† "She has a hint of the devil in her eyes."
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Ex-Adrastée d'Acanthe



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MessageSujet: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 22 Juil - 10:39

"She has a hint of the devil in her eyes."
danette feat sparadrap
La demande d’Ethain persistait dans mon esprit. Trouve un moyen de l’obtenir, et je consentirais à envisager ta demande. Ce n’étaient pas ses mots exacts, néanmoins le message était clair. J’avais entendu les rumeurs le concernant, des tissus de mensonges pour la plupart, une once de vérité dans certains murmures. Si je pouvais changer d’apparence à volonté, quels miracles un sorcier pouvait-il performer ? Quelles étaient les limites ? Je n’étais pas naïve, cependant j’étais prête à croire qu’il avait percé le secret de la fontaine de Jouvence ou au moins trouvé la recette d’une incroyable crème antirides. Parce que si ce type-là avait effectivement presque la soixantaine, j’étais prête à ravaler un peu de mon ego pour espérer bénéficier du même traitement contre le temps. Et Ethain m’avait juré qu’en échange de quelques menus services, il me permettrait de garder cette apparence à travers les décennies – les siècles peut-être ? Rien que d’y penser, la tête me tournait. Moi, mégalo ? Peut-être bien. N’empêche que la possibilité de vivre presque indéfiniment sans vieillir, ou en tout cas à une vitesse honteusement ralentie, ça en ferait réfléchir plus d’un. Surtout quand le business de ce genre de personne, c’est de monnayer son corps.

Sauf que je me vois mal présenter la chose comme ça à Dean. « Salut, je sais qu’on avait dit qu’on arrêtait là, mais j’ai besoin d’un service pour rendre un service. C’est compliqué. J’ai une chance de rester belle et d’être immortelle, ceci dit il faut que je vole un artefact pour ça. » Oui. C’est certain qu’il va accepter immédiatement. Surtout vu nos… nos quoi ? Relations ? Ebats fréquents et houleux, entrecoupés de disputes et d’insultes ? Ma main se resserre sur l’épais plastique qui protège le costume. J’ai plus le choix de toute façon, ça fait dix minutes que je poireaute devant sa porte comme une adolescente devant son béguin de la semaine. Secoue-toi, Adra. Je recourbe mon index et mon majeur, cogne contre le battant de bois et dès qu’il s’ouvre, je pousse la porte pour pénétrer et déposer mon fardeau sur le canapé. Une seconde, je le contemple. Foutu canapé. Puis je virevolte dans ma robe noire et dévisage Dean. Je redresse le menton, ose un sourire insolent.

« Je veux que tu m’accompagnes à une soirée. J’ai rapporté un ensemble. Avec une cravate. » Mes talons claquent lorsque je me rapproche de lui ; avec presque dix centimètres de plus, je n’ai pas besoin de me briser la nuque pour lui rendre son regard. C’est dingue comme ça peut pratiquement tout changer, dix centimètres. Et j’en sais quelque chose. « Il y aura sûrement des démons. Mais ils feront bonne figure. Je dois rendre un service à un… ami cher, donc si tu veux faire ta bonne action du mois, je te demande de la faire avec moi. » Mon index semble se mouvoir seul pour effleurer la peau de son bras, marquant le muscle puis le tatouage. Bon sang, pourquoi est-ce qu’il me fait cet effet-là ? La requête du sorcier paraît lointaine et somme toute bien dérisoire face à l’appel qu’il exerce. « Je pourrais me montrer très reconnaissante… »

Et avant de commettre l’erreur de donner la carotte avant le bâton – pardonnez l’analogie – je me détourne de ses prunelles azurines. La robe s’enroule autour de mes jambes dans ce mouvement, se resserrant davantage contre ma silhouette longiligne. Je sais qu’elle me va à ravir, c’est pour ça que je l’ai choisie. On attire toujours mieux l’attention dans ce genre d’accoutrement. La dentelle se distend lorsque je me penche pour attraper le costume ; je le lui tends en le fixant.

« Et si ça ne suffit pas à te motiver, j’ai envie d’ajouter que j’ai besoin de ce qui se passe dans ta tête. » Malgré moi, je souris un peu amusée par le double-sens de ma déclaration. « Pas ce genre de choses. Plutôt ce que t’as implanté ton pacte avec les avocats du coin… » Je prends la pose, ensemble à bout de bras, menton relevé. « Désolée, love, tu n’es pas le seul à savoir poser les bonnes questions aux bonnes personnes. »

Il m’a fallu un peu plus de temps que prévu pour délier les langues à son sujet cependant. Dean passe pour un cinglé de service. L’Observateur renégat. Le type qui a accepté de se faire trifouiller la cervelle par le cabinet W&H. Celui qui passe depuis plus de temps à fricoter avec les démons qu’à se servir de toutes les connaissances qui le rongent. Peut-être que ça finira par le tuer, tout ce savoir. Je pince les lèvres à cette pensée, mais n’ajoute rien. D’un pas, je comble la distance entre nous pour lui refourguer le costume. Je ne lui laisse pas le choix.

« Un jour, il faudra que tu me dises ce que ça fait d’avoir la caboche aussi remplie. » Je remets de l’ordre dans ma crinière ébouriffée. « En tout cas, ça explique beaucoup de choses. Je me disais bien que ça ne pouvait pas être simplement le sexe. Personne n’est aussi bon sans un peu d’aide. » J’hausse les épaules, provocatrice. « Sauf moi. » Je croise mes bras sous ma poitrine, j’attends, je sens sa réticence et je prédis ses futures excuses. Même s’il a l’air de ne pas avoir apprécié d’avoir été percé à jour, ça n’a pas suffi à le pousser à considérer l’horreur de mettre un costume. « Je te promets qu’on va s’amuser. S’il te plaît ? »
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Dean A. White



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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Jeu 28 Juil - 14:11

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Le meilleur moyen de se faire emmerder, c’est de rien demander. Je fixe la télé allumée, pas forcément très emballé par le programme et encore moins par le ‘Cas de divorce’. J’ai envie de dire, fallait pas se marier, connards. Je renifle, me tortille sur mon siège et tente de choper une position plus confortable. Irréalisable. Bordel. Mon t-shirt me glane l’épiderme et j’ai envie de dormir tellement l’ennuie me siphonne toute mon opiniâtreté. Pourtant bien vorace en début de soirée, avant l’abandon pur et dur de toute envie de sortir. J’ai essayé de regarder l’émission sous tous les angles possibles. La tête en haut, la tête en bas, la tête en biais. C’est toujours aussi lamentable. Affligeant. Navrant. Cette déjection audiovisuelle. Où va virer le monde ? Dans quelques années, on se retrouvera avec des abrutis qui se disputent en directe pour une histoire de brosse à dent, si ça continue.Je soupire, chope ma télécommande et cherche les chiffres pour changer de chaîne. Et on choisit pile ce moment-là pour m’interrompre. Trois coups portés à la porte, et je me redresse d’un air suspicieux. J’attends personne, et j’invite jamais personne dans mon entre. C’est mon nid.

Enfin, presque.



Mais je doute que le propriétaire des coups portés à ma porte soit celui auquel je pense. J’inhale un coup, glisse une main dans mon caleçon et me grappille la fesse droite. Sérieux, qui peut bien venir me faire chier à une heure pareille, un jeudi soir ? C’est bien l’un des jours les plus chiants de la semaine. Quand je regarde par le velux, la tête grossièrement arrondie d’Adrastée m’apparaît. Bordel, si, c’est bien elle. Comment c’est possible, c’est quoi la blague ? J’attends quelques minutes, me tourne vers mon appartement et avise les dégâts. C’est un véritable foutoir. Mais le désordre, ici, elle m’a souvent aidé à l’établir. Nos corps se sont souvent explorés ici et là, et peut-être même bien sur cette porte. Sauf qu’à chaque fois, on se promet absurdement que ce sera l’ultime valse. Et pourtant … Je lâche un souffle excédé par mes naseaux, bien décidé à lui dire d’aller voir ailleurs. Mais je m’arrête aussitôt en voyant sa tenue quand j’ouvre la porte. Bordel de putain de merde. Mais merde, merde, merde et re-merde ! C’est quoi ça ? Sa silhouette chaloupée est recouverte d’une soie aussi noire que sa crinière délicatement coiffée. Et la dentelle, on en parle ?

Prenant mon mutisme et ma paralysie pour une invitation, la sale catin se tape l’incruste dans mon antre. J’ai bien envie de lui choper le cuir chevelu pour lui faire faire un jolie moonwalk, direction la sortie, mais mes yeux refusent de quitter ses hanches et son fondement moulé dans cette robe plus que malséante. Elle en dévoile trop, et pas assez. Je me réveil enfin pour lui demander, la voix rocailleuse et sèche d’avoir trop peu parlé depuis hier :



« - Tu fous quoi ? je demande avec rudesse, claquant la porte tout en faisant deux enjambées pour lui bloquer l’accès au salon.

Elle s’approche doucement, les prunelles chocolats enjôleuses et un sourire lubrique aux lèvres t la voilà qui me fait la demande la plus absurde qui soit. Une soirée. Moi. Avec une cravate ? Les mots sont mal associés. Et la voilà qui s’approche encore trop près pour me tripoter. Elle fait tout le temps ça, la garce. Je soupire, levant le menton vers le plafond avant de ricaner avec une fausse emphase.

- Euh … Nan. J’crois pas, je décline l’invitation en grimaçant devant le gros morceau de plastique qu’elle tient.

Je sais ce qu’il y a dedans. Elle peut aller se brosser. Elle peut toujours me faire jouir des rétines de ses charmes dévastateurs, ce soir, c’est tout ce qu’elle parviendra à m’arracher. J’suis pas d’humeur. Pourtant, la suite m’intrigue. J’inspire longuement, fixe la porte, Adrastée, la porte, puis à nouveau Adrastée. Mon palpitant chavire dans ma poitrine et mon sang ne fait qu’un tour dans mon crâne désembué par la nouvelle.

- Attends, tu te fous de ma gueule ? je lâche, agacé. Premièrement, c’est occulte. Et tu sais très bien que le sexe n’a rien de mystique, je crache en lui arrachant le costume des mains. Secondo, je peux savoir de quel droit t’as été fouiner sur moi ? On couche, on sort pas ensemble.

Pardonnez-moi le prosaïsme, mais on fait pas l’amour à une femme qu’on aime pas. Pas dans le sens où le commun des mortels l’entend. Je jette le costume sur le canapé, fait un pas en avant et mon pied touche sa robe, se calant presque entre ses deux chevilles. Elle a beau porter des talons, je dois quand même pencher la tête et la foudroyer de mes émeraudes enragées.

- Je déconne pas, y a des trucs auquel faut pas toucher.

J’agrippe ses épaules, la fait pivoter et l’oblige à aller s’assoir sur le canapé, avant de me planter sur le fauteuil à côté. J’inspire longuement, passe mon visage entre mes mains et prend le temps de peser mes mots.

- Ok … Où, comment, et pourquoi ? On entre dans mon domaine, là, t’as pas intérêt à me raconter des conneries, Adra. Je fais rien sans garanties, et c’est pas négociable. Qu’est-ce que t’as fait, et qu’est-ce tu veux réellement de moi ce soir ? Prends pas trop ton temps, si j’accepte, j’ai une bonne douche à prendre et pas très envie et de me presser. »

Et pour une fois, pas d’implicites dans ma voix grave et crispée.


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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Jeu 28 Juil - 14:19

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La question claque dans l’air à l’instant où je m’arroge le passage. Je me contorsionne juste assez du buste pour lui jeter un coup d’œil sans cesser d’avancer, mes lippes s’étirant avec une espièglerie viciée.

« J’entre, ça se voit pas ? Tu devrais fermer la bouche, Dean, une araignée pourrait y faire sa toile. »

Il est de mauvais poil. Ou il s’est levé du pied gauche. Ou sûrement un peu des deux en fait – et ma grande révélation ne fait que l’exaspérer davantage. Lorsqu’il lève les yeux au ciel, cependant, je sens le doux effluve de la victoire. J’hausse les épaules à sa déclaration, repoussant une mèche d’encre indisciplinée.

« Occulte et sexe ne sont pas forcément dissemblables. J’ai connu un sorcier une fois qui… Quoi ? Ne fais pas cette tête-là. Je croyais qu’on ne faisait que coucher ensemble. » Risette moqueuse. Regard provocateur. « Que je sache, ça t’as pas empêché de fouiner sur moi avant de te pointer à ma porte. J’ai fais que te renvoyer l’ascenseur. Pas ma faute si on bavasse facilement avec moi. J’ai le don de délier les langues. »

Les sous-entendus ? Ils font partie intégrante de mon vocabulaire et de mes intonations. A tel point que je pourrais presque les oublier si de micro-expressions ne trahissaient pas les brèves pensées de Dean à chaque fois que je prononce une phrase un peu trop… trop. Mains nouées derrière mon dos, sur mes reins, je le regarde s’approcher ; sa mâchoire est contractée, ses prunelles assombries. La menace ne se fait pas attendre. Néanmoins, j’ose lui adresser une grimace de défi en soulevant mes lippes carmines. Il ne m’effraie pas. Il pourrait pourtant. Mais ça fait longtemps que j’ai cessé d’avoir peur des coups et des insultes. Et si je dois être parfaitement honnête, sa démonstration de force m’attise plus qu’elle ne me refroidit. Que voulez-vous, l’insanité ne s’apprend pas.

« Ouuh, waw, je suis terrifiée. Je compte pas y toucher, de toute façon, j’ai vu ce qui m’intéressait le plus chez toi. Plusieurs fois. » Après avoir mimé un frisson de terreur, minaudant juste ce qu’il fallait, je me redresse pour lui renvoyer son regard. J’ai beau faire allusion à nos parties de jambes en l’air, mes billes sont aussi froides que les siennes à cet instant. « Range tes crocs, je suis pas venue pour me battre, Dean. Je te l’ai dit : j’ai besoin que tu surveilles mes arrières sur ce coup. »

Et je suis sincère ; ce qu’il doit déceler – ou alors il s’ennuie tellement ce Jeudi soir qu’il serait prêt à tout pour égayer sa soirée – puisqu’il me dirige vers le canapé. Il me fait face, les mains bouffant son visage pendant que je me permets de jeter un coup d’œil à la ronde. C’est le bordel. Pas celui jovial et libertin, celui qui veut dire foutoir, désordre. Un sourcil arqué, je consens à revenir lentement vers lui lorsqu’il reprend la parole. Ses demandes sont claires, nettes, précises. Son ton est sans appel. Il exige la vérité. Et pourtant, je prends le temps de la réflexion. Ce serait dans mon intérêt de lui fournir suffisamment d’éléments pour agir convenablement, cependant je sais qu’Ethain distille scrupuleusement les faits afin d’éviter d’être doublé. Quand il m’a parlé de l’artefact, j’ai su immédiatement qu’il ne valait mieux pas en parler à tous les démons du coin. De toute façon, ce n’est pas comme ça qu’on fait un casse.

Je croise les jambes d’un mouvement souple, lisse l’indécente robe trop – pas assez selon certains – transparente et pianote des doigts sur l’accoudoir. Je me tiens à l’extrême droite du canapé, bat la mesure avec la pointe de mon escarpin dans le vide, ose ce sourire en coin totalement insupportable lorsque mes yeux s’aventurent sur le reste de la couche. C’est que la dernière fois, le sofa en a manqué de se renverser. Le veinard.

« Un domaine privé, dans la partie Nord-Ouest de Paris. Un sorcier, Valkan, qui aime s’entourer de démons puissants. Je ne le connais pas particulièrement, ceci dit, mais on le dit volontiers sujets aux pactes. Quoi que je me demande bien ce qu’il peut lui rester à monnayer. » Je décroise et recroise, m’installe un peu plus confortablement. « C’est un Dorian Grey moderne, en somme. Grandes fêtes, orgies, débordements en tout genre. De quoi se sentir vivre. Mais il s’arrange toujours pour remonter avec quelques cibles triées sur le volet. Des mets de choix. » Inutile d’en dire davantage, je sais qu’il comprend à mon air. Valkan a un appétit dévastateur, dans tous les domaines. Je compte bien m’en servir. En cas d’échec, prendre son apparence ne sera pas très difficile pour quelqu’un comme moi. « L’artefact est dans une chambre-forte personnalisée. Avec des sortilèges, de vilaines bestioles tout droit sorties des Enfers aussi. En vérité, je m’attends au pire. C’est pour ça que ta présence serait appréciable. Bien sûr, je pourrais aller demander ça à d’autres… » Je pose l’index sur ma tempe en le contemplant, relevant légèrement le menton. « Mais aucune de mes connaissances ne rendrait honneur à ce costume. »

Déjà lasse de l’immobilité, je me redresse pour me dégourdir les jambes. Quelques pas me mènent vers la fenêtre derrière lui. Paris s’illumine doucement, joyau parmi les ténèbres. Je fais durer le suspense, parce que je sais qu’il attend encore une réponse. Peut-être la plus importante. Et celle que je ne peux lui donner. Pas encore. Pas avec le risque qu’il refuse de m’aider. Il y a trop d’enjeux. Pour moi.

« Quant au pourquoi, je te l’ai dit. Un ami m’a demandé un service. Il a su y mettre les formes. Je n’ai pas pu lui refuser… » Pivotant sur mes talons, je viens m’accouder au dossier de son fauteuil. Mes doigts effleurent quelques mèches désordonnées, puis glissent à sa nuque, sa clavicule. « Il a été très… convaincant. Et j’ai donné ma parole. Tu sais que c’est bien l’une des rares choses que je respecte. » Je me penche davantage, de façon à pouvoir lui chuchoter à l’oreille. « Alors, Roméo, tu comptes me faire languir encore longtemps ? Que je sache si je perds mon temps ou non. »

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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Jeu 28 Juil - 14:58

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Elle est l’insolence personnifiée et ça lui plaît. Elle exalte d’être la raison de mes regards irrités, de mes gestes saturés. Je le sais, je le sens. Elle en réclame toujours un peu plus à chaque fois, jusqu’à ce que ça me bouffe, que ça nous consume. La sale vipère. Elle se vente, se pavane et se targue d’avoir des connaissances. Des trucs. Je m’en fous. Je la pousse vers le canapé, la force à poser son cul sur le cuir sombre et me plante à côté d’elle. On est coincés dans ma garçonnière à la décoration sombre. J’oblique du menton sur la gauche, renifle et lui adresse un sourire crispé. J’aime pas ça. Pas du tout. Ses explications sont bidons et elle évite parfois mon regard. A peine, suffisamment pour me filer le doute. Son sourire est trop forcée, sa posture trop peu naturelle. En plusieurs semaines, j’ai eu le temps d’apprendre à l’examiner, d’instruire mes à l’art qu’est l’observation et l’étude de ce mimiques. Et elle est clairement rongée par une foutue idée bancale dans le crâne. Y a un truc, qui me chiffonne, qui me pousse à vouloir en savoir un peu plus. Et surtout, à être tenté de lui dire oui pour pouvoir la suivre là-dedans et me faire ma propre idée de ce merdier. Aucun doute, je sais que si je la renvoie avec son foutu costume et sa robe odieusement non séante, je m’en mordrai les doigts. Pas parce que je m’inquiète, mais parce que la curiosité est mon vilain défaut.

J’inspire longuement, me redresse en prenant la housse et pivote pour contourner le canapé. Je saute à cloche pied en retirant mon caleçon.

« - Tu touches à rien ! je balance par-dessus mon épaule d’un ton bougon en filant hors du salon et de la cuisine, je me faufile dans les boyaux étroits de mon couloir, pousse la porte avec le pied et accroche le cintre de la housse sur l’un des meubles.

J’en reviens pas de faire un truc semblable. J’actionne l’eau et attend que l’arrivée d’eau chaude s’écoule dans la cabine de douche, inspire longuement et fixe mon reflet dans le miroir. J’ai l’air fatigué et j’ai les joues creusées, mais une bonne cascade brûlante et un peu d’air frais devraient arranger mon cas. Ma barbe épaisse ronge mon visage un peu trop pâle. Je recule finalement en repoussant mes cheveux un peu gras en arrière et plonge à l’intérieur. Cinq minutes plus tard, propre et shampouiné, je m’extirpe de la cabine en accrochant une serviette, sentant un courant d’air frais frôler ma peau bouillante. Mes émeraudes sceptiques avisent la housse, et je grimace malgré moi. Je sais vraiment pas à quoi m’attendre, mais c’est avec beaucoup d’hésitation que je m’en empare et sors de la salle de bain pour joindre ma chambre. En passant par la couloir, j’ignore ce que fais Adrastée et me dépêche par peur de la voir fouiner derrière mes vidéos-cassettes. Manquerait plus qu’elle trouve un vieux porno oublié. Est-ce que j’ai vraiment peur de me faire juger par une prostituée ? Je secoue le menton, pousse la porte avec le gros orteil et la referme derrière moi avec le talon. Bon.

Je me mords les lèvres, croise les bras et pose la housse à plat sur mes draps.

- … Putain, j’en reviens pas de faire ça, que je crache vaguement entre mes lippes crispées.

Je me penche, retire le zip du plastique et découvre alors un tissu si doux et épais que l’idée de le toucher me file des troubles à l’estomac. Elle a sûrement dû le louer … Je sais que la vile catin qu’elle est se targue d’être une putain de luxe. Mais l’habit que je sors de son étuis est hors de ses moyens, combiné à la robe, c’est bien plus que ce que peut se permettre le commun des mortels. A-t-elle seulement payé ces affaires ? L’a-t-on rémunérée à l’avance ? Mes arques se courbent, et j’agrippe la serviette qui entoure ma hanche pour sécher ma carcasse et ébouriffer ma crinière. Soit … Je lâche un énième soupire, cherche un boxer dans un tiroir et l’enfile rapidement avant de m’atteler à la partie la moins agréable. C’est définitivement à des lieux de mon style vestimentaire. Fait chier. Plusieurs minutes plus tard, je ressors en attachant mes boutons de manchette. J’ai l’impression de puer le fric à des kilomètres, d’être un foutu trader ou je ne sais quelle autre connerie du genre.

Malaise.

Je me plante derrière Adrastée, enfonce mes pattes dans les fourreaux du costume bleu marine qui me servent de poches et me racle la gorge.
A elle d’admirer son œuvre. Sa foutue connerie.

- Tu me dois un très gros service », je râle tapant du pied gauche.

Même les chaussures sont abracadabrantes.



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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 29 Juil - 11:39

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Je ne sais pas si c’est la perspective de sortir de son terrier ou la robe qui l’a décidé. Quoi que de ma position, il ne doit pas voir grand-chose – c’est dommage, mais j’espère qu’elle recevra plus d’attention après, vu le mal que je me suis donné à la choisir. Néanmoins, il faudra que je la rende intacte et j’espère que cette soirée se passera suffisamment bien pour que mes locations ne deviennent pas des dettes à éponger. Pendant que Dean se précipite sous la douche, je ne perds pas une miette du spectacle qu’il me procure en retirant déjà son caleçon. C’est tout juste si la scène de ses petites fesses remuantes ne me fait pas oublier pourquoi je suis venue. Quoi ? Il n’y a pas de mal à profiter de ce qui se passe sous mes yeux. Ceci dit, son ordre m’interpelle déjà davantage. A croire qu’il ne connaît pas le principe de psychologie inversée… Quittant mon poste sur le dossier du fauteuil, je slalome entre les meubles et piles de livres chancelantes. Sur l’une d’elle a été jeté par flemme un tee-shirt, ce qui la rend encore plus bancale que les autres. Je la surveille du coin de l’œil, comme si le moindre courant d’air pouvait la faire s’écrouler, pendant que j’examine d’un peu plus près les titres des ouvrages, les feuilles volantes éparpillées sur la table. Un magnifique et chaotique bordel.

On pourrait croire qu’en quatre ou cinq visites, j’aurais deviné toute seule que les cases qui manquaient à Dean étaient reliées à l’occulte. Cependant, pour ma défense, j’étais bien trop occupée pour prêter attention au paysage. Et après, nous n’étions ni l’un ni l’autre disposés à prolonger l’inconfortable sensation de satisfaction plus que nécessaire. Si je m’amusais volontiers de ses états d’âme, de ses colères, de ses émotions brutes et violentes, je ne pouvais pas prétendre apprécier réellement le renégat. C’était au-dessus de mes forces. J’en étais tout simplement biologiquement incapable – mon cœur s’était arrêté des lustres auparavant, pour permettre à mon esprit de vivre avec les épreuves qu’on lui infligeait quotidiennement. Je ne cherche pas à me faire plaindre, jamais. Mais ça n’efface pas ce qui est. Quand je dis que je suis une garce, c’est que c’est chimiquement prouvé.

Je ne prête pas beaucoup d’attention au fait que l’eau ait cessé de couler, pas plus qu’à la vague silhouette que je perçois à la limite de mon champ de vision. Ma curiosité s’est portée un peu plus loin que les mini tours de Pise ; sur la table sont étalés trois ou quatre énormes bouquins sur la magie noire et les rituels démoniaques. Je me penche au-dessus, finit par glisser mon index pour jeter un coup d’œil sur les œuvres ensevelies. Je ne sais pas si je dois être inquiète de l’obsession dont il semble faire preuve, ou fascinée par le savoir qu’il emmagasine en plus de celui fourni par son pacte avec les avocats. Finalement, à part les rumeurs et ce que j’ai pu récolter auprès des plus bavards, je ne connais pas Dean. Enfin si, intimement même, mais je serais incapable de deviner ce qu’il a bien pu vivre avant de perdre son statut d’Observateur et sa Potentielle. Je chasse Elisa de mes pensées aussi rapidement qu’elle y est apparue. Je n’ai pas le temps de traiter avec des fantômes. La revue porno glissée sous un grimoire est un parfait divertissement. Je la saisis entre deux doigts, la tenant à une certaine distance de sécurité et malgré moi, je souris. C’est l’instant que choisi l’autre pour revenir, je l’entends avant de le voir. Son raclement de gorge n’est pas franchement discret.

« Sérieusement ? Je ne sais pas si je dois être vexée ou… »

Et puis rien. Le mouvement que j’ai amorcé pour le confronter avec ce magazine bas de gamme à la main m’a dévoilé quelque chose d’absolument terrifiant. Je reste tétanisée un instant, sourcils froncés et lèvres pincées. Je n’aime pas ce que je vois. J’abhorre tout ça. Parce qu’avec ce foutu costume, il est encore plus difficile de garder les idées claires.

« Tu me dois un très gros service. » Un soupir s’échappe d’entre mes lèvres. Je balance la revue entre l’index et le pouce en m’avançant vers lui. « De t’avoir rendu présentable ? Arrête de râler. Tu pourras te consoler avec tes magazines quand tout sera terminé. » La chose innommable atterri sur le sofa d’un coup de poignet dans le vide ; sans daigner le regarder dans les yeux, j’entreprends de vérifier que tout est en ordre. Col. Boutons de manchettes. Gilet. Nœud de cravate. Tout y passe. Je semble le pousser à bout, mais en vérité c’est plutôt moi que je dois retenir en cet instant. Je n’aurais jamais dû lui proposer de mettre ça. Ou de m’accompagner avec. « Tu sais… » Lentement, ma main s’enroule autour de la pièce de tissu encombrante. Il a beau détester les cravates, elles ne lui rendent pas son antipathie. « C’est presque dommage. » Un tour sec supplémentaire l’enroule plus étroitement. Il est presque forcé de courber l’échine. « J’aurais été ravie de t’aider à t’en débarrasser… »

Nos souffles se confondent. Je relève mes prunelles noires vers les siennes. Je dois me faire violence pour ne pas tirer brusquement sur cette maudite cravate. L’envie me démange – ainsi qu’autre chose, ailleurs. Mais c’est la voix d’Ethain, lointaine dans mon esprit embrumé par cette vision diabolique, qui me tire de mes pensées lubriques. Un peu de tenue, Adra. Alors que mes lèvres frôlent pratiquement les siennes, que je surprends mon autre main qui s’était aventurée sur le tissu soyeux, je me reprends. Un sourire sarcastique fleurit sur mes lèvres.

« Mais j’imagine que tu seras plus satisfait avec tes revues. Une photographie, ça n’a pas de répondant. » Libérant mon emprise, je lisse à nouveau ses vêtements. « Et tu as été très clair là-dessus, la dernière fois. Alors autant ne pas perdre de temps. » Sortir. Vite. De l’air. Froid. « Tu nous déposes ? Je te guiderais en chemin. »

Sans lui laisser le temps de répliquer, je lui tourne le dos et franchit la porte de son appartement. Le domaine de Valkan se trouve non loin du Seven Devils, il nous faudra dix bonnes minutes pour nous y rendre. Alors que je passe devant, je sens le regard de Dean. Une brûlure entre les omoplates. Aucun scrupule à rouler exagérément des hanches de ma démarche féline. Je n’ai pas à être la seule à crever d’envie de saborder cette soirée. Et après tout, c’est lui la dernière fois qui m’a mise à la porte. Autant qu’il savoure ce qu’il a perdu. Mauvaise la chatte de gouttière ? Assurément. Je n’aime pas que l'on me refuse ce que je demande. Surtout lorsque je sais pertinemment que la seule chose qu’il désire, au même moment que moi, c’est oublier toutes les promesses et les bonnes résolutions. Sa présence m’empoisonne, la mienne termine de dévaster sa vie. Nos liaisons brutales ne sont rien de plus que l’expression de pulsions animales, bestiales. Et pourtant, j’en sens déjà le manque. Il n’y a que dans ses bras que j’oublie. Que je m’oublie.

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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 29 Juil - 19:58

"She has a hint of the devil in her eyes."
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Elle est là, plantée dans le salon. Et elle a ouvert la porte interdite.  Je la vois éjecter avec dédain un magazine pornographique, une moue écœurée au visage. Ca m’en touche une sans effleurer l’autre. J’hausse les épaules, l’accablant de mon dédain certain et d’une pointe de persiflage dans le regard. Elle se tourne, amorce une réplique bien sentie et se retrouve figée par le spectacle que je lui offre. Elle a l’air d’aimer, bien. Parfait. J’espère qu’elle va morfler autant que moi en la voyant dans ce fourreau maléfique.

« - Jalouse d’un bout de papier, peut-être ? je fais en attendant qu’elle daigne ramener sa foutue et trop parfaite silhouette longitudinale.

- Nan, de m’amener dans ce foutu traquenard, ton pigeon est sûrement un vrai connard , je ronchonne.

Tous les types de son espèce sont des connards. Surtout parce j’ai un talent fou pour me mettre dans une merde pas possible, singulièrement avec ces mecs-là. Je la vois qui s’approche, féline, me foudroyant de son regard lascif. Encore un frôlement de ses doigts sur ma chair alors qu’elle noue ma cravate. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est sacrément tactile. Et ce n’est pas une vulgaire comédie pour simuler un intérêt véritable, mais un fait. J’ai fait la connerie une fois de payer ses services. Pour une lubie. Une obsession folle. Pour ce qui est de la suite … Plus un centime n’a jamais été déposer sur sa table de chevet. J’en ai presque oublié ce qui nous a poussés à en venir à de tels extrêmes. A nous chercher, puis à nous rejeter. Des deux, je suis certainement celui qui joue le mieux au yoyo. La voilà qui évoque d’ailleurs ma dernière et énième promesse. Un plus jamais prononcé sur le coup de la colère. Encore un.

Mais à la voir ainsi moulée de sa dentelle sombre, mon sang ne fait qu’un tour dans mes veines et je lui rends un regard faussement amusé. Le miasme de son parfum délicat me parvient aux naseaux et je retiens un grondement de frustration. Je m’éloigne lorsqu’elle termine le travail, lui ouvre la porte agrippe l’une de ses fesses en soufflant à son oreille, l’échine courbée :

- Oh oui, tu sais toujours comment faire, je balance d’un ton odieusement séducteur.

Connard, moi ?

Je ferme dernière nous, garde les clefs en main et nous amène directement vers le parking sous-terrain de l’immeuble. L’un des rares avantages du bâtiment trop mal placé à mon goût, mais dans mes moyens légèrement irréguliers. A l’idée de lui montrer ma voiture, un sourire taquin étire mes commissures. Ma séculaire Ford mustang rouge de 1967 rutilante risque de diablement détonner. Je l’amène droit vers le second sous-sol, me dirige vers ma voiture d’une démarche nonchalante et lui ouvre la portière de la carcasse de fer.

- Après vous, très chère, je fais en mimant la galanterie.

Tant qu’à s’enfoncer dans la connerie, autant y aller franco. Je claque la portière une fois que son corps disparaît à l’intérieur de l’habitacle et contourne le bolide. Il est bien plus propre que mon appartement, d’ailleurs. J’y passe plus de temps que je ne me réfugie entre mes quatre murs. Les fois où je reste chez moi sont rares.

- Chez le bestiaux, c’est ça ? Je prends quelle rue ? je demande pour la forme en enfonçant mes clefs sous le volant.

Le moteur rugit et je m’en délecte. J’adore son chant grave qui roule sous le capot. Mais dans quoi je m'embarque, encore ?
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 29 Juil - 21:25

"She has a hint of the devil in her eyes."
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Mes griffes s’agrippent à son poignet à l’instant où il ose poser sa patte sur ma croupe ; pas que ce geste m’indispose, mais je me donne un malin plaisir à lui rappeler qu’il est celui qui a mis une énième fois fin à cette folie passionnée. Je l’ai fait aussi, quelques fois. Parce que je me sais dépendante du plaisir qu’il me procure, tant indirectement que directement. Et cet affreux, affreux besoin, me hante chaque fois qu’il pose les yeux sur moi. Je n’aime pas Dean. Je n’aime pas l’effet qu’il a sur moi. Et pourtant j’ai la quasi-certitude que je ne parviendrais plus jamais à m’en passer complètement – c’est pire qu’une drogue, c’est un poison qui est propulsé dans mes veines par les battements vigoureux de mon cœur. Je repousse sa main en secouant simplement la tête à sa rebuffade, ne lui offrant pas la satisfaction d’une joute verbale, mais la frustration dévorante de ma silhouette inatteignable. Tant mieux s’il enrage, tant mieux s’il piétine : ça rend ma propre bataille un peu plus savoureuse. Ce costard lui donne l’attraction d’un cône de glace en plein été. Ou la durée de vie d’un vampire face à une Tueuse, le glamour en plus.

Il nous faut plus de temps que je ne le pensais pour arriver jusqu’à son véhicule. Je ne l’ai jamais vu et pour le coup, j’hausse les sourcils en la découvrant dans la presque pénombre du parking souterrain. Il prend les devants, improvisant quelques marivaudages galants – c’est amusant comme cela ne lui va absolument pas… et comme il peut bien le feindre malgré tout. Mes doigts parcourent la forme de la portière, la carrosserie écarlate et parfaitement lustrée. La Ford frémit pratiquement sous ma caresse.  C’est un étalon qui ne demande qu’à être relâché. Un animal sauvage auquel on aurait foutu une bride et une selle dans l’espoir de le dompter. Je daigne finalement y pénétrer, après avoir fait languir le renégat une poignée de secondes. Mon regard passe sur son visage. Telle voiture, tel maître. Ironie mordante.

Je jure qu’à l’instant où il fait vrombir le moteur, tout mon être s’ébranle. Mes prunelles dévorent l’habitacle, sa propreté m’arrachant un sourire en coin. Il traite mieux sa Ford que son appartement. Et alors qu’il la lâche doucement vers la sortie, les vibrations s’intensifient. Elles grimpent de mes pieds à mes genoux, cuisses, mon bassin, mon ventre, ma poitrine. Je sens la puissance du véhicule répondre à mon rythme cardiaque – ou est-ce le contraire ?

« Chez le bestiaux, c’est ça ? Je prends quelle rue ? » « Celle qui mène au Seven Devils. » Je lui jette un regard appuyé. L’idée qu’il n’en connaisse pas la localisation ne m’effleure même pas l’esprit. « Je te dirais à quel moment il faudra changer de route. »

Le trajet s’établi dans un silence, non pas gêné, mais nécessaire. Je garde les yeux rivés sur mon côté, cherchant à tout prix à évacuer de mon esprit la pensée salace qui m’est venue lorsque le bolide s’est mis à avaler l’asphalte en tressautant de plus belle. On ne l’a jamais fait ici. Malgré moi, j’en souris : je suis irrécupérable et je m’en contrefous. Comme prévu, toutefois, je romps mon mutisme pour aiguiller Dean vers la bonne direction. Bientôt les lueurs du domaine apparaissent dans le lointain, la distance diminuant à vitesse grand V. Je me penche un peu sur le tableau de bord, curieuse, empressée, méfiante. Si Ethain m’a envoyée dans un traquenard, je fais la promesse de lui faire ravaler sa dentition parfaite. D’une façon ou d’une autre. Pourtant mes craintes sont rapidement effacées lorsque j’aperçois des rangées de véhicules hors de prix stationnées derrière la grille de quatre mètres de haut qui ceint le terrain. Les portes sont ouvertes. Regard ancré à l’horizon, je pose ma main sur le genou du renégat – je jure que pour une fois, je ne pense pas à ça. Pas totalement, tout du moins. Sa chaleur me réconforte. Dans quel pétrin tu t’es fourrée, Adra ?

Quelques types en costard se tiennent dans l’allée principale. Sûrement des voituriers. Je coule un regard vers Dean. Il ne va probablement pas laisser des inconnus toucher à sa Ford, encore moins si on risque de se faire jeter dehors à tout moment. En le voyant tenir le volant aussi… délicatement, j’en serais presque jalouse. Mes doigts remontent sur sa cuisse avant que je ne tapote benoîtement le muscle, retirant par la suite ma main.

« Gare-toi là. Sois sage, je m’occupe de nous faire entrer. »

Après lui avoir désigné un coin relativement désert, je quitte le véhicule à l’instant où il ralenti et m’enfonce dans le groupe de nouveaux arrivants. Ethain ne m’a pas fourni d’invitation, il laisse ce détail à mes dons de métamorphe… sauf qu’il ne s’attendait pas à ce que j’invite un ancien Observateur. Alors il me faut improviser. J’avise un couple qui se dispute à voix basse, me faufile jusqu’à eux. La femme porte de minuscules cornes sur son front et l’homme a des oreilles effilées. Démons, à peine dissimulés. J’examine une seconde de plus la scène. Elle jette des regards courroucés à un trio de femelles démones qui gloussent en minaudant devant son compagnon, lequel loin de s’en détourner, les dévore des yeux. C’est presque s’il ne bave pas sur son costard. Je fais glisser ma crinière noire derrière mon épaule et je deviens la goutte d’eau qui fait déborder l’océan Atlantique. Une maladroite bousculade avec la démone me procure le premier passe-droit. Et lorsque je m’épanche en langoureux compliments auprès de son mâle, tout mon jeu de séduction le plus vulgaire révélé au grand jour, il ne me faut que quelques palpations pour découvrir le second et m’en emparer avant que la Furie ne se déchaîne. Rapidement la dispute polie vire au remake de Règlements de comptes à OK Corral. Je pense que lorsque Dean me repère, émergeant de la foule, mon sourire doit lui en dévoiler plus que nécessaire. Si je regrette d’avoir brisé cet adorable petit couple démoniaque ? Pas le moins du monde. La fin justifie toujours les moyens.

« Allez, viens… » que je lui murmure en glissant mon bras sous le sien, l’air d’avoir tout juste gagné la médaille olympique de la garce. « Et je ne suis pas jalouse de tes revues. Je sais ce que tu rates. Quant à moi, j’ai de quoi m’occuper si tu décides que tu en as assez : je me débrouillais très bien sans toi, et j’y parviendrais tout autant. »

S’il pensait que j’allais me languir de ses visites, il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. J’ai appris très tôt qu’un certain type d’objet pouvait procurer plus de plaisir qu’un homme… Bien. Vérité ? Dean est mieux. S’amuser à deux est plus délectable que seule. Mais je ne vais pas le supplier. Je préfère qu’il revienne ramper, mon ego ne supportera pas d’autre alternative. Fort heureusement, la soirée promet d’être suffisamment divertissante pour m’éviter de penser à ce dont j’ai terriblement envie. Je glisse les invitations à l’un des molosses à l’entrée, puis nous nous engageons dans… dans quoi ? Partout, lumières, sculptures, peintures. Couleurs pâles et lourds rideaux de soie cramoisies. Le dallage lustré pourrait presque refléter les mines émerveillées des convives. Mes onyx parcourent la foule – j’ai vu un portrait de Valkan. Il semble pourtant n’être nulle part. La musique de l’orchestre, les longues tables dressées, l’alcool coulant à flots. Mes sens sont saturés d’informations. J’emprunte toutefois un masque d’indifférence glacée en m’avançant au bras du renégat ; ce n’est pas le premier événement mondain de ce type auquel je me retrouve. Celui-ci est juste porteur de plus d’enjeux.

« Autant en profiter, qu’est-ce que tu en dis ? Tu sais danser ? » Je souris, sarcastique. « Hm, désolée, j’oubliais que tu tenais plus de l’homme des cavernes que du dandy anglais. » Un défi ? Clairement. Même si je ne cesse de scruter la marée de démons et de sorciers, je ne peux pas passer à côté de l’occasion de le provoquer une fois de plus. « Ce trois-pièces m’induit en erreur. » Compliment détourné ? Bon sang, je perds presque la main.

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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Sam 30 Juil - 8:14

"She has a hint of the devil in her eyes."
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La nuit nous emporte. Son gouffre obscur à demi engagé dans les ténèbres nous couvre à l’intérieur de l’habitacle. Parfois, les réverbères illuminent vaguement le visage d’Adrastée. Impossible de deviner la moindre de ses songes alors qu’elle reste figée sur son siège, ses prunelles sombres braquées sur l’asphalte. Je braque sur la gauche, le volant glissant délicatement sur la peau de mes doigts. Le moteur ronronne doucement à chaque fois que j’accélère un peu. Paris est bondé de monde, la plupart se dirigeant vers les gares, les bars ou rentrant d’une longue journée de travail. J’ai toujours adoré cette ville. Ce pays, bien plus que l’Amérique où j’ai passé peu de temps. Plus encore que l’Angleterre où j’ai étudié pour être l’observateur dont mon père rêvait tellement.

Lui qui nous soumettait à ses choix sans se soucier de nos envies. A moi et … La voix d’Adrastée me sort de mes pensées et je bifurque à droite. Mes songes m’emmènent parfois là où j’essaie pourtant de m’extraire, que j'essaie d'oublier pour ne plus m’y enfoncer. C’est plus fort que moi. Une fois arrivée devant une grande baraque qui contient sûrement plus de cent chambres et cinquante couloirs tapissés de tableaux, je grimace. Prétentieux. Comment on peut vivre dans un édifice aussi massif ? En visualisant les barrières, j’en ai le vertige. Et lorsque mes émeraudes s’arrêtent sur les voituriers, je pousse un râle de protestation. Hors de question de filer mon bébé à ces enfoirés gantés. Je m’éloigne des barrières, quitte à nous garer quelque part, autant que ça soit près d’un mur qu’on pourra chevaucher pour fuir rapidement. Sait-on jamais, cette affaire pue l’embrouille.

« - Et maintenant ? Je demande en coupant le moteur alors qu’Adrastée ouvre la portière, le tout en me demandant de rester sage.

Moi, sage. Elle a vu la vierge ou quoi ? J’esquisse un sourire en coin, hausse un sourcil la regarde s’extraire de ma voiture. Je sors à mon tour et ferme les portes à clefs en soupirant. J’éprouve déjà une envie irrépressible de me faire la malle. De prendre mes jambes à mon cou et de la planter là, comme un parfait connard. Mais en étant totalement honnête avec moi-même, je sais que je ne partirai pas de là sans Adrastée, quitte à la prendre sous mon bras ou sur mon épaule de force. Pas par empathie envers elle, une fois encore. Mais je ne tiens pas à découvrir son cadavre un jour ou l’autre. Je n’aime pas Adrastée, elle a tendance à me taper sur le système et à me défier dès que l’occasion se présente. Mais c’est un sacré bon coup, et ce serait dommage de m’en priver. Il y a déjà une foule d’humains et de démons en costards ou robes de haute couture.

Je desserre légèrement ma cravate, sentant une légère goûte de sueur perler sur ma nuque. Je déteste ça. L’air frais affranchie mon derme découvert. Je tâte ma poche, sentant mon paquet rectangulaire de cigarettes et mon briquet. J’agrippe le tout,  prêt à m’en griller une alors que j’avise la brune qui s’interpose entre un couple de démons qui se chamaille. La divine salope se trémousse près du démon aux oreilles filées, et la diablesse à petites cornes s’époumonent en hurlant.

Une fois la besogne achevée, ma cavalière me rejoint alors que je termine rapidement ma clope.

- T’es diabolique, je fais d’un ton hilare en étudiant le billet d’entrée qu’elle vient de chaparder.

La belle enjôleuse s’accroche à mon bras, nous dirigeant vers les grandes barrières.

- T’es encore là-dessus, je m’esclaffe avec moquerie. Remets-toi, d’Achanthe. A moins que t’aies quelque chose à me prouver ? je souligne avec malice, une pointe de défie dans les vocales.

Et la jeune femme me le rend bien en mettant mes qualités en doute. Oh, ça. Elle va être sacrément surprise. Mon sourire se fait plus large alors qu’on progresse sur les graviers. La porte est derrière une immense fontaine et jette mon mégot négligemment en plongeant ma main libre encore imprégnée du miasme du bâton à cancer dans ma poche.

- Tu crois ça ? je fais d’un air curieux et intrigué, légèrement sceptique. Une petite pointe de déception dans le regard.

Je joue une putain de comédie.

- T’as raison, j’ai deux pieds gauches. On devrait vite faire demi-tour avant que je nous foute la honte du siècle. Tu crois pas ?

A en juger par son expression, la réponse est négative.

- Dommage, je t’aurais prévenue ! j’abdique en passant devant deux malabars, plus larges que moi – c’est pour dire la taille des colosses – et en passant une main sous le creux du dos de ma compagne de la soirée.

Plusieurs couples commencent déjà à valser dans la pièce. Entremêlant leurs corps dans des spirales délicates et flegmatique. Un véritable orchestre organique. J’agrippe aussitôt la main libre d’Adrastée, l’obligeant à me faire face et à se rapprocher dangereusement de mon buste. Sa poitrine s’écrase contre la mienne, se gonfle et forme deux parfaits astres de chair. Ses talons grandissent ses jambes délicates couvertes par la dentelle et la soie. Des boucles chocolat dansent autour de son visage à la peau de marbre. Ses lèvres rougies sont une véritable invitation à la débauche. Elle est extraordinaire, trop remarquable pour mon propre bien. Lorsque je suis certain que nos pas s’accordent à ceux des autres danseurs, j’entame la marche, conduisant cette nouvelle valse. A la verticale, cette fois ci. Dommage aussi. Et nos corps filent sur le sol, semblant s’envoler sur le marbre froid.

Je doute fortement qu’elle s’attendait à découvrir un talent pareil chez moi.
J’adore la contredire.

- Et t’as de la chance, je susurre alors que nos deux corps soudés forment des rondes délicates et vaporeuse. Je sais parler en même temps. C’est quoi le plan ? Tu cherches quoi exactement ? T’as une carte du manoir ? »


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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Mer 3 Aoû - 2:35

"She has a hint of the devil in her eyes."
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Je secoue la tête devant la vaine tentative de Dean. S’il pense que ses « deux pieds gauches » vont me détourner de mon objectif, c’est qu’il me connaît mal. Je le plains simplement lui : mes compétences en danse ne sont plus à prouver. Je suis peut-être une putain, mais une putain civilisée. Alors que je m’apprête à reprendre mon observation, nos pas nous menant progressivement à l’orée des danseurs, il me tire vers lui. Je retiens un hoquet de stupeur, m’échouant contre son torse, et relève le regard vers lui. Même avec mes talons, il me dépasse encore un peu. Je le vois sourire, de cette grimace pleine d’assurance et absolument détestable. Il sait danser. Ses mouvements guident les miens sans les entraver, accompagnant la moindre ondulation avec dextérité. Laissant une main disparaître dans sa paluche, je modifie la position de la seconde sur son épaule. L’instant de surprise passé, je mets plus d’amplitude dans nos rondes. Je le teste. Je le défie. Encore et toujours.

« Et t’as de la chance, je sais parler en même temps. C’est quoi le plan ? Tu cherches quoi exactement ? T’as une carte du manoir ? » « Tu poses beaucoup de questions… » Mes prunelles scintillent, sublimées par l’éclairage de l’imposant lustre en cristal au-dessus de nos têtes. J’en oublierais presque que notre danse se déroule entre des démons et des mages noirs. Le paysage est idyllique, enchanteur, digne des plus ridicules contes de fées. « [color=rosybrown]Je compte faire en sorte que Valkan me remarque. Qu’il me sélectionne. J’espère avoir choisi la bonne robe pour ça, d’ailleurs. » Je jurerais avoir senti ses battements de cœur pendant un instant, tant ma poitrine est écrasée contre lui. Indécent ? A peine. « Suite à quoi, je dois trouver un moyen de le mettre hors d’état de nuire sans alerter ses molosses… » Je libère ma main droite pour lui faire remarquer l’anneau que je porte à l’annulaire. Une pierre noire y est simplement sertie. C’est un bijou fort utile pour stocker poisons et autres somnifères puissants. Une rotation plus vive me force à reprendre sa main. « Sa chambre est mitoyenne à la pièce où il stocke ses artefacts magiques. »

Le rythme de la musique s’accélère sensiblement, de même que nos pas. Cette valse est différente de celles que nous avons l’habitude de performer, mais elle n’en reste pas moins agréablement surprenante. J’ai beau enrager à chaque fois qu’il me met sur la touche, je le découvre avec une curiosité presque maladive. Chaque petite parcelle de mystère qu’il daigne illuminer ne le rend que plus attrayant encore. Dans le genre : « à surtout éviter. » Terriblement nocif. A consommer avec modération. Sauf que je n’ai jamais été douée pour faire dans la demie-mesure.

« Quant à toi, si tu souris un peu, tu pourrais avoir la chance d’être choisi par Valkan… Sinon, il faudra que tu trouves un moyen de te faufiler à l’étage. » Je frôle sa joue de la mienne, tendant le cou pour murmurer à son oreille : « Mais qui sait, on pourrait s’amuser un peu avant de droguer notre hôte, qu’est-ce que tu en dis ? »

Et, provocation ultime, j’ose lui mordiller le lobe avant de m’éloigner sagement pour me concentrer à nouveau sur la valse. Je pourrais me perdre dans ses iris, si changeants, si tourmentés. Si expressifs. Quelle que soit l’émotion qu’il éprouve, elle transparaît toujours dans son regard. Quelque part dans la danse, mes doigts s’emmêlent aux siens. J’ai besoin de ce contact. Je veux ce contact. L’idée m’effleure de l’embrasser, seulement je suis bien trop fière pour m’abaisser à ce geste. Et si j’aurais pu passer l’éponge un soir comme les autres, je ne peux pas me permettre de rester distraite trop longtemps. Avec difficulté, je m’arrache à la contemplation de son océan tumultueux pour chercher le visage de Valkan. Je désespère qu’il n’apparaisse. Peut-être a-t-il déjà trouvé son occupation pour la soirée ? Et c’est là que je l’aperçois, brièvement, entre deux couples de démons. Je fronce des sourcils. Il capte mon regard. J’y perçois l’intérêt, flamme éphémère prête à être soufflée à la moindre excuse.

« Fais-moi tourner. » Je tourne mes mirettes vers Dean. « Fais-moi tourner. Valkan nous regarde. »

J’ai envie d’ajouter qu’il devrait probablement se lâcher un peu, histoire que l’on soit sûrs d’attirer l’attention du sorcier, mais je n’en ai pas le temps. Il me relâche de son étreinte dans une virevolte ; le tissu s’enroule autour de ma silhouette, ma crinière s’éparpille au vent. Je me raccroche à ses doigts, de justesse, propulsée plus abruptement que je ne le pensais. Il sait vraiment danser, le bougre. J’heurte son corps avec rudesse au retour – ça commencerait presque à ressembler à nos ébats. Un mélange d’adresse et de passion difficilement refoulée. Et à chaque fois que je m’éloigne, j’ai cette terriblement envie en revenant de m’emparer de ses lèvres. Ce type est un cocktail aphrodisiaque à lui seul. Malheureusement pour moi, je suis loin d’y être immunisée. Néanmoins, je me sais capable de lui faire un effet similaire et je ne m’en prive pas. Parfois, nos corps sont si serrés que le tissu devient une barrière gênante. Et Valkan nous regarde, nous jauge. J’espère qu’il apprécie ce qu’il voit. Moi en tout cas, je sens que l’effet que ça me fait. Que ça nous fait. Et je lutte pour étouffer le brasier.
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Mar 23 Aoû - 21:07

"She has a hint of the devil in her eyes."
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Je m’en délecte, du trouble dans ses onyx. La danse me file presque le vertige, aussi je décide d’ouvrir ma gueule, une fois de plus. « Tu poses beaucoup de questions… » qu’elle me balance en pleine gueule, son souffle sur mon menton. Ca me rappel notre première rencontre et ça m’arrache une mimique au coin des babines.

« - Je savais que tu dirais ça, je taquine, sans cesser de la conduire dans notre valse.

J’opine du chef à l’annonce de son plan, puis prend un air outré lorsqu’elle évoque la possibilité d’être pioché dans le tas par le démon.

- Tu dérailles ? Hors de question que je me retrouve dans votre orgie à queues !

Et hop, plus un pour la classe.

Pour la peine, j’entame une grimace bougonne. D’un autre côté, si le plan marche, ce Valkan n’aura pas le temps d’exaucer ses prières et de nous faire frire l’épiderme avec ses idées sûrement trop lubriques. Ai-je vraiment envie de courir partout comme un dératé pour trouver l’accès à l’étage ? J’avise les alentours, les stèles hautes et marbrées et les tables de petits fours. J’ai beau être un très bon acrobate, rien ici ne permettrait d’escalader sans me faire remarquer et aussitôt éjecté. Eh merde …

- D’un autre côté …
je commence en sentant soudain les lèvres d’Adrastée venir s’accrocher à mon oreille, m’arrachant au passage un frisson s’étendant de ma nuque à mon entre-jambe. Putain de saloperie, merde, arrête ça … je soupire d’une voix bien trop guillerette.

Cannasse, elle sait que j’adore ça.

Mon regard se perd un instant dans celui de ma compagne d’infortune. Trop longtemps, même. Je peux voir les différentes nuances de ses billes sombres. Sous l’éclairage des lustres faits de diamants, quelques éclats d’émeraude transpercent les teintes onyx de ses billes scrutatrices. Le palpitant de la jeune femme bat calmement contre mon buste, mais je jurerai l’avoir entendu pulser bien trop vite le temps d’un souffle.  

- Fait chier, je râle dans un murmure alors qu’Adrastée m’intime l’ordre de la faire tournoyer comme une toupie.

Les doigts dans le nez, aussitôt demandé que je sépare nos corps pour nous donner de l'élan, lâche son dos et l’envoie valser en une pirouette délicate. J’esquisse un simple sourire satisfait à peine visible dans ma barbe un tantinet digne d’un bûcheron. Lorsque j’avise sa silhouette qui commence à déchanter, je la ramène un peu brusquement à moi. Peut-être trop, en voyant sa poitrine s’écraser contre la mienne et menacer de sortir de sa robe telle deux globes hors de leurs orbites. Simple formalité. Valkan comprendra que la cavalière est avec moi, au cas où il lui prendrait l’envie de l’embarquer en m’excluant de la course. Mon pied recule, et j’agrippe ses deux minettes délicates. L’élan m’expulse, séparant nos deux corps une fraction de secondes alors que je lâche sa main droite, revenant d’une poussée flegmatique vers elle pour la faire valser autour de moi, cette fois. Sa dentelle vole et s’entortille autour de ses chevilles, effectuant le sens inverse de son cercle alors que je la ramène à mon buste. Je reprends ainsi la ronde et le rythme de tout le monde, non sans détecter les coups d’œil de certains admirateurs.

- Et là, y nous regarde toujours ? Je demande sans la quitter des yeux.
Et le contacte de nos rétines me brûle jusqu’à la corne. Je tourne le menton, sentant une ombre planer au-dessus de nos têtes. Elle avait bien parler de s’amuser un peu avant d’empoisonner le maître des lieux ?

- On a combien de temps avant qu’il nous tombe sur le poil ? » je demande soudain en nous faisant tournoyer presque hors de la piste de danse.
Non, Dean, fais pas le con !

Oups, trop tard. Nous voilà éjectés de la valse.
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Mer 24 Aoû - 9:03

"She has a hint of the devil in her eyes."
danette feat sparadrap
Dean et son franc-parler toujours magnifiquement cru. C’est à se demander à quel moment les Anglais ont arrêté d’essayer de lui inculquer les bonnes manières. Parce que je doute fortement que les Observateurs toléraient ce genre de comportement, vu les culs-serrés qui portent le titre. Bien sûr, y’a des exceptions partout, mais en voyant le sourire canaille de mon partenaire de danse, je me dis qu’il a dû particulièrement en baver là-bas. Si je me fie aux racontars à propos des britishs, je m’ennuierais très vite là-bas. Une chance que je n’y sois jamais allée. En plus leur bouffe a l’air immonde.

Mais ça me sort rapidement de la tête lorsqu’il soupire dans mon cou, une supplique misérable au bord des lèvres. Totalement feinte, de plus. Je dois me faire violence pour ne pas réitérer le même geste par simple provocation, mes dents mordant ma lèvre inférieure avec frustration. Au lieu de donner libre-cours à mes pensées impures – vilaine fille – je me contente de lui montrer mon plus beau sourire de garce.

« Désolée, j’oubliais : plus jamais. »

Un tantinet rancunière, la métamorphe. Un psychologue vous dirait que je supporte très mal le rejet, quelque chose lié au fait qu’on ne m’a jamais acceptée à cause de mon don, que ma famille m’a repoussée et toutes ces conneries médicales. Sauf que c’est son refus à lui qui me pose problème. Je n’ai pas autant d’états d’âme à l’envoyer paître quand j’ai décidé que c’est assez, mais dès qu’il le fait j’ai ce désir vicieux de le provoquer davantage. De le pousser dans ses retranchements pour qu’il soit forcé d’agir. J’ai jamais dit que ma logique était bonne. Ou même saine.

Malgré tout, Dean honore ma demande avec brio. Le tempo de notre valse devient plus rapide, plus sophistiqué. J’aimerais pouvoir dire que je suis tellement concentrée dans les rotations qu’il me fait faire pour oublier son regard, seulement ce serait mentir. Je le sens. Je le guette. A travers le maelström de lumières scintillantes, il est mon seul repère. Je virevolte d’un côté, puis de l’autre, mes onyx profondément ancrés dans ses émeraudes. Et l’envie est là, brûlante, avide, grandissant à chaque impulsion qui me sépare de lui. Cette brutale envolée des sens me laisse pantoise et à bout de souffle. Mais aussi terriblement alerte.

« Et là, y nous regarde toujours ? » Putain. Sa remarque m’arrache à ma contemplation concupiscente. Je tente de repérer le visage de Valkan à travers la foule, un exercice difficile puisque Dean n’a pas ralenti d’un iota. Le monde se floute, mon rythme cardiaque s’accélère. « On a combien de temps avant qu’il nous tombe sur le poil ? » « Comment tu veux que je le sache ? »

Je trouve la force de rétorquer alors que mon esprit s’est perdu dans cette valse. Danse qui perd brusquement tout son élan. On est sorti du cercle. Je dois pratiquement planter mes talons dans le dallage pour m’arrêter. Mes mains s’agrippent aux larges épaules du renégat ; je déteste l’effet de son regard. Je crève d’envie de lui arracher ce sourire suffisant. Je crève d’envie de l’embrasser. Et évidemment, de lui rappeler tout ce à quoi il a dit « non » quelques jours plus tôt. Sauf que je ne le fais pas. Mes billes noires le déshabillent sans le toucher, passent et repassent sur les traits de son visage, mais je ne flanche pas. Hors de question de lui donner satisfaction. D’un mouvement du menton, je repousse ma crinière en arrière, lisse les pans de ma robe outrageante. Je m’occupe les mains pour éviter qu’elles ne finissent sur lui.

« Bien joué. Et maintenant ? » Et avant qu’il ne puisse répliquer, c’est un autre homme qui s’avance hors de l’attroupement de danseurs. Encadré par deux gorilles. « Vous voilà. Je craignais que vous n’ayez décidé de continuer ailleurs… » Sa voix me procure un frisson – pas ce genre-là, plutôt glauque en fait – et même si Valkan est assez bel homme, je ne peux m’empêcher de l’imaginer aussi repoussant que le véritable portrait de Dorian Grey. Pourtant, c’est un sourire qui fleurit sur mes lèvres, pas une grimace écœurée. Des années de pratique. « Partir sans remercier notre hôte de son hospitalité ? Ce serait la pire des impolitesses. » Je me rapproche sensiblement de Dean, à la fois par jeu et par nécessité. Ma main droite vient se perdre dans son dos, glissant lentement sur son échine, alors que je noue l’autre à sa grosse paluche. Quittant Valkan des yeux, je pose mon menton sur l’épaule de mon partenaire, susurrant à son oreille : « Qu’est-ce que tu en dis, love ? Je pense que tu pourrais aimer ça plus que tu ne le penses… » J’effleure son lobe du bout du nez. Je ne mordrais pas. Pas pour le moment. « Ce serait dommage de passer à côté d’une telle occasion… » Et derrière mes murmures indécents, je perçois le rire amusé du sorcier. « En voilà une qui sait ce qu’elle veut. Je serais ravi de prendre soin de votre dame pour le restant de la soirée. Ce ne sont pas les cavalières qui vous manqueront. »

Sur cette proposition, Valkan me tend la main. Pas de façon abrupte, non, avec une légère torsion du poignet et en courant d’un rien l’échine. Presque comme une révérence à ma gloire lascive. Laissant ma main droite revenir sur l’épaule du renégat, je libère la gauche pour la faire flotter au-dessus de la paume offerte du mage noir. Je guette la réaction de Dean, mes onyx s’assombrissant encore davantage. Une partie de moi voudrait qu’il me réclame, l’autre ne pense qu’au résultat de cette soirée. La potentialité d’accéder à l’immortalité. J’ai encore le cœur qui bat trop vite à cause de notre danse, l’épiderme qui fourmille de mille pulsions insolentes et libidineuses à son égard. Mais je lui laisse le choix. Celui de me laisser partir avec Valkan. Celui de me reprendre – à défaut de me prendre.

« Alors, love, qu’est-ce que ce sera ? » Je relève le menton. « Les fantômes de la piste ou moi ? »

Ou nous. Toi et moi. Qu’importent les conséquences, qu’importe le chaos engendré. Qu’importe le nombre de fois où je te repousserais, où tu me repousseras. La damnation éternelle pour le simple délice de se retrouver, encore et toujours. Pour l’extase du péché originel. Pour la sensation de tes lèvres sur ma peau. Pour ce besoin qui causera ma perte.
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 26 Aoû - 10:19

"She has a hint of the devil in her eyes."
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J’arrête notre valse endiablée, et cette fois je le sens. Le palpitant de ma chimère qui entame un air aussi effréné qu’une tragédie lyrique. Son corps s’éclipse du mien pour se noyer dans les ombres de la foule. Là où nous nous tenons, une grande ouverture aux portes battantes bloquées par des cales nous permet d’aviser un autre buffet, plus grand. Plusieurs individus débattent de la pluie, du beau temps, ou de la politique. Et à en juger par les deux géants à la peau rouge qui se tiennent de chaque côté de l’ouverture, ce n’est pas n’importe qui qui peut s’y engouffrer. Hm, intéressant. Je manque pourtant de recracher un hoquet de stupeur lorsque j’entrevois cet espèce d’enfoiré d’Archiduc Sebassis et son affreux gobelin bleue enchaîné. Je vois son espèce de soumis palichon dégoupiller l’une des veines de son poignet, délestant ses veinules de son nectar d’un bleue opaque. J’avais entendu parler de ce type, et pour dire vrai, je connais même les pires secrets de Wolmfram&Hart. Ce type fait partie de l’aiguille noire, cette foutue secte organisée des associés principaux de Wolfram&hart. S’il est là, c’est que d’autres aussi. Certaines grosses têtes politiques doivent traîner leurs salles pattes dans les environs. Je détourne les yeux avant que l’Archiduc ne croise mon regard. A tous les coups, cet enfoiré me connaît tout autant de réputation. La réciproque, tout ça tout ça. Je grimace, sans avoir réellement entendu ce que me disait Adrastée. Je suis de plus en plus à cran au fur et à mesure que la mascarade progresse. Elle ne sait vraiment pas où elle nous a embarqué. Et si … Et si elle savait, bien au contraire ? Mon regard se perd un instant dans le sien alors qu’elle s’agite. Ses filets chatoyants dansant sur ses épaules voilées.

Mais une voix m’oblige à me détourner d’elle aussi, et j’avise un homme avec tant de prestance qu’il ne peut s’agir que du maître des lieux. Je retiens la grimace, pas franchement ravi de devoir lui adresser la parole. Et peu enclin à apprécier les œillades vicieuses qu’il adresse tout particulièrement à ma cavalière. Je la sens qui pose son petit menton sur mon épaule, mais mes prunelles ne lâchent pas celles de Valkan. Y a une malice perfide dans deux billes presque inhumaines. Un truc qui me dérange. Lui, je l’aime pas. Et à en juger par ses grands airs et la manière dont il tente de me soustraire de leur petit groupe, je  doute pas que c’est réciproque. Oh toi, mon cochon, on va pas être potes de lardons. Alors qu’Adrastée me pousse dans mes retranchements, me défiant de sombrer dans cette nouvelle folie, je crayonne un sourire malingre sur la commissure de mes lippes. Ca me dégoûte, mais ça ne se verra pas sur ma gueule rongée si je m’y prend bien. Je suis plus doué pour la danse que pour l’hypocrisie. Le truc, c’est que j’ai vraiment envie de surveiller Adrastée, et ça me sauve à moitié. Même si je capte le regard sceptique de l’hôte. J’avise la main de ma brune audacieuse qui flotte par-dessus la grosse patte aussi avide que les serres d'un rapace. En vérité, il a une forme tout à fait normale, une gueule humaine. Mais personne n’est dupe. Beurk, beurk et re-beurk. J’en reviens pas de ce que je vais faire. J’approche ma main de celle d’Adrastée et de Valkan, joignant nos trois pattes.

« - J’ai besoin de préciser que j’ai mené la danse et fait sûrement plus de la moitié du travail ?

Sourire de connard.

Et à mon grand … soulagement ? Non, le mot ne correspond pas du tout à l’état dans lequel je me trouve, il éclate de rire. … Charmé. Merde, merde, merde et re-merde. L’étincelle de méfiance s’est légèrement dissoute. Je crois que je lui plais. Je vais vomir. J'ai rien contre les gens qui s'aiment mutuellement sans se soucier de leurs sexes, c'est juste que moi, ça me branche pas du tout. Lorsqu’il nous intime de le suivre et nous tourne le dos, je jette un coup d’œil assassin à Adrastée. Un peu paniqué, aussi. Et à en juger par la tête de la catin, elle est au bord de la jouissance émotionnelle. Connasse. Je l’attrape par la taille, glisse mon nez dans ses cheveux en humant son miasme vanillé et  en mimant l’affection, puis souffle à son esgourde d'un ton rauque et menaçant.

- Tu vas me le payer, je te jure que tu vas me le payer ! »

Trop bas pour qui que ce soit à part nous entende.
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Ven 26 Aoû - 10:55

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Dean hésite, je le vois qui plisse les yeux face à un Valkan impatient. Il faut dire que depuis quelques secondes, le Renégat a l’air vraiment mal à l’aise. Comme un morceau de viande lâché en plein chenil affamé. Ou un type qui se serait rendu compte qu’il vient de s’asseoir sur une fourmilière de bestioles dévoreuses de chair. Il tortille et jette des regards à droite et à gauche, parfois sur moi. J’aurais presque l’impression qu’il me… soupçonne ? Sans la présence du mage noir, ça ferait belle lurette que je l’aurais questionné à ce propos, mais je tiens ma langue et je fais bonne figure. Fort heureusement, Dean pince les lèvres, finissant par prendre son mal en patience. Il rejoint ma main tendue, une remarque acerbe au bout des lèvres. J’ai un sourire convulsif, le genre acide. Connard. On fait bien la paire, quand même. Du coup au lieu de poser ma paume sur celle de Valkan, je redresse le bras et l’enroule autour de celui de mon compagnon d’infortune. Sa fanfaronnade semble plaire au sorcier qui se détourne de nous, faisant un signe pour que nous lui emboîtions le pas. Sans hésiter, je cale mon pas sur le sien, laissant environ un mètre nous séparer. Le souffle de Dean entre mes mèches noires n’augure rien de bon.

« Tu vas me le payer, je te jure que tu vas me le payer ! » « Des promesses, toujours des promesses… Est-ce que je dois te rappeler que tu n’es pas doué pour les tenir ? » Grimace de garce. J’ai raison. Il le sait. J'exulte devant son air sombre. Bon sang, je crève d'envie de… Non.

Valkan menace de nous perdre dans un dédale de corridors, et mes yeux enregistrent les moindres détails pendant que j’échange des banalités avec l’ex-Observateur. Des pièces, pour la majeure partie fermées, qui donnent sur autant de secrets que de dangers. Je serais pas étonnée qu’il ait une armoire quelque part qui mène à Narnia. Ou dans un univers revisité, plus sombre et plus sanglant. Une porte des Enfers personnelle. Au détour d’un couloir plus tortueux que les précédents, le mage fait quelques signes à ses deux gardes du corps qui prennent aussitôt position devant les doubles-portes qui mènent à la chambre de l’hôte de la soirée. J’ai à peine le temps de distinguer des écritures autour de l’encadrement que Valkan les ouvre et nous invite à y pénétrer. Sa suite est digne des plus grands hôtels de Paris. Et même davantage. Je crois bien que c’est de l’or qui recouvre le bois massif de sa tête de lit. Ce type n’a aucune notion de l’argent… ou même de classe. J’avise dans un coin de la pièce un plateau avec plusieurs carafes en cristal remplies d’alcool, puis le sorcier se retourne, interrompant mon observation. Lorsqu’il se rapproche de moi, c’est avec un sourire que je l’accueille. Ce n’est qu’un client de plus. Ce n’est qu’une proie de plus.

Relâchant doucement ma prise sur Dean, et sans lui adresser un dernier regard, je m’éloigne pour rencontrer le mage à mi-parcours. Prunelles noires et sourire engageant, je me glisse à ses côtés pour effleurer son torse du bout des doigts. La présence du Renégat derrière mon dos me dérange plus que je ne le pensais. Ceci dit, je sais qu’il ne pourra pas distraire Valkan. C’est à moi que revient cette tâche. J’espère que Dean a remarqué que j’avais glissé mon anneau dans la poche de son veston, lui laissant le soin de verser la dose de poison dans l’un des verres disposés près des carafes. J’espère beaucoup de choses de lui, sans même le savoir. Sans même vouloir l’admettre. Mes lèvres papillonnent près de la carotide battante du mage, lui délivrant un message qu’il comprend aussitôt. Ses mains ne sont ni délicates, ni timides. Il a l’habitude d’obtenir ce qu’il désire, quand il le veut, comme il l’entend. Cela se ressent dans son attitude et jusque dans le regard qu’il me lance. Je suis accoutumée à me faire dévisager comme ça, ceci dit ce n’est jamais réellement plaisant. Alors pour me venger, je le mords dans le creux de son cou, près de la nuque, là où la chair est tendre et la zone sensiblement érogène. Sauf que ma prise est un rien trop abrupte – quelle maladroite – et il lâche une expiration surprise suivie d’un rire conquis. J’en aurais presque la nausée. Il a vraiment rien d'humain. Et c'est moi qui le dit.

« Désolée… »

Apparemment, Valkan n’a rien contre un peu de fermeté. Sa main agrippe quelques mèches pour tirer ma tête en arrière, et si mon premier réflexe est de lutter, je me laisse rapidement faire de crainte qu’il n’y aille plus fort. Il perd son visage dans mon cou, ses dents frôlant le derme sans s’y attarder. Je profite de sa position pour jeter un coup d’œil autour de moi. Jamais je n’ai autant espéré que Dean n’intervienne. Ce type me répugne viscéralement. Et je ne m’allonge jamais sans avoir été payée à l’avance. C'est faux, c'est arrivé une fois. Enfin, je croise l’océan tumultueux à l’autre bout de la pièce. Je retiens un soupir de soulagement, ne laissant rien entrevoir sur mon visage qui pourrait me trahir. Au contraire, je fais la fière, je relève le menton alors que Valkan tire plus fort sur ma crinière. J’ai l’air d’être parfaitement à mon aise, alors que je suis à deux doigts de lui crever les yeux. Quand tu veux, Renégat.
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MessageSujet: Re: † "She has a hint of the devil in her eyes."   Jeu 1 Sep - 7:25

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Le regard toujours suspicieux, j’observe Valkan nous tourner le dos. Je le sens toujours aussi malaisément, mais j’essaie de contenir les contingences qui me submergent à la vue de l’Archiduc. Pour moi, une arrivée de ce genre ne prophétise jamais rien de bon. Mais quoi qu’ils fassent ici, ce n’est pas le but de ma venue.  Je me détourne à nouveau vers l’enfoiré de fakir voleur de cavalière, jette un coup d’œil à Adrastée qui se perche à mon bras avec un peu trop d’ardeur et lâche un sourire mesquin. Elle non plus, n’a pas l’air d’estimer Valkan. A vrai dire, elle a beau avoir un parfait masque de catin désabusée, son vis-à-vis ne m’abuse pas. Plus à moi. Elle mime l’allure d’une fière muse qui fait valser tous les cœurs des hommes et des femmes sans jamais flancher, j’ai deviné son petit manège. J’ai tout le loisir de l’observer, de la juger, et de la déchiffrer. Y a une faille dans ses onyx troubles. Comme un doute qui semble lui ronger la cervelle. Et à ma menace soufflée à son oreille, cette fichue garce me provoque. Une fois de plus. Je glisse ma main dans son dos, effleure son échine et tire une mèche pendante de ses cheveux en guise d’avertissement. Les corridors défilent jusqu’à me faire tourner la tête.

Et c’est au bout de quelques mètres longs et tortueux que notre route s’achève. Et nous voilà échoués dans … Une mansarde abominablement conférée. De l’or sur la tête de lit, vraiment ? Je retiens une mimique moqueuse en distinguant les verres de cristaux. Pour moi, un verre, c’est un verre. Y a pas à chier.Ce type à trop de manières et une putain de cuillère en argent dans le gosier. Un hoquet d’effroi meurt dans ma gorge quand je tourne la tête. Adrastée est aux prises avec le monstre de la soirée. Ils dansent ensemble, flirt et s’acoquine devant mes opales ternes. Ma main est plongée dans ma poche, là où est la fiole qu’Adrastée a discrètement plongée la main plus tôt. C’est à peine si j’avais senti la brune déposer son petit cadeau. Elle a la main très aérienne, quand elle le veut. Je retiens un élan de rage qui me démange, qui fait vibrer ma langue qui menace de rouler et de proférer une litanie latine. Jeter un sort sur ce connard me foutrait dans la merde. Le peu de fois où j’use de la magie doit toujours être parfaitement calculé est efficace. Je hais la sensation que ça me procure. Je fais tourner la fiole entre mes doigts, tourne le dos brusquement et fonce vers les verres. Le petit flacon est planqué dans mon énorme patte d’ours, et il est si hypnotisé est occupé par Adrastée que Valkan ne remarque même pas que je me suis éloigné. Parfait. Je déverse rapidement le contenu dans son récipient, me sers dans la glacière pour prendre une bouteille de champagne et grimace à nouveau. Je déteste le champagne.

Quand je fais une pirouette vers les faux amants, les trois verres en main par un jeu de doigts flegmatique mais bancal, j’approche d’eux pour faire cesser leur petite mascarade émétique.  Valkan se détourne, m’observe et me lance un sourire dégueulasse. Du genre qui veut tout dire. Je file l’une des coupes à Adrastée, gardant bien de conserver la coupe empoisonnée. Pas la première, mais celle qui la plus proche de moi. Simple processus psychologique, un gars comme Valkan est sûrement toujours très prudent, à en juger par le nombre de larbins qui le suivent partout ... Deux sont sûrement déjà postés devant la porte à l’heure qu’il est.

- J’aime doser moi-même mes petits plaisirs, susurre Valkan en m’invitant à boire. A en juger par ses gestes et le fait qu’il n’a toujours pas pris la coupe, il s’attend clairement à autre chose venant de moi. Et les hommes enivrés, un sourire sur cette belle gueule ne serait pas de trop, très cher.

Je lui adresse une badine mesquine et amusée. Connard. J’aspire d’une traite la première coupe, alors que l’autre me tourne autour. Et j’enchaîne aussitôt sur … Le second verre. Ah, j’ai dit qu’il était empoisonné ? J’ai menti. Valkan m’observe un moment, jaugeant sûrement chacune de mes réactions. Puis, satisfait, je le vois m’inviter à lui servir une nouvelle coupe de champagne en approchant du bar. Je pose les deux verres en sortant de mes réflexions et le regarde en prenant une nouvelle coupe. Quand j’agrippe l’une des bouteilles, ses doigts effleurent les miens et je frissonne. Un frisson qu’il prendra sûrement pour du plaisir. Beurk, beurk, re-beurk. Ce dernier se tourne vers une autre fiole d’alcool et agrippe le verre que j’avais en main. Il a les dextres froides.  Ce que cet abruti ignore, c’est que j’ai pas mis le poison dans la bouteille. On ne m’appelle pas le renégat pour rien. Et je suis presque certain qu’il sait qui je suis, maintenant que j’y pense …

- Je dois vous avouer être étonné de vous voir dans les parages, White.

Bah tiens, qu’est-ce je disais ? J’avais raison. J’éclate d’un rire digne du pire faux-cul en balançant la tête en arrière.

- Je savais bien que vous m’aviez reconnu ... j’avoue avoir été intrigué par toutes les rumeurs qui courent sur vous.

J’approche un peu de lui, mon nez effleurant presque le sien alors que je murmure.

- j’avais raison d’en mettre sur le bord de votre verre.
Il a déjà sifflé une bonne moitié de la bouteille et s’arrête brusquement. Moi, je souris plus.

- Eh ouais … Vous êtes pas si fortiche que ça, hein, si je puis me permettre. Elle est mignonne, n’est-ce pas ?

Je vois Valkan tanguer légèrement, ses iris tournées vers Adrastée.

- Du genre à vous faire tout oublier, même votre vigilance … Le prenez pas mal, de toute façon, vous êtes pas du tout son type, ni le mien.

Bien-sûr que je le sais, elle pourra me contredire à loisir après. Elle mentira. J’approche encore un peu, dépassant légèrement le sorcier de quelques centimètres. Si bien que mes opales le fixent avec froideur alors que je lève un index, le poussant avec ce dernier pour l’encourager à basculer en arrière. Il s’étale comme une crêpe au sol et j’ai eu le temps de choper le verre avant qu’il s’écrase avec lui. Ce serait con d’alerter ses malabars. L’index pointé en avant et Valkan étalé à mes pieds, je tourne la tête vers Adrastée et hausse les épaules.

- Bah quoi ? »

Moi aussi, je peux avoir le sens du spectacle.

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