A song of ice and fire ▲ RIPLEY
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 A song of ice and fire ▲ RIPLEY

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Grant N. H. Wheeler



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MessageSujet: A song of ice and fire ▲ RIPLEY   Jeu 13 Oct - 21:35



A song of Ice & Fire

FT. RIPLEY E. WHEELER



« Faîtes-ce que je vous demande. C’est tout. On en reparle demain et j’espère avec des résultats concluants cette fois. »

Sur ces mots il referme le dossier qu’il a entre les mains contenant quelques clichés pris à la volée. Parce que ses supérieurs ont tenu à ce que d’autres, des sous-fifres, soient mis sur l’affaire, ils obtiennent ce résultat. Une véritable déception. Un échec cuisant qui le laisse crispé et de marbre alors qu’il se tient pourtant déjà debout, levé d’un bond de sa chaise métallique qui a grincé contre le sol d’un blanc immaculé. Dans leur intérêt, ils doivent revenir avec quelque chose de mieux que ces pauvres clichés qui ne veulent rien dire et qui ne sont en aucun cas de potentielles preuves. Elles n’ont pas de cachet, elles ne sont même pas assez solides pour envoyer un canard se faire enfermer en taule. Ignorants. Espions de bas étages. Il faut tout leur apprendre. Agacé, il les laisse filer et un long soupir s’échappe de ses lèvres chatouillées par la barbe de plusieurs jours qu’il arbore. D’un geste rapide il passe une main dans ses cheveux, claque le dossier dans un tiroir qu’il ferme à double tour puis s’évade de son bureau en attrapant sa veste. Qu’ils aillent au Diable, cette journée l’a contrarié et il termine plus tôt, le cabinet ne lui en voudra pas de s’être échappé avec deux heures d’avance de ses obligations professionnelles, il fait assez d’heures de toute manière. Plus qu’il n’en faut, car au fond, il n’a… Que ça.

En silence et de son attitude de riche personne, il déambule dans les rues Parisiennes et se mêle à la foule. Il a beau avoir essayé pendant de très longues années, il n’a jamais vraiment réussi à se débarrasser de son petit accent anglais qui le trahit sans hésiter aux yeux de tous ces français. Certaines femmes le trouvent charmant, là où les hommes peuvent le trouver assez insolent, rien qu’aux regards qu’il leur jette. Bien qu’il l’ignore, Grant a plus de Nolan qu’il voudrait bien le croire ou même le voir. Ce genre de regard en coin menaçant de façon sous-jacente vient du rebelle tapis dans l’ombre et les tréfonds de son subconscient. La mémoire endormie. Oubliée. Abîmée et mutilée. Pas une seule bribe de souvenir en cent quarante-cinq années. Pas une. Malgré des situations loquaces et complexes, malgré des situations bien plus volatiles et futiles, rien n’est jamais revenu. Absolument rien. Tout n’est que vide et néant, le trou noir et le gouffre. Mais il a mis ce passé oublié de côté, dans le travail il s’est enfoncé, accroché. A bien y réfléchir il n’a même jamais vraiment eu d’aventures, si ce n’est quelques femmes un soir. Et encore. Comme inconsciemment bloqué, obnubilé par d’autres choses plus floues. Par ce trou. Ce quelque chose qui cloche et qu’il a noyé dans les habitudes et les attitudes effrontées. Froides. Glaciales.

Grant erre dans ces rues qu’il connait par cœur, petit coin de Paris, petit coin de Bercy. Il avance entre les simples gens, leur adresse à peine un regard, mains dans les poches de sa veste sombre. C’est finalement à l’angle de la rue qu’il arrête sa route et pénètre à l’intérieur de ce qui ressemblera de prêt ou de loin à un Starbucks dans les années futures, récupère un café à la vite, noir et fort, avant de s’extirper de nouveau au-dehors. Le temps est clément et se veut hors de l’humidité et de la pluie battante, un véritable bonheur pour lui qui la déteste très clairement. L’odeur de café empli alors ses narines et il ne peut que passer sa langue sur sa lèvre inférieure en imaginant déjà le liquide venir réchauffer sa gorge de l’intérieur. Pourtant il ne s’impatiente pas, prend la direction de la ligne de métro la plus proche car il y a parfois du bon de se mêler à la basse population. Il compte rentrer chez lui et savourer ainsi le plein silence et la tranquillité. Solitaire, il l’est devenu, même si en tout point il est loin d’être fait pour ça. Mais comme rien ne se passe jamais vraiment comme prévu, c’est à nouveau à l’angle d’une rue qu’il heurte la pauvre ingénue.

Elle est sortie de nulle part, comme le plus épais des brouillards. En un éclair, voilà que la tasse de café est, sous le choc, renversée. Le liquide noir vient alors tâcher son T-shirt clair et la chaleur se fait sentir, en toute logique brûlante, mais lui ça n’a l’allure que d’une simple brise tiède. Même si intérieurement… Grant fulmine.

« Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds ?! ». Ses sourcils se froncent et ce qui reste de la tasse de café est serré dans sa main droite tandis qu’il tend plus ou moins les bras pour éviter de s’en mettre partout, et surtout sur sa veste. « Les trottoirs parisiens ne sont pas assez grands pour que vous ayez besoin de me rentrer dedans ?! Bordel… ». Il râle et il rumine dans sa barbe le demi-démon en analysant les dégâts. Déjà agacé, le voilà qui l’est encore plus à l’idée de non seulement perdre un café mais également l’un de ses vêtements. La tâche est impossible à rattraper. Entouré d’idiots, il est tout bonnement entouré d’idiots et le voilà qui jure dans un anglais parfait. Réflexe. Ses mots vulgaires typiques, ses préférés, même. Il ignore pourquoi mais ils sonnent bien, c’est tout. Ce n’est qu’après ces derniers qu’il lève enfin les yeux pour observer le trouble-fête à qui il doit à présent arracher la tête. Ses émeraudes traversent leurs semblables dans un air glacial. Dans ses prunelles à lui il n’y a que le vide d’une vie qu’on lui a construite. Une vie qu’il n’aurait pas dû mener. Une vie où elle n’a pas sa place, où elle est simplement inexistante. Ripley. Sa douce Ripley qu’il ne reconnaît pas.

Car il n’y a que le vide et le néant. Un gouffre et un puit sans fond. Il pourrait se perdre à nouveau dans ces deux émeraudes mais pourquoi Diable le ferait-il ? Elle n’est qu’un fantôme oublié qu’il prend pour la plus petite des passantes. A ses yeux elle est insignifiante.

Pourtant c’est elle, Nolan le saurait, lui. Lui, il saurait.



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Ripley E. Wheeler



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MessageSujet: Re: A song of ice and fire ▲ RIPLEY   Ven 14 Oct - 10:12


Ripley & Grant
A song of ice and fire


Ce monde est étrange. Considérablement différent de ce qu’il a un jour été. Ripley a encore du mal à s’y adapter. Les jours se sont écoulés pendant son enquête et elle n’a pas vraiment eu le temps de regarder autour d’elle pour observer de quoi il pourrait bien être question. Aujourd’hui, alors qu’elle se rapproche du but, alors qu’elle réalise que tout est là, juste devant elle, elle prend le temps. Parce que Nolan n’est pas loin, qu’il est là, quelque part, qu’elle pourra bientôt le toucher, le serrer dans ses bras. Etrange utopie bancale. Elle ne sait rien, en réalité. Comment il va, ce qu’il pense d’elle. Qu’est-ce qu’elle fera si elle réalise qu’il la déteste ? N’est-ce pas une option envisageable ? Elle a disparu pendant tellement de temps, qu’il pourrait peut-être même l’avoir oublié. C’est l’aspect auquel elle refuse de penser, mais a-t-elle vraiment le choix ? Elle ne veut pas le savoir éloigné d’elle mais elle a passé presque la moitié de son existence dans la glace, piégée. Il a évolué, sans elle, il a été capturé par W&H alors qu’ils étaient ensemble et, surtout, elle l’a laissé derrière elle. Situation plus intenable que le reste, situation impossible à prendre en compte. Il faut pouvoir rééquilibrer une situation qui n’est pourtant pas aussi évidente pour tout le monde. Elle aimerait croire que ce sera facile, elle n’est pourtant pas naïve au point de l’imaginer. Ce ne sera pas aussi simple.

Un soupir s’échappe des lèvres de la jeune femme alors qu’elle se gratte le bras, avançant dans une rue de Paris, un peu au hasard. Elle ne connaît pas le coin du tout. Grâce aux économies qu’ils ont pu faire ensemble et auxquelles il n’a absolument pas touché, la jeune femme a pu se prendre un appartement au centre de la ville, avec vue sur la Tour Eiffel. Cela ne lui apporte pas grand-chose. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle a pris celui-ci. Elle n’est même pas matérielle. Mais la ville est belle et elle voulait en profiter. Ils ont de quoi vivre largement, ils n’ont aucun soucis grâce à l’or récolté au fil des années. Ils sont larges. Et pour cette raison, la jeune femme se permet de croire qu’elle peut en profiter dans le choix d’un logement. Elle sait qu’il appréciera un tel endroit. Il est chaleureux et en plus de ça, il est déjà meublé, ce qui change la donne. C’est un beau petit nid douillet pour lequel elle n’aurait pas eu le temps de prendre du temps. Pas sans lui. S’il veut changer les meubles, il les choisira, ils le feront ensemble. Elle est là, à rêver de ce que la relation pourrait donner dans la meilleure finalité qui soit. Elle se leurre, elle le sait, et il faut vraiment qu’elle arrête de tourner en rond, sinon, elle finira par tomber de haut. Bordel, elle en a assez d’être la folle qui croit éperdument que tout se passera bien.

Il connaissait cette promesse, il savait où elle serait, il n’est pas venu la chercher. Rien que pour ça, il faut qu’elle arrête de croire que tout va bien, que lui, il va bien. Qu’il n’y a aucune difficulté dans la relation qui les lie. Tout est différent aujourd’hui parce que 145 années se sont écoulées et que peut-être, tout ce temps, il a été dans les mains de ceux qu’ils ont si durement essayé de détruire. Ils ont pu lui faire absolument tout et n’importe quoi. Et elle a laissé ça arriver en ne faisant rien. Oui, elle se déteste, oui, elle se pense en parfait droit de s’en vouloir. Elle se déteste. Et cette haine n’est pas facile à supporter ou à gérer. Certains jours, elle ne sait même pas vraiment où donner de la tête tant cela la déchire de l’intérieur. Elle l’a laissé derrière lui, et s’il a eu 145 années pour cogiter à ce sujet, elle, elle n’est réveillée que depuis quelques semaines. Tout lui paraît encore si frais qu’elle ne sait pas vraiment où donner de la tête. Elle n’est pas à l’aise avec tout ça, en effet. Et elle en a trop peur pour parvenir à avancer pleinement. Chaque réveil, chaque matin, est un véritable calvaire. Ouvrir les yeux, réaliser qu’il s’agit d’un nouveau matin sans lui à ses côtés. C’est déjà bien difficile, bien compliqué pour qu’elle parvienne à assumer. Elle ne possède rien pour eux deux, elle n’a rien pu conserver et elle n’a plus rien de cette vie d’avant, alors qu’ils devaient courir ensemble mais alors qu’ils étaient, malgré tout, capables d’affronter toutes les difficultés parce qu’ils étaient deux. Aujourd’hui, elle est seule, dans un monde qu’elle ne connaît pas. Rien ne lui a jamais semblé aussi difficile à supporter. Elle ne sait pas où donner de la tête, et, dans le fond, elle n’a pas vraiment envie d’y réfléchir plus que ça.

Plongée dans ses pensées, elle n’a pas fait attention. Avançant avec le regard vide, elle est passée sans réfléchir et quand elle est entrée dans quelqu’un, ses mains se sont mises à trembler sous la surprise. Elle ne s’y est pas attendue, bien sûr. Percuter quelqu’un n’a rien d’habituel. Elle ne s’en formalise pas, et cela l’amuse, même, pour tout dire. Elle marmonne, agacée, elle ne fait pas vraiment attention, elle s’énerve. Trop à fleur de peau ces derniers temps, elle s’énerve pour bien peu de choses, elle ne parvient juste pas à faire autrement. Elle aimerait, elle n’y arrive pas. « Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds ?! ». Son cœur manque un battement, son teint devient livide. Elle lève le nez aussitôt. Malgré les années écoulées, malgré le fait que sa voix se fasse plus dure à entendre qu’elle ne l’était, c’est lui, elle le reconnaît. En levant le nez, elle réalise qu’il est toujours aussi beau, qu’il n’a pas changé. Elle a du mal à mettre le doigt sur la raison d’un ton si froid, sans doute lui en veut-il, il en aurait toutes les raisons du monde. Mais ne peut-il pas être également content de la voir ? Est-ce vraiment si difficile à entendre ? « Les trottoirs parisiens ne sont pas assez grands pour que vous ayez besoin de me rentrer dedans ?! Bordel… ». Il continue, elle n’arrive pas à parler. Il râle, elle le voit bien. Mais elle ne comprend pas pourquoi il ne dit pas son nom. Il lève le nez, finit par la regarder. Et… Il ne se passe rien. Absolument rien. Aucune étincelle dans le regard, aucune surprise, il ne se passe rien. Elle s’énerve de le voir ainsi, et elle ne voit pas vraiment ce qu’elle pourrait faire pour que cela s’arrange. Parce que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Il est là, il la regarde et.. Il ne se passe rien. L’incrédulité ne quitte pas ses prunelles. Elle tente de parler, Ripley, mais sa voix n’est qu’un murmure. Elle toussote un instant, il faut qu’elle réussisse à parler. Elle ne sait juste pas exactement quoi dire. Pourquoi est-ce qu’il ne lui parle pas, pourquoi est-ce qu’il ne dit rien. Il lui en veut tant que ça ? « Nolan, je… ». Elle ne sait pas quoi dire, vraiment. « Je suis désolée ». Bien sûr, elle ne s’excuse pas uniquement pour le café. A lui de voir…
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MessageSujet: Re: A song of ice and fire ▲ RIPLEY   Jeu 20 Oct - 20:15



A song of Ice & Fire

FT. RIPLEY E. WHEELER



Elle lève les yeux vers lui mais il ne la reconnait pas. Son regard d’émeraude se pose dans le sien. Elle est chaleur quand il n’est que glace, paradoxe des plus désagréables pour quiconque connait le passé de ces deux-là. Le teint de son visage devient livide, pâle comme si elle venait de voir un fantôme et lui se veut le bourreau qui tient en ses mains la faucille qui ne l’emmènera certainement pas au paradis. Ses râles s’échappent du fond de sa gorge, les vulgarités marmonnées dans sa barbe aussi, du genre de celles qu’elle connait par cœur. De futiles réflexes qui laissent sous-entendre que quelque part, au fond, Nolan est toujours là tapi dans l’ombre à attendre de pouvoir un jour se révéler. Mais peut-être que les choses et même les bribes d’images ne le ramèneront jamais véritablement à ce qu’il fût jadis. Pour l’heure, le demi-démon ne cesse de la scruter tout comme elle-même le dévisage. Il ne comprend pas ce regard hagard. De par son attitude, Grant sait qu’il peut faire peur, tétaniser à certaines heures, mais ils ne se connaissent pas, alors pourquoi Diable n’est-elle pas capable de prononcer un seul mot ? La moindre des choses serait de s’excuser. En silence à présent il la regarde balbutier, chercher ses mots mais il ne comprend toujours pas le but de la manœuvre, ce jeu auquel elle joue. Lui, il n’a pas de temps à perdre, le liquide bouillant ne le brûle certes pas, mais la sensation humide reste tout de même des moins appréciées. Alors seulement elle s’excuse, Ripley, mais Nolan ne la reconnait pas car il n’est plus là. Oublié le passé, envolés les moments partagés. Il n’y a plus que le vide, le néant de l’obscurité et tous ces mensonges où dans cette toile d’araignée on l’y a enfermé.

« Nolan ? » qu’il termine par répondre en fronçant un peu plus les sourcils. Elle doit forcément faire erreur. « Vous devez me confondre avec quelqu’un d’autre. ».

En plus de lui rentrer dedans, de saboter un de ses vêtements, son café dans la même veine et lui faire perdre son temps, voilà qu’elle le prenait pour une autre personne. C’est juste impensable. Complètement impensable. Une véritable blague. Sur le moment, Grant se pense en train de vivre un véritable cauchemar éveillé, cauchemar dont il va se réveiller. Entre les incompétents au sein de son équipe, et cet instant, il se dit qu’il n’aurait probablement jamais dû quitter les draps de son lit le matin-même. Cette journée fait partie de celles qu’il n’a nullement envie de revivre, et pour l’heure, elle est loin d’être terminée. Il lui faut encore congédier la jeune femme et couper court à la conversation. « Je ne suis pas celui que vous croyez, Mademoiselle. Juste un pauvre concitoyen qui vient de se faire renverser du café sur son T-shirt quasiment flambant neuf. T-shirt dorénavant impossible à rattraper et simplement bon à jeter aux ordures. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser. ». Son ton est encore froid, tout comme les émotions que renvoient ses prunelles vertes qui se posent sur la silhouette féminine. Il ne prête attention à rien, a bien cerné le regard perçant qu’elle arbore et sa mine déconfite mais aucun choc ne vient. Aucune image. Tout ce qu’il souhaite, c’est s’en aller le plus vite possible. Il a beau ne pas la reconnaître, son cœur bat à un rythme effroyable dans sa poitrine et il ne comprend pas pourquoi, met ça sous le joug de l’énervement et de l’adrénaline mais en réalité cette sensation lui est désagréable. Oppressante. Comme un besoin urgent de s’enfuir avant de perdre totalement pied pour une raison qu’il ignore.

D’un geste rapide, Grant cherche à passer à côté d’elle quand un cycliste déboule sur le trottoir comme un malpropre et manque de rentrer dans la jeune femme. Il n’en faut pas plus au demi-démon pour l’attirer vers lui d’un coup sec, inversant leurs positions de justesse pour tourner le dos au cinglé dont la sonnette ne retentit que trop tard. Il esquive de justesse le guidon du tricycle, une main contre le bras de la brune. L’action s’est déroulée si vite qu’il n’eut réellement le temps de comprendre comment ils avaient fait pour en arriver là. Ses émeraudes se perdent une nouvelle fois sur le visage féminin qu’il est supposé ne connaître que trop bien, puis il reste perplexe et lâche aussitôt son bras. Tout ça n’est qu’un réflexe qui suffit à le perturber. Il n’est pas habitué à faire une chose pareille. En temps normal, il s’en fiche. Des autres. Il se fiche qu’un cycliste fasse le cador sur les trottoirs et renverse des piétons au passage. Il s’en fiche complètement. Ce qu’il vient de se passer il ne l’expliquer pas, mais tout ce qu’il sait c’est qu’elle doit lui foutre la paix, et tout de suite. Le choc traverse légèrement les traits de son visage qui se sont allégés dans le feu de l’action bien qu’ils restent durs. De deux pas, il recule et détourne les yeux sans lui adresse le moindre sourire. Dans l’urgence, ses prunelles ont parfaitement capté les tatouages de son cou qui dépassent de ses vêtements, comme les siens, mais il ne veut pas en tenir compte. Il n’y a pas de liens car il ne la connait pas.

« Vous devriez chercher un peu plus. Votre ami ne doit pas être bien loin. ».

Ce sont les derniers mots qu’il pense prononcer à l’encontre de Ripley, mais il se trompe probablement. Au fond de lui, quelque chose lui dit que non, en effet, cette journée est loin d’être terminée. En témoigne la voiture qui passe à toute blinde, roule dans une flaque d’eau qui vient, histoire de bien achever les retrouvailles, tremper le demi-démon de la tête aux pieds. Non, vraiment, c’est un cauchemar.. Et il est à plusieurs stations de métro de son appartement.

Shit.



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MessageSujet: Re: A song of ice and fire ▲ RIPLEY   Ven 4 Nov - 13:42


Ripley & Grant
A song of ice and fire


En grandissant, Ripley a eu l’habitude d’entendre sa mère lui dire qu’elle ne tomberait pas amoureuse et qu’elle ne serait que très brièvement heureuse. Il faut dire qu’un démon n’est pas supposé être heureux, n’est-ce pas ? Ou du moins, le bonheur ne s’acquiert pas, pour lui, dans les belles choses de la vie. Pourtant, lorsque sa route a croisé celle de Nolan, elle a su que tout ce monde serait bouleversé, elle a su que tout serait considérablement différent, pour la simple et bonne raison que l’amour avait croisé sa route, avec une facilité déconcertante. Il est difficile de ne pas aimer un homme comme lui, de ne pas réaliser que certains points sont aussi délicats qu’il ne l’est, finalement. La douceur, l’intelligence, la protection, le respect… Des points ridicules que la jeune femme n’avait pas pu connaître auprès de son démon de mère. Et elle a entrepris de vivre une vie délicate et aimante, auprès d’un homme qui le méritait. Oh, il y a eu certaines galère – merci W&H – et des aventures où ils ont tous les deux failli perdre la vie. Mais à aucun moment, elle n’aurait été capable de reculer. Elle avait la force de surmonter tout ça, et c’était la seule chose qui comptait.

Aujourd’hui, tout ce monde a basculé. Chamboulé par un événement qu’ils n’avaient pas prévu. Rattrapés, il aura fallu qu’elle respecte l’engagement qu’ils avaient. Rattrapés, elle a dû le laisser tomber, le laisser derrière elle. L’abandonner. Et se geler dans sa dimension, pour des années entières. A son réveil, tout fut difficile à comprendre et à accepter. Il lui fallait prendre le contrôle, supporter tout ce qui se trouvait autour d’eux, finalement. Et cela n’avait rien d’évident, parce qu’elle était, finalement, bien trop seule pour comprendre. C’est en revenant dans le monde, en apprenant la date qu’il était, qu’elle a su que de nombreuses années s’étaient écoulées. Plus d’un siècle. Tout un monde, toute une existence, finalement. Il lui fallait apprendre à vivre dans un monde qu’elle ne connaissait même pas, finalement. Un monde qui lui échappait de tous les côtés. Alors elle a usé de ses économies pour trouver une tenue décente – qu’elle trouva vulgaire – et pour commencer sa vie. Semblant de vie, cela dit. Parce que sa priorité restait toujours la même. Retrouver Nolan. Traverser le monde, suivre chaque indice qui lui permettrait de comprendre, chaque détail. Et c’est ainsi qu’elle finit par atterrir à Paris.

Lui faire face est un bonheur difficilement supportable. Ses jambes flagellent, ses mains tremblent et son cœur bat bien trop vite. Elle ne sait plus vraiment où donner de la tête, elle n’a pas non plus envie de réfléchir, tout lui paraît si compliqué. Et pourtant, c’est lui. Il y a une lueur un peu différente dans son regard, quelque chose d’étrange dans sa façon de se tenir, de parler, ou même de la regarder. Une lueur bien trop difficile à observer, une lueur trop sombre. Elle ne sait pas. Et elle n’a peut-être pas vraiment envie de savoir. Mais qu’il se détourne ainsi, et qu’il paraisse perplexe par sa façon de le nommer, ça, elle ne comprend pas. « Nolan ? ». Oui, toi mais bien sûr, elle a bien du mal à le lui dire parce que ça ne fonctionne pas forcément comme ça. Parce qu’elle ne comprend pas pourquoi il rejette ce nom comme ça, pourquoi est-ce que ça devrait être aussi simple. « Vous devez me confondre avec quelqu’un d’autre. ». Elle ne se pose la question qu’une vulgaire seconde. Mais elle sait qu’elle ne se trompe pas, elle sait que c’est lui, elle ne peut pas le confondre avec quelqu’un d’autre, c’est totalement impossible, un truc pareil. Elle l’aime, et bordel, c’est le genre d’amour qui nous pousse à reconnaître l’autre assez simplement. Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle est supposée faire ou comment elle devrait le faire. Elle n’a pas vraiment envie de comprendre et elle n’a pas non plus envie de réfléchir parce que c’est déjà bien assez compliqué comme ça. Elle a peur, parce qu’il semble l’avoir oublié et qu’elle ne voit pas comment arrangé ça. Elle n’a pas la solution. « J’en doute.. ». Mais elle ne le dit que dans un murmure parce qu’elle est persuadée que ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il y a une situation assez peu compréhensible dans tout ça, un détail qu’elle ne parvient pas à comprendre et sur lequel elle ne veut pas s’attarder. Elle doit trouver quelque chose, trouver une solution et arranger tout ce bordel, elle ne sait juste pas comment elle doit s’y prendre parce que s’il l’a oubliée, il y a forcément une solution pour annuler ça. Elle refuse, pourtant, de laisser entendre qu’elle est celle qui se trompe, le laisser croire qu’elle abandonne si facilement ? Hors de question.

La tâche sur son vêtement lui semble bien loin, elle n’y prête même pas attention, son regard est incapable de quitter son visage des yeux. « Je ne suis pas celui que vous croyez, Mademoiselle. Juste un pauvre concitoyen qui vient de se faire renverser du café sur son T-shirt quasiment flambant neuf. T-shirt dorénavant impossible à rattraper et simplement bon à jeter aux ordures. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser. ». Il chipote, un habit n’est qu’un détail et pour tout dire, Ripley se souvient surtout d’à quoi il ressemble lorsqu’il n’en porte pas. Elle serre le poing, retient cette envie de le toucher encore un peu, d’humer son parfum. Il veut s’éloigner, elle cherche les mots pour qu’il ne le fasse pas, pour qu’il arrête, aussi, de lui parler aussi sèchement parce que c’est tout aussi insupportable que le reste. « Ce n’est qu’un Tshirt, je t’en rachèterais un ». Elle lève les yeux, une broutille oui. Mais une broutille qui prouve à quel point quelque chose ne va pas. Il s’attarde sur la futilité. Alors que plus d’un siècle les sépare de la dernière fois qu’ils se sont vus. N’est-ce pas plus important ?

Quand un cycliste passe non loin d’eux, il l’attrape comme pour la protéger, l’attire à lui et elle profite de ce contact, malgré la situation. C’est le genre de chose que Nolan ferait oui. Protéger quelqu’un, juste pour éviter qu’il se fasse du mal. A travers la noirceur de son comportement, à travers cet inconnu aux traits de son mari, Ripley repère alors son Nolan, elle le voit, telle une brèche qui vient de se former. Elle ne sait pas vraiment quoi en penser mais ça la touche, et ça lui fait énormément de bien. Elle aimerait rester dans ses bras mais ce n’est pas une option, bien sûr, il ne risque pas de l’aider. Il… Putain, il l’a oubliée ? Il s’écarte, alors, et déjà, le semblant d’étreinte semble avoir disparu. C’est tellement dur et difficile à accepter… Elle ne parvient même pas à savoir comment tout ceci a pu arriver. Sa seule évidence reste le fait que ça n’a strictement rien de normal. Et que ça ne peut venir que de W&H. Bien sûr. Qu’est-ce qu’ils ont pu lui faire ?

« Vous devriez chercher un peu plus. Votre ami ne doit pas être bien loin. ». Elle baisse les yeux, alors qu’il semble décider à mettre un terme à cet échange. Alors qu’il semble vouloir s’éloigner et que rien de tout ceci ne semble être la solution, finalement. Hors de question pour elle de le laisser partir aussi simplement, en tout cas. « Je ne me trompe pas. Je ne sais pas ce qu’on t’a fait, mais je sais beaucoup de choses sur qui tu as un jour été. Je peux t’apprendre qui tu es vraiment. ». Il va refuser, elle s’en doute, elle l’imagine très bien. « Ne viens pas me faire croire qu’il ne te manque pas des instants de ta mémoire ». Elle n’en croirait pas un seul putain de mot.
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