Trouble comes knocking ✧ Ethain
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 Trouble comes knocking ✧ Ethain

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Marius Romanski



Hellcome to Paris! Le barbecue c'est par-ici.
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MessageSujet: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Ven 24 Juin - 23:35

Trouble Comes Knocking
ethain ✧ marius

I always wonder how far we could go if we could break through the ceiling above us. There'd be no point of us looking below... We could be free. Finally. ✻✻✻ War Time. Ses talons tournent et il sort en trombe de l’établissement, la lueur malsaine qui se réveille au fond du regard. Danse, danse, flamme destructrice à l’abri dans les billes bleues aux humeurs changeantes, car la prophétie se forme déjà à la porte de celui qui déçoit, celui qui devait apporter la solution et qui n’est que déception, les Parques connaissent les répercussions des caprices déniées du vampire et de la lame de leur ciseau brille le futur de la pauvre âme qui croisera son passage endiablé. Chaque trace de sa volonté est invoqué afin de ne pas retourner à l’intérieur et torde le cou d’une façon sec à son pernicieux, possesseur infâme du « non ». Il n’était pas un monstre. Non, ses canines ne crevaient le sang que d’irritation, une colère passagère, chacun avait ses propres façons de gérer le refus. Il faudra blâmer le démon initial si son pot de glace à la noix de pécan se transformait en une poche de sang avec des talons aiguilles. Sa demande était pourtant simple, bien que les dérivés sous-entendus ne provinssent pas exactement du désir divin. Quoiqu’il en soit, il répugnait à se trouver face à lui de nouveau, homme simple au nom trop grand. Marius, ironie suprême. Les petits employés du destin devaient bien se foutre de sa gueule.

La silhouette s’est arrêté à l’angle, l’addiction au bout des doigts, il enfourne la cigarette avec un calme glaçant. L’étincelle de l’allumette, éclair dans la nuit naissante, éclaire une ombre qui, elle aussi, se glisse hors du repaire du sorcier. Un gosse. Habillé n’importe comment. Et l’idée jaillit, brute, encore à travailler, un embryon qui ne demande qu’à se développer. « Hey, gamin. » Les mots sont expulsés au travers de la fumée tandis qu’il lui fait signe d’approcher. Non, finalement, ce soir, le rouge carmin ne coulera pas. Monsieur s’est trouvé un autre jouet.

Now.
Encore vivant.
La faucheuse lui est passée à côté.
Sacré gosse.

La curiosité est charmée. Combien de rides trouvera-t-il sur le visage dont il se souvenait encore avec une mélancolie qui ne lui ressemblait pas ? Quel démon du malin le morpion sera-t-il devenu ? Les graines ont été semés, le jardinier a regardé pousser sa jeune plante, a vu de loin ses déboires et ses victoires, renié son existence pour mieux la redécouvrir plus tard, plus grande, plus belle, plus forte. Il a volé le disciple. Il a dardé sur l’enfant, puis l’adulte naissant, ses espoirs de noirceurs sans comprendre les étendues infectées. Savant fou. Le poison semblait si doux, arracher des griffes sages l’ambition endormie, la vengeance s’était vite transformée en quelque chose de plus pernicieux. L’aïeul pouvait bien étudier autant la magie qu’il le souhaitait, il n’y avait jamais mis un orteil bien trop conscient du danger. Il préférait y envoyer des jeunes sorciers pas plus haut qu’un minibar. Pointilleux, il venait à présent veiller sur son investissement. Et Marius ne faisait pas les choses à moitié. Déménageant sans un regard sur la vie qu’il abandonnait derrière lui, il posa ses valises sur Paris. La dernière fois qu’il y avait traîné ses mortes prunelles la mort explosait de tous les coins.

Laissant les papiers et les problèmes aux mains de ceux qu’il payait bien plus que de raisons pour taire les tords et travers qu’ils pourraient trouver, Marius s’aventura au creux de la nuit. Monsieur a fait ses devoirs, ses pas savent où aller. S’introduire dans le bâtiment n’a rien d’un exploit et il se glisse jusqu’à l’appartement qu’on lui a indiqué. À cette heure plus que tardive, la plupart du personnel est repartie vaquer à ses occupations déviantes, pardonnée par l’obscurité, ou encore, pour les plus fous, partis dormir. Son poing cogne la porte, deux coups secs, le fantôme d’un sourire arrogant aux lèvres. Patient, le sire remet en place cette veste de costard qui ne quitte pas ses nuits. Quelques secondes passent, interminables, et le vampire laisse choir son épaule sur le mur, sortant déjà une cigarette. Mais avant qu’il n’ait le temps de se décider à incendier le couloir, la porte s’ouvre enfin sur l’objet de son désir -professionnel voyons-. « Hey gamin. » Les regards se croisent, jaugent. Sa voix de velours s’exprime dans un français rouillé où l’accent se déroule incertain. « Il paraît que tu préfères Ethain maintenant. J'aimai mieux Gabriel, plus mythique. » Il s’amuse à sa manière, l’impétueux réfractaire au changement, incapable de comprendre que tout échappe déjà à son contrôle. Pourtant il étudie sérieusement les traits en face de lui. Gabriel n’était qu’un pâle reflet de ce que Ethain promettait aujourd’hui. Il pouvait presque sentir l’aura de pouvoir qui l’englobait, la richesse opulente dans lequel il vivait n'était qu'une preuve de plus et, si cela ne suffisait pas, la froideur.

Le vampire se dégage du mur pour se rapprocher lentement, conscient de son handicap face aux paillassons de bienvenue. « Tu ne vas pas m’inviter à entrer, au nom du bon vieux temps ? » Il n’a pas fait tout ce chemin pour rester à la porte comme un chien galeux. De plus il aime déjà ce qu’il peut deviner derrière l’épaule qui le bloque. Malheureusement l’épaule est loin d’être la seule chose qui le bloque. Il n’attend qu’un mot, une seule invitation, pour déjouer la malédiction.

✻✻✻
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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Sam 25 Juin - 19:43



Feast for Crows

FT. MARIUS ROMANSKI



La bille claque et re-claque sans arrêt avant de finalement s’arrêter en tombant dans l’un des trous fièrement apposé sur son passage. La musique stridente retentit alors au grand damne du sorcier qui pensait pourtant mener la danse. Du haut de son mètre quatre-vingt-huit, le sorcier pousse un long soupir avant de finalement venir s’asseoir sur l’un de ses canapés en cuir blanc. La dame de fer illuminée brille de mille feux, là où il sait tout ce qu’il peut bien se passer dans le noir et les ruelles obscures de Paris. Pas de sortie de prévue cette nuit pour lui, et pas de boulot non plus d’ailleurs, non, aujourd’hui ce serait recherches et pratique. Exercices et facéties. Il aime faire des blagues mais pour l’heure il claque dans ses doigts et un verre de vin apparait dans un nuage de poussière, verre qu’il savoure en douceur, venant croiser une jambe au-dessus de l’autre, fraîchement vêtu d’un de ses T-shirts Star Wars favori et d’un jean sombre et simple. Il a troqué le costume pour la détente, en disent ses chaussettes blanches qui tranchent avec tout le reste et dont il se moque éperdument. Les minutes s’enchainent en silence, seul le son significatif d’un flipper appelant un potentiel client se met à résonner dans toute la pièce. La télévision n’est pas allumée, Ethain profite de la vue de son domaine, verre à la main, les effluves d’alcool enivrant très lentement ses sens. Le vin n’est hélas pas assez fort pour qu’il se sente transporté dans un autre monde que le sien. Il pense pouvoir rester là un très long moment, mais c’est sans compter sur les deux coups donnés sur sa porte et qui arrivent jusqu’à ses tympans en un éclair. Secs et parfaitement chronométrés. Ce n’est pas normal, et ce n’est surtout pas Bernard, ou Jarvis, comme il se plait à appeler son « majordome ». Lèvres pincées, le sorcier daigne tout de même se lever, venant poser son verre sur la table basse et se dirige vers la porte qu’il ouvre à la volée, n’ayant aucun moyen de voir qui se trouve derrière. Peut-être devrait-il installer ce genre de système après tout. Il ne croit pas si bien dire lorsqu’il aperçoit la silhouette adossée contre le mur, cigarette entre les doigts, prêt à l’allumer.

En un éclair le temps s’arrête et son geste se fige, main posée sur le côté de la porte, d’abord prêt à l’ouvrir entièrement. Ethain se stoppe net et le toise d’abord d’un air surpris, il ne s’attendait pas à le voir ici, depuis le temps qu’il a disparu de sa vie. Ce n’est qu’à l’instant où le « Hey gamin » retentit d’une voix pseudo-mélodieuse dans le couloir vide que le sorcier se retrouve transporté bien des années en arrière.


***


Il s’échappe par la porte de derrière et atterrit dans une ruelle humide et des plus sombres. L’hiver est à leurs portes et bientôt tout ça ne sera recouvert que de neige fondue et noire. Aussi noire que son âme qui se ternie au fil des jours et des mois qui passent. Gabriel n’arrive pas à passer au-dessus de l’affront paternel, il ne parvient pas à passer au-dessus de toutes ces leçons et ces corrections. Les jointures de ses doigts lui font souffrir le martyr, asséchées par le froid, malmenées par les règles qui s’abattent sans cesse à mesure qu’il essaye de se la jouer rebelle. Il y a dans cette vie quelque chose qui ne lui plait pas. Il y a dans cette vie un don inné qu’il n’a pas encore déclenché. Dans la précipitation il se tourne, le garçonnet, à gauche puis à droite, pas âme qui vive, absolument rien que la nuit noire et l’humidité morbide de Paris l’insurgée. Il voudrait courir, Gabriel, s’enfuir vers monts et merveilles, leur cracher à la gueule et s’enfuir à tout jamais, mais ce serait bien trop lâche. Bien trop… Irlandais puisqu’il s’agissait là de l’image qu’il avait de son père, fuyant la queue entre les jambes les hurlements de son fils qui l’adorait tant.

« Hey, gamin. »

De ses prunelles sombres il le scrute, l’homme qui lui fait signe. Sur le moment Gabriel hésite mais lorsqu’il entend la voix stridente de Marius résonner depuis l’intérieur de la bâtisse il n’attend plus une seconde pour se diriger en direction de celui qui porte le même prénom. Quel putain de hasard. Merveilleuse magie noire.


***


L’accent de Marius est présent dans chacun de ses mots et les paroles qu’il envoie ne font que crisper davantage les traits du garçon devenu homme. Homme qui a trompé la mort. Et Ethain le laisse approcher, ce maudit fantôme du passé qu’il pensait véritablement oublié. L’ange noir s’approche et bientôt lui fait face, seule la barrière invisible menace et oblige le sorcier à sourire un tantinet, aussi narquois qu’il est. Un sourire en coin légèrement crispé. « Hey… Tout seul. ». Son sourire seulement à cet instant s’étire de plus en plus jusqu’à en devenir incroyablement moqueur. Ca le ferait presque rire, cette pauvre blague à deux balles qu’il vient tout juste de sortir. Mais déjà Marius continue son jeu et pose sa question fatidique. Ethain lui sourit toujours, ou plutôt Gabriel, car c’est bien Gabriel qui lui sourit et le scrute sans relâche, lui, vile pourriture qui n’est toujours pas dans un caniveau, ou décapité par quelqu’un qui serait passé par là. Suppôt de Satan, vil mécréant. De charmants noms d’oiseaux s’évaporent dans son esprit, sa capacité lui picotant les doigts serrés sur le chambranle de la porte. Puis, sans prévenir il la claque cette fameuse porte. Attention ton nez mon grand ça pourrait faire mal.

Le sorcier s’en éloigne déjà, son cœur faisant un bon dans sa poitrine. Agacé il est juste agacé, et tellement étonné. Au nom du bon vieux temps. Espèce de fumier froid. Ethain pince les lèvres et retourne dans son salon, attrape son verre de vin et c’est d’un air boudeur qu’il se réinstalle sur son canapé de cuir, tapotant nerveusement du pied. Marius n’a rien à faire là, Marius ne devrait surtout pas être là. Cette vision fait ressortir beaucoup de trop choses, trop de souvenirs enfouis depuis une éternité qu’il avait mise sous clé. Non, non… Et non. Pas ce soir. Pas cette nuit. Pas aujourd’hui. D’une traite il vide son verre de vin et sursaute en voyant la silhouette pendue quasiment contre sa porte fenêtre. Sans un mot de plus il envoie voler le verre vide en cristal qui vient s’éclater sur la baie vitrée. « Ich mach dich fertig, Dreckskerl ! ». Traduction ironique d’un superbe Va te faire foutre, enculé. Il déteste parler allemand, tout comme il déteste les allemands purs souches en réalité, mais pour rafraichir sa mémoire et parce que le vampire fait véritablement remonter des souvenirs dans son esprit, il n’hésite pas à y aller de mains mortes. Il a bousillé un verre en cristal par sa faute. Dans un geste de bouderie suprême, Gabriel croise les bras et se relaisse tomber dans l’intérieure de son canapé. Il allait devoir faire mieux le zombie.


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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Mar 5 Juil - 18:15

Trouble Comes Knocking
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I always wonder how far we could go if we could break through the ceiling above us. There'd be no point of us looking below... We could be free. Finally. ✻✻✻ Surprise.  La cigarette court entre les doigts, se fait jeu de l’intense, noie le doute, le sentiment, la preuve de l’intérêt qui dévore les prunelles avides. Il tient à Gabriel à sa façon tordu, il le réalise et le rejette aussitôt. L’apparition du prodige damné, de l’enfant vieillard, de l’adulte déchu, autant le même qu’autrefois que complètement différent, il a glissé sa main coupable derrière son dos comme un gosse pris sur le fait.  Pauvre instrument trituré tandis que le tortionnaire applique son petit jeu, numéro appris sur les bouts des doigts, bien trop pour être crédible. Il veut entrer, il a besoin d’entrer. Passer le seuil représentait un des plus grands challenge qu’un longue-dent pouvait accomplir, exploit auquel Marius s’appropriait les lauriers sans peine ou bien s’en désintéressait très vite. Mais Gabriel n’était pas qu’un seuil, il avait une caractéristique en 3D et une conscience impossible à ignorer. Non, pardon, Ethain. Enfin, Gabriel. Pourquoi diable les immortels tenaient toujours tant à changer de nom ? Cela importait peu au final, Ethain ne serait jamais que l’ombre de Gabriel, un vernis, et Marius n’avait qu’à tendre la griffe pour l’écailler.

Une porte se claque sur son sourire, on apprenait à l’hypocrisie quelques manières à coup de chêne poli. Une vilaine veine en ressortirait si le palpitant avait encore assez de sang à propulser. Ce sale pulica, gosse ingrat. Le vampire accuse le coup, se retenant de commettre un massacre dans le hall d’à côté, non, non, ça n’avait rien de nécessaire. Calme. Il s’était bien attendue à des représailles, à croire qu’on ne pouvait plus disparaître de la circulation pendant quelques décennies sans que le monde entier trouve une raison de le haïr. Mais enfin, c’était tellement humain. Un bon vieux sort aurait au moins eu l’intérêt de sauver son honneur perdu. Décidemment, le vampire se faisait trop vieux pour ce monde où une porte à la gueule faisant plus mal qu’un démembrement mystique. « Moi aussi, tu m’as manqué. » Déclaration d’amour en vain, son dulciné n’écoute plus. Blasé, l’aïeul hésitait à empiler le cadavre du concierge devant la porte avec un post-it pour son adresse, éventuellement le petit ingrat céderait à la curiosité, il était assez intelligent pour savoir que Marius ne se déplaçait pas pour des visites de courtoisie, quand son œil fut attiré par autre chose.

Et le voilà à jouer l’acrobate à plus de dix étages au-dessus du sol. Lorsque Gabriel aperçut sa carcasse pourrissante (il fallait bien qu’il s’y confronte un jour ou l’autre, il approchait les 700 ans à une allure folle et guettait le squelette ressortant nuit après nuit), une bombe rouge s’éclata sur la vitrine du balcon. Comme si c’était sa faute s’il avait un balcon ! Le vampire commençait à penser qu’il était peut-être plus prudent de rester dehors finalement, ce garçon aimait bien trop lui éclater des choses à la face pour son bien. À quel moment avait-il gâché son éducation ? De son cœur vrai, les missions dont il l’incombait ne représentait jamais réellement un danger, pas énorme quoiqu’on en dise, bien que cette fois à Chartres … Ah mais, il lui avait dit de ne pas ouvrir cette boîte ! Non, cette insolence devait provenir de Marius l’imposteur, ou de son bon à rien de père. Il fallait tout reprendre à zéro, et l’hypocrite se fichait pas mal que l’enfant ait dépassé de quelques années la majorité. « On ne jure pas en allemand, Gabriel, personne aime l’allemand. » Il jubile l’idiot avec son air réprobateur. Son nez se plisse en suivant le liquide carmin repeindre la vitre dans son désir de rejoindre les éclats d’étoiles éparpillés au sol. « Je sais que tu es riche mais c’est loin d’être une excuse pour gâcher du vin. »

Les talons font dos à l’enfant-boudeur, explorant le coin de refuge trouvé, dédale de paradis au-dessus de Paris la belle. Les constellations se font et défont au rythme des lampadaires, le fourmillement de la ville se tait pour ne laisser que le mouvement berceur d’une mer douce. Si les rayons mortels ne menaçaient pas de détruire sa chaire à leur levée, Marius se serait bien appropriée le lieu. Il se penche à la balustrade, se demandant soudainement si cette chute le tuerait. Probablement. Certainement. Mais quelle belle fin ! Digne d’un film, encore faudrait-il qu’il parvienne à emporter quelqu’un avec lui.

Lorsqu’il estima que le temps de la bouderie était fini, et que les pensées suicidaires se suffisaient à elles-mêmes, la vois s’éleva de nouveau, espérons suffisamment pour se faire entendre. « Arrête donc de faire le gamin, gamin, et ouvre-moi la porte avant que je ne sois forcé de réduire l’immeuble en cendres, juste pour voir jusqu’où cette absurde règle tiens. » De la poche plissée, il sortit lentement un écrin d’un velours de nuit où trônait un symbole de protection. Si même les objets magiques ne déclenchaient plus rien chez son adorable sorcier aux tendances sanguinaires, Marius n’avait plus rien à faire ici et il n’aurait plus qu’à descendre de son perchoir interstellaire. « N’es-tu pas même un peu curieux ? Moi qui t’apportait un présent … » Générosité infâme, invité scrupuleux, il ne lui restait plus qu’à l’être, invité.

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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Jeu 7 Juil - 22:22



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Tendre la griffe pour l’écailler.

C’est bien là tout le fond du problème. A peine la silhouette de Marius était apparue dans son champ de vision que le vernis Ethain s’effritait déjà, laissant Gabriel s’échapper avec toute sa hargne et ses souvenirs aussi maudits que chéris.

La porte lui claque au nez. Indolence, vile arrogance. Il sait pertinemment ce que le vampire pourrait faire dans ce couloir. Il connait les excès de colère et la sainte horreur de ceux qui osent lui dire non. Il joue avec le feu Gabriel, excédé Ethain qui d’ores et déjà retourne s’asseoir sur ce canapé de cuir blanc qu’il adore, verre de vin entre les mains. Il pense être tranquille, quand bien même son cœur se met à battre. Agacé, irrité. Que diable vient-il faire ici ? Il s’insurge, le sorcier, rumine à vue de nez, mais ce n’est rien comparé au sursaut de le voir apparaître à la porte fenêtre. Crispé, il se tétanise, serre entre ses doigts ce verre de cristal que lentement il assassine. Sourcils froncés, mine décomposée, il est strictement hors de question qu’il se laisse malmener. De ses ébènes, le jeune homme scrute le mort vivant présent de l’autre côté de la baie vitrée, sagement debout sur sa terrasse, et c’est sans prévenir que le verre vient se briser en mille morceaux tandis qu’un juron s’échappe en allemand de ses lèvres serrées. Gabriel a beuglé avant de se rasseoir bras croisés, comprenant alors qu’il venait de bousiller un verre qui coûte les yeux de la tête. « Schnauze. » qu’il bougonne entre ses dents après sa réflexion. Il jure en Allemand s’il le veut, c’est à cause de lui si cette langue pourrie remonte jusque dans sa mémoire.

Le sorcier sait son air satisfait, il le devine quand bien même il ne le regarde pas et ne daigne pas tourner la tête. Il soupire et ne cesse de taper du pied nerveusement, menaçant de balancer encore un objet sur cette porte vitrée. A peine cinq minutes qu’il est là et il a déjà envie de l’étriper. Diantre, que s’est-il passé pendant toutes ces années ? Il ne parvient plus à savoir, tout ce qu’il sait c’est qu’il lui en veut. Sûrement une crise en retard d’adolescence. En quelques sortes. Et le voilà qui remue le couteau dans la plaie, obligeant Gabriel à lever les yeux au ciel. Pas la peine de mentionner son verre de cristal qui jonche en miette sur le sol de son salon, le vin rouge maculant le carrelage. Pour autant, il demeure incroyablement silencieux. Vulgaire boudeur des temps modernes. Tout ça pendant que Monsieur explore, profite de la vue. Il le sait car le silence devint trop long à un moment, ce qui n’allait pas pour ressembler au vampire, et le sorcier le savait pertinemment. Alors il s’est retourné le temps d’un éclair pour vérifier s’il était toujours là, et seulement il aperçut la fine silhouette qui regardait en contrebas. Toujours là. Forcément. Ethain souffle une énième fois, se pince l’arête du nez et demeure immobile, il a même pris le temps de s’installer dans le canapé qui lui permet de tourner le dos à cette vieille connaissance. Etonnant d’ailleurs qu’il soit toujours capable de tenir sur ses jambes de baguettes. Tu décrépis à vue d’œil mon pauvre vieux !

Il a fini par se cacher à moitié le visage d’une main par réelle crispation en entendant à nouveau la voix de Marius s’élever dans les airs. Ce n’est toutefois qu’à la mention du mot feu, ou encore cendre qu’il se redresse, droit comme un piquet dans son canapé. Hors de question que ce timbré foute le feu à son bâtiment, et surtout à son appartement. Il a un flipper de très chère valeur à ses yeux qui ne peut certainement pas partir en fumée. Ce serait commettre l’irréparable. Il tend l’oreille, soudainement intéressé, du moins, juste pour s’assurer et anticiper une quelconque tentative d’envie pyromane. Ce ne sont cependant pas ces paroles-là qui attisent définitivement sa curiosité, mais définitivement la mention d’un présent. Ce mot a fait chavirer ses sens, car il sait mieux que personne ce que le vampire est capable de trouver et de ramener dans son sillage. Socle même qui leur a valu d’être aussi « proches ». Lorsque Marius mentionne un cadeau, il n’est jamais déçu. Dans son élan, Gabriel en oublierait presque sa bouderie, il se redresse un peu plus dans ce canapé, se détache du dossier mais se fige à nouveau, laissant un peu de suspens faire son œuvre sans réellement le vouloir. Il pince les lèvres, fini par se mordre l’inférieure en réfléchissant, cherchant la petite bête noire, mais il sait qu’il n’y en a pas. Pas cette fois. Ce fumier sait où appuyer. D’un geste rapide de la main qu’il secoue en plein vol, la porte fenêtre s’ouvre à la volée sans qu’il n’ait à se lever pour le faire. Toutefois, c’est avec précipitation qu’il s’approche, la barrière invisible demeurant toujours entre eux deux, sans même qu’ils ne puissent la voir. Le sorcier est tout près, les yeux rivés sur l’écrin que le vampire a sorti de sa poche. Il y contemple un symbole de protection qui lui fait froncer les sourcils de contrariété pendant un laps de temps d’une seconde, puis il récupère un sourire en coin et relève ses ébènes dans les prunelles du mort.

« Ca doit être frustrant, non ? De ne pas pouvoir s’incruster à sa guise. De devoir demander la permission. ». Il avait insisté sur le mot demander. Il s’amuse comme un petit fou, l’accroc de la magie. Il demeure si près de lui et pourtant si loin. Tout son être pue la magie à plein nez, elle fourmille dans ses veines, se nourrit de chaque pore de son être. C’est comme ça qu’il est et c’est comme ça qu’il sera. Marius le sait et Marius en abuse. « Pauvre Marius, plusieurs décennies d’absence et te voilà coincé sur le pas de la porte… ». Il laisse échapper un petit rire. Il jubile tant qu’il le peut, lui aussi. Claquant finalement sa langue contre son palet, Ethain fait un nouveau geste de la main et l’écrin s’envole, passe la barrière invisible et atterrit rapidement entre les doigts du sorcier qui le lâche aussitôt. « Merde ! ». La réaction a été épidermique, il s’en doutait mais ça se confirmait. Ce symbole n’est pas factice. Le sorcier se tourne à nouveau vers le vampire et le toise, un air soudain noir au visage, écrin à présent par terre non loin des gouttes de vin. « Très intelligent… Ce symbole de protection. Tu as fouillé dans mes livres ? ». Alors seulement il soupire, Gabriel, tourne les talons et retourne s’asseoir sur le canapé en faisant la moue lorsque ses prunelles se contentent de regarder l’écrin qui lui tend les bras sur le sol, bafoué par un putain de sort qui a légèrement brûlé ses doigts. « Je t’en prie. Fais comme chez toi… ». Plus heureux tu meurs. « Mais je te préviens, je veux savoir ce que c’est. Et je le veux tout court. ». Autrement dit, bye-bye le symbole de protection, il le veut, quoi que ça puisse être.



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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Dim 31 Juil - 13:22

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I always wonder how far we could go if we could break through the ceiling above us. There'd be no point of us looking below... We could be free. Finally. ✻✻✻ Sa serre se presse contre la glace. Ça grince. Trop loin. Une caresse un peu poussée, et il la voit déjà volée en éclat, plus belle que la voie lactée dans sa chute. Mais à quoi bon ? Le garde-fou persisterait. Et le fou crèverait de sa concupiscence inassouvie. Il abhorre cette situation, cette faiblesse sans queue ni tête imposée à son corps comme s’il n’était qu’une marionnette. Un rappel honteux qu’il n’était pas de ce monde, plus vraiment, qu’il ne pouvait y imposer sa loi. Les boyaux tordus, Marius préfère se concentrer sur le moutard.

Ses esgourdes distinguaient sans peine son palpitant qui s’emballe. Colère, irritation. Gabriel, vile boule d’émotions qui le nargue de sa vie, feu fugace mais ardent, violent, on voudrait se pencher pour en attraper une étincelle, juste tâter du bout de la canine ce qui l’agite, l’insouciant. Comme jadis. Il s’en lècherait les babines s’il n’était pas si occupé à se composer cet air nanti.

L’attente n’a que trop duré. Marius s’arrache à sa contemplation parisienne pour venir étaler ses mots empoisonnés, menaces qu’on a pas même pris la peine de voiler. Elle n’était pas connue pour sa patience, la chauve-souris, mauvaise habitude qu’il avait transmise au gamin. Toutefois, aussi tentant qu’un feu de joie soit, le vampire agite sans vergogne la carotte avant de faire péter le bâton. À quoi bon lui amener une rareté si c’est pour lui cramer son coffre-fort avant ?
L’écrin danse autour de ses doigts longilignes, appréciant leurs allures squelettiques sous cet air de lune. Le trésor n’en a l’air que plus beau, plus mystique, non, plus digne. Pandore séduit, il n’a pas besoin de lever la tête pour le voir, alors il joue à l’arrogance et il nargue de cet artefact insaisissable. Sans prévenir, la porte-fenêtre s’ouvre aussi violemment qu’une braguette devant une catin. Touché.

« Ça doit être frustrant, non ? De ne pas pouvoir s’incruster à sa guise. De devoir demander la permission. » Pourtant, la frustration, c’est dans son regard à lui que Marius l’a descelle. L’enfant bave sur son jouet, il s’enfonce dans un stupre occulte, mais l’adulte ne connaît que trop bien son pouvoir, et sa précarité, pas question de céder avant d’obtenir ce qu’il souhaite. « Mais j’ai toujours été un homme poli. » Yeux aux ciels, il se défend, faussement vexé. Le ton est léger, mais ne dupe en rien. Il enrage, derrière ses traits de marbres. Marius a dans sa colère quelque chose de silencieux, de froid, l’arrêt de la musique et du faux-semblant. Mais Gabriel égratigne seulement la surface comme il a toujours su faire. Sale gosse, ingrat, qui a trop appris, sait trop bien. Les voilà ainsi, face à face, deux reflets qui se raillent d’insolence, s’articulent dans l’envie, le besoin malsain, l’obsession de cette chose de l’autre côté du miroir. Ils déversent leur fiel avec les sourires carnassiers de gentleman. « Pauvre Gabriel, des années que je te sèvre mais toujours incapable de me laisser de l’autre côté de la porte. » Ils le savent tous les deux. Il a gagné, pour ce tour-là.

Ses lippes se soulèvent avec jubilation alors que la boîte brûle les vilains doigts, voleurs. « Impatient. » Qu’il commente, lorgnant les cadrans entourant la barrière. Si la boîte se trouvait à présent hors d’atteinte, elle l’était également pour le sorcier et Marius mesurait sa curiosité au septuple de la sienne. Il avait besoin de lui. « Ce pourrait venir comme un choc, mais, tiens-toi bien, tu n’es pas le seul sorcier de ma vie. » Le môme est déjà reparti bouder sur son canapé, ses billes plongés dans celles de son amante, allongée au sol, délaissée dans sa robe de nuit et pourtant si désirée. Enfin, il prononce les mots libérateurs et Marius peut sentir la pression qui le poussait dehors s’évanouir dans la brise.

Ses guibolles passent le seuil non sans une excitation particulière, enjambent le salon à une vitesse surnaturelle dans sa hâte. Au passage, il ramasse le boîtier et vint le remuer, cruel, sous le nez d’Ethain. « T’ai-je jamais refusé quoique ce soit ? » Susurre le tentateur, trop proche, dévoilant les dents pointues qui mourrait d’envie d’un snack. Mais rien qu’un murmure s’en échappe, un mot d’un ancien temps, et lorsque l’écrin retombe sur les genoux, le maléfice a disparu. Simple serrure. Tournent les talons, monsieur n’est pas intéressé par la suite qu’il connaît, et s’en va visiter la demeure en sifflotant pendant que le rejeton découvre son cadeau. « Mais surtout, ne prend pas ça pour une proposition. » Bientôt sortira-t-il la bague qu’il refermait, élégante dans sa simplicité, elle pourrait aussi bien faire office de chevalière que d’alliance. Peut-être même cédera-t-il au désir fou de la porter et découvrira-t-il le plaisir de la voir s’adapter à son doigt, mais cela le mènera dans bien d’autres émerveillements et cauchemars. Le maléfice n’est jamais loin.
Marius ne connaissait que la théorie, refusant de tester l’objet sur lui-même, mais Gabriel n’avait pas besoin de le savoir. « Et si tu démontrais que ta grande gueule n’est pas là qu’en déco ? Que le chiot me prouve qu’il est devenu le molosse que suggère les aboiements. Si tu veux savoir ce que ça fait, enfile-là donc. » Lueur de défi alors qu’il effleure le flipper du bout des doigts. « Et après, on se fait une partie ? » Qui est le gosse, maintenant ?

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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Dim 31 Juil - 19:17



Feast for Crows

FT. MARIUS ROMANSKI



Il le toise d’un air qui pue l’arrogance et la moquerie, s’amuse de la situation comme un vrai gosse, quand bien même il ne peut s’empêcher d’éprouver une once de sympathie pour le mort qui se tient derrière la barrière invisible, porte-fenêtre s’étant ouverte d’un simple geste de la main. Marius est un fantôme du passé qu’il ne pourra jamais balayer, même avec toute la force possible ou moult incantations existantes d’oubli. Marius est un fantôme bel et bien vivant, sa réapparition n’est pas vaine, il veut forcément quelque chose et Gabriel le sait. Partager des souvenirs et lui faire un cadeau ne sont que prétexte pour obtenir autre chose. Un service, sans doute. C’est pour cette raison qu’il profite de la situation et de ce pouvoir qu’il a encore, car il le sait, le vampire a plus de canines dans sa manche qu’il ne veut bien en montrer, et quoi que l’on en dise, peu importe combien il veut l’envoyer chier, il ne pourra pas toujours arborer sa moue capricieuse. Il sera bien obligé de céder. Juste… Par sympathie pour le vieux décrépi. Ou sympathie tout court. Malgré les apparences, si le sorcier a développé certains traits de personnalité, ce n’est pas la sainte Providence qui lui en a montré la voie, mais bel et bien cet aîné. Sans aller jusqu’à parler de père de substitution, Marius reste Marius, et on ne peut pas constamment dire non, quand bien même on fasse sa crise d’adolescence magique aussi tardivement.

L’écrin qu’il tient dans ses mains est un véritable marchandage, Ethain ne le sait que trop bien, mais c’est plus fort que lui, cet appel, cette soif de toujours avoir plus. Le pouvoir, la sorcellerie et la magie… Les objets sont ses grigris et une obsession certaine qu’il ne cache même pas au vampire. Pas besoin. La colère et l’irritation sont toujours là, font palpiter ses veines et battre son organe vital, sans le savoir, il frustre l’autre tout comme il se sent frustré à cet instant bien précis, l’écrin tournant sagement et lentement entre les doigts pâle de Batman. Un homme poli, s’il n’était pas aussi concentré sur cet objet mystérieux, nul doute que Gabriel aurait ri à gorge déployé, sans pouvoir toutefois le nier. Il se veut railleur et joueur, l’ancien gamin des rues entre les mains de Bosch et celles d’un maître sorcier bien trop sage. Il use de mots qui tentent de blesser, frustrer, et il continue de se moquer. Les voilà ainsi qui se toisent avec insistance, patience qu’ils n’ont pas. Aucun des deux. Point bien trop commun. Malsain. Le sourire réapparait sur ses traits, horriblement satisfait et Marius lui renvoie la balle, toujours. C’en est ainsi. Il gratte la surface du peu d’ongle qu’il a, cherche à l’écailler, teste les limites comme un enfant pourri gâté (et il l’est). Alors les mots s’effondrent, passent la barrière invisible, qu’ils ne voient pas, virevoltent jusqu’à ses oreilles et son sourire dévoile finalement ses dents blanches. Le vampire va gagner, il a déjà gagné et ils le savent tous les deux. « Que tu dis… Peut-être te trompes-tu. ». Sourire gardé, jusqu’à ce que d’un geste de la main la boîte ne soit récupérée entre ses mains mais lâchée aussitôt dans un râle de mécontentement. Impatient.

« Comme toi. ».

Malgré sa moue contrariée à l’idée de laisser l’écrin par terre sur le pas de la porte, Gabriel prend tout de même le temps de saluer son intelligence. Un symbole de protection, il ne connait son rejeton que trop bien, le vampire. Maudite chauve-souris. Lèvres pincées et mâchoire crispée, c’est avec un soupir démesuré qu’il se laisse retomber dans son canapé de cuir blanc, sourire disparu au vent. Marius a gagné et il le sait, ça l’agace, l’énerve et l’irrite. Ses ébènes ne cessent de lorgner sur cet objet à portée de mains et pourtant si loin. Aux paroles qui s’élèvent encore, le sorcier plisse le nez. « Moi qui croyais pourtant être le seul qui en vaille la peine à tes yeux. ». Il lui offre alors une moue des plus tristes et faussement blessées. Enfin peut-être pas si fausse en réalité, son égo en prend un coup. Il ne manquerait plus qu’il lui annonce qu’il avait en réalité moult « petits oiseaux magiques » partout dans le monde, et Gabriel pourrait définitivement être jaloux. Pire encore, capable de les tuer jusqu’au dernier. Il souffle et s’agace, ses doigts crépitent et le démange. Alors il cède, finalement, prononce les mots qu’il faut avec tout autant de courtoisie possible même si la gaieté n’y est pas. Le voile invisible s’élève et disparait comme dans un nuage de fumée que l’on ne voit pas, laissant champ libre au vampire qui récupère déjà la boîte et s’approche à une vitesse complètement démesurée. « Frimeur. ». Qu’il murmure pour lui-même, bras croisés. Une fois que Marius a passé la porte, c’est d’un autre geste de la main qu’il referme cette dernière. Maintenant qu’il est là… Ca ne servait à rien d’entendre les cris et les pots d’échappements venant de dehors.

Il a tenu à exposer ses conditions, le mage noir, cet objet il compte bien l’avoir et le sort de protection, retiré. Il n’a pas même le temps de dire ouf que le vampire est déjà en train de le lui mettre sous le nez, ce qui ne fait que palpiter davantage la veine de sa tempe. Quelle n’est pas alors la surprise quand il constate que sous l’excitation d’être enfin rentré dans son salon, Monsieur grandes canines a toutes dents sorties dehors. Il sent son parfum d’ici. Etonnant d’ailleurs qu’il se parfume encore, serait-ce un parfum de chez Chanel ? A l’interrogation qui n’en est pas vraiment une, Gabriel ne peut s’empêcher de répondre. « Tu sais bien que tu n’aurais pas intérêt à me refuser quoi que ce soit, Marius. ». Sa langue claque contre ses dents et l’écrin tombe sur ses genoux. Il n’en faut pas plus au jeune homme pour l’attraper entre ses doigts, tel un véritable drogué ayant besoin de sa dose. Ne prends pas ça pour une proposition. Il n’oserait pas, ne comprend que lorsque l’écrin dévoile la fameuse bague. L’Autre fait sa visite, inspecte les murs et les tableaux, les miroirs qui rendent le tout très grand. Il ne s’inquiète pas pour sa pièce secrète qui tranche avec le reste de l’appartement, il ne la trouvera pas. Ethain reste donc sur son canapé et attrape ladite bague entre ses doigts, en inspecte chaque détail au millimètre près.

La voix du vampire résonne une nouvelle fois dans la pièce après quelques secondes d’inspection. Elle le pique au vif, titille ses limites et le met au défi. Diable, ce que ce mécréant sait y faire. Prunelles noircies, il sait sans même se retourner qu’il touche déjà à son flipper. Sa grande gueule n’est pas là qu’en déco, et il n’a pas besoin qu’un membre de la team grandes dents ne se mette à en douter. A peine cinq secondes qu’il est là et il a déjà envie de l’étriper. Il titille ses pouvoirs, ses capacités, une fine tornade de poussière englobe déjà le corps de Gabriel, toujours assis. Il ne l’envoie pas dans sa direction mais ce n’est pas l’envie qui manque, de lui causer une bonne migraine. Ce n’est toutefois que lorsqu’il entend les doigts vampirique grincer définitivement sur ce flipper qu’il se lève, la poussière disparaissant sans demander son reste, bague entre les doigts et écrin posé sur la table basse. Il contourne et se rapproche de la silhouette longiligne en souriant. « Si on joue tu vas te prendre une branlée, Papy. ». Il sourit de plus bel, véritable carnassier, reporte son attention sur la bague qu’il a entre ses doigts et ose enfin la mettre à son doigt sans plus de cérémonie. « Oui, je le veux. ». Qu’il déclare d’un air adorable et moqueur avant que le blanc de la pièce ne disparaisse soudainement autour de lui.

Il n’y a plus d’appartement de luxe ni de Marius. Le flipper a disparu, n’est plus que ruine, brisé. Les canapés de cuir n’existent plus et la pièce est incroyablement vide, seuls demeurent les tableaux éraillés, brisés ou troués, de véritables vestiges du passé. Le silence de mort qui règne ne le perturbe pas et il lève la main, la bague est toujours à son doigt, parfaitement adaptée. Le sorcier tourne sur lui-même, prend la direction du balcon et observe alors une Dame de Fer plus que mal en point. Coupée en deux, le haut s’est effondré, à présent planté dans le sol. Tout n’est plus que ruine et tout a disparu. Tout n’est que calme et silence. Dans son élan et son inspection, Ethain se penche, voit la rue en contrebas, déserte. Les nuages au-dessus de sa tête sont rouges, couleur de sang, électriques même. Il ne sait pas ce que tout cela signifie mais cela ne dit rien qui vaille. Intérieurement, il sent une certaine angoisse le prendre, simple réflexe humain, pénètre de nouveau à l’intérieur de ce qui était jadis son appartement, s’empli du silence pesant quand tout à coup un cri strident et bestial résonne. Cela n’a strictement rien d’humain, et même rien de connu. Il porte ses mains à ses oreilles, en sent déjà le liquide carmin qui s’agglutine au-dehors. Ce cri le fait saigner à blanc. Un autre se met alors à résonner de l’autre côté et l’assassine un peu plus, puis tout s’embrase, au-dehors. Des éclairs craquent et s’abattent, mettent feu à tout ce qui est et était jadis. Tout n’est plus que vision d’horreur et il plisse les yeux, se retourne pour espérer voir d’où vient la source de ses oreilles qui saignent mais il ne fait plus que nez à nez avec sa défunte femme, complètement ensanglantée. Tout ça c’est ta faute. Et elle hurle, la mégère. Elle hurle jusqu’à ce qu’il ne finisse à genoux, harassé par ses hurlements qui n’en finissent plus. Elle se penche, l’insolente, en explose ses yeux autrefois d’un bleu des plus doucereux. Et elle crie, elle crie. Puis tout s’arrête. Tout redevient blanc.

Il retire la bague de son doigt d’un coup sec, ramené sur terre instantanément. Elle n’est plus là mais ses ébènes la cherche un court instant, le souffle court et agenouillé près de la table. Quand la silhouette de Marius apparait dans son champ de vision, le sorcier se redresse d’un geste vif et rapide, remettant ses idées en place et époussetant sa chemise noire comme s’il ne s’était rien passé. « Effet… Très impressionnant. ». Il ne compte pas parler du reste, pas des détails. Et surtout pas d’elle, qu’il a tué pour vivre aussi longtemps. Surtout pas d’elle. Dans un claquement de doigt, l’écrin apparait entre ses mains et il y range le divin objet. « Où as-tu trouvé ça ? ». Simple question lancée à la volée alors que l’écrin disparait dans un second claquement de doigts. Il s’approche et arrive au niveau du flipper d’où la chauve-souris n’a sûrement pas bougé. Il l’effleure et observe Marius. « Tu n’offres jamais rien sans raison, du moins, pas toujours, Marius. Qu’est-ce que tu veux ? ». A sa propre question, il se met à rire. « Je doute que tu sois venu juste pour essayer de me battre au flipper… Qu’est-ce que tu veux, en échange ? ». Gabriel a déjà sa petite idée sur la question, mais il peut toujours se tromper alors… Il préfère demander. Sans attendre, il glisse une pièce métallique dans la fente, prend place, tire sur la manette et la bille s’envole dans un tumulte propre aux jeux de l’époque.




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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Jeu 11 Aoû - 0:17

Trouble Comes Knocking
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I always wonder how far we could go if we could break through the ceiling above us. There'd be no point of us looking below... We could be free. Finally. ✻✻✻ Marius connaît mieux que quiconque le poison qui brûle dans les veines de Gabriel, il possède le même. Pour l’insuffler,  il n’aura suffi que d’un souffle, juste une bouffée de poumon sur le brasier pour que l’incendie prenne. Honnêtement, la lueur a toujours été là, elle le suppliait presque à se tanguer au fond des prunelles d’encres, l’innocence cherchait la porte de sortie désespérément, le vampire s’est contenté d’ouvrir la porte. Va donc hanter les nonnes !

Les doigts se referment sur l’écrin avec douceur, exhibant la belle sans jamais la libérer. Il ne peut que deviner la magie qui l’entoure, mais le pouvoir de son imagination lui fait bien assez facilement tourner la tête. Des années qu’il la traque, par ennui, comme une fléchette lancée sur un globe, il suivait sa rumeur au fil des contrées. Son pouvoir s’était révélé agréablement fascinant, mais fort inutile pour sa seigneurie à l’état présent. Gabriel s’était donc imposé en étape finale du road trip, son coffre-fort personnel. Une excuse.

Oh oui, qu’il frime. Ses lippes ne viennent que confirmer à quel point il se sent malin dans sa connerie. Gabriel ne se privait pas lui-même de faire étalage de sa magie domestique, claquant la baie vitrée derrière eux. « Gabriel, oh Gabriel, tu es le plus doué, le plus beau, le plus malin des sorciers et jamais sur Terre on ne saura t’égaler. » Le rire est sans malice, la tête sermonne de son balancier condescendant. Le mioche reste un mioche, même lorsqu’il est bien plus adulte que lui. Sa main s’égare sur le canapé pour soutenir son poids croulant, l’aïeul lui lance un regard lourd de sens. Malgré toutes ces acrobaties, Gabriel s’envolera en grain de poussière en un claquement de doigts, et la morale de l’immortel pèse. Marius cherchait un digne successeur à Ethain depuis des années, en vain ; déni de celui qui refuse de se souvenir qu’il en a seulement besoin. Cependant il ne tenait pas à faire éclater les bouées de sauvetage qui faisait office de chevilles au sorcier. « Heureusement existe-t-il d’autres dimensions et quelques cercles de l’enfer. Enfin, tu peux toujours être rassuré d’être celui qui me donne le plus de peine, en effet. » Il dépoussière la veste, en ôte un bouton. « Sale gosse. »

Il se penche ensuite, collant son museau au plus près de celui du sorcier, les instincts et la nostalgie en réveil qui tendent jusqu’à la veine tapante. L’euphorie se propage, les iris s’enflamme, les traits peu racolant typiques de son espèce menacent d’apparaître mais il se contrôle, l’orteil sur la ligne à ne pas franchir. Pendant que le vampire goûte de loin à sa propre obsession, il laisse s’échapper celle de Gabriel. Chantage en vue, mais jamais ne fut-il caché, et qui donc a décrété un côté malsain à ce bon marchandage ? « Tu sais bien que tu n’aurais pas intérêt à me refuser quoi que ce soit, Marius. » Le vampire s’éloigne, acquiesçant de son silence. Il a raison le bougre, et ça gêne l’immortel. Il bougonne en silence, laissant flotter son regard sur la pièce qu’il distingue à peine. C’est le flou de l’opulence possède cet appartement. Les tableaux l’attirent quelques secondes mais son attention est finalement drainée à la chose trônant de ses bips et alertes lumineuses. Les griffes caressent le flipper, modernité sur patte, se demandant ce qui excitait les hommes à voir une balle se faire fracasser dans tous les coins et le désir stupide d’aimer ce chaos aussi. Un ricanement, quelle ironie qu’un tel maître en occulte se targue comme un coq pour un jeu si futile. « Nous verrons ça. » Pour autant, Marius ne se faisait aucune illusion, il se prendrait une branlée effectivement, comme disent les jeunes. Heureusement le diable avait créé la tricherie, et la revanche.

Marius n’a pas le temps de se retourner que le voilà fiancé. Ce sera Mina qui va gronder, où qu’elle soit, quand il la reverra, s’il la revoit. La rouquine avait été plutôt claire sur ses dernières volontés. Mais n’était-ce pas tout le soucis avec les vampires ? Il n’y avait jamais vraiment de dernier , ni de fin, contrairement pour l’énergumène qui se payait un trip magique sur un canapé hors de prix. Ce canapé avait du cachet d’ailleurs. Il faudra qu’il le récupère, oui. Si Ethain n’avait pas déjà pris des mesures pour qu’on crame toutes ces possessions à sa mort, ce serait tellement son genre à l'ingrat. Soupire, sa main effleure les cheveux opaques, puis s’échappe jusqu’au bar où elle saisit deux verres et leur mère de rouge gorgée. Carpe diem, profitez de l’instant présent. L’une des orphelines est abandonnée sur la table basse du fiancé égoïste, l’autre emportée jusqu’au flipper de nouveau où l’admiration n’est plus cachée. Tacitement, il ne touche à rien que le verre recouvrant l’instrument, suivant les possible chemins à emprunter de la griffe. Il attend sa belle au bois dormant.

« Alors ? » Qu’il lance quand le mouvement se fait sentir. Mais la réponse est très insatisfaisante ; évidemment que c’est puissant, il ne lui pas donné une pilule mais un bout d’un monde démoniaque, de la magie brute, de l’occulte en concentré, diable ! Enfin, il se retourne et détaille ce qui lui revient de la tête au pied.  « Tu as une gueule d’enfer. » Puis le flot de suspicion qu’il chasse d’un geste agacé. Toujours le même refrain. Oui, il veut quelque chose, mais il n’est pas sûr du quoi encore, seulement qu’il en aura besoin plus tôt qu’il ne le souhaiterait. Après tout, la bouche des enfers s’ouvrait sous leurs pieds : vivre ici revenait à vivre au-dessus d’un toaster. « Je ne veux rien, pour l’instant. Je suis seulement curieux, tu vois, et je ne viens jamais les mains vides. C’est drôle Gabriel, j’aurai juré que cela faisait déjà plusieurs années qu’on s’était vu, je les compterai presque en décades. Mais te voilà sous mes yeux, presque le même qu’autrefois … Tu t’es fait tes millions avec ta crème anti-âge ou tu as considéré cette âme trop lourde pour rester dans ce corps ? » Hypocrite qui ne change jamais, il parle légèrement, la rancune dissimulée, à peine visible sous la surface.

Une fois que Gabriel a joué son tour, Marius se presse à son tour contre l’engin infernale, déposant le verra à moitié dégusté. La balle s'élance comme un plomb d'un pistolet. Son rejeton ne pouvait avoir développé des crocs, première frayeur passée dès que la porte s’est résisté à lui, un vampire est mort, et ne possède donc rien. Il aurait pu marcher dans l’appartement comme dans une morgue si ça avait été le cas. Mais on pouvait tromper la mort de bien d'autres façons, avec bien d'autres conséquences peu racolantes à la clé. Et Marius voulait savoir : qu’avait-il perdu exactement ? Ou plutôt : possédait-il toujours tout ce que lui voulait ?

Tout d’un coup, il lui agrippe l’épaule fermement et plante ses billes océaniques, mortellement sérieuses, affreusement graves.
« Le vin n’a jamais été mon rouge préféré. »
Il penche la tête, l’adorable futé, sourire bouffit. « S’il te plait ? » Comme s’il y avait un choix. Comme si la menace n’était pas sous-jacente. Comme s’il ne voulait pas goûter le liquide carmin uniquement pour s’assurer que tout était en place. Oh, et parce qu’il avait faim. Et Ethain était un met exceptionnel.
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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Mer 17 Aoû - 14:48



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Jeu dangereux. Mais jeu tout de même. De véritables gosses qui ne demandent, au fond, qu’à s’amuser. L’exaspérer le fait rire. Sentir cette once de pouvoir qu’il a sur le mort, le fait sourire. Et c’est bien là toute l’ironie du sort. C’est réciproque. A n’en pas douter, ils se sont fort bien trouvés. Ou le gosse n’a-t-il été que trop bien éduqué. Une pointe de jalousie, malgré tout, s’insuffle dans ses veines et vient narguer jusqu’à ses oreilles et son cœur empli de terreur et de noirceur. Ce vieux bougre n’oserait pas essayer de trouver sorcier plus intéressant que lui. Il le prendrait vraiment mal, là, sagement assis dans son canapé de cuir blanc. Il n’est pas encore mort et n’est pas prêt de l’être, alors suggérer la probabilité d’un futur remplaçant le fait grincer des dents. Mais les mots claquent, s’échappent des lippes du mort vivant, et bien que les compliments ne soient que bien trop grands, ça le fait sourire, le grand enfant. Malicieux, impétueux et horriblement impérieux. Ces mots sont effroyablement satisfaisants. Celui qui donne le plus de peine, le plus charmant de tous les compliments, récompense ultime de ce gosse qui a bien trop vite grandi dans l’obscurité des ténèbres et du pouvoir que tout cela amène. Sale gosse. « Vieux sénile. ». La réponse fuse, immédiate, glisse entre ses dents révélées par un sourire des plus larges et éclatants. Ce ne sont là que de futiles insultes, irrémédiable effet notoire de leurs deux caractères sans doute un peu trop proches et nullement rédhibitoires. Malgré tout, Gabriel ne peut s’empêcher de rétorquer et de compléter, assurant avec boniment ô combien il serait vexé s’il essayait ne serait-ce que, de son vivant, le remplacer. « Prends ça comme tu veux, mais sache qu’il n’y a que toi qui peut encore espérer m’appeler Gabriel. ». Une marque de confiance, en soi. D’affection étrange et particulière, aussi, probablement. Mais lui non plus n’a pas envie de faire éclater les chevilles du pâle qui marche et frime. Longue dents ne demande qu’à se révéler. Il n’a jamais su se tenir, quand il a faim. « N’espère même pas tenter de me remplacer, tu serais étonné de la manière avec laquelle je pourrais tous les évincer. Ou plutôt… Eviscérer ? ». Il ricane et reprend finalement son sérieux, observant avec attention cette bague d’un autre temps et d’un autre genre. Une demande en mariage, ce vieux fou est sérieux.

Marius sait toutefois qu’il n’aurait aucun intérêt à lui refuser quoi que ce soit. Lire l’air contrit sur ses traits est une satisfaction des plus jouissives pour le sorcier qui ne cesse jamais de se nourrir de ce petit effet qu’il a sur le vampire. Pour autant, il n’a toujours s’agit que de cela, ou presque. A partir du moment où Ethain a découvert son don particulier, qu’il a appris bien plus sur la magie noire et est devenu presque indispensable, il a tout fait pour rendre leurs échanges  à échelle plus ou moins égale. Car il ne faut pas être idiot ni même nier l’évidence. Le vampire a un pouvoir sur lui qu’aucun d’autre n’aura jamais, et il sait mieux que quiconque où placer ses cartes pour faire ressortir la faiblesse inépuisable du sorcier pour la magie. Et surtout pour le pouvoir. Le défi envoyé à la volée par le mort en est une preuve irréfutable qui dévore Gabriel de l’intérieur et qui, bien évidemment, le fait tout droit tomber dans le panneau. Si panneau il y a. Il ne lui en faut pas plus pour enfiler ladite bague et prononcer un superbe Oui, je le veux en direction de son fiancé aussi blanc que le canapé. C’est alors que le temps s’arrête définitivement et que tout l’intérieur de l’appartement disparait sans demander son reste.

Il ne s’est écoulé qu’une vulgaire petite minute quand le sorcier reprend ses esprits et retire le maudit objet de son doigt. L’effet est très… Impressionnant comme il se permet de le remarquer, reprenant une fausse contenance, bien que perturbé par le poids des images et la dure réalité de cette scène vécue très clairement en Enfer. Rangeant l’objet d’un claquement de doigts, il se rapproche du flipper sur lequel le vampire a osé mettre les doigts, verre de vin en main. Ah, visiblement il a également pris le temps de se servir un verre en faisant comme chez lui. Ca ne l’étonne pas vraiment, mais au fond, quel gâchis. Il ne lui en dira pas plus sur ce qu’il a vu, du moins pas en étant parfaitement sobre. Tu as une gueule d’Enfer. Gabriel sourit, le compliment lui va droit au cœur, si Papy espère ne pas se prendre une branlée au flipper, c’est raté. « Toujours là pour te plaire. ». Et il fait des rimes avec ça ! Décidément trop bien éduqué.

La pièce glisse lentement dans la fente prévue à cet effet, la question ultime est posée, question qui agace l’autre bien plus fortuné. Tant de suspicion l’a toujours agacé, mais le sorcier lui, le sait, il n’est pas là par hasard. Jamais. La bille rebondit sur chaque obstacle, marque des points à la vitesse de l’éclair. Ethain n’a pas besoin de réellement se concentrer pour savoir quand utiliser les boutons, quand la faire rebondir pour marquer le maximum de points. Il pourrait presque le faire les yeux fermés à force d’entrainement. Alors la question qui tombe en suspens entre eux deux ne l’étonne même pas, ça le fait même sourire à bien y réfléchir et il le montre, les ébènes rivées sur le flipper à suivre cette bille virevoltée dans tous les sens et tacler comme si sa vie en dépendait dans des bruits tonitruants. « Je dirais que ça fait presque trente ans, Marius. Tu as pris la poudre d’escampette et n’est jamais revenu. Inutile de dire que je n’ai pas attendu après toi pour faire ma vie et m’envoler de mes propres ailes. ». Il sourit de plus bel, l’arrogant. Ca l’amuse de voir le vampire empli de doutes et chercher à savoir ce qu’il est advenu de son rejeton et comment il a réussi à tromper la mort. Beaucoup sont venus chercher les réponses mais jamais personne ne l’a réellement obtenue. Il serait donc le premier. Et même le seul. « Je fête mes 60 ans, dans deux ans. ». La bille virevolte, frappe et tacle. « Mon âme est parfaitement à sa place si ça peut te rassurer, et elle ne compte pas en bouger. Lourde peut-être, mais j’y suis incroyablement attaché, tu devrais le savoir mieux que personne. ». Il rit. « Et tout ça ce n’est certainement pas dû à une crème antirides, quand bien même ça aurait pu être un concept fascinant. Je devrais probablement y songer pour appuyer encore plus mes millions. Ou peut-être est-ce… Milliards. J’ai perdu le compte. ». Faux. Il sait pertinemment ce qu’il possède. Malgré l’envie qu’il a de lui révéler son plus gros secret, Gabriel s’amuse à maintenir le suspens, terminant de faire claquer la balle avec un score aussi haut que son égo, puis il se déplace sur le côté pour observer et lui laisse la place. Marius va perdre à ce jeu-là. C’est sûr. Mais il gagnerait certainement autre chose.

D’un geste des plus naturels, le sorcier attrape le verre de vin à moitié vidé entre ses doigts et y trempe ses lèvres. Après tout, c’est son vin, et l’un de ses verres, que le vampire ait bu dedans avant il en a strictement rien à faire et il le sirote doucement en observant le vieux sénile se mettre aux jeux modernes. Ca change du poker et autres jeux de cartes. Un fin sourire nait au coin de ses lèvres qui effleurent toujours le liquide carmin quand il sent sa main se refermer fermement sur son épaule. Sans doute un peu trop car ça le fait froncer les sourcils, par réflexe, quand bien même il continue de boire, et quand même il se contente de finir le verre de vin que Marius avait en mains quelques minutes auparavant. Touché. Il s’en est douté dès l’instant où le frimeur avait passé la porte de son appartement un peu trop vite. Dès lors que son visage pâle s’était bien trop rapproché du sien, au moment de laisser tomber l’écrin entre ses mains. Si le vampire l’a pris sous son aile bien des années auparavant, il a parfois tendance à oublier qu’Ethain le connait probablement tout aussi bien, car il a eu tout à loisir de l’observer et d’analyser. Qu’on ne s’y méprenne, il est loin de tout savoir, l’on ne peut résumer plus de 500 ans d’histoire en une heure ou en simples mois d’observations. Il y a donc bon nombre de choses qu’il ignore, mais certaines mimiques, certaines attitudes, ne trompent pas.

« Pourtant c’est une bouteille de grande qualité. ». Simple réflexion sur la qualité du vin, faisant mine de ne pas avoir compris l’enjeu de taille qui se joue ici. Et Gabriel le sait, il n’aimera pas ça.

S’il te plait ?

Comme s’il avait vraiment le choix.

Il prend son temps le mécréant, joue avec les nerfs et termine la dernière goutte du verre. D’un mouvement d’épaule, il se dégage de l’étreinte. Autant jouer un peu. « Tu as pris une branlée, Papy. ». Qu’il souffle d’un air distrait sans répondre à la demande du vampire. Pourtant, déjà, il est en mouvement, a déboutonné le premier bouton de sa chemise aussi noire que ses prunelles ou sa tignasse, et recule doucement en direction du canapé. Un énième sourire malicieux vient étirer ses traits tandis qu’il retire un à un les boutons, jusqu’en bas. A défaut de supporter ce qu’il va suivre, autant essayer de se mettre le plus à l’aise possible. Il est loin de savoir combien son sang peut représenter une véritable addiction pour certains de ces longues dents. Il l’ignore même complètement. Pour lui, ils sont tous les mêmes, prêts à tout faire pour obtenir l’authentique et non de la poche froide ou vulgairement réchauffée. S’il était comme eux, probablement penserait-il de la même manière, mais ce n’est pas le cas. Gabriel continue donc son manège et prend la direction du canapé sur lequel il se laisse royalement tomber.

« Je te préviens, ne tache pas mon canapé. ».

Il n’est pas en mesure de refuser. Il n’est pas en position de le faire et il le sait, alors autant s’en amuser.



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Marius Romanski



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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Mer 28 Sep - 20:58

Trouble Comes Knocking
ethain ✧ marius


I always wonder how far we could go if we could break through the ceiling above us. There'd be no point of us looking below... We could be free. Finally. ✻✻✻   Le bâtard flatteur engraisse ses mots de vérités dissimulées, la cuillère de miel enrobée ne passe que mieux au travers du gosier. Gabriel va mourir, Gabriel va mourir. Que du vent. Il ne l’entend pas, ne l’a jamais voulu. Il le sait bien, c’est mal. Mais le mal, c’est son affaire. Non, c’est plus ça, c’est une erreur. Un problème dans le système. Un battement, boum boum, dans sa tête, la psychologie qu’on en découlerait du raisonnement du sombre ! Le mauvais augure lorsqu’il s’éprend de cet amour non vivant. Gabriel, il défie les statistiques et ça le fait rire, dieu que ça le fait rire de le voir s’extasier autour de deux ou trois compliments lancés à la volée. Qu’il en soit satisfait, qu’il construise son égo, il n’en voudrait pas autrement parce qu’il est exactement comme lui. Et c’est diablement effrayant. L’insulte glisse sur les drapés de soie pour qu’elle n’a rien d’insultant si ce n’est un surnom gravé dans le temps. Vieux, il l’est certainement. Et sénile, eh bien, sans doute ne le sait-t ’on jamais.

Ethain, il râle, comme il le fait si souvent, profère ses menaces dans le vide. Éviscérer. Oh, il ne doutait pas une seconde que Gabriel, puisque le nom lui était si gentiment accordé, non pas qu’il n’y ait eu la moindre trace de soupçon, soit tout à fait capable des pires atrocités, mais fort heureusement il ne possédait pas encore la capacité de l’omniscience. Il lui restait quelques âmes à vendre avant d’obtenir celle-là. Non, décidément, il gardera ces petits protégés loin de Paris pour quelques temps, disons jusqu’à ce que son Gabriel chéri soit bon à être envoyé à l’hospice. Léger frisson lorsqu’il enfile la bague, il pourrait bien l’y envoyer lui-même là-bas, l’inconscient. Trop tenace, le gosse finit par en ressortir, visiblement ébranlé, assassinant la faiblesse passagère.

Un pas sur le côté, trop poli, Marius lui laisse champ libre à son jouet préféré. Il se prêtera à ses jeux de suspicion, s’il le souhaite, mais qu’il ne s’attende pas à ce qu’il soit aimable. Il est fatigué des reproches constantes, monsieur est étourdi voilà tout, le temps passe si vite, vous savez. Ne pouvait-il pas rendre visite à celui qu’il a élevé de la meilleure façon qu’il connaisse et aimer autant qu’un cœur desséché le peut sans arrière-pensées ? Comme si c’était sa faute s’il s’avérait qu’il possédait un nectar extrême au creux de son cou. Une ambroisie que le vampire s’était bien défendu de révéler, il ne connaissait que trop bien l’obsession du garçon pour la magie et jusqu’où son insensé pourrait aller pour obtenir son dû. Il ne souhaitait en aucun cas lui offrir un autre fruit défendu à agiter sous le nez de ses acheteurs. Tout vampire ne savait pas se contrôler, foutre dieu, presqu’aucun. Si une longue-dent devait vider la carcasse de chaque goutte vermeille, ces deux canines-là seront les seuls à le faire.
Quoiqu’il en soit, son rejeton clamait posséder la fontaine de jouvence sans n’avoir eu recours à aucune pratique vampiresque, et ce entre-deux reproches. Ses propres ailes. Ange vengeur. « Pourquoi serais-je resté ? Tu n’avais plus besoin de moi. » Sons vide. Du vent qui s’échappe de ses lippes, les explications ne viendront pas, n’existent peut-être même pas. Trente ans d’absence, trente ans de silence, gouffre béant. Appuyé sur la machine d’un coude, il observe la balle qui s’envole pendant que son môme étale sa richesse que Marius égale sans problème, bien qu’il ait parfois énormément de problèmes à se souvenir où se trouvent chaque penny. Francs. Dollar ? Détail humain. « Eh ben, je ne suis pas peu fier de t’avoir inspiré cet attachement à ton âme. Peut-être devrais-je commencer une campagne plus large. » Il écarte les mains d’une façon artistique. « Dites non au vampirisme, oui à la vie. » Sourire moqueur de l'imbécile qui se croit drôle. « Mais ça ne répond que très partiellement à ma curiosité. » Il veut en savoir plus, et il lui tirera bien les vers du nez, dusse-t-il aller les chercher avec une tenaille. Il lui dissimulait quelque chose, et Marius n’aimait absolument pas cela. Le paranoïaque se réveillait lentement, entrevoyant la manipulation, les secrets, les conséquences de son absence et finalement, la faiblesse béante qu’il se laissait avoir en tenant Gabriel ainsi.

C’est son tour de jouer. Son tour de se délecter. Vole la balle, et ricoche dans les bruits de géhenne. Les esgourdes goutent au vin arraché, le carmin qui s’écoule, liquide tentateur et les mains qui pressent plus fort encore la machine. Marius ne prend pas la peine de vérifier son score, affreusement plus bas que celui du scorpion mais le vampire se fichait bien de ce que des clignotants verts et rouges disaient sur lui, et s’élança sur Gabriel. Le prédateur brûle dans sa rétine, dans sa démarche, dans ses canines déjà sorties. La question fuse par habitude, non, par politesse. Le voyage a été long, la perspective de ce dessert longuement réfléchie est intenable, il n’y pas de choix possible. Il le titille, l’affreux, profite de sa position pourtant précaire. Le sourire ne fait que s’agrandir alors que sa patience fond au soleil, ou à la lune. « Pourtant c’est une bouteille de grande qualité. » « J’en connais une meilleure. » L'impétueux joue avec ces nerfs, fini son verre jusqu’à la dernière goutte tandis que Marius s’enivre de la suave mélodie de son pouls. « Tu as pris une branlée, Papy. » Le visage marbré se module, les traits animaux se profilent sous la trompeuse ossature humaine « Crois-tu, gamin ? » Il ne perd jamais, pas aux jeux qui importent vraiment. Pas alors que son humain préféré lui offre son show. Détache un par un les gardiens qui le sépare de sa peau. Il sait qu’il a horreur de ça, il l’entend, mais il s’en soucie peu, pas maintenant. Rien ne compte plus que la perspective qui va suivre. Damnation, il est un monstre, n’est-ce pas ? Il ne le lâche pas d’une semelle, plongeant ses opales dans les siennes comme on traque sa proie.

« Je te préviens, ne tache pas mon canapé. » Éclat de rire cristallin. La griffe caresse la joue, glisse jusqu’à la nuque tant voulu. « Je n’oserai pas ». Susurre-t-il. Voilà, maintenant que c’est à portée de main, c’est lui qui repousse la fatalité. Ne joue pas avec ta nourriture, qu’il s’entend rappeler. Oh, si seulement c’était si simple. Si seulement la nourriture, le jeu, l’attention pouvait se séparer sagement. « Tâche de rêver, mon ange. » Murmure le diable. Et les crocs se dévoilent, et la bête enlace amoureusement, penchant légèrement la tête pour se frayer un passage, la laissant se reposer sur son bras. Les aiguilles pénètrent la chair, trouvent la sève rouge et s’enflamment, oublient presque le vaisseau dans la hâte d’en avoir plus, toujours plus. Explosion papillaire. Le dracula est triomphant.



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MessageSujet: Re: Trouble comes knocking ✧ Ethain   Sam 1 Oct - 14:28



Feast for Crows

FT. MARIUS ROMANSKI



« Hey, Papy. ». Il murmure, comme pour s’assurer qu’il comprenne bien et accorde de l’importance à ce qu’il va dire. « Si tu essaies de me remplacer, je le saurai. ». Un sourire étire ses traits avant qu’il n’enfile la fameuse bague. Il se pourrait bien que le vampire ait attisé les flammes d’une certaine paranoïa, ou disons simplement que ça ferait chier le sorcier. Pour être poli, oui, ça le ferait véritablement chier si tel était le cas. Il a beau l’avoir accueilli avec ses airs boudeurs et agacé, il n’en demeure pas moins que le faux rejeton a un égo à conserver, et qu’il veut être le meilleur aux yeux du vieux. Devenir irremplaçable et marquer son souvenir dans sa mémoire au fer rouge couleur de sang.

L’expérience de la bague a été aussi saisissante qu’inquiétante, mais Gabriel est satisfait de son jouet et c’est dans un vulgaire geste de la main qu’il fait disparaître le nouveau pour venir s’attarder sur un bien plus ancien mais qui a énormément de valeur à ses yeux. Ce dernier fait des bips incessants mais ce sont les plus jolis sons entendus, après ceux d’une femme en plein émoi. Expérimenté, le sorcier a la chemise sombre fait rebondir la balle de métal en tous sens, marquant des points à n’en plus finir, sachant pertinemment comment faire pour en obtenir au maximum. A force d’entrainement il ne peut en être autrement, voilà pourquoi il sait que Marius va perdre à ce petit jeu, quand bien même il tente de percer à jour un secret dont il a peur. Ethain le sait, qu’en gardant ainsi des choses sous silence il attise lui aussi une forme de crainte, même s’il ne peut qu’être loin du compte vis-à-vis de tout ce qui peut bien passer dans la tête du mort-vivant. Trente ans qu’il est parti, et il s’en est passé des choses pour son amoureux transi de la magie. Sait-il seulement qu’il a été marié ? A bien y réfléchir, non, il ne croit pas, et c’est également quelque chose qu’il s’efforce de taire pour le moment, trop occupé à se concentrer sur la bille de métal qui roule et se cogne sans relâche. Le vampire ne lui donnera pas d’explications et il le sait, pire encore, il n’en attend pas vraiment de sa part. Au fond ce qui est fait est fait, et ça ne l’a pas empêché d’évoluer. Il était simplement évident que tôt ou tard le vieux viendrait à nouveau frapper à sa porte, juste pour s’assurer que sa réserve personnelle était toujours là. Ce qu’il n’avait pas prédit en revanche, c’est qu’il ne frapperait pas… Mais sonnerait. Comme quoi, les miracles existent. En le voyant écarter les mains de façon théâtrale, Gabriel ne peut que relever ses ébènes vers lui et sourire de plus bel en entendant son slogan. C’est qu’il est tout de même drôle, le bougre, ou plutôt ça amuse clairement son rejeton magique qui penche la tête sur le côté en analysant la phrase. « Ca sonne plutôt pas mal. ». Nouvel hochement de tête tandis que le sourire en coin s’agrandit à la suite des paroles vampiriques. Partiellement. « Pour en savoir plus il te faudra venir chercher les informations, et quelque chose me dit que ce n’est pas ta priorité ce soir. ». Faire durer le suspense et jouer, il adore ça.

Les doigts serrent son épaule avec une force qui n’appartient qu’à lui, message subliminal que le sorcier comprend sans avoir besoin de sourciller, alors que, sagement décalé de côté il avait laissé la place à son mort préféré. Le verre de vin entre ses mains, le morveux prend son temps et semble faire la sourde oreille bien que les mots éclatent jusqu’à ces dernières. Il sait ce qu’il veut et sait également qu’il n’a d’autre choix que de se prêter au jeu. Donnant-donnant. Il en a toujours été ainsi. Malheureusement pour Marius, son ange est d’humeur joueuse ce soir, telle une sorte de ridicule petite vengeance afin de lui faire comprendre que son absence a tout de même été désagréable. Vexé, il l’est, mais Diable qu’il ne pouvait décemment lui résister bien longtemps. Le vampire ne voudrait probablement pas savoir ce qui trotte également dans sa tête de mage noir. Les éclats de noirceur tournoient dans ses prunelles qui ne cessent de scruter tantôt les canines, tantôt les traits prédateurs de son invité, puisqu’il fallait maintenant l’appeler ainsi. Le sourire en coin qu’il arbore s’agrandit lorsque le verre de vin est finalement reposé sur la table en verre du salon. D’un geste, il se détache de l’étreinte et commence son petit manège. Le vieux a horreur de ça, il ne le sait que trop bien, c’est probablement pour ça qu’il le fait. Ange provocateur. « Que de compliments que tu me fais là, ce soir. Que diable t’est-il arrivé en trente ans ? ». Le sourire ne fait que s’agrandir, dévoilant ses dents blanches au passage et répondant à celui du fauve en chasse. Gabriel s’éloigne lentement à reculons, retirant bouton après bouton de sa chemise d’un noir de jais venant rappeler la couleur de ses cheveux et de ses deux billes qui ne cessent de scruter chaque attitude du vampire en face de lui. Un constat est lancé dans les airs, celui de la branlée qu’il lui a mis au flipper, en disent long les scores affichés sur la machine dont les bips ne s’arrêtent jamais mais ne le perturbent plus depuis des années.

Gamin. Autant qu’il déteste ce surnom, il ne peut s’empêcher de sourire davantage au jeu qu’ils semblent tous deux mener. Marius a déjà gagné et il le sait obligatoirement, son protégé n’a jamais vraiment été du genre à le lui refuser, quand bien même il déteste ça. Le prédateur le toise sans relâche et le sorcier lui rend la pareille, plongeant ses éclats noirs dans les siens et arrivant finalement au niveau du canapé de cuir blanc. Nonchalamment, Ethain le contourne, laisse glisser définitivement sa chemise et se laisse tomber comme un prince. Il est bien décidé à s’amuser mais précise tout de même une règle des plus importantes, ne pas tacher son canapé. Un doigt fin effleure sa joue sans que le sorcier ne le quitte du regard avec ce sourire sournois en coin qui ne semble plus se dépeindre de son visage. Il le laisse glisser jusqu’à sa nuque sans même sourciller, le défiant presque de faire plus. Silencieux, Gabriel laisse les murmures venir perturber l’atmosphère électrique qui les entoure et accepte finalement de détourner les yeux. Il ne voudrait pas avoir à lui rappeler combien il peut être moche dans ces moments-là.

Habitué à le laisser faire, cette fois-ci n’échappe pas à la règle et il prend ses aises, sachant pertinemment comment ça va finir. Sagement calé dans le canapé, ses prunelles noires s’égarent sur la vue de la Tour Eiffel et à bien y songer il reprendrait bien un verre de vin. Les aiguilles, non sans être plus larges qu’une véritable, violent alors sa chaire et une fine grimace déforme ses traits le temps de courtes secondes. Il n’en faut pas plus à son liquide carmin pour se sentir happé hors de la chaleur de ce corps parfaitement vivant. C’est une sensation désagréable qu’il n’a jamais apprécié et qu’il a fini par oublier pendant toutes ces années. Malgré tout, Gabriel réussi à faire disparaître la contrariété de ses traits et il récupère un sourire provocateur que Marius ne peut pas voir, fait glisser sa main libre jusqu’à la nuque du vampire qu’il effleure du bout des doigts avant de les faire venir se perdre dans la tignasse indomptée comme s’il était le plus fervent des amants. « Toujours de toi, tu le sais bien. ». Murmure à peine voilé pour répondre à ses mots précédents sur le même ton tendancieux. Jeu dangereux et volonté malsaine.

Le liquide vital continue de s’évaporer de ses veines et l’ange sulfureux en sent déjà les effets. Il n’y va jamais de main morte et c’est lorsqu’il le sent devenir un peu trop entreprenant que les doigts glissés entre ses mèches les tirent avec plus de force, comme s’il ne voulait plus que les lui arracher. Il grogne le sorcier, sourcils légèrement froncés mais l’once de défi ne quittant jamais ses pupilles. Il sait affronter le regard de la bête assoiffée, il l’a déjà fait par le passé, même très jeune, et pas une fois il n’a laissé un soupçon de terreur s’égarer dans ses prunelles. Pas une fois, et aujourd’hui n’allait pas être la première. Pourtant il sait qu’il risque gros en venant ainsi chercher à contrarier le prédateur qui en redemande, mais il le prend, ce risque, tire de plus belle sur les mèches pour récupérer son bras dont le sang s’écoule et menace de venir tacher ce précieux canapé. Plusieurs fois d’affilées, Gabriel détend ses doigts et les replie, comme pour s’assurer qu’ils fonctionnent encore, puis il se redresse et s’écarte, laisse de la place derrière lui car ses paupières se font déjà lourdes et il sait qu’il ne tardera pas à trouver l’obscurité. Pour l’heure il lâche la tignasse sans quitter la bête des yeux, lui offre un fin sourire, s’installe le plus confortablement possible, comme s’il allait s’allonger de tout son long sur le canapé mais seule la place derrière lui demeure avant qu’il ne daigne définitivement s’affaler. Alors seulement Gabriel penche la tête sur le côté et lui offre la vue de sa nuque mise à nue, si le cœur lui en dit. Après tout, ici ou ailleurs, il s’en fiche, mais ce bras-là c’est fini pour aujourd’hui.


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