† "Patience you must have, my young Padawan."
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Ex-Adrastée d'Acanthe



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MessageSujet: † "Patience you must have, my young Padawan."   Ven 24 Juin - 4:03

"Patience you must have, my young Padawan."
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Je sais pas ce que je fais devant cette porte. En costard-cravate comme un pingouin. En fait, si, je le sais, mais c’est tellement tordu et stupide que même moi j’hésite à poursuivre ma démarche. Pourtant, après une hésitation qui ne dure qu’une poignée de secondes, je morphe et je pousse le bouton de la sonnerie. Entrer dans l’immeuble de luxe n’était pas la partie la plus difficile, celle de se procurer un costume convenable non plus. Par contre, sentir son corps se ratatiner, vieillir, ça c’était plus difficile à vivre déjà. Lorsque la porte s’ouvre sur un séduisant trentenaire, je sais que mes informations étaient fiables. D’une voix grave, rendue presque chevrotante avec les années, je le salue et lui demande si « monsieur » a besoin de quelque chose. Après avoir fouillé l’océan de rumeurs à propos d’Ethain Walshe, j’ai fait du repérage pendant quelques semaines afin de déterminer ses habitudes. Et ce vieil homme, toujours bien sapé, se présente régulièrement pour prendre de ses nouvelles. Il semble être son majordome, ou son homme à tout faire. Ce sont ses traits que j’ai décidé d’emprunter pour faire ma grande entrée – je sais ce que vous vous dites, pas très sexy par rapport à mes choix habituels – mais je ne tente pas d’appâter le sorcier. Pas avec mon corps tout du moins.

Courbant légèrement l’échine devant l’homme, je l’écoute énumérer ses exigences en pénétrant à sa suite dans l’immense appartement à dominance blanche. J’envie la décoration, c’est la quintessence de ce que je ne pourrais jamais m’offrir. A moins de me faire entretenir. L’idée m’effleure et je la garde dans un coin de mon esprit : ça pourrait être intéressant, si je trouvais le bon pigeon. Ethain disparaît dans le salon, me laissant avec mes ordres ; je reste un instant en arrière, ne sachant pas très bien si je dois me dévoiler dans l’instant ou faire durer la mascarade un peu plus longtemps. Le risque dans ce deuxième choix serait qu’il me perce à jour. Et qu’il me le fasse douloureusement payer. Vu que me mettre le sorcier à dos est tout, sauf ce que je souhaite, je préfère laisser la réalité reprendre ses droits pendant qu’il n’est plus en vue.

Suite à quoi je le rejoins, dénouant le chignon strict et cette foutue cravate. Je suis plus à l’aise en robe.

« On garde ses sortilèges dans sa bouche et ses vilains démons dans le placard, je ne suis pas venue pour vous porter préjudice Ethain Walshe. »

On a déjà fait plus délicat et plus grandiose aussi. Mais je n’ai vraiment pas envie de me faire suspendre par les pieds en mode cochon pendu par un sort parti trop vite. On ne plaisante pas avec les sorciers. Surtout ceux qui peuvent trouver une faille à la mortalité et la vieillesse. Les bras légèrement écartés du corps, paumes en avant, je m’avance pour faire face à l’homme. La surprise que je perçois sur son visage m’arrache toutefois un sourire ravi. C’est toujours pareil. Et j’aime ça.

« Adrastée d’Acanthe. Je me disais que cette petite démonstration serait plus percutante qu’une demande de rendez-vous. J’aurais besoin de vos services particuliers… ou plus précisément, j’aimerais savoir une chose vous concernant. » Autant jouer franc-jeu le plus rapidement possible, poser cartes sur table avant qu’il ne décide que la comédie avait assez duré. « Votre immortalité, elle est réelle ? Que faudrait-il que je fasse pour obtenir la même immunité ? » Je sais que le costume que je porte ne me met pas vraiment en valeur, mais ça ne m’empêche pas de faire un pas supplémentaire vers lui en relevant le menton. « Comme vous avez pu le constater, je suis très… polyvalente. »

C’est une façon de le dire.
Je le fixe, le dévisage, le scrute. J’espère que ma mise en scène l’a titillé suffisamment pour qu’il considère l’option de m’écouter jusqu’à la fin. L’idée qu’il ait acquit cette « cure de Jouvence » par le biais d’un pacte ne m’effleure pas – cela faisait toutefois partie des rumeurs le concernant. J’ai préféré me fier à celles qui lui imputaient des connaissances particulières en chimie et en sortilèges noirs. On voit l’intérêt où l’on a besoin de lui, après tout. Et tandis que je l’observe, j’aperçois derrière lui un gigantesque tableau à l’effigie de Dark Vador. Un fan ? Coup d’œil circulaire. D’autres références me sautent aux yeux. Un fanatique, oui.

« Je marque des points si je vous dis que je peux prendre l’apparence de la princesse Leia ? »
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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Ven 24 Juin - 21:56



Dirty little dark secret

FT. ADRASTEE D'ACANTHE






Vivante. Elle est vivante, la tour Eiffel, avec son champ de mars et ses touristes coutumiers qui ne se lassent jamais de l’admirer par-dessous. Bandes de pervers assoiffés. Elle semble si près mais pourtant si loin de la vue de son grand balcon. La nuit commence à tomber, laissant la dame de fer complètement éclairée malgré les nuages gris qui n’ont daigné se dissiper de la journée. Au fond il n’en a cure, le sorcier, assis sur sa chaise transparente, un coude apposé sur la grande table de verre du salon. Nul besoin de bureau ici lorsque l’on dispose de tout cet espace rien que pour soi et de cette vue imprenable sur la grande illuminée. Il ignore que derrière sa porte une surprise pas comme les autres l’attend. Il ignore, concentré sur le script de ce film d’horreur qu’il produit, repassant au peigne fin tous les détails et attendant son cher homme à tout faire pour donner les directives du lendemain matin, que ce faux dernier se tient bien droit derrière la barrière toute aussi blanche que le reste et arborant un superbe 007 tout d’or plaqué. Non pas qu’il soit un fanatique de l’or, bien au contraire il préfère de loin la couleur argentée, il n’aime voir de dorure qu’au cou d’une jolie femme. Le jour de son choix il n’a choisi ses chiffres que par pure envie d’emmerder le monde et d’éclater un peu plus sa fortune aux yeux de la populace qui oserait s’aventurer ici. Et en parlant de populace, il entend la sonnette retentir jusqu’à ses oreilles. Il faudra bientôt qu’il installe un système d’ouverture ou de surveillance, après tout ce serait plus simple… Pensant pertinemment qu’il s’agissait de son groom étant donné l’heure assez tardive, Ethain accepte finalement de se lever de sa chaise et vient ouvrir la porte, peu étonné de voir la silhouette légèrement décrépie de l’homme en costume. Lui il a laissé tomber la veste depuis un moment, se contentant de remonter les manches de sa chemise noire jusqu’aux coudes, gardant tout de même le reste de sa tenue du jour, soit, pantalon noir droit et ceinture toute aussi noire que le reste. Seule la boucle se veut argentée.

« Ah, Jarvis, vous tombez à pic ! ». Faux, mais bon, plus vite c’est craché, plus vite c’est fait, plus vite il se tire. Le vieux bougre ne chigne jamais devant le superbe surnom qu’Ethain lui a attribué. Ca lui donne un petit côté Stark qu’il apprécie plutôt bien. En fait, à bien y réfléchir, le sorcier doit probablement être un fétichiste des armures futuristes, quand bien même il ne voudrait finir dans la combi de Dark Vador pour rien au monde. Il… Ne veut pas finir en mode « tête d’œuf cramée ». A peine il laisse son faux majordome rentrer dans l’appartement qu’il lui tourne déjà le dos et parle en marchant en direction du salon que l’on aperçoit droit devant eux, légèrement caché par une sorte de paroi vitrée. « Il faut prendre contact avec les scénaristes, j’aimerais changer un détail dans le script du film d’horreur. Et par pitié, trouvez-moi Jefferson, j’ai absolument besoin de Jefferson. Je n’étais pas sérieux quand je lui ai dit d’aller jusqu’à Tombouctou pour trouver le sosie parfait de Patrick Swayze. Il me prend toujours aux mots cet idiot. ». A ses paroles, Ethain se pince l’arête du nez et soupire avant de lever les yeux au ciel, tournant toujours le dos à celui qu’il surnomme Jarvis. « Il faudra emmener ma voiture à la laverie automatique aussi. Pour le reste, je me débrouillerai. Corbeille de fruits et tutti quanti comme d’habitude Jarvis. Sur ce, vous saurez trouver la porte n’est-ce pas ? ». Et c’est comme ça qu’il le congédie, retournant déjà vers la table de son salon, sa silhouette disparaissant derrière ladite paroi vitrée que l’on aperçoit depuis le couloir de l’entrée où s’étale une rangée de paires de chaussures en cuir lustrées et impeccable. Entre certaines d’entre elles, quelques paires de Nike air max one et Stan Smith pour les journées détentes.

En réalité, ce cher Jarvis se prénomme Bernard, un bien brave homme qui ne se préoccupe pas de savoir s’il aura un merci ou non pour s’être déplacé. Il connait les habitudes du sorcier depuis quelques années maintenant. Loin de se pavaner, Ethain est déjà prêt à s’asseoir quand la silhouette féminine vêtue d’un costume apparaît dans son champ de vision. Il ne lui en faut pas plus pour se figer et la scruter d’un drôle d’air, de haut en bas, puis de bas en haut. A en juger par le baratin qu’elle vient de lui sortir, elle s’est renseignée sur lui. Tiens. Intéressant, mais il n’y a pas égalité là. Stoppé dans son geste, Ethain plisse les yeux et glisse lentement ses mains dans les poches. Pas de sortilèges, d’accord. Il se met à lui sourire, narquois et horriblement silencieux. En réalité, il fulmine intérieurement, ce n’est pas la première fois qu’on s’introduit chez lui, c’est déjà la deuxième, et autant dire que… Ca hérisse un tantinet ses poils. Toutefois sage, le sorcier la laisse s’avancer et ne la quitte plus des yeux. Qui es-tu, et à quoi es-tu venue jouer au juste ?

J’aurais besoin de vos services particuliers…. Oh. Diantre. « Besoin » et « vos services » ça fait rarement bon ménage dans l’esprit d’Ethain qui n’aime clairement pas être à la botte de qui que ce soit. Mauvais souvenirs. Mauvais bouton. Mauvaise pioche, Mademoiselle D’Acanthe. Elle se rattrape alors comme elle peut, ayant sans doute senti ce regard légèrement noirci qui se met à reposer sur sa silhouette longiligne. Dans la foulée, Adrastée la pose sa question, pas de temps à perdre apparemment. Pressée de surcroit, ça se sent. Le sorcier le sent et ça l’amuse. En silence il laisse s’échapper les mains des poches de son pantalon de costume. Ils sont presque à égalité vestimentaire. Presque. Il lui offre un nouveau sourire en coin mais ne pipe toujours mot, la laissant aller jusqu’au bout de sa franchise. Maintenant que tu es lancée, vas-y. Il l’écoute, impassible et irrémédiablement sage, il ne compte pas l’attaquer, au contraire, sa recherche est une aubaine pour laquelle il aurait très bien pu se damner. Qui plus est… Une métamorphe. Il n’y a rien de plus intéressant, et Ethain sent que sa soirée va être bien moins monotone que prévue. Il ne bouge pas mais elle se rapproche, ne joue-t-elle donc pas avec le feu cette menthe religieuse ? A n’en pas douter, les traits défraichis de Jarvis ne lui convenaient pas du tout. Le menton féminin se lève vers le haut, elle a une haute estime d’elle-même ou elle sait bien cacher son jeu. C’est quelque chose qu’il apprécie et au fond il se laisse gentiment prendre au jeu, de façade seulement. Alors il lève la tête lui-aussi et se met à la prendre de haut, bras soudainement croisé dans le dos, la dévisageant tandis qu’elle observe autour d’elle et finit par faire la référence.

La remarque le fait rire, un franc rire quand il ramène sa main droite à l’avant en même temps qu’il fait apparaître une carte d’identité dans un nuage de poussière. Il la lui tend, et se penche jusqu’à son oreille. « Sommes-nous en train de jouer à un jeu ? Je ne crois pas. ». Sur sa carte est indiquée sa date de naissance : 22 juillet 1932. Ethain répond ainsi à sa première question concernant sa pseudo « immortalité ». Il recule de deux pas et la contourne pour venir près de l’un de ses canapés en cuir. « Pourquoi devrais-je donc vous aider Mademoiselle D’Acanthe alors que vous vous incrustez chez moi sans m’avoir demandé la permission ? ». Il sourit, malicieux. « Avec une polyvalence pareille ma chère, il suffisait de frapper à la porte et de vous présenter telle que vous êtes. ». Il claque des doigts et la carte d’identité qui se trouvait dans les mains de la jeune femme disparait, lui prouvant ainsi qu’il n’a nul besoin de prononcer des mots pour lancer un sort. Ca ne marche pas avec tous les sorts, bien sûr, mais ça elle n’est pas censée le savoir. D’un signe de la main, le sorcier l’invite à venir s’asseoir, elle a le choix, vue sur la télévision ou sur la tour Eiffel illuminée. Ce n’est que lorsqu’elle est installée qu’il vient poser son divin fessier à ses côtés, à bonne distance tout de même. « L’immortalité n’est pas gratuite. Qui plus est, si je peux vous donner une info bonus en guise d’amuse-gueule, vous avez de la chance que je sois de bonne humeur… C’est que je ne suis pas immortel. Je ne fais que vieillir lentement. Beaucoup plus lentement. Et ça, ma chère, comme je le disais. Ce n’est pas gratuit, du moins pour vous. ». Il cache la vérité, cherche d’abord à la cerner, car il est hors de question qu’il se fasse berner. « Il va me falloir une bonne raison si vous souhaitez obtenir quoi que ce soit qui vienne de ma part. ».

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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Ven 22 Juil - 9:30

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Le silence auquel je fais face ne m’empêche pas de déballer tout mon sac face au sorcier. Par contre, son regard trop sombre et son sourire moqueur, eux, me donnent l’impression d’avoir sauté à pieds joints dans la gueule du loup. Un loup fort charmant, certes, mais aussi létal. Je termine finalement de dénouer la cravate, m’en débarrassant complètement en terminant ma diatribe, osant faire cette référence qui provoque subitement un éclat de rire chez le mage noir. Je ne baisse pas ma garde pour autant, ça serait con de se faire avoir aussi facilement ; il change de position, croisant ses mains derrière son dos, s’avançant vers moi. La manière dont il me toise m’est familière, seulement je n’arrive pas à me souvenir de la première fois que j’ai ressenti ça. Malgré mon malaise, j’affiche un visage impassible, tout juste empreint d’un soupçon sarcastique au bout des lèvres. Distraitement, j’enroule la cravate autour de ma main gauche. Sa remarque m’arrache un haussement d’épaules nonchalant.

« Je pense que si. La vie serait bien ennuyante sans ça. » Saisissant la carte du bout des doigts, je l’examine pendant qu’il me contourne. Si cette date est vraie, je me tiens face à un presque sexagénaire remarquablement bien conservé. Je fais tourner la carte, une partie de mon esprit se demandant comment est-ce qu’elle a bien pu surgir du néant, l’autre se focalisant sur les paroles d’Ethain. Un rire léger s’échappe d’entre mes lèvres : « Croyez-moi, la plupart des gens n’aiment pas voir une métamorphe à leur porte. Et même si vous n’êtes pas la plupart des gens, j’ai préféré m’assurer une entrée suffisamment intéressante pour bénéficier d’une entrevue. » D’un claquement de doigts autoritaire, il fit disparaître l’objet de mes mains, m’incitant ensuite à prendre place. Ai-je déjà mentionné que je n’aime pas la magie ? J’ai l’impression qu’il pourrait tout aussi bien me faire disparaître d’un claquement de doigts. Pourtant, après un court instant, je m’avance. « Et apparemment, ça a le mérite de marcher. »

Menton relevé, catin attitude. J’opte pour la vue sur la Tour Eiffel, parce que le panorama est tout simplement sublime d’ici. Avec un soupir nullement exagéré, je dévore la scène du regard. Je pourrais presque m’y habituer. C’est à peine si je remarque la distance qu’Ethain impose, mais ses mots me parviennent aisément. On y vient enfin. Le cœur de tout échange : le marchandage. Croisant les jambes, je glisse un bras sur le dossier du canapé pour m’y appuyer, détournant finalement les yeux de la Dame de Fer pour le scruter.

« J’ai tendance à rendre les hommes de bonne humeur, j’imagine qu’en dépit de votre âge avancé, la mécanique fonctionne toujours aussi bien. » Hors de propos, certes, mais amusant à relever – tout du moins pour moi. Adra, tu ferais mieux de la fermer. « Quant à cette bonne raison… N’ai-je pas prouvé que j’étais capable de provoquer ma chance ? » Culottée. Y’a des moments, je m’inquiète pour ma propre survie. Un jour, quelqu’un va en avoir assez et me balancer du haut de la Tour Eiffel. « C’est un secret pour lequel des hommes et des femmes seraient prêts à tuer, et pour lequel ils l’ont sûrement fait à travers les siècles. Mais vous le possédez, Ethain, et cela fait probablement de vous l’une des personnes les plus intéressantes de Paris. Donc… » Je me penche légèrement, amenuisant la distance soigneusement imposée par le sorcier. « Je vais vous proposer quelque chose qui saura vous convaincre. » Un sourire suave s’étend lentement. « Moi. Je peux vous obtenir la moindre chose que vous désirez. Nommez-la, et elle sera vôtre. »

Quand bien même je lui rends une œillade complice, avec cette pointe de fièvre scandaleuse qui me définit, je ne me sens vraiment pas à l’aise. Je déteste être au service d’autres, même pour quelque chose d’aussi sacré que la jeunesse presque éternelle. Seulement, le lot est trop beau pour être ignoré. Ma propre vanité me perdra… à moins que je ne la perde avant, au profit de mon égo. Faut pas déconner : je tiens à la vie plus qu'à l'illusion d'une jeunesse factice. Et puis je me méfie. Un magicien a toujours des tours dans ses manches.
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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Sam 23 Juil - 18:12



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Le silence. Cette chose parfois si rare et pourtant si précieuse. L’un de ses meilleurs alliés. L’un de ceux qui ne le décevra jamais. Avec amusement, il en use et en abuse du silence qui s’installe et qui pèse, du silence qui s’insinue dans les murs et jusque dans la baie vitrée, résonne  jusqu’au tréfonds de leurs âmes ensorcelées. Il est comme ça, le sorcier, un grand enfant qui s’amuse d’un rien, aussi froid et imprévisible que son sourire qui s’étire sur ses traits lorsqu’elle s’est révélée à lui. Gente dame qui donnerait tout pour garder cette fleur de beauté intact. Pourquoi diable en as-tu donc tant besoin, Adrastée ? Il ne cesse de s’interroger et joue au gentleman parfaitement bien dressé, là où à l’intérieur il rumine que dans sa propriété privée elle se soit incrustée. Maudite fleur des ruelles de Paris, prends garde à ne pas te brûler les ailes en volant trop près du soleil. La carte d’identité apparaît entre ses doigts et il la laisse se l’approprier. Presque sexagénaire, c’est véridique, sans doute faudra-il qu’il prépare une grande fête à cette occasion, sans mentionner la raison du pourquoi et du comment. Presque soixante ans qu’il foule ces terres et il en a connu bien des choses. Il est passé de la misère à la richesse à outrance, Diable il n’échangerait cela pour rien au monde. Que la jeune femme choisisse la vue sur la Tour Eiffel ne le surprend pas, tout en elle pue l’envie et l’avarice. Elle aime l’argent et ça se sent. Pourtant elle ne vient pas ici réclamer de somptueux billets, non. Elle réclame quelque chose de bien plus précieux, quelque chose qu’il n’a pas mais qu’on lui a donnée.

Elle continue de jouer avec le feu, la prostituée et Ethain commence à bien l’apprécier. Il aime sa répartie mais il sait aussi tout ce qu’un pouvoir comme le sien pourrait lui apporter. Un nouveau sourire de parfait enjôleur se dessine à son visage et il penche bientôt la tête sur le côté en dépoussiérant le dossier de l’un de ses deux canapés. Il n’y a bien entendu aucune poussière, il ne s’agit là que d’un geste déplacé pour montrer qu’il n’est nullement perturbé, ou même impressionné. « On ne vous a jamais dit que l’arrogance est un vilain défaut lorsque cette dernière s’échappe de la bouche d’une femme ? Fut-un temps, on vous aurait lapidé pour pareille répartie. ». Le sorcier laisse échapper un petit rire, très léger, avant de reposer ses ébènes sur elle. « Mais vous voilà chanceuse, comme vous l’avez si bien dit, je ne suis pas la plupart des gens. ». Et il insiste sur le pas pendant qu’elle prend ses aises face à la dame de Fer. Rapidement rejoint par ses soins, Adrastée vient croiser une jambe et s’installer un peu plus confortablement dans ledit canapé avant de le scruter d’un air tout aussi impassible que le sien. Elle a du cran il doit bien l’admettre et l’avouer. De son côté, Ethain lance les hostilités et met ses conditions cartes sur table, il ne sait pas ce qu’elle pourrait lui apporter mais elle doit absolument lui trouver une bonne raison de l’aider après avoir emprunté l’image de Bernard pour pénétrer ici. Dans son repère. Son jardin secret. L’arrogance de la brune le fait toutefois rire à nouveau, un franc rire cette fois-ci tandis qu’il la regarde d’un air empli de malice. « Ne vous inquiétez donc pas pour ça, croyez-moi. ». Il la dévisage avec insistance le sorcier, use de son pouvoir puisqu’ici, en ces lieux, il en est le maître. « Vous avez vu ce que je peux faire en un claquement de doigts, ne me cherchez pas trop où vous pourriez bien risquer de vous retrouver sans cette tenue bien trop masculine pour une jeune femme aussi… Charmante. Quoi que ce n’est peut-être pas le bon mot. ». Il fait mine de réfléchir un instant puis reprend. « Non. Utile. Le bon mot c’est… Utile. Très finement apprêtée et si souvent empruntée. ». Oui, il fait belle et bien référence à son métier qu’il a très clairement deviné, et s’il le voulait, il serait capable de claquer des doigts et elle de voir s’envoler son superbe déguisement. Ce serait une vue qui pourrait ne pas lui déplaire après tout, mais comme ils entrent dans le vif du sujet quant à la raison qui pourrait lui permettre d’obtenir ce qu’elle veut, Ethain ne joue pas au bon diablotin et reste sagement assis contre le dossier de son canapé tout de noir vêtu.

En silence, il écoute chacun de ses mots et chacune de ses tentatives. Elle flatte son égo avec l’aisance d’un serpent venimeux. Elle flatte son égo autant qu’elle pèse ses mots tel un animal qui fait la parade pour faire croire qu’il n’a pas peur. Dans son for intérieur, Ethain sait qu’elle a la trouille, c’est ce qu’il a tendance à inspirer, chose qui a fini par ne plus le choquer avec les années, au fond c’est ce qu’il a toujours cherché. Faire peur. Faire naître la crainte juste assez pour que plus personne n’en vienne à l’utiliser. Depuis lors, ça a toujours marché. Et il la laisse se pencher pour briser la distance, murmurer de sa voix des plus sensuelles tous les mots qu’il veut entendre, ou est supposé vouloir entendre. Lorsqu’elle a terminé et que leurs prunelles ne cessent d’être figées, le sorcier se met à nouveau à lui sourire, narquois, et moqueur. Puis, il pince les lèvres et se met à son niveau, venant pour ainsi dire jusqu’à murmurer à son oreille. Il y a dans son regard quelque chose de noir, une obscurité qui ne le quitte jamais, c’est ce qui fait frémir d’angoisse car l’on ne sait jamais ce qu’il s’apprête à faire. Ses sourires camouflent bien des choses. Bonnes comme mauvaises.

« La moindre chose que je désire. Offre alléchante et je ne doute pas de vos capacités en la matière mais… En claquant encore des doigts je peux avoir un nombre incalculable de personnes souhaitant répondre au moindre de mes désirs. Au moindre petit caprice. Pourquoi donc est-ce que je vous choisirai vous plutôt qu’un ou une autre ? Qu’est-ce qui vous différencie d’eux, de tous ces autres êtres humains qui ne demandent qu’à garder leur jeunesse éternelle et vivre pendant des années sans avoir à se soucier du temps qui leur reste ? ». Tout est prononcé dans un murmure car il sait qu’autour d’eux le silence est toujours de la partie. Le silence, son plus fidèle allié. Il est si proche d’elle qu’il est capable de sentir le parfum masculin qu’elle a enfilé pour l’occasion et répondre aux normes. « Vous voyez ce n’est pas ce que vous pouvez m’apporter qui me turlupine. Je sais pertinemment que pour obtenir ce que vous voulez vous ferez n’importe quoi. Vous l’avez dit vous-même, les hommes et les femmes sont prêts à tuer pour obtenir pareil secret et je l’ai en ma possession. Ce qui m’interpelles et là où il faut me convaincre très chère, c’est vis-à-vis du pourquoi. Pourquoi vous et pas une autre, quelle est votre étincelle, votre but dans tout ceci ? Il y a forcément une raison derrière. » Il se recule enfin doucement, juste assez pour pouvoir la regarder dans les yeux et probablement voir son sourire s’éteindre. Il n’est pas du genre à vouloir connaître la vie d’autrui, mais ce soir il a envie de s’amuser, mais ce qu’il veut également, c’est comprendre, voir au-delà du masque et de l’armure qu’elle se donne. Son souffle se perd alors sur le visage de la brune et ricoche à mesure qu’il reprend la parole pour quelques secondes. Nouveau murmure. « Je sais que vous avez les capacités de surprendre alors… Surprenez-moi. Je suis producteur. Faites-moi rêver. ».

Lui, il veut jouer.


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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Lun 25 Juil - 5:36

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Je n’ai jamais caché mon affection pour l’argent et les belles choses, parce qu’au fond cela ramène invariablement à une certaine puissance. Seuls les meilleurs possèdent assez d’argent pour profiter d’une vue prodigieuse comme celle-ci, seuls les plus forts peuvent se targuer de prendre ce qui leur plaît sans se soucier des bienséances. Malgré tout, quand l’opulence frôle la vulgarité, je trouve ça simplement répugnant. Et c’est cette sophistication, cet esprit critique qui me rend différente d’une simple prostituée : je sais ce que je raconte, parce que je suis née là-dedans. Ma génétique m’a simplement éloignée de mon héritage, me forçant à m’élever par moi-même. Je cille, secoue la tête : ça fait des siècles que je n’ai plus pensé à ça. Etrange que ça me revienne au beau milieu de cette discussion. Lorsqu’il souligne ce qu’il qualifie d’arrogance – et moi d’assurance – j’hausse les épaules avec nonchalance. Il ne serait ni le premier, ni le dernier à mépriser mon attitude. Sauf que je n’ai pas pour habitude de dicter ma façon d’être par rapport à d’autres. Et quand Ethain reprend la parole, je sens que cela ne lui déplaît pas forcément. Pas entièrement.

C’est avec un amusement non-dissimulé que je l’écoute se glisser dans le chemin tortueux que j’ai ouvert juste avant lui. Qu’il devine ma profession ne me surprend pas – on ne parvient pas à ce niveau de vie, et de sorcellerie, sans un minimum de réflexion. Mais s’il pensait m’offusquer, c’est raté. Ça fait longtemps que j’ai fait la paix avec mes remords et mes regrets.

« L’utilité n’enlève rien au charme. Au contraire, ça ne fait souvent que rendre le tout plus intéressant. » Je tire sur une manche, défait la cravate enroulée autour de ma main. « Et je n’ai aucun mal à afficher mes véritables couleurs, ne vous en déplaise. J’ai simplement songé qu’une telle tenue serait plus appropriée pour un majordome. »

En somme, s’il veut m’en priver, grand bien lui fasse. La pudeur ? J’connais pas.

Seulement, au fil de cette étrange discussion, je me rends compte qu’Ethain semble distiller dans l’atmosphère un soupçon de noirceur. Une décadence qui s’infiltre dans le moindre de ses mots, dans ses silences. Un mal innommable qui reluit dans ses prunelles noires, qui tente et guette. J’ai rarement côtoyé de telles auras, néanmoins passé les premiers instincts de survie, je me noie dans cet océan aux reflets infernaux. Le pouvoir susurre à mon oreille, menaçant de me faire perdre l’esprit. Il gronde et il se bâfre des filets de terreur qu’il inspire. Sauf qu’il ne me connaît pas. J’ai peur et pourtant je suis là. Pourtant je m’enivre et je sombre. Parce qu’il y a cet appel que je ne peux nier, celui d’une puissance abyssale, celui des ténèbres. Celui du démon. De la perdition.

Il ne sait pas à quel point je suis damnée.

« Votre vie est plus morne qu’elle n’y paraît. » Son souffle effleure mon visage, ses prunelles me sondent. Je devrais redoubler de prudence, au lieu de quoi je m’avance davantage. Je me jette en plein dans la gueule du loup. Volontairement. Aériens, mes doigts viennent frôler les siens sans oser réellement les toucher. « Avoir tout ce que l’on désire sans le moindre effort, n’est-ce pas le début de l’ennui le plus total ? Sans challenge, sans adversaire, sans obstacle, il n’y a nulle gloire. Nulle satisfaction suffisante ou permanente. Si vous le pouviez, vous n’auriez qu’à ‘claquer des doigts’ pour découvrir mes plus sombres secrets et pourtant… N’est-ce pas plus divertissant de tenter de les obtenir ? » C’est à mon tour d’approcher le sorcier, de flirter avec les ombres, d’être tantôt sienne et parfois si lointaine. Je connais ce terrain, j’y excelle. « L’attente. La lutte. La conquête. N’y a-t-il rien de plus exaltant ? A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Lentement, avec des gestes presque prudents, je m’écarte suffisamment pour le dévisager. C’est dans la fuite que le prédateur attaque sa proie. Mais contrairement aux apparences, je ne suis pas forcément la plus faible de nous deux. Je suis bien trop proche de lui, sauf que je n’ai plus peur que la bête me morde ; j’attends la morsure avec impatience. Lèvres entrouvertes en un simulacre de désir, souffle court et ronronnant. Si proches. Tellement, en vérité, qu’il assiste probablement à l’une des meilleures illusions de sa vie. Je change, sous ses yeux, la peau fourmille, se tend et se déforme. Le tout ne dure qu’une poignée de secondes, et j’ourle mes lèvres d’un sourire railleur. Ses lèvres. C’est son regard qu’il croise à présent, sa silhouette qu’il contemple – légèrement à l’étroit dans ce costume, mais cela demeure une réplique exacte. Je lui laisse le temps de s’admirer, avant de glisser à nouveau dans ma propre peau. Sans rompre le silence, je tends les doigts pour oser frôler sa peau. Celle de sa main, puis la courbe de sa mâchoire. Je n’imagine pas les filaments électriques qui marquent le premier contact. Sa puissance irradie, se confronte aux mystères qui me composent. J’aurais pu tenter davantage, seulement je n’ai pas envie de finir brûlée par ce Soleil noir. Alors, après une éphémère caresse, je me recule jusqu’à reprendre ma position initiale. Loin de lui, loin de ses pouvoirs et de ses tentations.

« Tellement de possibilités, Ethain… Auriez-vous réellement un autre choix en tête ? »

Evidemment, je ne lui ai rien dévoilé de mon passé, de mes pensées, de mes ambitions. Parce que je ne suis pas comme ça, parce qu’au final je pourrais tout aussi bien tourner des talons. La jeunesse presque éternelle est un cadeau sans pareil, néanmoins je sais également ce que je vaux. S’il ne désire pas le partager avec moi, je saurais trouver d’autres plus conscients de mon potentiel. Il peut nommer cela comme il veut, arrogance ou non, il sait ce que je représente. Je le vois dans ses yeux.
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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Jeu 28 Juil - 16:24



Dirty little dark secret

FT. ADRASTEE D'ACANTHE






Sa langue est aussi aiguisée que celle du serpent, mais ici, c’est le sorcier qui règne en ces lieux avec souplesse et désinvolture. Le silence, il se joue de lui, l’utilise pour mieux impressionner, mettre mal à l’aise. Cette puissance qui émane de son corps et de chaque parcelle de sa peau n’est que la conséquence de son pouvoir qui crépite à l’infini dans ses cellules. Adrastée a cette prestance qu’il ne parvient que sans mal à deviner, malgré son métier, malgré les apparences avec lesquelles elle joue. Elle n’est sans doute pas riche, mais elle sait en garder l’attitude et de par ses galipettes, elle n’est pas non plus mal payée, assurément. Elle ne lui fera pas croire le contraire. La répartie le fait sourire, quand bien même il ne peut se retenir de lui faire remarquer ce qu’il prend pour une sorte d’arrogance bien placée. Elle a du talent à n’en pas douter et c’est ce qui le pousse à s’amuser. Pour sûr elle se souviendra d’être passée et de s’être incrustée. Penchant la tête sur le côté, il garde son sourire et reste proche. « Vous avez visiblement vu juste. J’imagine mal mon majordome arriver en jupe et en talons hauts. ». Même si ça pourrait être drôle, juste le temps d’en rire. La dame de fer illuminée rayonne et sa lumière vient presque atterrir jusqu’à l’intérieur de son salon, pourtant, à l’intérieur, malgré la lumière, se dégage un halo de noirceur et d’obscurité. Tout émane de lui, tout transpire de lui. Il ne se considère pas comme un mage noir, Ethain, mais au fond c’est bel et bien ce qu’il est, bien qu’il ne se cantonne pas aux objets noirs. Il convoite tout, n’importe quel objet, mais il va sans dire que c’est la magie noire qui en regorge le plus. Qui en conserve le plus de trésor.

Qu’elle le veuille ou non, et sans rien faire, il sait qu’il a d’ores et déjà une emprise sur elle, si elle est ici ce n’est pas pour rien. Si elle est assise sur ce canapé, ce n’est pas pour Rien. Ce qu’elle convoite est une chose qu’il a lui-même tant cherché, mais il en a payé le prix fort pour l’avoir, et cette métamorphe tombe à point nommé. Tant de capacités émanant d’un seul être, d’un seul pouvoir qu’il aimerait tout autant posséder. Ou pas. Au fond, il ne sait pas à cet instant s’il saurait se contenter de ce genre de pouvoir, quand bien même l’idée de pouvoir explorer un corps du sexe opposé soit une idée alléchante. Lui, en claquant des doigts, il a tout ce qu’il veut, ou presque. Il y a des choses que même la magie ne peut offrir. Pendant sa tirade, il s’est rapproché, considérablement pour mieux murmurer, mieux susurrer. Son souffle sur la peau de son visage, est venu ricocher, la tester. C’est ce qu’il fait de mieux, sans qu’elle le sache et sans même user de sa propre capacité, il l’enveloppe de son aura noire, teste ses envies et sa volonté pour l’obtenir, cette pierre philosophale tant désirée. Il sait sa capacité mais il ignore le pourquoi, la raison profonde de cette envie de jeunesse éternelle. Alors il la pose, sa question, entre deux hypnoses, ses ébènes se perdant dans les siennes et les y attachant. Elle joue sur le même terrain, nullement ne se laisse démonter, et intérieurement il sait déjà qu’il est celle à qui il pourrait l’octroyer, ce passe-droit. Si seulement il l’avait. Si seulement il en était capable… Car il joue, lui, sur ce mensonge, fait planer le doute, ne fait que lui vendre un rêve éveillé. Pour profiter. L’utiliser.

Leurs doigts se frôlent et un éclair de ténèbres circule tout droit dans ses ébènes qui ne cessent de l’observer, l’appréhender. Adrastée se remet alors à parler, c’est au tour de son souffle de venir se déposer sur son derme. Ses mots lui arrachent un énième sourire qui vient dévoiler ses dents blanches. Il est bien trop près d’elle. « Je n’ai pas pour habitude de claquer des doigts pour obtenir des informations, je préfère qu’on me les livre. Qu’on me les dévoile. Tout obtenir sans le moindre effort est le premier signe de la Mort, comme vous le dites si bien Mademoiselle D’Acanthe. ». Puis il murmure avec elle le fameux. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. ». Ethain sourit de plus belle. « Exactement. ».Bon point pour la catin.

Il le sent, son souffle contre ses lèvres, il ricoche, s’insinue jusqu’à ce pouvoir qui crépite dans ses veines, et la noirceur implose de l’intérieur, se veut encore plus forte et enivrante lorsqu’il aperçoit la métamorphose discrète. Lorsque ses ébènes rencontrent leurs jumelles identiques. Pendant quelques secondes, Ethain admire la réplique parfaite de lui-même, comme en se regardant dans un miroir, presque. Cet Autre a le sourire énigmatique et l’éclat infernal dans ses prunelles. Cet Autre lui ressemble mais est tellement différent. Ou peut-être ont-ils une part de similitudes qui sans le vouloir, les lient. Adrastée finit par reprendre constance et prestance, ses cheveux bruns redescendant en cascade, et lui, il est agréablement médusé. Il nourrit ce silence par toujours plus de non-dit et croise inlassablement son regard. Le sorcier ne bouge ni ne fourmille quand ses doigts effleurent définitivement les siens, puis la courbe bien dessinée de sa mâchoire. Ses deux billes noires s’assombrissent un peu plus, emplies d’une curiosité à n’en plus finir. Tellement de… Potentiel. Et elle sait le lire dans ses yeux, tout comme lui lit dans les siens. Le poisson est dans les mailles du filet.

« Impressionné. Je dois bien vous l’accorder. ». Il sourit en la voyant se reculer. Peur de se brûler les ailes, Mademoiselle D’Acanthe ?. « Est-ce douloureux ? ». La transformation. Simple question technique. De pratique. Dès lors qu’il a obtenu réponse, il se lève de son canapé, le contourne et va récupérer une bouteille de vin. Deux verres sont déjà apparus sur la table basse.

« Toute magie a un prix Mademoiselle D’Acanthe, et je sais à présent que vous êtes la plus méritante de tous ces idiots qui ont essayé un jour de venir me voir. Sachez prendre ce compliment pour quelque chose d’exceptionnel venant de ma part. Je n’en fais jamais. ». Il revient avec la bouteille de vin, chère, divinement chère, et la lève pour servir leur verre, la penche et lâche. Cette dernière tient toute seule et rempli le premier, puis le deuxième. De moitié. Puis, Ethain se réinstalle, de profil cette fois, bras apposé sur le dossier du canapé, la dame de fer brillant toujours de mille feux. « Je sais que vous ne me décevrez pas. Vous savez que vous n’avez pas intérêt. ». Il repose ensuite la bouteille sur la table basse et vient lui tendre un verre, pas le choix que de l’accepter pendant qu’un carton d’invitation apparait entre ses doigts. « Valkan. Une grande soirée au profit d’une œuvre de Charité est organisée par ses soins. Un sorcier de renom, puissant, qui devait me vendre un objet que je convoite tout particulièrement m’a posé un lapin le soir de la vente. J’ai besoin que vous alliez à cette soirée et que vous me le récupériez. ». Une photo apparait dans son autre main et il la pose avec l’invitation sur la table basse. « L’objet en question est un camé. Ne le touchez surtout pas à mains nues. Valkan ne doit en aucun cas me soupçonner, ou vous soupçonner vous. ». Il sourit. « Ce sera votre test de passage, mais considérez que vous avez été assez convaincante pour que j’analyse la question. Considérez que votre jeunesse éternelle sera acquise dès lors que j’aurai rassemblé tous les éléments nécessaires. Et pour ça, vous allez devoir m’aider. ». Ethain vient finalement prendre son verre de vin entre ses doigts et le rapproche de la jeune femme pour trinquer. « Avons-nous un marché, Mademoiselle D’Acanthe ? ».




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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Mar 2 Aoû - 6:07

"Patience you must have, my young Padawan."
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Ce n’est pas la première fois que je flirte avec de mauvais garçons, des types encanaillés jusqu’à la moelle qui sont bien loin des saints. Seulement, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que cette fois-ci, c’est avec le Diable que j’entame cette danse macabre. Le moindre faux-pas pourrait se solder avec ma brutale déchéance, si ce n’est une mort immédiate, et pourtant ce défi ne m’effraie pas. C’est trop tard pour avoir peur, trop tard pour faire marche arrière. Je sais que je suis prise au piège, ou tout du moins, j’en ai une conscience suffisamment aiguë pour que ça me prenne à la gorge – t’es foutue, d’Acanthe. Étrangement, c’est la voix de Dean qui éructe la sentence et aussitôt, je la bannis au loin. Son avis ne m’intéresse pas, son opinion ne m’importe pas. Et même si je voulais réfléchir à cette tendance qu’il a à s’incruster dans mes pensées, je ne peux pas. Quelque chose dans le regard nébuleux du sorcier m’en empêche. Sa voix aux multiples nuances me parvient comme dans un songe, à travers une brume sépulcrale et mensongère. Je le crois. Tout ce qu’il dit. Je me pense être douée avec les mensonges, mais je gobe les siens avec une avidité qui en surprendrait plus d’un. Parce que je veux y croire, parce que j’en ai besoin. Pour justifier les ténèbres auxquelles je me voue. Celles qui menacent de m’engloutir vivante quand je m’approche d’Ethain. Ce murmure partagé délivre une vague d’endorphines dans mon système. Je suis vraiment foutue.

Seulement, je fais tout pour ne pas le montrer : que je crève de peur, d’envie, de désir sombre. Je m’amuse à lui montrer son reflet et je sais que cela vient de m’attirer la sincère curiosité du mage noir – non pas que je ne l’avais pas avant, mais avoir le loisir de s’observer aussi librement doit avoir flatté son égo, que je devine encore plus étouffant que le mien. Mû par un instinct de préservation totalement atrophié, je finis toutefois par me reculer pour observer la bête de sorcellerie. Sa question m’arrache un haussement d’épaules tandis que je lisse mon pantalon d’un mouvement désinvolte.

« Peut-être que ça l’a été, un jour, mais ça fait longtemps que cette douleur fait partie de moi. Au final ce n’est jamais plus désagréable qu’un claquement de doigts. »

Cette interrogation surgit toujours, inévitablement. Mais c’est sûrement la première réponse à peu près honnête que je fais. La chair qui bouge, qui se déforme, qui brûle et qui glace tout à la fois. Ça aurait traumatisé plus d’une gamine, à l’époque – peut-être que ça l’a fait, après tout – seulement je ne vois pas l’intérêt de ramener ce sujet sur le tapis. De toute façon, je sais que ça ne l’intéresse pas vraiment. Ça n’intéresse jamais personne, de savoir que le monstre de foire souffre. La distance qui se creuse au départ d’Ethain m’aide à respirer plus calmement, à retrouver un chemin dans mon esprit oblitéré par les ténèbres envoûtantes. Je me tourne à moitié vers la Dame de Fer rayonnante, me gorgeant de sa magnificence à tel point que lorsqu’il revient avec une bouteille de vin, je remarque seulement la présence des verres sur la table basse. Sa magie est plus puissante que celle de tous les sorciers que j’ai pu rencontrer, ou en tout cas, dénuée de tout artifice inutile. A son compliment, toutefois, je sens mon cœur se presser contre ma poitrine, gorgé d’une fierté probablement mal placée. Savoir ce que l’on vaut, et être reconnue par un autre est différent. Surtout considérant la position du mage dans la société, ainsi que son propre potentiel. La friandise n’en est que plus doucereuse, embellissant l’atmosphère ténébreuses de reflets hypnotiques. Cette flatterie me monte à la tête, menaçant de m’enivrer ; mais il en faut plus pour ça, bien plus que n’en démontre mon esquisse satisfaite.

Qui plus est, le ton du sorcier a changé, prenant un sérieux qui me force à l’écouter attentivement. Comme si ce n’était pas déjà le cas avant – malgré moi, je bois la moindre de ses paroles. Je virevolte autour de lui comme un papillon s’entiche d’une lampe. Crétin de papillon.  Les affaires assombrissent ma mine, mes sourcils se froncent et j’observe la photo avec attention. Valkan. Invitation. Camée. L’exercice semble simple, si l’on omet le fait qu’il s’agit probablement d’un rival pour Ethain, ce qui en dit long sur la puissance dudit mage noir. Je plisse les lèvres, m’emparant du verre sans y plonger mes lèvres, trop focalisée sur le problème épineux qui se dresse devant moi. Ce ne serait pas la première fois que je m’introduis à l’insu de quelqu’un, néanmoins la magie me posera problème, je le sais déjà. Brièvement, l’image de Dean envahi mes pensées. Ce serait l’alternative la plus désirable.

Le rapprochement de la coupe d’Ethain me soustrait à ma réflexion et je trinque avec une délicatesse maîtrisée par des années de grâce. Le chant du verre persiste un très bref instant, durant lequel je me retrouve à nouveau noyée par l’afflux obscur qui émane de ses prunelles. Les promesses tentatrices d’une damnation éternelle. Je dissimule le frisson qui me parcourt l’échine en portant le vin à mes lèvres, savourant l’éclat de sa robe, m’imprégnant de sa fragrance avant de le goûter véritablement. Le tout sans oser dériver mon regard du sien : les ombres qui y gravitent sont autant de minuscules merveilles chatoyantes, face auxquelles la lumière de la Tour Eiffel semble bien trop pâle. Tout l’est, en vérité, face au pouvoir. Fade, inintéressant, insipide. Banal. Délaissant la coupe de vin à peine touchée – sacrilège – je me coule plus confortablement dans le canapé, laissant ma tête épouser le dossier. Les mèches brunes tranchent divinement sur le blanc du mobilier. Je croise les jambes, laissant pointer les prémices d’un sourire amusé au bord de mes lèvres.

« Cela fait longtemps que ce marché a été passé, Monsieur Walshe. » Le verre froid repose sur mon menton, caresse ma joue. Je pourrais partir, avec l’invitation, sauf que cela ne se fait pas de refuser du vin aussi exagérément cher. Je suis peut-être une catin, mais j’ai des manières et un savoir-vivre. « Et maintenant… ? »

Cela ne se fait pas de gâcher de tels délices. Et qu’importe le prix de la damnation, je suis déjà déchue depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Mar 2 Aoû - 21:38



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Il s’observe avec un sourire non feint. Sa silhouette à l’identique, bien qu’à l’étroit dans ce costume de majordome rabougri, non pas que Bernard soit réellement rabougri, il est même plutôt séduisant encore pour son âge avancé, ce à quoi Ethain aurait dû ressembler s’il n’avait pas eu un petit coup de pouce. Il s’observe avec un sourire qui en dit long sur son égo sans doute trop démesuré. Le sorcier n’en est pas au stade où il s’aime et s’embrasse dans le miroir, non, il en est même très loin, mais il a perdu tout sens de la modestie dès lors qu’il a réussi à acquérir tout ce qu’il avait dans cet appartement. Le luxe de la vue, le luxe de la grande terrasse et autres mobiliers de fortune avaient finalement eu raison de la modestie qu’il avait autrefois, se souvenant à peine de ce qu’est la misère. Ou ne s’en souvenant que trop bien, au contraire. Penché vers elle, les ébènes se noient dans leurs semblables identiques le temps de secondes qui donnent l’impression d’être des minutes, le temps suspendu entre lui et… Elle qui arbore son physique. Ce sont ses prunelles qu’il scrute, cette mâchoire bien dessinée qu’il regarde, comme dans un miroir mais avec une vision 3D. Cette mascarade ne dure toutefois qu’un instant, et aussitôt ce sont les courbes féminines qui réapparaissent, dans un frémissement. Un simple battement de cils. Définitivement impressionnant.  Il ne se cache pas pour le lui dire, tient tout de même à préciser que les compliments sont quelque chose d’extrêmement rare chez lui, et pour cause, il n’en fait jamais. Il règne par la terreur et les demandes impossibles, à l’image de ces starlettes américaines, avec pour réel avantage d’être en capacité de menacer ou de tuer… En un fameux claquement de doigts.

Est-ce douloureux ? Simple question dont il n’attend pas un détail complet. Simple question parce qu’elle a suffisamment attisé sa curiosité pour qu’il ait une raison de l’utiliser. La réponse, il l’obtient et cela ne le fait que sourire davantage, se redressant un tantinet dans son canapé de cuir blanc, le noir de sa tenue tranchant avec le reste. De sa main droite, il frotter son index contre son pouce, ses doigts ne cessent jamais de fourmiller dès lors qu’il sent le besoin d’user de magie. C’est comme être drogué à la cocaïne, en soi, il a des effets de manque, des besoins qui ne cessent de s’accentuer et c’est sans doute pour cette raison qu’il ne cesse jamais sa course aux objets. Il en accumule des centaines et des centaines, sagement cachés. Intelligemment cachés. Ethain profite alors du sérieux que regagne la conversation pour se lever de son assise et revenir avec une bouteille d’un vin forcément hors de prix pour le commun des mortels. Les miséreux. Retrouvant sa place, son ton change et il expose les faits, la bouteille se chargeant seule de remplir leurs verres de moitié, eux aussi apparus comme par enchantement sur la table basse en verre. C’est avec une lenteur démesurée et des mots précis qu’il lui décrit ce qu’il veut récupérer et qui se trouve entre les mains de Valkan. Ce maudit poseur de lapins… Il lui aurait fait le coup du chapeau que ça ne l’aurait pas plus agacé, tellement il ruminait depuis déjà plusieurs jours. Ce n’est que lorsqu’il termine son monologue, se sachant parfaitement écouté par Adrastée, au mot près, qu’il vient lui tendre l’un des deux verres de vin, lui posant la question fatidique. Il n’avait pas de contrat, il n’était pas un démon faisant des pactes, mais en soi, c’était tout comme.

Les verres tintent et résonnent dans le silence du salon, la Dame de fer et ses quelques éclairages tamisés pour seules lumières. Il lui sourit, de nouveau, quand le son continue de résonner dans ses oreilles. Du cristal, fin et délicat, une véritable harmonie pour les sens accompagnée du délice savoureux de ce vin fruité qui ne demande qu’à être à nouveau goûté. La jeune femme s’enfonce plus profondément dans le canapé, elle pourrait partir mais elle ne le fait pas, et c’est de cette manière qu’il a la confirmation. Il a gagné. Il a attrapé son poisson, s’en suit alors un autre défi qui germe dans son esprit, même s’il sait qu’il est loin d’être difficile à remporter, même si Adrastée a su démonter qu’elle avait de sacrés goûts distingués… Pour une catin. Ses ébènes ne cessent de la scruter, lui qui est déjà adossé dans son canapé depuis quelques secondes, jambe croisée bourgeoisement au-dessus de l’autre. Il porte le verre délicat à ses lèvres et en savoure le nectar avec plus d’audace. Plus d’habitude, il ne rechigne jamais à prendre un verre de vin chaque jour. Il en découvre les différentes saveurs et sait ainsi reconnaître quel est le meilleur des meilleurs. Du rouge. Toujours. Le jeu qu’ils mènent est dangereux, surtout pour elle et pourtant, d’Acanthe ne cesse de jouer, de sourire en coin sans jamais arrêter de le toiser. Le sent-elle réellement, ce pouvoir qui circule dans ses veines et qui fourmille ? Ce pouvoir qui peut terrasser et rendre fou, aussi bien dans le sens positif du terme, que dans le mauvais. Il est capable d’en mener jusqu’au suicide, il l’a même déjà fait, raison pour laquelle on le craint plus que tout dès lors que l’on doit travailler avec lui sur un script ou un projet. On le craint, mais on finit toujours par venir le voir. Parce qu’il a des parts dans toutes choses, parce qu’il a l’argent et tout de même un peu de talent. Il déniche les perles rares, du théâtre aux salles de cinéma, et pour ça, on vient constamment le voir.

Cela fait longtemps que ce marché a été passé, Monsieur Walshe.. Il sourit, prenant une nouvelle gorgée du liquide carmin. « Ethain. Appelez-moi Ethain. ». Ils ont dépassé le stade des mondanités trop parfaites. Ils ont peut-être un marché en cours mais il n’est pas réellement son patron. « Vous m’en voyez ravi. ». Un autre sourire dévoile ses dents blanches pendant que les ténèbres continuent de l’observer avec attention et il se décide à reposer le verre presque vide sur la table basse, se penchant avec lenteur et gestes calculés. Il laisse planer la tension et la noirceur qui émane de lui. Le jeu du silence, il le perpétue sans cesse, quand bien même le marché soit déjà passé et négocié depuis plusieurs secondes. Il est comme ça, le sorcier, capable de n’être qu’un vulgaire serpent, bougeant si lentement que la proie ne le voit jamais arriver. La proie pense être seule, se détend progressivement, est de moins en moins sur ses gardes et c’est à cet instant précis qu’il frappe. Souvent mortel à mesure que le venin s’insinue dans les veines de la proie et la tétanise. Vivante, elle a finalement le temps de voir sa mort arriver. Ou pas.

Les ombres dansent dans ses deux billes noires, et ce sont finalement les mots de la brune qui font tilt. L’invitation et la photo du camée sont toujours sur la table basse, et elle, conserve une jambe croisée au-dessus de l’autre, comme lui. Elle ne compte pas partir, et son sourire s’étire.

Lentement, il décroise ses jambes et glisse sur le cuir blanc, jusqu’à récupérer une distance qu’il considère plus raisonnable. Il joue de l’emprise qu’il semble avoir sur elle sans rien même avoir lancé à son encontre. De nouveau proche, il la toise un peu plus, voit la chevelure ondulée reposant sur le cuir dans un mouvement rappelant celui des vagues. Ses lèvres ont perdu leur sourire mais les traits de son visage sont détendues, légèrement malicieux, empli de jeu. Il se penche un peu plus, jusqu’à son oreille et murmure dans un souffle qui dépasse l’entendement de la lenteur. Le serpent qui siffle à son oreille. « Il y a une pièce où l’on peut pleinement profiter de la vue. ». Ethain se recule plus rapidement, ébènes qui retrouvent leurs jumelles plus claires mais tout autant empruntes de désir de ténèbres, et il se lève du canapé, le contournant déjà pour prendre la direction du couloir, sa main glissant tout du long sur le haut du canapé où elle se trouve. Les secondes défilent et il lui tourne déjà le dos, disparaissant d’un pas mesuré vers le fameux couloir. « Cette tenue, par contre, ne vous sied guère ma chère… ». Un claquement de doigt retenti dans le silence de la nuit et ce n’est plus un costume de majordome qu’elle endosse, mais une robe noire des plus élégante et parfaitement adaptée à ses courbes. Sur ses genoux, y repose une enveloppe bien fournie, de quoi s’acheter le plus somptueux des bijoux ou une nouvelle garde-robe raffinée. Lui, il disparait définitivement dans le couloir, les rares lumières du salon s’apaisent jusqu’au néant, la dame de fer n’étant plus que la seule à éclairer l’endroit. C’est de par ces signes, qu’il l’invite à la suivre.


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MessageSujet: Re: † "Patience you must have, my young Padawan."   Mer 3 Aoû - 11:17

SUJET TERMINÉ
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