil à son ancien patron, Soren a essayé de faire une blague. Essayé, car la rousse ne semble pas enclin à rire ou même à se perdre en humour. En même temps si c’est pour voir un sourire forcé crisper sa tronche de porcelaine, ce n’est pas la peine elle peut passer son tour. Il le lui ferait bien remarquer aussi mais sur ce coup-là son instinct lui somme la prudence, déjà que son cas est déjà bien mal barré… Il ne faudrait pas trop en rajouter. Pour le moment, Soren attend juste de savoir de quel côté il doit bifurquer, et souhaite même savoir où ils sont supposés aller. Non parce que c’est pas tout ça mais il a vraiment besoin de fumer sa clope. Il ne lui en faut d’ailleurs pas plus pour en sortir une seconde de la poche avant de son jean.

« Loin de moi l’envie de vous faire affront Madame mais… J’aimerais vraiment pouvoir la fumer celle-là. »

Puis, avant qu’elle n’ait le temps de la lui arracher encore des lèvres il écarte la tête.

« Il doit bien y avoir une âme SDF charitable dans les environs. ». Ses prunelles cherchent dans les ruelles adjacentes mais il continue de marcher à côté de la vampire. Il doit vraiment fumer.




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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Dim 9 Oct - 6:56



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Paris, 1962.

Il fait son malin, le petit effronté. J'étire mes lèvres roses, ma main toujours posée sur son épaule large. Une étincelle dans le regard, je passe mes doigts dans mes filets rougeoyants d'un air songeur. Je progresse, sans rien dire. Lui à mes côtés, Paris entourant nos deux silhouettes. Il a ruiné l'une de mes plus belles affaires. A vrai dire, c'était sûrement la plus sublime de cette décennie. J'imprègne mon esprit de ce moment funeste. Je ne risque pas d'oublier ce qu'il m'a fait, et lui non plus. Mes talons claquent légèrement sur l'asphalte, alors que je sens la nervosité de ma nouvelle proie poindre légèrement des entrailles de sa furieuse audace. Il en a dans le ventre, je dois bien l'admettre. Ca me permettra jouer un peu avec lui avant de le briser miette par miette, les jeux qui durent sont les meilleures. J'ignore ses jérémiades et ses tentatives pittoresques, et pourtant, alors qu'on progresse, il insiste et accroche à nouveau une maudite clope à son bec. Je le pousse légèrement sur la gauche, l'encourageant à se diriger vers la ruelle passante et adjacente. Là où la vie pullule, où les humains gambades joyeusement dans les rues de Paris centre, pour la plupart inconsistants de ce qui les entoure. Les quartiers sélects s'ouvrent à nous, leurs lumières chaudes et leurs rues propres charmant à chaque fois mes mirettes.

On pourrait me penser rassasiée par le temps, mais c'est loin d'être le cas. Alors qu'il mendie à chaque passant un peu de générosité pour qu'on vienne enflammer son petit bâton à cancer, je mime la fiancée effarouchée et légèrement pompette. Accrochée à son bras, ma force dissimulée par mon apparence de grande tige rousse, je m'amuse à le faire zigzaguer entre les silhouettes, avant de le jeter près d'une palissade accompagnée de son fidèle portier, qui me salue chaleureusement tout en adressant la même politesse au blond. Je n'ai pas le souvenirs d'avoir retenu son patronyme. Les grandes portes vitrées et parfaitement nettoyées sont parsemées des reflets d'or de leurs chambranles luxueuses. Et lorsque ne corps entrechoqués rejoignent un ascenseur paré des mêmes atours, mon sourire fond comme neige au soleil et mon doigt s’abat sur le bouton d'arrêt d'urgence. Ici, pas de caméra. Et j'ai hautement contribué à cette intimité toute particulière. Pour cause, cet engin m'appartient et mène tout droit à mes appartements. Je me plante en face du beau blond, lui adresse un sourire froid et le pousse avec force contre les vitres. La barre de fer doré venant s'incruster sur sa chute de rein. J'extirpe un briquet de ma poche, le lève et l'active dans un cliquètement métallique et clame d'un ton bien plus glacial cette fois.

«  - Tu l'auras, mais pas maintenant, on ne fume à l'intérieur. C'est mal poli.

L’ascenseur stop son ascension, nous menant directement à l'entrée de l'appartement. La porte du hall est juste à côté, pour les plus téméraires qui préfèrent prendre l'escalier. En une fraction de seconde et dans un crissement métallique, le petit objet à regagné ma poche.  Silence. Je l'observe, lui toujours coincé dans la cage, moi à son pallier.

- Suis-moi.

Mais c'est qu'il a l'air réticent, le bougre ! J'avance, agrippe sa tignasse et l'oblige à courber l'échine avant de le traîner dans tout l'appartement, jusqu'à une petite porte que j'ouvre avant de le balancer vers l'avant. Les escaliers menant au toit seront sûrement un obstacle pour ses pauvres petits genoux fragiles.

- Monte !, je grogne avec impatience. »

L’excitation pointe le bout de son atome crochu. J'attise son désarroi et m'empresse de déclencher chez lui un sentiment d'insécurité et d'inconfort.

Le jeu commence maintenant.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Dim 9 Oct - 20:34



Darkness rises

FT. WILHELMINA DE SANTIS



Il n’est pas aussi bien habillé qu’elle. Clairement pas. Comment pourrait-il simplement passer pour le charmant fiancé dans l’histoire ? C’est tout bonnement impossible, leurs deux silhouettes ainsi coincées l’une contre l’autre ne collent pas. Il n’y a pas cette étincelle, pas le moindre soupçon d’attirance pour la belle. S’il ne peut cracher sur la beauté de la rousse, il peut cependant tenter de s’en éloigner en prétextant vouloir trouver du feu. Il lui suffit d’ailleurs de se pencher près d’un SDF pour espérer en obtenir, ce qu’il fait avec assurance en oubliant presque que la sangsue est toujours accrochée à son bras. Ne le laissera-t-elle donc pas filer ? Passer d’un patron à un autre, ça a le don de le contrarier, même si au fond de son âme qui ne lui appartient plus vraiment, Soren ne peut s’empêcher de croire que cela ne sera pas pire qu’avec le démon à la peau rougeoyante et au pouvoir de glace. Belle erreur que de penser une chose pareille, mais il en a dans le ventre et ne se laisse pas facilement démonter. Un véritable effronté. Alors qu’il est sur le point d’obtenir la flamme salvatrice, le voilà qui est poussé dans la direction opposé, sèchement jeté près d’une palissade, manquant de trébucher sur cette dernière par la même occasion, la cigarette finalement récupérée entre ses doigts. L’homme le salue et il lui retourne un hochement de tête poli, bien que Wilhelmina rattrape d’ores et déjà son bras et le pousse presque à l’intérieur. Tout pue la luxure ici et l’argent. S’il n’a plus vraiment manqué de rien dès son âme vendue au démon, il n’a jamais réellement connu la richesse à proprement parlé. Pas celle-ci, du moins.

D’un pas rapide, ils se retrouvent rapidement dans l’ascenseur tout aussi luxuriant que le reste de ce hall de bâtiment. Ce qu’il fiche là ? Il n’en sait trop rien mais préfère ne pas se poser la question, soudain devenu silencieux mais bien résolu à obtenir du feu. Il s’apprête à remballer précieusement la cigarette dans son étui quand il se retrouve projeté avec force contre la vitre, l’ascenseur marquant un temps d’arrêt bien singulier, et ne mimant pas l’arrêt à un étage particulier. Un entre deux. La barre métallique s’enfonce au creux de son dos dans un choc et il doit se retenir de souffler sous la surprise. Aoutch. C’est à cet instant que le briquet claque et libère la flamme tant attendue. Elle qui disait savoir où en trouver… Elle en avait sur elle depuis tout ce temps. Quelle sombre menteuse elle faisait ! Esquissant un fin sourire en coin, l’humain glisse ses doigts dans son dos pour venir se masser à l’endroit où la barre a fait pression. Pour sûr il récoltera un hématome. Trop sexy et trop gentil, vraiment.

« Je suis l’exemple même de la politesse, vous devriez déjà le savoir. ».

Sourire perché aux lèvres, Soren vient passer sa langue sur son inférieure et se redresse quand l’ascenseur redémarre et s’arrête cette fois ci au bon étage. Les portes s’ouvrent et la rouquine ne tarde pas à quitter l’endroit pour pénétrer dans son appartement. Un ascenseur privatif, quelle superbe idée. Pour autant, il ne semble pas décidé à faire de même et reste sagement au fond de son ascenseur, se rapprochant distraitement du panneau de bouton pour espérer redescendre. Mais c’est sans compter sur la dextérité de sa nouvelle patronne qui en un éclair est déjà là et le tire par les cheveux. Sa poigne de fer est telle qu’il ne peut que se figer et se raidir à son contact, le moindre mouvement est une menace pour sa tignasse, loin de lui l’envie d’avoir un trou dans ses cheveux bruns ! Plié en deux au début de la manœuvre, le voilà qui se retrouve traîné comme le plus désobéissant des bambins dans tout l’appartement de luxe. C’est en laissant échapper un long soupir qu’il arrive devant la petite porte et qu’il se retrouve propulsé en avant, s’emmêlant cette fois les pieds, ses dents venant presque heurter la première marche de l’escalier.

Sans perdre une seconde, Soren se redresse sur ses jambes et monte la marche qu’il a failli se prendre en pleine figure. L’ordre tombe et aurait presque pu le faire sursauter s’il n’était pas d’humeur à se rebeller. Il ignore encore ce qui l’attend et le doute continue de planer. Malgré toute la nervosité qui commence lentement à l’envahir, son rythme cardiaque n’augmente pas d’angoisse mais de contrariété. A n’en pas douter, il est accroc à la cigarette et cela fait bien trop de temps qui s’est écoulé depuis la dernière fois qu’il a pris une bouffée. L’inconfort, il le ressent réellement, mais le désarroi et lui, cela fait maintenant trop longtemps qu’ils sont devenus amis. Des années qu’il n’est que le larbin et l’objet sexuel d’un démon égocentrique, il a appris à être traité comme un moins que rien, la tactique de Mina n’échappe pas à la règle mais il ne peut nier que l’atmosphère y est beaucoup plus électrique. Une électricité d’un autre genre, sans doute dû à sa condition de vampire qu’il ignore encore. Car non, son cher ex-patron n’a pas pris la peine de le mettre au parfum quant à la nature de la rousse, et c’est bien dommage.

Lentement, Soren gravit les marches une à une dans l’obscurité quasi-totale. Il ne sait pas où il va, ni ce qu’il fait, juste qu’il ne peut faire marche arrière pour le moment. L’envie de prendre ses jambes à son cou est immense et ne cesse de le tarauder, mais il est ici, occupé à monter, encore et encore, monter. Jusqu’à l’endroit où elle veut l’emmener. Alors seulement, malgré l’effort et pour cacher sa nervosité à présent évidente, il se retourne vers la silhouette à la pâleur cadavérique.

« Je peux avoir votre briquet maintenant ? ».

Simple question pour se voiler la face.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] WILHEN ▲ Darkness rises   Mer 2 Nov - 11:11



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Paris, 1962.

Je fredonne. Commence à entamer un doux chant intérieur. Ma nouvelle petite chose heurte les marches, sa mâchoire évitant de peu la pierre. J'inspire longuement, soupire, m'empresse et le pousse pour qu'il grimpe plus vite. Je ne sais pas encore pour combien de temps je vais faire durer la partie. Une soirée, quelques jours, quelques moi ? Quelques années ? Qui sait à quel point le jouet pourrait m'ennuyer ou me distraire. Je le pousse à avancer et le laisse admirer la vue. Le toit de l'un des immeubles les plus chics de la ville. La nuit nous entoure, et les étoiles parsemées derrière les nuages brillent d'une lueur lointaine et effacée. C'est une des choses que je regrette le plus, l'une des rares qui me pousse parfois à me rendre en Province pour admirer les ciels sans brouillard nocturne. Là où la pollution est trop minime pour me retirer cette vue imprenable de l'univers. Je connais les constellations sur le bout des doigts. Mais impossible de les déchiffrer d'ici. Derrière nous se trouve la petite porte de l'entrée, puis une immense piscine encore découverte. Ses teintes bleues illumines mon dos, et les traits pâles du blond.

« - Non. Je rétorque simplement en le fixant. Tu vois le problème, c'est que ton ancien propriétaire était incroyablement faible et laxiste. Hm ? Quoi, tu ne me crois pas ? Pourquoi penses-tu qu'il t'aurait cédé aussi facilement ? Les démons de pacotille comme lui sont des couards. Avec toi, il se pensait puissant … Un pauvre humain sans défense.

Je lui jette un regard méprisant. Pourtant, mes traits ne sont pas tirés. J'avance, le pousse à nouveau comme s'il n'était qu'une vulgaire plume et l'observe s'écrouler dos à terre. D'un bond, mes guibolles entourent sa taille et je le fixe de toute ma hauteur, descendant lentement en sortant le briquet que j'allume. L'autre main posée sur son torse pour l'obliger à rester sage, je m'assois sur lui tout en fixant la lueur de la petite flamme.

- Fumer tue, tu le savais ? Je marmonne en approchant le briquet de sa nuque. Ca a bien tué mon tableau … Tu imagines le nombre de zéros que mon acheteur était prêt à mettre sur le chèque ? Maintenant, je vais devoir faire quelque chose j’abhorre plus que tout. M'excuser. Faire des courbettes pour éviter de le perdre et DIANTRE, ce que ça m'énerve.

Je serre les mâchoires, fait descendre le briquet de sa nuque à son torse, pourtant sans jamais l'atteindre. Bien calé sous mes cuisses, l’avorton est prisonnier de mon courroux sage. Je retire ma main de son torse, lui assène un coup de poing dans le nez pour l’assommer et fouille dans sa poche à la recherche de son fichu paquet de cigarettes. J'en coince une entre mes lèvres, l'allume en tirant une bouffée de nicotine affreusement désagréable et admire la fumée s'échapper de mes narines et du bout du bâton à cancer.

- Un jour j'ai croisé ce vampire, une célébrité dans son genre … Il avait tué deux tueuses. Deux, t'imagines un peu ? Un vrai record … Mais il fumait … Il fumait ! Tellement, que ça m'a vite lassée. Si on oublie pas sa cinglée de copine, ça m'avait rapidement coupée l'envie d'une petite partie de jambe en l'air avec eux. Et en plus, il avait une coupe de cheveux ridicule. Un blond peroxydé à en devenir épileptique. Y a que son cuir que je lui aurai bien piqué. Dommage pour lui, il est passé à côté de quelque chose de dingue, tu peux me croire. Bref, tout ça pour dire qu'à force de jouer avec le feu, on se brûle.

Et c'est sans attendre que de ma main libre, je retire l'une de ses chaussures. La main dans le dos, j'agrippe le talon du beau blond et l'observe attentivement pendant que met mon autre main derrière moi.

- Y a des petits coins sensibles, tu savais qu'on pouvait mourir de douleur ? Je lance joyeusement en lui adressant un sourire.

Et sans attendre, je dépose la cigarette sous le pied droit de ma victime, sentant son genou contre mon dos sans pour autant m'en offusquer. J'appuie avec force, plantant le bout brûlé sur la peau fine de la plante de son pied. J'entends même autant que je sens la chair qui brûle.

Et un nouveau rire compulsif éclate d'entre mes lippes.


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