ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded
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MessageSujet: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Sam 16 Juil - 12:49



Our fates were bounded.

FT. FIONOLA KOSKINEN



Paris, 2055.

Il erre en ces rues qu’il ne reconnait plus. Il a erré jusqu’aux abords de ce bâtiment dévasté pourtant si beau autrefois. Où est-Il ? Qu’est-il seulement arrivé à cette ville auparavant si pleine de vie, et si belle. Pendant des heures, il a erré. Des jours durant, même jusqu’à ce qu’il ne comprenne que la vie ici ne lui ferait pas de cadeau. Tout n’est qu’enfer et damnation, même pour un être comme un lui. Il n’y voit pas ou peu de magie. Alors il s’enfonce un peu plus dans les méandres de Paris, oublie sa riche tenue qui à présent tombe en lambeaux. Il fait comme tout le monde, trouve un coin sale où dormir, fulmine et peste en silence en espérant trouver mieux le lendemain. Il erre ainsi pendant des jours jusqu’à ce que sous le ciel terni il n’apparaisse enfin un rayon de lumière. Elle se penche quand il papillonne des yeux, comme aveuglé par cette lumière vive mais ce n’est que lorsqu’elle arrive à son niveau qu’il se rend compte qu’il ne s’agit nullement d’une lumière, mais bel et bien d’une chevelure. Blonde et claire comme le soleil qui ici ne semble pas exister. Ou très peu. Il se met rapidement à sentir les bonnes odeurs venir lui chatouiller les narines, alors il baisse les yeux, et le temps de les relever vers elle, la jeune femme s’enfuit déjà, passe au suivant.

« Attends. ». Il se redresse avec précipitation, gardant précieusement ce don entre ses mains poussiéreuses. « Attends. ».


***


Paris, de nos jours.

Le sorcier soupire et tape impatiemment du pied sur le bitume. Vêtu de sa veste en cuir noire il remonte ses lunettes de soleil sur son nez. En règle général il ne côtoie pas ce genre de bar-restaurant, ni même ce genre d’endroit qu’il juge peu reluisant à son goût. A force d’avoir vécu dedans, Ethain fait tout pour fuir la misère qui l’entoure et chaque fois qu’il doit y mettre les pieds, cela ne lui rappelle que trop bien son propre Enfer lors de ses premières années d’existence. Pour autant, il est bel et bien là, juste devant ce bar-restaurant qu’il considère comme miteux alors qu’il n’est pas l’un des pires. Plus il y réfléchit et plus le sorcier se dit qu’il aurait dû lui-même choisir l’endroit où ils se verraient. Oui, il a un rendez-vous pour affaire, quelque chose en rapport avec son véritable job et non pas un quelconque objet magique, d’où la réticence qu’il y met à fréquenter pareil endroit. Ethain ronge malgré tout son frein et pousse enfin la porte. L’intérieur est rustique et bien entretenu, contraste fulgurant avec sa tenue des plus sombres et valant son pesant de cacahuètes. Son rendez-vous d’affaire est en retard, quelle tristesse, pourquoi ne sont-ils pas fichus d’être à l’heure ? Un jour il le fera bouffer leur cervelle en passant par le nez. Il fulmine de l’intérieur mais n’en montre strictement rien à l’extérieur. Ce n’est que lorsqu’on s’approche de lui pour lui demander s’il déjeune tout seul qu’il retire enfin ses lunettes de soleil et les range dans la poche intérieure de sa veste. Là, il signe à la négative et indique qu’ils seront deux mais que le second n’est pas encore arrivé.

En silence, Ethain s’installe sur sa chaise et analyse un peu plus l’endroit pour passer le temps. Il discerne bien la chevelure d’un blond aussi clair que les rayons du soleil mais il ne fait que la regarder distraitement servir deux ou trois clients dont les bruits de fourchettes réveilleraient un mort. Elle ne parle pas et se contente de hocher la tête. Timidité extrême ? Le sorcier n’en sait rien et en définitive s’en contrefiche, même s’il a la désagréable sensation de déjà la connaître. Sourcils froncés, il inspecte la carte de vin et doit finalement détourner les yeux d’elle quand Julian apparait enfin dans son champ de vision.

« J’ai failli mourir d’ennui en attendant. Tu as de la chance d’être arrivé parce que j’allais t’envoyer te faire foutre bien profond par un Grecque. Julian. ». Il l’a mauvaise le sorcier, surtout d’être en ces lieux, en fait. Et puis, il est juste tellement mécontent qu’il fallait absolument qu’il le lui dise. Ses doigts le démangent, il aurait pu lui coller une claque invisible juste par pur agacement et caprice de môme. « Je déteste… Attendre. ». Ledit Julian le dévisage et déglutit en s’asseyant, la mine déconfite. « Je suis désolé Ethain, j’ai été retardé dans le métro. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un chauffeur attitré. ». Le sorcier se met à sourire d’un air narquois et mauvais, serrant les dents en se reculant dans son siège. « Pour venir dans un endroit pareil, je n’ai pas fait appel à Bernard, et pour ta gouverne, c’est toi qui a choisi ce restaurant. Si on peut appeler ça… Un restaurant. La prochaine fois, s’il y en a une, je serai celui qui choisit et là tu pourras pleurer ta mère de ne pas t’avoir ouvert un plus gros compte en banque. ». Voilà, ça c’est dit. Maintenant il espère que leur vin le plus cher en vaut son prix.




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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Dim 17 Juil - 11:42


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Elle avait eu de la chance de trouver ce travail. Même si Nola n’était pas encore vraiment habituée à cette époque, elle savait très bien qu’il y avait peu d’opportunités pour ceux qui possédaient un handicap. D’une certaine manière, il aurait été presque plus facile pour elle de trouver un emploi de là où elle venait : on ne s’attendait pas à ce qu’une humaine parle. Au contraire, on préférait son espèce silencieuse et docile. Assurément les démons auraient-ils aimé qu’ils soient tous comme elle était maintenant. Tout cela perturbait encore la jeune femme. L’autre temps. L’absence de sa voix. Ce monde qui lui semblait tellement archaïque mais tellement plus avancé tout en même temps. Elle avait connu la misère chez elle. Elle la connaissait encore ici… mais il n’y avait guère plus la menace qui pendait au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. Elle aurait aimé retrouver la demoiselle avec qui elle était passée dans le portail pour atterrir ici. Elle aurait aimé comprendre pourquoi elles avaient été propulsées dans le passé. Les raisons qui l’avaient poussée à prendre cette décision. Pourquoi ? Tout cela la troublait parfois plus que la perte de sa voix. Ne pas savoir. Ne pas savoir pourquoi elle avait été bringuebalée jusqu’ici. Alors qu’elle avait achevé ses deux jobs dans la journée, elle se surprenait souvent, la nuit, recroquevillée sur elle-même, à trouver du réconfort dans le fait qu’elle n’avait laissé personne derrière elle. C’était un sentiment égoïste qu’elle ne connaissait que rarement. Une pensée qui n’était réconfortante que brièvement car venait ensuite le souvenir des enfants cachés dans la forêt. Des enfants qui avaient sûrement dû mourir. Mais peut-être était-ce pour cela que la blondinette avait cherché à aller dans le passé : pour changer l’avenir ? Pour éviter à leur monde de devenir ce qu’il était ? Une quête impossible… par où commencer ? Nola n’en savait rien. Elle était un passager clandestin, un dommage collatéral.

Elle finit de prendre la commande d’habitués. Elle ne prenait que les leurs, car ils savaient qu’elle ne pouvait pas parler et ne s’en offusquaient pas. Ceux-là, elle les appréciait encore bien, car ils ne faisaient pas partie de ceux qui lui lançaient des remarques, croyant qu’elle était peut-être à moitié sourde en plus d’être muette. Elle repartit vers le comptoir et la cuisine pour déposer la feuille sur laquelle elle avait noté les plats que les clients désiraient. En vérité, elle n’en aurait pas eu besoin, si elle avait pu parler, car ils prenaient toujours la même chose. Elle resta un instant immobile, les yeux perdus dans le vide. Koskinen ! Elle sursauta et observa le chef qui apparaissait par l’ouverture donnant sur les cuisines. Sa voix n’avait pourtant pas été sèche, juste un peu forte pour la sortir de ses pensées. Elle ne dormait pas assez dernièrement… Les cauchemars étaient toujours là et elle ne parvenait pas à trouver un sommeil paisible. La compassion se voyait sur le visage de son employeur. Elle avait eu de la chance de le trouver. D’autres auraient sûrement tiré profit d’elle et n’auraient pas été aussi gentils. Elle eut un sourire désolé et il lui fit un signe de la main lui disant que ce n’était rien avant de lui tendre une bouteille de vin. Peux-tu apporter cette bouteille à la 9 ? Elle hocha la tête et prit la bouteille avant de retourner vers la salle.

Elle slaloma entre les tables, faisant un petit détour pour éviter celle où elle reconnut des clients parfois trop entreprenants, pour arriver devant ladite table 9 qui avait commandé la bouteille. Elle n’y connaissait rien en vin, la boisson étant devenue un produit rare et de luxe à son époque, et parce qu’elle ne buvait jamais d’alcool, mais devant l’étiquette élégante et sobre, elle se dit qu’elle devait peser son montant de billets. Elle entreprit de présenter la bouteille à l’un des clients, celui qui était vêtu d’un costume qui détonait dans l’atmosphère du restaurant, et, lorsque ses yeux rencontrèrent son visage, Nola battit des paupières. Il avait clairement l’air bien plus propre sur lui que la dernière fois qu’elle l’avait vu, bien portant, bien nourri, reposé et élégant. Était-ce vraiment lui ? Ou bien était-ce juste un ancêtre qui s’avérait lui ressembler trait pour trait ? Ou bien était-il une créature capable de survivre aussi longtemps pour connaître la déchéance ? Elle vacilla légèrement, ses doigts se resserrant sur la bouteille pour ne pas la lâcher. Elle fut heureuse, pour une fois, de ne pas pouvoir parler, sinon elle aurait bafouillé. Elle finit par poser, méticuleusement, la bouteille sur la table pour sortir son tire-bouchon de son tablier et l’ouvrir. Mais ses mains tremblaient. Elle allait en mettre partout si elle s’obstinait. Pourtant, elle devait bien servir les clients. Mais… et s’il pouvait la renvoyer dans son époque ? Son cœur s’affolait, n’arrangeant pas le tremblement de ses doigts.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Mer 20 Juil - 10:54



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Ses doigts tapotent sur la table à un rythme régulier tandis qu’il analyse la liasse de papiers qu’il a dans la main. Il survole les lignes bien plus qu’il ne les lit réellement pendant que Julian s’attarde sur la carte en se demandant ce qu’il va bien pouvoir prendre. Il a parfaitement saisi le topo précédent lui indiquant de ne plus jamais être en retard s’il ne veut pas s’endetter jusqu’au cou, juste pour payer un somptueux restaurant gastronomique au sorcier. Pour l’heure, il essaye de ne pas penser à cette éventualité mais plutôt à ce que le brun tient dans ses mains, ces lignes qu’il survole avec attention, les traits tirés par une concentration certaine. Ethain est très sérieux sur ce sujet, ce n’est pas le genre de détail à laisser à la légère sachant que ça peut lui coûter de l’argent. Il a beau être extrêmement riche, ce n’est pas pour cette raison qu’il souhaite tout dilapider en un claquement de doigts. Il doit s’assurer qu’il s’agit d’un véritable investissement. Alors il sort la feuille de papier A3 et en observe les plans de l’édifice. Oui, ça pourrait être une bonne idée que d’investir là-dedans, y avoir des parts, ou même la totalité. A condition que ça marche. « Il serait idéal pour toutes sortes de plans et d’effets spéciaux. Tout peut être modulable Ethain. Et si l’envie t’en dit, ça peut même servir de théâtre le temps de quelques représentations. Il est bien situé, sans parler de la technologie de pointe.». Le sorcier penche la tête sur le côté et hausse un sourcil en reposant ses ébènes sur l’homme qui lui fait face. Il tapote toujours la table de ses doigts et se met à lui sourire. « Quoi ? Tu es en train de me dire qu’il y a des dinosaures mécaniques compris dans le lot ? ». Il se met alors à rire et reprend son sérieux en soupirant et reposant la liasse de papiers. « L’offre est alléchante en effet, bien joué Julian. J’ai toutefois besoin de temps pour y réfléchir. Tu penses pouvoir faire pressent auprès de l’agence immobilière pendant combien de temps avant qu’un potentiel autre acheteur ne se profile ? ». Julian ouvre la bouche mais c’est à cet instant que la jeune femme arrive avec la bouteille de vin.

Il tourne la tête et observe l’étiquette de la bouteille avant d’acquiescer et faire un signe à la serveuse comme quoi il n’y a pas de problèmes. Que c’est bien la bonne. Ethain ne la regarde pas tout de suite ni ne se rend compte qu’il s’agit de celle qu’il observait pourtant quelques minutes auparavant. Il ne peut donc voir le regard étonné de la blonde, ni son léger vacillement face à cette découverte (ou re-découverte). Le sorcier ignore qu’ils se sont pourtant déjà rencontrés, dans le futur, qu’ils se sont côtoyés. Il devrait connaître son nom mais il l’a oublié. Il devrait reconnaître son visage mais il ne fait que l’observer d’un air hautain quand enfin ses yeux se posent sur elle. Fionola tremble, finit par poser la bouteille sur la table, sort le nécessaire pour l’ouvrir et s’en empare à nouveau. En somme, elle ne fait que son travail, alors pourquoi tremble-t-elle en se rapprochant de son verre ? Fronçant légèrement les sourcils, le sorcier se redresse dans le fond de sa chaise et la regarde faire avec attention et appréhension. Elle ne voudrait clairement pas abîmer ce costume au prix exorbitant. Vraiment.

« Vous avez un problème ? ». C’est Ethain qui s’adresse à elle comme si elle était une gosse de dix ans ou encore une attardée. Dans cette époque, il n’a strictement rien à voir avec ce qu’il a pu être pour elle bien des années plus tard. Ici, il est différent, et par-dessus tout arrogant.

Les mains de la jeune femme tremblent encore et il la voit se rapprocher du verre. Il ne le sent pas du tout et il s’impatiente. Alors sans prévenir il attrape la bouteille d’entre les mains de Nola et la récupère. « Je crois que ça ira. ». Il repose ses ébènes sur Julian, bien qu’il soit surpris que la blonde ne parle pas. « Tu vois, tu continues d’appeler ça un restaurant ? Ils ne savent même pas servir le vin. J’espère pour ta coupe de cheveux à la mode Julian que leur bouteille la plus chère est buvable. ». Puis il se tourne vers la serveuse et la dévisage. Oui, il a l’impression de déjà l’avoir vu quelque part, mais il ne sait où.

« Vous avez déjà passé un casting ? ».

Il l’a peut-être déjà vu lors de l’un d’eux. Il en organise de temps à autres qu’il gère lui-même. Toujours aucun son ne s’échappe de la gorge féminine. Une coincée. Il sourit.

« Je ne compte pas vous mordre, vous savez, je n’ai strictement aucun lien de parenté avec Dracula. ». Pourtant à bien y réfléchir… Marius était peut-être pas si loin de ressembler au Comte. En fait.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Sam 23 Juil - 21:38


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Elle entendait les mots, mais elle n’écoutait pas vraiment. Les discussions des clients ne la regardaient pas. Elle savait écouter, elle savait observer, elle savait être là quand il le fallait. Mais jamais son attention particulière pour le monde n’était présente lorsqu’elle n’était pas désirée. Et, à cet instant, elle ne l’était pas. Alors elle n’était qu’une ombre, ou un reflet, un bref éclat de lumière, rien de plus. Elle n’était qu’une serveuse. Elle n’était plus la cuisinière qu’elle était auparavant… dans le futur. Elle ne passait plus dans les rues dévastées, désertées, pour semer des bols dans les mains des Hommes qui avaient été abusés par la vie. Elle ne retrouvait plus l’étreinte rassurante de Konan. Aujourd’hui, elle servait encore. Mais elle ne cuisinait plus. Elle n’avait plus aucune présence pour chasser les cauchemars. Elle servait pour des Hommes qui n’étaient pas dans le besoin. Elle avait en face d’elle celui qui avait un jour aidé à chasser les cauchemars. Il hocha la tête pour confirmer que la bouteille était bien celle qu’il avait demandée. Sans lui adresser un regard de plus. C’était lui qui l’avait interpelée après qu’elle lui ai laissé un bol de nourriture lors de leur rencontre. Était-ce vraiment la même personne ? Était-ce lui ? Était-ce un ancêtre ? Était-ce lui un descendant ? Nola n’en savait rien. Pourtant ce visage tellement connu, celui qui avait tendu la main à celle qui offrait tout ce qu’elle avait aux autres, celui qui avait apaisé ses nuits, était là devant elle. Et elle ne pouvait s’empêcher de trembler. De s’interroger. Si semblable et pourtant si différent dans son costume parfaitement taillé pour sa personne. Si bien en point, propre, nourri, sain.

Un regard hautain est la seule chose qu’il lui offrit pourtant, à ce moment. Plus que tout autre chose, ce fut cela qui la déstabilisa. Ses mains tremblaient mais pourtant elle sortit ce qu’il lui fallait pour ouvrir la bouteille et le fit malgré des difficultés. Il se redressa, se renfonça dans le fond de sa chaise, comme s’il craignait qu’elle éclabousse son costume hors de prix. Fut un temps où il ne s’était pas soucié de la sauce qui maculait ses doigts, qui dégoulinait de son menton et tâchait les haillons de ses vêtements, alors qu’elle lui avait servi un repas sans jamais rien demander en échange. Vous avez un problème ? Sa voix qui s’adressait à elle la fit sursauter mais pas une goutte de vin ne s’échappa du goulot de la bouteille. Son ton plus que tout le reste, plus que le regard, tellement hautain, tellement arrogant. Cela ne pouvait pas être le même homme, n’est-ce pas ? Avait-il vécu de telles atrocités qui l’auraient ainsi changé en profondeur lorsqu’ils s’étaient rencontrés ? Les vivrait-il dans le futur ? Ou était-ce tout simplement un autre homme ? Pour répondre à sa question, elle se contenta de secouer la tête, peut-être un peu vigoureusement, les yeux grand ouverts car elle savait que si elle fermait les paupières, elles se verraient ourlées de larmes.

Malgré son trouble, Nola était bien déterminée à faire son travail. La bouteille ouverte, elle n’avait plus qu’à servir les verres des deux clients pour pouvoir s’éclipser. Pour se dérober à ce regard qui la perturbait tant. Elle ne pouvait s’empêcher d’y voir, superposé, celui qui l’avait rappelée, celui qui l’avait aidée. Alors qu’elle approchait du verre de Ethain – si c’était seulement lui –, ce dernier s’empara de la bouteille. Si elle avait pu parler, elle aurait émis un petit glapissement. Ses lèvres s’entrouvrirent malgré tout et elle chancela un instant, surprise, faisant un pas en arrière. Je crois que ça ira. Ses lèvres se pincèrent alors qu’il la quitta des yeux. Elle n’avait jamais été une grande bavarde. Elle n’avait jamais été une extravertie. Elle n’avait jamais élevé la voix, si ce n’est pour défier le démon qui en voulait aux enfants qu’elle protégeait. Pourtant, chaque jour, une situation lui faisait regretter d’avoir perdu la voix lors de ce voyage dans le temps. Tu vois, tu continues d’appeler ça un restaurant ? Ils ne savent même pas servir le vin. J’espère pour ta coupe de cheveux à la mode Julian que leur bouteille la plus chère est buvable. Malgré toute sa volonté, ses yeux s’embuèrent quand même. Elle voulait retourner au comptoir, s’échapper par la double-porte menant aux cuisines et s’y réfugier. Elle ne voulait plus subir cette douche froide provenant d’un homme qui avait toujours fait preuve de bonté envers elle. Mais ça ne devait pas être lui, n’est-ce pas ?

Vous avez déjà passé un casting ? Nola secoua encore une fois la tête de gauche à droite. Ne se souvenait-il pas d’elle ? Non, forcément. Il ne pouvait pas. Ils s’étaient rencontrés dans le futur, il ne pouvait pas savoir qui elle était. A moins que cela soit plus compliqué que ça n’y paraissait ? Elle papillonna des paupières. Elle ne voyait aucune reconnaissance dans ses prunelles sombres. Il ne savait vraiment pas qui elle était. Je ne compte pas vous mordre, vous savez, je n’ai strictement aucun lien de parenté avec Dracula. Elle frémit. Était-ce juste une façon de parler, ou était-il au courant de cet autre monde qui évoluait en parallèle à celui des Hommes ? Dans le futur, dans son présent, c’était une évidence. Les démons dirigeaient le monde. Il n’y avait pas à s’interroger sur l’existence du surnaturel. Mais ici, à cette époque, c’était différent. Nola s’en était vite rendue compte. C’était bien la seule fois qu’elle avait bénie son absence de voix : sinon on l’aurait envoyée dans un asile à clamer haut et fort que vampires, démons et autres créatures existaient bel et bien. Elle ouvrit la bouche comme pour lui répondre, puis finit par secouer la tête. Elle pointa sa gorge du doigt, eut un regard désolé, et secoua la tête encore une fois. Elle n’avait qu’une envie : retourner vers le comptoir et sa sécurité relative. Elle désigna la table, la bouteille, cherchant à faire comprendre une question toute simple : avez-vous besoin d’autre chose ?



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Jeu 28 Juil - 14:31



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Il la met mal à l’aise, le lit sur ses prunelles qui s’embuent de larmes contre son gré. Elle voudrait les retenir, il ne les devine que très clairement mais il ne dit rien. Dans cette époque, il est ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire capable du pire. Si l’on ne fait pas ce qu’il désire, il s’arrange pour l’obtenir de gré ou de force, et il ne prend pas toujours des pincettes. Aucuns doutes, Ethain n’a rien à voir avec celui qu’il était dans le futur au moment de la rencontrer, la hélant dans la rue, vêtu de restes de ce qui avait pu être un costume hors de prix. De son périple avec elle et de la misère à nouveau connue, le sorcier n’en a aucun souvenir, rien de rien. Et c’est justement ça qui pèche, ou tout simplement une sécurité. Il n’aurait peut-être plus été aussi sein d’esprit s’il se souvenait avoir voyagé dans le temps. Alors il se montre fidèle à lui-même, et malgré le fait que la chevelure dorée lui rappelle quelque chose, comme s’il la connaissait sans réussir à la remettre dans un contexte précis. Tout est flou. Bien trop flou, mais Julian attire à nouveau son attention et il s’égare de son but premier qui est de la remettre dans un contexte réel. Son attitude laisse à désirer, le sorcier se comporte comme un véritable bourgeois qui ne manque de rien et qui a pourtant connu la faim autrefois. Ethain a simplement oublié, refoulé ces souvenirs dans un coin de son esprit. Il sait pertinemment que s’il les ressort de leur boîte, ce serait laisser une bien trop grande colère ressortir. Ils ont tendance à être rancuniers, les Irlandais de sa famille bien qu’il n’en connaisse aucun si ce n’était son trouillard de père.

Bouteille entre les mains, il s’adresse à son interlocuteur et se sert son propre verre qu’il remplit de moitié. Puis, il le porte à ses lèvres et en découvre les saveurs avant de hocher la tête. « Hm. ». Le verre de vin est reposé sur la table et il passe sa langue sur sa lèvre inférieure. « Ca va, pas mauvais. ». Ses ébènes se posent ensuite sur la jeune femme d’où la question fatidique sort enfin. Malgré tout, Ethain essaye de faire la conversation. La réponse est unanime et rapide, elle n’a jamais passé de casting, ce n’est donc pas lors de ce genre d’évènement qu’elle l’a rencontré. Peut-être se fait-il des idées, mais il ne comprend pas pourquoi aucun son ne s’échappe de sa bouche, pourquoi elle se contente de simplement secouer la tête, comme ça. Elle n’a pourtant pas l’air handicapé. Toutefois, à peine a-t-il prononcé le nom Dracula qu’elle se fige, comme d’un fait exprès. Fionola n’est pas un vampire sinon elle ne serait pas ici, de jour. Mais elle est peut-être autre chose, ou simplement au courant de l’étrange. Le frémissement a au moins le mérite de lui faire noter ce détail. Malheureusement, ce n’est pas le seul qui décèle et qui lui est révélé, puisqu’elle ouvre la bouche et montre sa gorge du bout des doigts, un regard désolé dans les prunelles. Le sorcier percute et hoche la tête, pas nécessairement désolé de se montrer rude mais tout de même un brin compatissant. Un brin. C’est Ethain il ne faut pas pousser…

« Navré ». Effort surhumain tandis qu’il le dit également par le biais du langage des signes. Hé, un minimum cultivé le pépère. Il montre ainsi à la même occasion qu’au besoin il le comprendrait, la pensant muette de naissance. Grâce à cela, il comprend également pourquoi elle n’a participé à aucun casting, mais alors… Où l’a-t-il vu ?

Les traits tirés et le nez plissé le temps d’une seconde, le brun en profite pour boire à nouveau une gorgée de vin et devine la question de la jeune femme. D’un signe de la main, il lui indique que non, leurs commandes ont déjà été prises de toute manière. Julian, lui, a observé toute la scène et a profité pour sortir différents plans. Au fond, ce crétin essaye uniquement de vendre son projet, et son savoir, il veut être l’employé modèle de l’année et gagner le droit de faire un tour en Ferrari. Drôle de concept car Ethain n’a jamais promis ce genre de choses, ils se sont mis ça en tête tous seuls, et il sait pertinemment qu’ils ne seraient pas assez fous, tous, pour tenter de toucher à l’une de ses voitures, au risque de se voir être transformés en rats des champs ou en simples microbes bons à être écrasés. La vision de Julian en mode élève parfait de l’année a tendance à le rendre chèvre, ce n’est donc pas étonnant de le voir rouler des yeux avant de reporter son attention sur Nola.

« C’est bon pour le vin, vous pouvez y aller. ». Il lui adresse un fin sourire et se penche en avant pour plonger ses ébènes dans celles de l’homme en face de lui, coudes sur la table et dents serrées. « Ne déballe pas tout ça ici, sombre crétin. Je t’ai dit que je devais y réfléchir. ». Julian ouvre la bouche et s’arrête dans son geste. « L’agence immobilière ne pourra pas attendre plus de trois jours Ethain, c’est le plus grand délai que j’ai pu obtenir. Il y a deux autres acheteurs potentiels. ».

Le sorcier acquiesce puis regarde la jeune femme s’en aller et repasser derrière le comptoir. Il la connait, c’est sûr. Mais il ne peut s’empêcher de penser que son esprit lui joue probablement des tours.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Dim 7 Aoû - 15:28


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Le vin avait l’air d’être au goût du client. Ça aurait du être la seule chose qui importait. Pourtant, ce visage qui appartenait à son passé, au futur, était bien plus troublant que tout le reste. Ce visage associé à cette attitude qu’elle ne lui connaissait pas. Il était tellement semblable à celui qu’elle avait connu… pourtant, elle ne pouvait pas imaginer que c’était le même homme, pas alors qu’il agissait ainsi, comme si le monde entier lui appartenait et qu’elle n’était rien d’autre qu’un éclat de lumière qui faisait papillonner son regard et l’importunait. Il s’adoucit pourtant un brin alors qu’elle lui révélait qu’elle était muette. La première excuse qu’elle lui entendait formuler durant cette rencontre franchit la barrière de ses lèvres, associées au mouvement de ses doigts. Même si elle ne parlait pas la langue des signes, Nola la reconnut. Très peu la pratiquaient encore à l’époque d’où elle venait, mais elle avait eu l’occasion d’en voir quelques uns. Peut-être aurait-elle du apprendre ce langage, mais, naïvement, elle avait envie de croire que son mutisme ne serait que temporaire. Cependant, cette simple réaction la laisse espérer que l’homme devant elle cache quelque chose sous son apparence glacée et hautaine. Un être qui n’avait aucune compassion, aucune pitié, pour une personne « moins » bien que lui n’aurait jamais appris ce langage. Ou peut-être alors simplement pour frimer en société et pour paraitre meilleur que ce qu’il était en vérité… mais Nola savait. Elle savait qu’en lui se cachait autre chose. La raison pour laquelle il agissait de façon tellement différente lui échappait malgré tout.

Alors qu’elle tentait de faire comprendre sa question, il lui indiqua qu’ils avaient déjà commandé. Le compagnon de table du sorcier se mit à étaler tout un tas de feuilles entre eux. Nola n’y jeta même pas un coup d’œil. Elle allait reprendre la direction du comptoir quand Ethain accrocha de nouveau son regard et lui confirma qu’elle pouvait s’échapper d’un fin sourire. Elle ne se le fit pas dire deux fois, inclina la tête dans un simulacre de révérence et s’en fut jusqu’aux cuisines. Si elle savait que les immortels existaient, Nola n’avait pas pensé que, dans ce voyage inattendu vers le passé, elle rencontrerait des gens qu’elle avait connus dans son passé. Elle s’appuya sur le plan de travail et poussa un soupir. Elle surprit les prunelles du chef sur elle et il eut un froncement de sourcils inquiet. Qu’y a-t-il, Nola ? On dirait que tu as vu un fantôme. Il ne l’appelait que très peu souvent par son prénom, encore moins par son diminutif. Elle lui adressa un petit sourire et secoua la tête, ajoutant un signe de la main pour dire que tout allait bien. Si tu veux prendre ta pause un peu plus tôt, vas-y. Elle ouvrit la bouche et secoua de nouveau la tête, essayant de lui faire comprendre que non non, tout allait bien, qu’elle avait juste besoin d’un moment. Il haussa alors les épaules et se détourna pour s’occuper de retourner une paire de steak sur son grill.

Elle se servit un verre d’eau fraiche, elle descendit rapidement avant de le nettoyer et de le reposer à sa place. Les gens changeaient. Pourquoi s’étonnait-elle que le sorcier soit arrogant et hautain à cette époque ? Plusieurs décennies passeraient avant qu’ils ne se rencontrent, la première fois pour elle, la seconde fois pour lui. Il avait le temps de tomber au fond du gouffre. Si ça va mieux, tu peux apporter ces plats à la 9, OK ? La voix la sortit de ses songes et elle adressa un sourire au chef avant de prendre les deux assiettes. Il lui fallait de nouveau affronter Ethain si différent de celui qu’elle avait connu… mais elle était bien déterminée à faire son boulot. Les assiettes en main, elle reprit la direction de la table. Elle ne savait pas qui avait commandé quoi mais d’un rapide coup d’œil au contenu des plats, elle devina assez facilement que le choix le plus raffiné et le plus cher de leur menu avait du être fait par le sorcier et l’autre, plus rustique et moins onéreux devait être pour son ami, son collègue, ou peu importait ce qu’il était. Elle déposa alors les assiettes devant ses deux clients, espérant ne pas s’être trompée dans ses déductions, et de nouveau, la question muette sur ses lèvres. Vous faut-il autre chose ?



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Lun 15 Aoû - 14:14



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Pas plus de trois jours. L’agence immobilière n’attendra pas plus de trois jours, c’est tout ce qu’il a été capable d’entendre lorsque Julian a repris la parole et que la jeune femme s’en est allée vaquer à ses occupations. Il ne peut nier qu’il a cet étrange sentiment de la connaître, cette étrange sensation qu’il lui manque quelque chose, un détail insignifiant qui l’empêche de réellement voir plus loin que le bout de son nez. Fionola sait, son attitude bizarre ne trompe pas, il y a quelque chose de louche dans cette affaire et Ethain n’arrive pas à y mettre les choses au clair. Nez plissé, c’est à peine s’il observe les plans de celui qui lui fait face, à peine si ses prunelles sombres croisent celles de son vis-à-vis pourtant déterminé à lui vendre le projet et les locaux qui vont avec. Putain d’employé qui veut se la jouer élève modèle. Le sorcier ne dit rien, garde son verre de vin en main et le sirote tranquillement, laissant le liquide carmin rencontrer le fond de sa gorge. Il en teste encore les effluves et les senteurs. Le goût fruité et la texture fine, si particulière. Pas mauvais, c’est ce qu’il a dit à la blonde. Blonde qu’il essaye encore de remettre dans un contexte qui ne vient pas, peut-être se fait-il des films. Peut-être n’est-ce qu’une illusion mais son instinct ne le trompe que très rarement. Et son instinct, à cet instant précis, au moment pile où ses ébènes croisent la silhouette fine qui s’échappe derrière le comptoir, ne lui ment pas ni ne lui fait faux bond. Il la connait. Il en est sûr. Il a juste oublié… Où. Comment. C’est très exactement ce qui le préoccupe. S’il se souvient d’un visage ou surtout d’un élément marquant, à savoir cette chevelure aussi clair que le rayon lunaire, c’est qu’il y a bien une raison. C’est un indice indéniable.

Ethain.
Ethain ?
Patron ?

La voix est lointaine, ses prunelles perdues vers un ailleurs, le fin fond de son esprit et de sa conscience, peut-être même un peu de sa propre inconscience. Il cherche, fouille, tente de retrouver, en vain. Et ça l’énerve. Diantre que ça l’énerve.

« Hé, Boss ?! »

Soudainement, il l’entend, sa voix de bourrin et ses airs qu’il n’apprécie pas. Julian effleure sa main qui tient le verre de vin et la réaction est immédiate, sans appel et sans équivoque. Son interlocuteur, pseudo futur employé modèle bascule en arrière et son menton heurte la table avec force dans un bruit d’enfer mais pas suffisant pour penser qu’il s’agit d’un règlement de compte. Le bougre est simplement tombé de sa chaise. Le sorcier, imperturbable, récupère ses esprits et voit Julian se redresser en vitesse, lui, et sa chaise avant de se rasseoir. Il l’observe d’un air agacé mais qui ne sous-entend rien de mal. Absolument rien de mal. En réalité, son assise n’a pas glissé toute seule, mais ça personne ne peut le deviner si ce n’est le principal concerné qui nie bien évidemment toute forme de magie en portant son verre à ses lèvres de la façon la plus calme et apaisée qui soit.

« Tu es d’un maladroit, Julian… ». Le ton est blasé mais léger, surtout lorsque le vin se remet à couler dans sa gorge, lui arrachant un discret sourire au passage que seul ledit Julian pourrait apercevoir. Oui, ça a le don de le faire rire. Il l’a cherché.

C’est à ce moment-là que la chevelure si particulière réapparaît dans son champ de vision. En silence, il la laisse déposer les plats sans rien demander. Elle ne s’est pas trompée. Ethain est du genre à étaler sa richesse et à ne pas s’en cacher, il va donc de soi qu’il a commandé le plus cher sur la carte. Son interlocuteur attrape déjà sa fourchette et s’apprête à mettre la première bouchée dans sa bouche quand le sorcier reprend soudainement la parole.

« J’ai toutes les infos que je voulais, tu peux aller manger plus loin Julian. ». Il a autre chose à faire de plus important et ses sombres ébènes aux éclats de ténèbres croisent celles de la jeune femme qui se tient toujours là, attendant de savoir s’ils ont besoin d’autre chose. L’employé, lui, se fige, bouche ouverte et l’observe comme s’il n’était pas sérieux. « Tu as dix secondes pour prendre tes affaires et te tirer plus loin avec ton assiette Julian, et n’oublie pas de régler l’addition. Je te recontacte. ». Il sait qu’il n’a pas intérêt à argumenter ou tenter de ronchonner, alors le jeune homme s’exécute, offre un fin sourire contrit à Fionola et quitte la table, libérant ainsi la place assise en face du sorcier. Ethain repose ses prunelles dans celles de la jeune femme et lui fait signe de s’asseoir. « Si vous avez cinq minutes. ». Puis, il attrape sa fourchette à son tour et entame son plat du jour sans en être réellement convaincu.

Les secondes s’enchainent en silence et il analyse l’attitude de la blonde, essaye d’y retrouver cette gêne qu’il a pu lire précédemment. Ses traits à lui sont fermés, comme gravés dans le marbre et l’on ne sait véritablement à quoi s’attendre. Il demeure silencieux quelques minutes de plus avant de reposer ses couverts et de se pencher vers elle. « Je sais que vous ne pouvez pas parler mais j’ai le désagréable sentiment qu’on se connait sans réussir à savoir d’où et ça… Ca a le don de m’agacer. Profondément. ». Il est calme et posé, ne semble pas animé par une quelconque violence ou méchanceté, mais ça le contrarie. Il veut comprendre, penser que son instinct ne lui joue pas un vilain tour pour une raison qu’il ne comprendrait pas. Ca le perturbe, et il veut juste… Savoir.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Mar 16 Aoû - 13:26


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En revenant près de la table, Nola nota un léger changement dans l’atmosphère. Elle avait toujours été observatrice, vigilante. Quelque chose avait changé entre les deux interlocuteurs. Si elle avait déjà remarqué que l’autre était un nerveux et un impatient, surtout face au sorcier, la tension était à son comble. S’était-il passé quelque chose pendant qu’elle était repartie vers les cuisines ? Avait-elle été tellement perdue dans ses pensées qu’elle ne s’était pas rendue compte d’un événement important entre eux ? Mais après tout, en quoi ça la regardait ? En rien, rien du tout. Ils auraient bien pu s’entretuer ou autre chose qu’elle n’avait rien à voir là-dedans. Sans laisser rien paraitre, elle place les plats devant ses clients. Alors qu’aucune complainte ne s’élevait de leurs bouches, elle en déduisit qu’elle ne s’était pas trompée. L’autre commença à manger comme s’il n’avait rien avalé depuis des jours, tandis que le sorcier de le regarder. Nola allait alors faire demi-tour, repartir vers le comptoir voir si on avait besoin d’elle, si des commandes devaient être apportées à d’autres tables, quand Ethain reprit la parole. J’ai toutes les infos que je voulais, tu peux aller manger plus loin Julian. Elle fut surprise par ses mots, mais n’en montra rien. Elle allait s’éloigner, le laisser manger seul, si c’était ainsi qu’il le préférait, quand il planta ses iris sombres dans les siennes. Il était tellement différent de la personne qu’elle avait connue… Elle savait que les gens pouvaient changer avec le temps… mais à ce point.

Son regard la cloua sur place. Voulait-il quelque chose d’autre ? Tu as dix secondes pour prendre tes affaires et te tirer plus loin avec ton assiette Julian, et n’oublie pas de régler l’addition. Je te recontacte. Ce n’était pas à elle qu’il s’adressait, mais toujours à l’autre. Elle ne comprenait pas. Elle n’avait pas à comprendre. N’est-ce pas ? ça n’avait rien à voir avec elle. Pourtant, quand l’autre partit s’installer à une autre table, ses affaires coincées sous les bras et l’assiette en main, Ethain lui fit signe de s’asseoir à sa place. Pourquoi ? Visiblement, il ne savait pas qui elle était. Même s’il semblait que son visage ne lui était pas inconnu. Si vous avez cinq minutes. Elle ouvrit la bouche. Elle ne s’était toujours pas faite à son mutisme. Elle lui offrit un sourire contrit, tête penchée sur le côté. Elle ne pouvait pas, elle devait travailler. Pourtant, quand elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, elle constata que son patron lui faisait signe qu’elle pouvait les prendre, ces cinq minutes. Après tout, ne lui avait-il pas proposé de prendre sa pause un peu plus tôt ? Voulait-elle prendre sa pause avec cet homme qu’un jour elle avait cru connaître ? Celui qui lui avait offert un sommeil réparateur. Celui qui avait disparu un jour sans laisser de traces. Elle finit donc par s’asseoir, gênée. Lui commença à manger. Elle laissait son regard dériver sur les autres clients. Elle était déjà bien assez gênée pour en plus s’amuser à le regarder manger.

Puis, finalement, il posa ses couverts. Son mouvement attira l’attention de la jeune femme. Il n’avait pas fini son assiette, mais peut-être était-il décidé à lui parler, après lui avoir demandé de s’asseoir pour rester silencieux. Je sais que vous ne pouvez pas parler mais j’ai le désagréable sentiment qu’on se connait sans réussir à savoir d’où et ça… Ca a le don de m’agacer. Profondément. Elle le regarda. Bien sûr qu’ils se connaissaient. Mais il ne s’en souvenait plus. Ou pas encore. Pourtant, à sa façon d’agir, aux mots qu’il employait, elle optait pour la première option. Comment, dans le passé, il pouvait avoir des souvenirs du futur, elle se le demandait… A moins que, comme elle, il ait voyagé… Mais c’était presque impossible, n’est-ce pas ? Elle ne connaissait pas les détails de son propre voyage, mais la chose avait eu l’air de demander énormément d’énergie. Tant qu’elle n’était pas arrivée à destination entière. Ses lèvres se pincèrent et elle baissa les yeux sur ses mains jointes. Puis, après un moment, elle les fit glisser sous la table, dans son tablier, pour en sortir son carnet et le stylo qu’elle utilisait pour prendre les commandes. Elle y griffonna vite fait quelques mots, n’en dévoilant pas trop de ce qu’elle savait, incertaine encore qu’il soit vraiment celui qu’elle avait connu. Incertaine de savoir s’il la croirait. Puis, elle fit glisser le calepin vers lui, et attendit qu’il lise. Nous nous sommes bien rencontrés. Je crois. J’ai connu quelqu’un qui vous ressemblait beaucoup, physiquement du moins. Parce que mentalement, ce n’était pas la même chose… Pourtant, s’il avait des bribes de souvenirs d’elle, ça ne pouvait être que lui, n’est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Jeu 18 Aoû - 12:52



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Il attrape le bout de papier qu’elle fait glisser sur la table à son attention, le regard rivé sur elle passant de la feuille à ses prunelles claires. Les mots qui y sont griffonnés sont lus en à peine quelques secondes et son sang, non sans se glacer, ne fait qu’un tour. Vue de l’extérieur, il est impassible et c’est à peine s’il bouge ou semble perturbé, toutefois, il n’y a qu’un simple haussement de sourcils, très léger, avant que ces derniers ne reprennent leur place initiale et se froncent. Il ne comprend pas. La jeune femme l’a déjà vu, et il sent pertinemment au fond de ses tripes qu’il en va de même pour lui, alors comment se fait-il qu’il n’en ait aucun souvenir ? Si ce n’est cette impression de déjà vu à propos de ses cheveux aussi clairs que la lune. Ou même le soleil. C’est ce qui a dû le frapper la première fois aussi, et c’était le cas, mais à l’heure d’aujourd’hui il ne parvient à la remettre dans un contexte bien précis. Il ne comprend pas et ça l’agace. Pinçant les lèvres, le sorcier effleure son menton du bout des doigts avant de crisper la mâchoire et de reposer ses ébènes sur elle. Que s’est-il passé exactement ? Une potion ratée, un sort désabusé ? Il ne se souvient absolument de rien qui émane d’elle, aucune image, et il est clairement loin de se douter qu’en réalité il a fait un bond dans le futur pour finalement revenir ici, dans le présent. Le passé, pour elle. Il y a bel et bien une histoire de magie là-dedans mais Ethain l’ignore car il l’a oublié, conséquence du sort, ou même de l’objet. Prix à payer pour toucher du doigt un morceau du futur. Prix dont il ignorait la teneur au moment de le réaliser. Dont il ignore finalement tout aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’elle ne fasse son apparition et ne vienne changer la donne, le poussant dans ses retranchements car il le sait, à présent, il fera tout pour savoir d’où il la connait et…

« Quand ? ».

La question qui en soi, peut tuer. Ce n’est pas où, mais quand. Quelle date, et sous-entendu, à quelle occasion ? Ne pas se souvenir véritablement d’elle alors qu’elle semble en savoir davantage a le don de le rendre effroyablement suspicieux et sur la défensive. Ca se lit dans la noirceur de ses yeux, devenus encore plus sombre qu’avant. Pourtant Ethain est loin de se montrer vulgaire ou menaçant, ça ne fait que se dégager de sa personne, parce qu’il lui a dit, ne pas savoir l’énerve, l’agace. Malgré tout, il la croit, justement parce qu’avec la magie tout est possible, et parce qu’il sent au fond de lui que ce qu’il est sur le point de découvrir va tout simplement le laisser pantois. Sûrement, avec son égo démesuré, sera-t-il en train de se jeter mentalement des fleurs pour avoir eu cette somptueuse idée d’aller dans le futur. Mais quelque chose fera qu’il déchantera vite. Lorsque l’on est devenu quelqu’un de désagréable et d’imbu de sa personne, se faire entendre dire que l’on ait pu se montrer généreux et niaisement gentil avec quelqu’un, ça n’a pas le don de faire véritablement plaisir. Au mieux ça choque, au pire, se développe alors un total déni, et un refus de l’évidence. Car c’est bien de cela qu’il s’agirait. Le sorcier ne pourrait se résoudre à croire qu’il ait pu un jour se montrer agréable. Il en est pourtant capable, au fond, tout profond, de lui-même, il le sait. Au début de son existence il n’était pas mauvais, n’avait strictement rien de désagréable. Il aurait pu devenir un sorcier aux principes des plus sincères, mais il a basculé du mauvais côté, a tout envoyé voler et cette soif de pouvoir n’a fait que s’accentuer. Viscérale maladie qui le ronge de l’intérieur et le bouffe sans raison à laquelle il a complètement cédé.

D’un geste lent il refait glisser le calepin en sa direction et ne cesse de la toiser. Son assiette il l’a bien entamé mais ne la terminera pas, bien trop décidé à découvrir tout ce qu’il se cache derrière cette étrange impression. Ce sentiment de la connaître sans la connaître.

« Il est évident que tu sembles en savoir plus que moi sur le sujet. Si c’en est un qui requiert beaucoup de temps et est beaucoup trop long à aborder ici sur une feuille de papier… Acquiesce juste deux fois d’un signe de tête et on verra ce que l’on peut faire pour faciliter la chose. A un autre moment, et surtout ailleurs. ». Il devrait bien réussir à trouver un sort ou un objet capable de permettre à la jeune femme de s’exprimer avec plus de facilité que par le langage des signes qu’elle ne connait pas ou par le biais d’un crayon et d’une feuille. « Je veux tout de même savoir quand on s’est déjà rencontré. Ne pas me souvenir est déjà assez… Embarrassant. ». Embarrassant car Ethain n’a pas pour habitude d’oublier un visage qui l’a marqué. Il en voit beaucoup, mais lorsque l’un d’eux attire son attention ou qu’il s’est passé quelque chose qu’il considère comme important, il n’oublie jamais. Jamais. Autant dire que Nola est l’exception à la règle et qu’il souhaite par-dessus tout corriger cet impair.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Jeu 18 Aoû - 21:25


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Ce fut son tour d’épier ses réactions. Elle observait son visage, le mouvement de ses yeux alors qu’il passait vite fait sur ses mots, assimilait l’information. Elle ne faisait, au final, que lui confirmer ce dont il se doutait déjà certainement. Mais au moins savait-il qu’il ne perdait pas tout à fait la tête. Elle l’observa hausser les sourcils, les froncer, comme si les méandres sont esprits cherchaient à mettre un sens sur la confession qu’elle lui avait rédigée. Puis il pinça les lèvres, porta ses doigts à son menton, serra les mâchoires, pour finalement la regarder à nouveau. Elle soutint son regard sans broncher cette fois. Elle avait fait face à un démon deux fois plus grand qu’elle et quatre fois plus large, pour protéger des enfants, elle pouvait bien affronter le regard hautain et condescendant du sorcier. Surtout qu’elle savait. Elle savait que quelque part sous cette infâme carapace, il y avait un cœur. Elle laissa le silence s’éterniser. Elle n’avait pas la possibilité, la capacité, de le rompre de toute façon. Elle attendit patiemment qu’il choisisse quoi dire, qu’il décide de la question il allait poser.

Finalement le mot tomba presque comme un couperet. Quand ? Pas . Pas comment. Mais quand. En soi, ça pourrait être une question tout à fait légitime. Après tout, il ne se souvenait plus du quand, du où et du comment ils s’étaient rencontrés. Pourtant, la gêne revint doucement en elle. Malgré tout, elle ne savait toujours pas vraiment ce qu’elle pouvait bien répondre à cette question. Avait-elle le droit de lui parler de ce qu’il avait oublié ? N’y avait-il pas une raison à cette amnésie ? Peut-être était-ce, tout comme sa voix perdue, la faute du voyage temporel. Nola ne savait toujours pas pour quelle raison elle était arrivée muette. Ni même quel avait été le but de la blondinette qui avait tenté de la sauver du démon, en décidant de partir dans le passé. Elle s’était doutée, après plusieurs jours à ruminer la chose dans cette époque si différente de la sienne, que c’était pour changer l’avenir, son présent, le rendre certainement meilleur. Mais était-ce un voyage temporel dans le cas du sorcier ? Oui, forcément. Si elle avait rencontré une version plus vieille de lui, il n’aurait pas pu se souvenir d’elle aujourd’hui. Elle laissa le silence s’installer, sans faire le moindre geste pour récupérer son carnet. Elle soutint le noir de ses iris, même si elle avait envie de baisser les yeux.

Puis il lui rendit le calepin. Leurs doigts s’effleurèrent alors qu’elle s’en saisissait pour le ramener à elle. La boite de son stylo au dessus du papier, elle ne savait toujours pas quoi lui révéler. Elle finit par porter le crayon à ses lèvres pour en mâchouiller l’extrémité. Elle fuit légèrement son regard alors qu’il reprenait la parole. Il est évident que tu sembles en savoir plus que moi sur le sujet. Si c’en est un qui requiert beaucoup de temps et est beaucoup trop long à aborder ici sur une feuille de papier… Acquiesce juste deux fois d’un signe de tête et on verra ce que l’on peut faire pour faciliter la chose. A un autre moment, et surtout ailleurs. Sans poser les yeux sur lui, Nola fit attention à ne pas bouger le menton. Ne pas acquiescer. Pas encore. Elle avait besoin d’un peu plus de temps pour réfléchir. Certainement qu’il avait oublié pour une bonne raison. Mais, d’une autre côté, y avait-il une bonne raison à son propre mutisme ? Elle n’avait jamais demandé à voyager dans le temps… Et elle était punie malgré tout. Peut-être était-il puni parce qu’il n’était qu’un arrogant orgueilleux à cette époque-ci. Peut-être n’apprécierait-il pas ce qu’elle lui révélerait sur le Ethain qu’elle avait connu. Je veux tout de même savoir quand on s’est déjà rencontré. Ne pas me souvenir est déjà assez… Embarrassant. Pas du tout même.

Embarrassant ? Cette fois-ci, quand son regard revint sur lui, il flamboyait presque. Embarrassant ?! Qu’est-ce qu’elle pouvait dire de cette rencontre, elle, hein ? Troublée de trouver un odieux connard égoïste à la place de celui qui avait apaisé ses nuits ? Elle soutint encore un instant ses prunelles avant de les baisser sur le calepin. Elle griffonna d’un geste presque rageur trois mots. Elle se leva, le lança à moitié dans sa direction et acquiesça malgré tout deux fois du chef. Puis elle pivota, attrapa l’assiette de l’ancien compagnon de table du sorcier – qui l’avait finie, lui – et repartit vers le comptoir à de grandes enjambées qui auraient presque pu faire naître des flammes à chaque pas, tellement elle en avait juste assez de son arrogance, de sa façon d’agir comme si tout lui appartenait, comme si tout lui était dû. Certainement viendrait-il la trouver quand il aurait lu les mots qu’elle avait écrits. Dans le futur. En tout cas, elle regrettait vraiment l’Ethain du futur. Ou du passé. Peu importe.



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MessageSujet: Re: ETHIOLA ▲ There was a time our fates were bounded   Sam 20 Aoû - 13:23



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Il voit les flammes dans ses prunelles éclairées. Il les voit, elle fulmine de l’intérieur pour une raison qui lui est inconnue. Elle fulmine alors qu’elle est le calme incarné depuis le début. Inconsciemment, il sait pertinemment que c’est son attitude qui l’agace, il a toujours eu ce genre d’effet sur la majeure partie des gentils, des êtres vivants dotés d’une âme des plus pures et des plus droites. Il ne faut pas se mentir, Ethain avait depuis longtemps perdu ce chemin, et son âme était devenue aussi noire que sa façon de penser, rongée par l’attrait du pouvoir. Le sorcier ne se considère absolument pas comme louable ou charitable, ni même gentil, il en est tout l’inverse et il le sait, c’est son éducation particulière qui l’a rendu ainsi, cette flammèche qu’on est venu attiser et libérer de ses entrailles alors qu’il n’était même pas encore un adolescent. Les ébènes ne font rien de plus que se poser dans les enflammées qui le scrutent avec un air bien plus furibond que précédemment, pourtant, il considère n’avoir rien fait de spécial pour qu’elle éclate. Bras croisés et posés sur la table, il attend une réponse à la fameuse question. Quand se sont-ils rencontrés. Il ne sait pas, il ne sait plus et c’est une réponse qu’il souhaite absolument obtenir. Il ne lui faut toutefois pas attendre bien longtemps, car à peine Nola s’est levée de sa chaise qu’elle lui balance le carnet de note. Un peu plus et c’était dans l’assiette qu’il arrivait… Non loin de bouger, Ethain se contente de la fixer d’un air des plus serein et calme, on y lirait presque de l’indifférence vis-à-vis de son acte de colère. C’est sans un mot qu’il la laisse partir, prenant l’assiette de Julian au passage et avançant telle une lionne vers le comptoir. Ainsi donc, la petite humaine (bien qu’il n’en soit pas certain) bien sage et calme était capable de s’énerver. Ca ne rendrait les choses que bien plus intéressantes.

Le sorcier attend encore quelques secondes avant de venir lentement s’emparer du calepin pour y lire les fameux mots dans le futur. Perplexe, il sent ses lèvres se pincer et ses prunelles croiser celles de Julian deux tables plus loin. Ce dernier baisse quasi immédiatement les yeux, il n’a rien entendu et ne veut qu’une chose à présent, se faire oublier. D’un geste net et précis, Ethain arrache la feuille du calepin et la fourre dans la poche intérieure de sa veste d’où il sort également ses lunettes de soleil. Ni de une, ni de deux, il griffonne quelques mots sur le même calepin, se lève et se rapproche du comptoir. La silhouette de Nola n’est pas très loin et il attend de croiser son regard pour lui montrer qu’il dépose son calepin, son crayon, et un billet. Pourboire.

Rendez-vous dans trois jours. 21h. suivi de l’adresse, sont les mots inscrits sur le fameux carnet.

Il sait qu’il obtiendra des réponses, si elle vient, trois jours lui seront nécessaires pour essayer de trouver quelle magie il pourrait bien utiliser afin de faciliter leur échange. Il ne pourrait pas simplement se permettre de trouver un sort l’aidant à pénétrer dans sa tête aux cheveux blonds. Non. Ce n’est pas ce genre d’échange qu’il souhaite. Plutôt quelque chose lui permettant d’avoir une voix le temps d’un instant, ou alors… Utiliser un objet qui parlerait pour elle. Il n’en sait encore trop rien. C’est à peaufiner, à réfléchir, mais il trouvera la solution idéale il le sait. S’ils se sont bels et bien rencontrés dans le futur, nul doute qu’elle doit connaître le surnaturel, ou un brin. Il n’aurait donc aucunement besoin de camoufler ses capacités. L’étendue, peut-être. Mais pas la sorcellerie en tant que telle. Une fois qu’il est assuré qu’elle a bien pris note du rendez-vous, il remet ses lunettes sur son nez et sort du restaurant sans un mot ni même un regard pour Julian. Il n’attend simplement pas que la jeune femme prenne conscience du billet qu’il a laissé sur le comptoir. Peu importe combien elle touche de l’heure, il vient clairement de lui faire gagner sa journée par un simple morceau de papier vert.

Méchant mais pas totalement indifférent. Tout espoir n’est peut-être pas perdu, en fin de compte. Et ils ont visiblement tellement de choses à se dire…



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