[-18] How do you want me? - Ft. Asrastée
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 [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée

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Dean A. White



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MessageSujet: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 16 Juin - 11:08

How do you want me ?
Baby, I wanna fuck you. I wanna feel you in my bones.fT. Adrastée



Brisé. Je suis qu’une épave, une putain de débris. J’embrasse un destin funeste depuis qu’elle est partie. Morte. Disparue. A jamais. Le chagrin m’a cloué au sol. Impossible de me relever, impossible de me reconstituer. Si un jour j’y parviens, ce sera morceaux par morceaux. Toujours brisé, une carcasse fissurée. Un homme émietté. Alors je fais des conneries. Depuis que le conseil m’a viré, depuis que je cherche un coin ou me paumer un peu plus, ou me dépraver pour taire cette vil rancœur qui me tient aux tripes. J’aligne les emmerdes. Même si parfois j’alterne. J’ingurgite une nouvelle lampée de ma liqueur brûlante. Ca glisse dans mon œsophage. Alcool crasse. J’empeste la misère et le pittoresque à trois mètres. Du moins c’est ce que je pense, parce pas un seul pecno ne rôde au-delà de cette distance, dans ce bar miteux. C’est là que je l’ai entendu. La vilaine rumeur. C’est là que j’ai su. Que j’ai entendu. Le dos tourné, mais l’oreille droite aux aguets.

« - Eh, t’as entendu la nouvelle ? Y a cette pute dans le quartier chaud du coin là … T’sais, la brune avec la peau toute pâle.
J’incline la tête, fronce mes arcades et plisse le nez. Pute. C’est gras. C’est grave. J’aime pas. Je préfère catin. Our prostipute, à la rigueur. Pourtant, j’écoute ces connards baver leurs confidences lubriques.
- Paraît qu’elle change …
- Comment ça ?
- Bah … Tu lui montres une photo, une cassette … Et elle devient qui tu veux.
Rire gras.
- Connard, ça existe pas ces merdes ! Allez, bois un autre verre, tu me rends triste. »


Ca existe pas ? …

Métamorphe. Méta-humaine ? Oui, ça clignote dans ma tête. Ca existe bel et bien. Comment ? Le cas est rare, très rare. A peine une dizaine sur terre, voire moins. J’inspire longuement. Et il fallait que l’une d’entre eux vendent son corps à des nigauds, ben tiens.

----

Qu’est-ce que je fous là ? J’inspire longuement, les mains dans les poches de mon perfecto. J’ai fini par choper son adresse, par la retrouver. Je sais même pas qu’elle tronche elle a. Remarque, vu ce que je compte demander … Nan. J’en reviens pas de faire ça. C’est dégueulasse. J’ai jamais touché une seule prostituée de ma vie. Encore moins comme ça, avec cette idée glauque qui rôde dans ma caboche comme un foutu spectre. Je vais pas commencer maintenant, si ? J’enrage, j’ai le sang qui bat à cent à l’heure dans ma caboche. Les mauvaises idées grattent contre mon crâne comme un cinglé dans sa cellule d’asile. Je dois pas. Je devrais pas. Ca se fait pas. C’est pas bien. PAF. EH MERDE, LE CON. Mon poing vient de cogner la porte. Cette putain de planche qui me sépare de l'interdit. Je l’observe, l’air hagard. J’ai bu. Trop. Tout ce que je veux, ce soir, c’est vérifier. Juste savoir, voir, et surtout arrêter de me laisser bouffer par ma curiosité. J’entends des pas, des putains de pas délicats est doux. Pour sûr que ce sera pas un poids lourd de soixante ans qui va m’ouvrir. Je recule, prêt à me faire la malle, quand la planche de bois s’ouvre sur deux prunelles chocolats entourées d’un voile de jais. Sur une peau de lait.

Bah merde alors …
Elle est carrément sublime, cette nana.

Pas comme j’imagine la plupart des prostituées. Plus très fraiches, avec des trucs dégueulasses qui trainent sur l’épiderme. Nan, on dirait une poupée de porcelaine. Mais on devine à ces deux iris glaciales qu’à l’intérieur, ça pourri. Y a un truc qui grouille. Elle est aussi bousillée que moi. Et la rue doit pas aider. J’inspire longuement, ne montrant rien de mon trouble avant de lâcher d’un ton simplement curieux.

- C’toi Adrastée ?

Et je m'appuie sur la chambranle, y dépose mon coude et me courbe un peu pour murmurer. Je plonge mes prunelles émeraudes dans son océan de ténèbres.

- C’est vrai que tu changes ? »

J’en dis pas plus, elle devinera bien par elle-même.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 16 Juin - 11:35

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danette feat sparadrap
Je déteste être prise au dépourvu. Surtout en ce qui concerne mon travail… S’il est bien une chose qu’il faut admettre, c’est que je suis probablement l’une des prostituées les plus exigeantes de Paris. Mais c’est parce que je le vaux bien – dans tous les foutus sens du terme. Je fronce des sourcils en allant ouvrir la porte, n’ayant strictement aucune considération pour le fait de m’afficher en déshabillé indécent, m’attendant à cet instant à tout sauf à… « ça. » Le type est grand, au moins dix centimètres de plus que moi, ce qui me force à me dévisser la tête parce que je ne porte jamais de talons chez moi. Je me fais violence pour ne pas me hausser sur la pointe de mes pieds nus, parce que ça serait con et que je ne veux pas lui montrer que sa façon de me toiser – le pauvre, il y est pour rien pour le coup – me dérange. Après cette différence de perchoir, c’est son regard qui me captive. Nébuleux, brouillé sans doute par l’alcool – je renifle vite-fait : oui, l’alcool – et autre chose que je connais tout aussi bien. Le désir. La curiosité. Le malaise. Je tiens la porte d’une main et m’appuie contre le chambranle, l’air totalement détendue alors que je me demande ce qu’il peut bien faire chez moi. Ce n’est pas vraiment le genre de client que je reçois habituellement. Il a l’air paumé, c’est un fait, mais il est bien bâti et indéniablement sexy. Pas le genre de type à avoir besoin des services d’une catin pour se distraire la nuit. Il me dévisage une seconde de trop, puis marmonne un : « C’toi, Adrastée ? » Il mâche ses mots, les expulse comme on tenterait d’exorciser un mal innommable. J’arque un sourcil.

« Toi, t’es pas mon livreur de pizza. »

Je ne prends pas la peine de lui répondre. Il sait déjà qui je suis, sinon il ne me le demanderait pas. Ce qu’il cherche, c’est un moyen de se défiler. Même s’il a un physique plus avantageux que la plupart de ma clientèle, il souffre de remords similaires. Je devine sans peine les pensées qui traversent sa jolie tête : « Qu’est-ce que je fous ici ? », « J’aurais jamais dû venir… », « C’est une pute, c’est mal. » Celle-ci est généralement la meilleure. Je représente l’interdit, le sale, l’inavouable mêlé à un désir difficile à réprimer, une pulsion qui ne demande qu’à éclater au grand jour.

« C’est vrai que tu changes ? » « Tu questionnes toujours autant ? »

D’un soupir, je me redresse ; la porte se pousse légèrement, assez pour le laisser entrer. Je le vois hésiter, chercher le piège. Avec un sourire insolent, je l’attrape par sa ceinture, lui donne l’élan nécessaire – putain, ce qu’il est lourd. Avant qu’il n’ait le temps de rebrousser chemin, je lui claque la porte au nez et m’y appuie. Les bras croisés sous la poitrine, je le jauge du regard. Qui a dit qu’une pute ne pouvait pas être regardante ? C’est à son tour de se sentir déshabillé.

« T’as de la chance, je suis de bonne humeur. Habituellement je demande quelques garanties. Et je ne reçois pas n’importe qui chez moi. » A dire vrai, je crève d’envie de savoir qui a bien pu lui refiler impunément mon adresse – et la connaissance de ma capacité, mais je ne dis rien. Je suis intriguée par sa présence. D’une main, je lisse une mèche couleur corbeau. « Mais ça va te coûter cher. C’est pas quelque chose de très catholique… » Comme si j’en avais quelque chose à foutre des mœurs de ces bons chrétiens. Je porte peut-être une croix, mais elle est uniquement là pour éviter que je me fasse bouffer sans mon consentement. « Mais tu dois pas être le genre de gars à être facilement surpris. A quoi elle ressemble ? »

Parce qu’au final, c’est toujours ça. Une ex-femme, une petite-amie disparue. Parfois c’est juste triste à en faire pleurer les pierres, d’autres fois c’est carrément glauque. Rien ne m’importe, du moment qu’ils allongent la monnaie. D’une poussée de mon bassin, je me détache de la porte pour avancer vers lui, à pas lents et mesurés. Et pendant qu’il me tend la photo, je prends appui sur son épaule pour lui murmurer mes tarifs à l’oreille d’un murmure mielleux. Il est des choses qu’il ne vaut mieux pas exprimer à haute voix. Si proche de lui, je peux sentir l’alcool, un déodorant qui commence à perdre son effet, mais aussi d’autres parfums… Sa honte m’arracherait presque un sourire. Il a beau se flageller, je perçois la brûlure de ses prunelles azuréennes un peu partout sur mon derme. C’est exaltant, et pour une fois gratifiant. C’est pas tous les jours qu’un bellâtre pareil vient frapper à ma porte. Je me suspends quelques secondes supplémentaires à son bras, laissant mon regard s’ancrer au sien, avant de lui subtiliser la photo et m’envoler aussitôt. Je la dévisage. Elle est belle. Elle est jeune. Elle respire la vie et… le soleil. La lumière. Pendant que je tourne le dos au client, je me surprends à grimacer en détaillant la photographie. Je l’exècre sans la connaître, parce qu’elle a cette pureté que je n’ai jamais possédé. Cette presque innocence outrageante à notre époque. Je me penche plus sur ses traits. Son regard est plus dur que ce que je pensais. C’est celui d’une battante, pas seulement d’un joli-cœur. Je fais tourner l’objet entre mes doigts, revenant vers le bellâtre.

« C’est quoi ton nom ? Et son nom à elle ? » Entamant un cercle autour de lui, je le fixe de mes iris sombres. « Parle-moi d’elle. Comment était-elle avec toi ? » Je l’oppresse de mon aura, le pousse à s’ouvrir, à assumer son désir. « Elle a l’air d’être une fille qui sait ce qu’elle veut. C’est elle qui a fait le premier pas ? Elle s’est fait désirer peut-être ? » Je me fiche de savoir si elle le surnommait ‘mon nounours en guimauve’, ce sont les sentiments qu’elle faisait naître en lui qui m’intéressent. J’ai appris que les clients étaient bien plus satisfaits lorsque l’illusion ne s’arrêtait pas au physique. Je l’effleure de l’index, passant derrière son dos. « Parle. »

Et lorsque j’en saurais assez, je t’offrirais ce pourquoi tu es venu. Ce qui hante tes nuits et tes jours. Ce que tu ne peux avoir. Ce que tu appelles de tes vœux les plus noirs. Je te la donnerais. Mais pas avant qu’il ait allongé la monnaie – on ne baise pas une prostituée sans son consentement. Surtout pas une qui s'appelle Adrastée.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Ven 17 Juin - 9:57

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Pas son livreur de pizza. Nan, ça c’est clair. Déjà que j’oublie tout le temps de me la faire livrer à moi-même. J’inspire un peu, elle a un parfum agréable. Un petit truc à mi-chemin entre le jasmin et une touche naturelle de vanille. J’arrive pas à savoir ce que c’est, mais j’ai pas vraiment envie de m’attarder. Pourtant, impossible de détacher mes iris des siennes. J’ai envie de me tirer, tout de suite. Mais la voilà qui m’agrippe par la ceinture pour m'entrainement difficilement vers l’intérieur de son cocon pas si privé. Elle a dû en voir défiler, là-dedans. J’humecte mes lèvres alors que je me retrouve à l’intérieur. La porte est fermée. Je pourrai sortir, c’est pas elle qui va m’en empêcher. Mais … J’y arrive pas. La curiosité est en train de prendre le pas sur ma raison. Ma conscience me hurle d’arrêter. Mais j’emmerde cette connasse. Ca fait bien longtemps que je m’en soucie plus vraiment. Ca fait un moment que j’ai laissé ma conscience brisée par mes tourments. Je la fixe, sans répondre. D’habitude, je suis bien plus bavard. Mais là, un truc coince dans ma gorge. Et pas que là d’ailleurs. Je commence déjà à sentir un foutu désire danser de mes veines à mon entre-jambes. J’ai les tympans qui battent la chamade alors que je regarde la belle catin qui m’observe.

Je suis pas là pour elle. Je sors ma photo pour répondre à sa question, la fixant longuement en soupirant.

Je bouge à peine, lui jetant quelques œillades alors qu’elle reste collée contre la porte.

« - T’en fait pas pour ça. J’ai me sources et elles sont discrètes. Et plus rien peut me surprendre, j’ajoute d’un air blasé en tendant la photographie.

Parce que c’est bien ce qu’elle insinue en me faisant remarquer qu’on est chez elle, et que je devrais pas être là sans son consentement ni son invitation. La voilà qui approche de sa démarche chaloupée et qui se penche et s’accroche à mon épaule avec ses doigts longitudinaux et délicats. Ses babines voluptueuses soufflent l’odieux montant du méfait à venir à mon esgourde. Beh mon vieux. C’est clairement pas donné. Ca en fait, du franc. Je renifle, mes iris obliquant vers elle, puis son décolleté. J’hausse les épaules, me foutant royalement du prix à mettre là-dedans. C’est pas ce que je veux vérifier. Elle m’a déjà arraché la photo des mains sans me voir esquisser un geste.

- Fais gaffe, c’est la seule que j’ai …

J’en crèverai si je la perdais. Elle me tourne déjà le dos, me laissant à loisir observer sa fine silhouette aux courbes légères. On dirait un félin sous forme humaine. Ses filets noirs comme l’encre roulent sur ses épaules alors qu’elle se pavane dans sa petite chemise de nuit noir. A croire qu’elle est toujours parée pour un éventuel client. Qui se trimballe le cul comme ça chez lui ? Elle, faut croire.

- Dean, je réponds simplement sans en dire plus. Sait-on jamais. On me reconnait un peu trop bien en ce moment.

Je me gratte la tête, avant de balancer l’identité de la brune de la photo. Ma défunte. Ma défaite.

- Elisa. Mais je l'appelai tout le temps Lisa.


Je fronce les sourcils, croisant les bras en position fermée. Ca en fait, beaucoup de questions.

- Et c’est moi qui pose trop de questions ? je demande en me grattant le menton, ma barbe de plusieurs jours se faufilant entre mes ongles.

Je repousse une mèche de mes cheveux en arrière avant de me pincer l’arête du nez. Comment elle était ? Avec Adrastée qui me colle, difficile de me concentrer. Je sens un léger contacte dans mon dos, un contact qui étrangement, me procure un léger frisson. Ok, elle est forte. Je dois bien l’admettre. Je commence déjà à me sentir à l’étroit sous la ceinture. J’suis dégueulasse. Si je fais ça, j’suis foutu pour de bon.

- Naturelle. Elle était ... naturelle, je fais en insistant bien sur le passé. Elle était renfermée et un peu tête en l’air. Intelligente, extrêmement intelligente. Elle voyait toujours tout sans que j’ai besoin de parler. A chaque fois, c’est elle qui me perçait à jour.

Ca fait un mal de chien. Je vais pas pouvoir, putain. Je peux pas. Mes traits se font de plus en plus dur alors que je continue.

- Elle avait un caractère de cochon, une fois qu’elle avait une idée en tête … C’était foutu, je continue, la mort dans l’âme.

Parce que c’est ça qui l’a tué. Son foutu caractère.

- Elle savait ce qu’elle voulait, et elle avait rarement tort, au final. Et …

Il me faut un moment pour raviver mes souvenirs douloureux. De ce jour où je broyais du noir près de la fontaine, la clope au bec. Et elle, claudiquant vers moi pour avoir cette foutue conversation.

- Quand elle a su ce que je ressentais pour elle, elle m’a engueulé. Parce que j’ai rien dit, pas assez vite. On était comme deux connards à se tourner autour sans le savoir. Ca l’a rendu dingue. Elle a pleuré …

Et si j’arrête pas tout de suite, moi aussi je vais chialer. C'est pas mon genre, c'est bien la seule femme à m'avoir foutu dans cet état. Et ma mère et ses claques au cul comptent pas.

- Parce que c’était le jour où elle savait qu’elle allait crever. » J’achève finalement en regardant enfin Adrastée, le regard sombre et brouillé. J'avais pas prévu de le dire, ça.

J’en avais jamais parlé.  
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Ven 17 Juin - 12:25

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Je le détaille en réduisant mes cercles, le rythme de mes pas. C'est assurément un bel homme, mais il ne peut dissimuler le mal qui le ronge. C'est violent, c'est malsain, c'est empli de désespoir et de remords. Mais je ne suis pas pour l'aider à passer le cap, je ne suis pas psychologue. Je suis là pour lui rappeler. Ce n'est pas dans mes intérêts qu'il parvienne à oublier Elisa ; s'il le faisait, il ne reviendrait jamais et mes tarifs – exorbitants – de morphing sont un apport considérable à mon salaire coutumier. C’est peut-être salaud de dire ça, ceci dit je n’ai jamais prétendu être une sainte. Bien au contraire. Silencieuse pour la première fois de notre ridicule entrevue, je l’écoute me parler d’Elle. Ce ne sont pas tellement les mots qu’il utilise qui me captivent, ce sont les sentiments qui en exsudent comme autant de preuves qu’il l’aimait. A en crever. Jusqu’à ce qu’elle en crève, apparemment. Le dénouement de son récit ne m’arrache pas la moindre grimace ou larmes, je me contente de m’immobiliser à la lisière de champ de vision pour le jauger. J'ai plus noté son prénom aux connotations américaines que le destin de cette pauvre gamine.

« Sois pas triste, cow-boy : elle a réchappé au destin cruel qui nous attend tous. »

Avec les rumeurs qui continuent d’enfler dans les ruelles, je sais que bientôt l’Enfer se déchaînera. Sans Tueuse pour réguler le flot de salopards démoniaques, Paris ne sera bientôt qu’un charnier de vices embaumés par le parfum de la Mort. La dépravation ne m’effraie pas. Je survivrais, je le sais. Mais lorsque mes yeux se posent sur la brunette, j’ai la certitude que ça l’aurait détruite. Elle avait beau avoir cette détermination au fond de ses prunelles, elle était bien trop pure pour les ténèbres auxquels nous étions tous voués à la fin. D’un haussement d’épaules, je reprends ma marche. Je disparais derrière ses larges épaules, inspire profondément… Le processus s’entame. Mon derme se tord, fond, brûle et glace. Ce n’est jamais réellement agréable, mais j’ai appris à me faire à cette sensation incomparable. Je me mords les lèvres en réprimant un soupir. Ma main se pose au creux de son dos, suit la courbe de sa hanche pendant que je reviens devant ses yeux et je lui adresse mon plus beau sourire. J’y ajoute un soupçon de candeur, de jovialité, je saupoudre le tout d’un regard un rien plissé, une moue un brin insolente. D’un geste, je fais glisser quelques mèches chocolat sur mon épaule, lui laissant le loisir d’observer la magie de l’illusion. Une simple photo. Une représentation. C'est tout ce dont j'ai besoin pour usurper et avilir les traits de celle qu'il a perdu. Et je sens les yeux de Dean parcourir mon corps avec avidité, se gorgeant du fantôme que je représente. Mais ce n’est pas pour un simple spectacle visuel qu’il est venu – et de toute façon, je compte bien en profiter, pour une fois que mon client n’est pas désagréable à regarder.

« Alors, Dean ? »

Ma voix se module d’une façon différente, les intonations sont plus pimpantes et porteuses d’un accent légèrement différent du mien. Je ne maîtrise pas cet aspect de mes transformations. La première fois que je me suis rendue compte que de ça, je me suis demandée comment avec une simple représentation physique, je parvenais à imiter un son que je n’avais jamais entendu, mais mon esprit s’est contenté de répliquer : c’est de la magie, cherche pas. Et puis c’est pas comme si ça me déplaisait. Je tends la main pour m’emparer de celle de l’Observateur déchu, l’apposant contre cette joue qui ne m’appartient pas, l’incitant à toucher ce rêve qui le poursuit depuis sans doute trop longtemps. Je fais courir ses doigts sur la courbe de mon cou, réduisant la distance entre nous – Elisa est plus petite que moi il me semble, j’ai l’impression qu’il est encore plus grand que tout à l’heure. Ou peut-être que j’ai ce sentiment parce qu’il me dévisage avec un regard devenu sombre, presque animal. Malgré moi, je sens que je souris : son agitation me rend fébrile.

« Tu vas te décider ? Ou laisser passer une autre occasion ? Allez, Dean. » Le laissant faire son chemin, je pose mes mains sur ses épaules. « On ne vit qu’une fois. »

Et d’une pulsion, je me hisse pour effleurer ses lèvres. D’abord avec réserve, comme si je n’étais pas sûre de mes propres émotions, puis avec plus d’ardeur. Je le sens répondre – dans tous les sens du terme – à ce désir qui le consume. Ce brasier qui ne demande qu’à être libéré. Je le repousse fermement, lui rend son regard brillant, malmène son col pour le rapprocher un peu trop vivement – j’ai besoin de lui, Elisa a besoin de lui. Ce n’est pas une prostituée qu’il veut, c’est elle. Et à travers ce jeu, je sais que je réponds à ce qu’il n’ose me demander. Je lui offre la damnation avec un goût de paradis.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mer 22 Juin - 13:05

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Pour un peu, j’ai envie de la choper à la gorge et de lui faire cracher ces insanités. Mais a-t-elle seulement tort ? J’en doute. C’est vrai. Elisa est en paix. Je le sais, parce que j’ai tout fait pour vérifier. Des façons les moins orthodoxes possibles et avec l’aide de Wolfram&Hart. J’ai fait un pas de plus vers eux, j’ai fait cramer ma cervelle avec leurs savoirs innombrables qui sont à présent miens. Elle cesse bientôt de me tourner autour, de diffuser son miasme floral qui s’insinue dans mes naseaux. Elle est perfide, la garce. Je ne sais pas quoi penser d’elle. Si ce n’est que c’est une croqueuse de diamant. Elle frétille d’impatience. Parce que je lui plais et que je le vois. Il n’y a pas un seul putain de courant d’air, et ses tétons pointent soudainement sous sa chemise en soie. Son regard et ses gestes appuient mes doutent, les confirme. Elle est bien contente d’avoir un client comme moi. Je m’en fous. J’inspire longuement. Grave erreur. Le parfum de vipère s’insinue un peu plus, déclenchant un soubresaut bestial en moi. Elle s’arrête dans mon dos, et j’en profite pour fermer les yeux. Je perds mon temps. A tous les coups, elle me fait une foutue farce. C’est qu’une sale rumeur, un traquenard à nigauds pour détrousser les connards qui se font avoir. Puis je sens à nouveau ses mains. Et putain, je jurerai qu’elles sont plus fines encore que celles qui me touchaient plus tôt. Une chevelure aux reflets châtain apparaît dans mon champ de vision, et le choc me fige sur place. « Alors, Dean ? »

Les mots résonnent dans mon crâne. Ils ricochent. Je manque presque de me casser la gueule alors que je vois le visage d’Elisa me sourire. Ses petites mains me frôlent timidement, puis me touche. Je n’ai jamais eu ce genre de contact avec elle. On a pas eu le temps d’apprendre à se connaître intimement. A peine le temps d’un baiser, et elle s’était évaporée. Sa voix … Comment peut-elle seulement produire ce son qu’elle n’a jamais entendu ? J’en avais oublié l’alcool dans mes veines. Je dois délirer. Je cligne plusieurs fois des paupières, tout en observant le fantôme qui se tient face à moi. Dans cette … chose terriblement courte. Elle a une plus petite poitrine qu’Adrastée. En fait, elle n’en a presque pas. J’en oublie déjà le corps de la brune qui se tenait juste avant elle. Je ne vois qu’elle.

« - Comment c’est possible … je murmure tout bas alors qu’elle se hausse sur la pointe des pieds.

Ses yeux chocolat sont plus doux, plus lumineux. Son petit nez retroussé, son teint ni pâle, ni bronzé ... Tout correspond. Elle fait exactement la même taille.  Elisa était grande, malgré sa petite carrure. Elle est plus fine, plus … fragile. Et pourtant … Je sers les dents, alors qu’elle passe ses doigts fébriles autour de ma nuque. J’étais venu par curiosité. Elle m’entraîne bien plus loin que ça. Fait chier, je bande déjà. Sorcière. Foutue catin. J’entends ses mots sans les déchiffrer. Seule sa voix parvient à me bercer. J’ai trop bu, je vais regretter. Ses lèvres touchent finalement timidement les miennes. J’ai peine à l’admettre, mais c’est sûrement comme ça que ça serait arrivé. Puis …

J’oublie.

Mes pattes presque aussi grandes que sa petite taille agrippent ses hanches que je colle contre mon bassin et je lui réponds. Mordant et léchant sa lèvre intérieur en poussant un grognement. Puis elle coupe court au contacte, avec une force qui me surprend. Ses deux océans noirs fixent mes émeraudes alors que je reprends ma respiration. Pas pour longtemps. Je retire ma veste trop encombrante, la balance au loin et lui gronde d’un ton pressant.

- Ta chambre. »

Elle a à peine eu le temps d’esquisser un geste que je l’agrippe par les fesses pour la soulever, la laissant entourer ses jambes autour de ma taille. Je me fous bien de payer 500 francs pour cette folie. Et j’évite encore plus de songer à ce que la vraie Elisa penserait de tout ça. Elle est plus là. Elle m’a laissé dans ce merdier. Avec elle j’avais une chance de pas couler. Maintenant, tout est foutu. Alors j’entame cette danse lubrique, avec cette fille idyllique. Je pousse la porte avec mes pieds, la referme ensuite avec le talon droit et la pose sur le lit sans faire gaffe à ce qui nous entoure. Tout ce que je vois, c’est que c’est bien entretenu. Je dois avoir l’air d’un sauvage quand je la regarde. Et ses prunelles me répondent avec une avidité inconnue. C’est pas elle, mais je dois oublier. Je dois croire à ce mensonge, rien qu’une fois. La seule. Alors je la rejoins sans attendre, couvrant son corps fin pour plonger ma tête dans sa nuque chaude.

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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 23 Juin - 0:35

How do you want me ?
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La façon dont il tente de s’approprier mes hanches m’indique qu’il lutte encore avec sa conscience, mais que son corps ne demande qu’une seule chose. Je sens sa passion difficilement contenue sous la ceinture ; il grogne en me rendant mon baiser, ce qui m’arrache un rire ravi. Le genre qu’aurait une fille amoureuse avec son petit-ami. Parfois, mon propre talent m’effraie. Je suis trop bonne pour être honnête. Néanmoins, cette pensée ne fait que m’effleurer : elle ne me fera pas changer, ni revisiter mes priorités. Dean n’est qu’un client de plus, au fantasme finalement commun et fade. Même s’il est assurément le type le plus canon qui ait franchi ma porte pour requérir mes services particuliers, il se traîne une douleur que je ne connais que trop bien. Qu’est-ce qui pourrait réellement le différencier d’eux ? Les rôles s’inversent, sa voix rauque résonne dans le creux de mon cou. D’un mouvement de la main, je lui indique la porte de ma chambre et il me soulève du sol avec empressement – cette fois, je suis réellement surprise par son audace. Il semble avoir cessé de se battre contre sa conscience, ce qui change drastiquement nos rapports de force.

Cette danse qui m’est familière prend des allures plus intimes et imprévisibles ; je profite qu’il se soit débarrassé de sa veste pour glisser mes mains sous son tee-shirt pendant qu’il me transporte dans l’autre pièce sans cesser de m’embrasser. De l’embrasser Elle. Sa peau, ses lèvres, ses épaules. Cette fille avait probablement raté l’affaire du siècle. Il me laisse choir sans doute plus brutalement qu’il ne l’avait souhaité, me toisant de ses prunelles couleur d’océan en pleine tempête. Je frémis et je n’ai pas besoin de feindre le frisson qui court sur mon échine. Renversant la tête en arrière, je lui dévoile ma gorge, le déshabillé ne couvrant finalement pas grand-chose de plus. Je pousse même le vice jusqu’à écarter légèrement les jambes en guise d’invitation. Il n’a pas besoin d’être motivé davantage. Il a ce regard qui tire plus du prédateur que de l’homme, allumé d’une flamme folle et contagieuse. Sous mes mains baladeuses, je sens son corps tendu à l’extrême. Partout. Et surtout là où ça m’intéresse.

En quelques mouvements habiles, je le débarrasse de ce foutu tee-shirt, parsemant son torse de baisers tourmentés. Je sais à quoi ça ressemble, mais ce n’est qu’un travail de plus à mes yeux. J’y prends simplement un peu plus de plaisir qu’à l’accoutumée. Je sais que ce n’est pas moi qu’il voit, que ce n’est pas ma chair qu’il crève d’envie de dévorer – même s’il n’avait pas l’air de cracher sur la marchandise tout à l’heure – et ça suffit à garder ma tête froide. Le reste de mon anatomie est, par contre, plus qu’ouverte à ses propositions. D’une torsion du bassin, je le force à me contempler alors que je le surplombe ; mon bassin s’arque et je pousse un gémissement que j’étouffe en me mordant la lèvre. Comédie ou réel désir, j’oscille entre deux extrêmes. Mais vu qu’Elisa est prude, et belle, et probablement vierge pour ce que j’en sais – j’ai tendance à m’imaginer toutes les filles comme Elle vierges et sans intérêt – je fuis son regard en un simulacre de gêne. Mes lèvres viennent effleurer les siennes, marquer son derme en un cheminement complexe vers un lieu plus exotique, que je découvre avec des gestes rapides. Nous ne faisons pas l’amour. Je lui en donne simplement pour son argent. Parce qu’après tout, ce n’est pas seulement parce que je peux morpher que mes tarifs sont si scandaleux.

C’est parce que je sais. Je sens. J’anticipe. Quittant ma position à califourchon, je persiste dans ma descente jusqu’à l’endroit désiré, auquel je m’attèle avec beaucoup… beaucoup de talent, il faut l’admettre. Ou plutôt, auquel Elisa s’attèle. Sa crinière aux reflets chocolat se déverse de part et d’autre de son visage mutin, ses petites mains agiles s’activent et sa bouche à l’adorable sourire redouble d’ardeur. Ceci dit, Dean n’a pas l’air d’avoir besoin de plus d’exhortation à la dépravation que je lui offre. A croire que pendant qu’il se livrait une petite bataille silencieuse avec sa conscience, son corps a décidé de prendre les devants. D’une façon plus que démonstrative. Et virile. Pas que ça m’ennuie. Ce serait même plutôt le contraire. Je me libère du seul vêtement à dissimuler les charmes d’Elisa. Ce n’est pas moi qui le dévisage. Et en même temps, ça l’est. Seulement je sais qu’il a pratiquement oublié ce menu détail. A cet instant, il ne voit qu’Elle. Il me haïra à la minute où il s’effondrera, vidé, et disparaîtra en claquant la porte – p’têtre même en rajoutant un « monstre » fort seyant, juste avant. J’ai l’habitude. Ils finissent toujours par revenir. Pas pour moi. Pour leurs propres fantômes. Parce qu’ils sont incapables de leur dire au revoir. Parce qu’ils sont amoureux, et que forcément, ça les tue à petit feu.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 23 Juin - 9:50

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Elle est là, allongée comme une poupée de porcelaine. Les guibolles presque ouvertes, et c’est à peine si sa chemise de nuit masque son entre-jambe et sa culotte de dentelles. Ca me rend déjà dingue, j’inspire longuement en la rejoignant, glissant mon nez sur sa nuque, humectant le parfum délicat de son épiderme. Sa chaleur organique m’enivre à tel point que je me suis perdu. Perdu dans ce foutu mensonge. J’oublie tout, les contraintes, les futurs regrets et l’acte immonde qu’on s’apprête à jouer sur cette couche de draps. Les corps entremêlés, bouillant et palpitant. Mes lèvres glissent sur sa peau, de sa nuque à la naissance sa poitrine, alors qu’elle se contorsionne en poussant des soupirs lascifs.

Son dos voûte et sa petite poitrine bombée. Sagement – presque – la bête avide que je suis patiente. Comme aux abois, je lutte pour ne pas pénétrer la chair gracile de la métamorphe. De mes doigts qui me démange, de ma virilité qui gonfle entre mes cuisses.  Tandis que ma main large passe de son encolure à son sein, tirant presque sur chemise de nuit alors qu’elle bouille d’impatience tout en poussant un gémissement lubrique. La respiration spasmodique de la frêle créature ne fait qu'embéguiner mes sens avec un peu plus d’ardeur. Je sens l'organe battant douloureusement et le souffle rapide de la catin à la peau de sylphide. L'exhalation de son propre trouble parvient jusqu'à mes naseaux. Happé par un conflit intérieur, tandis qu'elle semble ne plus savoir quelle aptitude sera la meilleure. Vérité ou mensonge ? Les prunelles chocolat de ce mensonge sur pattes remuent légèrement dans ses globes, dessinant timidement mes courbes. Je sais qu’elle fait semblant, mais ça semble si réel que je m’y perds. Et j’en ai douloureusement conscience. En bas. Dans le caleçon.

Elle a ce regard qui m'entiche, fait distendre ma virilité de volume plus encore.  Qu’est-ce je fais ? Courber l'échine sous le poids de la tentation, vraisemblablement. Pourtant, je me laisse rapidement dépérir et cette dernière se retrouve vite à califourchon sur moi. A seulement quelques millimètres de mes lippes, son souffle brûlant contre mes babines carnassières.Avides. Le sien est quelques secondes étirées en un sourire fait de paresse et de suffisance. Un rapide clignement de paupières, et ça disparaît. Je retrouve sa bouille gracile et angélique. Elisa … L'envie ronge ses entrailles, jusqu'à même mes reins. Descendant douloureusement jusqu'à mon sexe. Débordant jusqu’à mon regard.

Deux prunelles émeraudes brillantes. Ce n'est plus une lubie, maintenant qu’on brise le peu de frontière d'une lenteur absurde. C'est un besoin. Un besoin de la faire chavirer, de plonger en elle. De le dominer, de la foutre jambes écartées sur ce lit qui en a déjà sûrement vu des belles et des pas mûres. Elle se penche à nouveau, agrippant mes lèvres à l’aide ses siennes. Elle brise les pauvres centimètres d'air électrique entre nous, plongeant ses lippes chaudes et douces contre les miennes. Mes pattes d’ours tendues comme deux serres parviennent pourtant à ne pas déchirer en lambeaux le tissu de ses parures rapiécées sous ma poigne brute. Rapidement, elle se redresse, retirant sa chemise froissée pour découvrir son corps presque nu. Sa poitrine minuscule est visible, pointant deux tétons roses à mes prunelles lubriques.

Mes mains longent à nouveau ses hanches, alors qu’elle m’embrasse encore pour finalement se nicher au creux de mon coup, puis de mes omoplates, je sens le frisson sous mes mains baladeuses. Mon corps se fait soudain pantelant, ses gestes ne pouvant dissoudre une envie déraisonnable. Au contraire, chaque attention de sa part accentue ma débauche. Je sens ses lèvres qui glissent juste à l’endroit fatidique, le plus sensible, et un juron s’échappe d’entre mes lippes.  Je sens l’étaux de ses mains, l’humidité de ses lèvres. Y a tout qui tourne autour de moi, d’un seul coup, c’est à peine si je distingue le plafond. J’en ai tellement le vertige que je dois fermer les yeux pour éviter de tomber. Je crois qu’on ne m’a jamais fait cet effet-là. Qui me fait ça, la professionnelle, ou la femme discrète et réservée ? Je sais pas, je sais plus. Je lâche un dernier grondement sourd, avant de la choper par les épaules pour la plaquer contre le lit, mon corps couvrant le siens alors que j’agrippe ses deux seins, descendant à mon tour en déposant un millier de baisers sur son ventre, puis le creux de ses jambes déjà humides. Sans même lui laisser le temps de protester, j’ai la tête entre ses cuisses et un main qui retient ses poignets.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 23 Juin - 14:37

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Dean gronde, feule, grogne, rugit. C’est un animal en cage qui vient de retrouver sa liberté, sa fureur a un goût d’interdit que je savoure avec mesquinerie. Parce qu’au final, je ne suis qu’un reflet pour lui. Difforme, malsain, une ombre creusée dans les ténèbres simplement pour satisfaire ses désirs les lubriques. Une drogue aux formes indécentes, dont la prise est beaucoup plus facile qu’il ne le pensait. Je suis la chute et il tombe comme une pierre. Mais dans ce jeu de tordus, il n’est probablement pas le seul à perdre la tête. Parce qu’à chaque fois que je morphe, je m’enivre des sentiments que je provoque en eux. L’envie. Le sexe brutal. L’amour dont je me moque et que je dénigre à voix haute. Les plus optimistes avanceront que je me nourris de cette dévotion ridicule, les autres savent très bien à quel point mon âme est corrompue, incapable d’éprouver ce genre d’émotion. Il n’empêche que j’aime ce jeu. Et que pour une fois, mon partenaire n’est pas désagréable à choyer. Sous le masque d’une Elisa tiraillée par la timidité et la passion, je le rends plus instable de seconde en seconde. Son juron me fait sourire, ses soupirs rythment mes mouvements et son corps est l’indicateur parfait de la portée de mes caresses sur sa virilité. Son amativité s’en retrouve exacerbée à son presque paroxysme ; il me repousse contre le matelas et je m’attends à la suite logique.

Le conquérant en territoire étranger. Mais il n’a pas l’air de connaître le schéma habituel. Chez une pute, on vide sa bourse et ses bourses. On se contrefout de ce qu’elle peut penser, de ce qu’elle peut ressentir. L’argent doit être sa compensation pour avoir été malmenée, ignorée, épuisée. Seulement, c’est avec surprise que je le vois s’abaisser et… Putain. Ma remarque est soufflée comme la flamme d’une bougie alors que mes hanches s’arquent dans un mouvement convulsif. Je révise mes opinions sur ce type : il connaît les bonnes manières. Les foutues bonnes manières. Ce n’est pas la première fois que je reçois ce genre d’attention, néanmoins c’est bien la première qui est faite sans mon consentement. Et pour mon plus grand plaisir. Je remue les poignets, cherchant à me libérer, exécrant la position dans laquelle il me met, mais il me tient avec une seule main ; trop large, trop puissante. L’autre se balade, un peu partout, sur le corps d’une Elisa ravagée par un feu imprévu. La magie clignote, comme un sapin de Noël. Je n’ai pas l’habitude de frôler le Septième Ciel avec la clientèle. Je peine à maintenir l’illusion. Ne souhaitant pas gâcher bêtement la somme rondelette qui m’attends – vénale, vous dites ? – je tente de l’inciter à me relâcher. Seulement, mes mouvements ne font apparemment que le pousser à plus d’initiatives.

Je jure que ce gémissement-là n’est pas feint. Ni le suivant. Mon foutu corps m’envoie des signaux contradictoires, un assemblage instable de « j’en veux encore » et de « reprends-toi, putain, Adra. » C’est le bazar. Dans ma tête. Entre mes cuisses. Dans ma poitrine. Je crois qu’à un moment, je perds totalement la main sur ma métamorphose ; ma gorge sèche et ma respiration vive m’appartiennent, tout comme cette poitrine plus opulente, l’intimité où il a semble-t-il trouvé refuge. Et ces soupirs extatiques. Je sais que j’ai perdu le contrôle, et je m’en contrefous. Un peu. Brièvement. Dans un râle, j’accompagne ses mouvements langoureux en soulevant mon bassin. Telle est prise qui croyait prendre. J'en rirais presque tellement c'est bien trouvé. La pute qui se fait prendre.

Et subitement, je me rends compte. Que je perds justement la tête. Littéralement. Avec un frisson, Elisa revient, et je remonte mes jambes pour repousser – sûrement trop violemment, mais il l’a cherché – un Dean hagard. Il manque de chuter hors du lit, gronde, m’observe. A-t-il perçu le changement éphémère ? S’en soucie-t-il, alors que les grands yeux bruns d’Elisa le dévisagent ? Ils portent le même brouillard que les miens, un effet secondaire de son passage intrusif. J’ai l’esprit complètement ailleurs. C’est bien la première fois qu’une catin oublie qu’elle est en train de s’allonger pour de l’argent. Que je l’oublie. Ce type est encore plus damné que les autres ; il aime son fantôme à un point tel qu’il en a oublié le monstre qui a pris son apparence. Et peut-être que quelque part, je lui en veux d’avoir fait cette erreur. Je ne suis pas Elisa. Je ne lui appartiens pas. Je n’appartiens à personne. Et je suis en vie, moi.

D’un bond presque félin, je lui saute à la gorge, mes doigts se refermant sur sa bouche, je peine à faire le tour de sa mâchoire de dieu grec avec ma petite main. Sa petite main. Je le force à me regarder, un rien d’Adrastée transparaissant dans mes prunelles. Ses prunelles.

« Tu t’égares, Dean. »

On ne fait pas l’amour. Tu me paies, je te baise, c’est aussi simple que ça. Et même si je veux bien prétendre être quelqu’un d’autre, ne t’avise pas de penser un instant que je suis réellement Elisa. Je suis ton pire cauchemar. Un corps de nymphe et un esprit de succube. Je pourrais te dévorer vivant. Je m’approprie à nouveau les rênes, sans le lâcher, m’installant à califourchon. D’un coup de rein bien placé, j’entame les hostilités et je daigne lui rendre la parole – il m’est difficile de dissimuler le frisson d’extase qui me parcoure à cette sensation, mais je laisse Elisa l’exprimer pour moi. Elle se crispe, soupire, s’immobilise. Ondule de plus belle. Son excitation est visible, largement : sa poitrine, ses lèvres entrouvertes, ses paupières couvrant la fièvre de ses yeux, ses assauts fluides et agités. Ou alors c’est mon propre plaisir coupable qui scintille par intermittence. Je sais pas. Je sais plus. Ce type me fait perdre la tête.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Jeu 30 Juin - 11:04

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Je sens les soubresauts de son corps sous mes doigts. La respiration intermittente de son buste qui forme des vagues contre mon bras. Et ses poignets qui s’affairent sous la poigne de mon autre main. Ses gestes qui protestent faiblement, avec si peu de conviction que je doute de leurs véracités. Je l’entends au son de sa voix et de gémissements surpris. Elle ne fait pas semblant de prendre du plaisir, pas cette fois. Je sais, je sens. Aux soupirs lascifs qu’elle échappe par inadvertance. Je l’entends qui lutte pour se contenir alors que je continue de m’emparer de son intimé avec ma langue. De former un sillon de décharges contre ses lèvres. Je l’entends jurer et gronder. Elle n’est pas moins animale que moi. La garce. Elle s’agite de plus en plus, tentant vainement de m’arrêter tout en poussant des plaintes antithétiques. Elle est contradictoire. Insolente. Profane. Ce n’est pas Elisa. Et cette certitude, aussi fâcheuse soit-elle, me revient en pleine figure. Un moment de doute qui lui permet de me pousser âprement, me forçant à me rattraper au pan de la couverture. On a l’air de deux sauvageons en pleine bataille. Une bataille dangereusement érotique. On s’observe en chien de faïence durant quelques secondes. Nos regards embrumés par le désire, la hargne et la haine. J’avise avec stupeur une mèche trop noir dans la cascade de boucles chatoyantes. Son apparence chavire. J’ai cru sentir sa poitrine gonfler sous mes doigts. J'avais pas rêvé.

Et sans prévenir, sa fine silhouette chaloupée se jette sur moi, parvenant à me coller contre le lit. Ma tête est presque dans le vide. Nos corps en diagonal sur la couche. Et j’entends ses mots. Courts, précis. Menaçant. Un grondement m’échappe à nouveau alors qu’elle me grimpe dessus, cette fois complètement nue. Mon jean entrave encore le bas de mes chevilles et je fais un mouvement de pieds pour tenter de le retirer. On en a presque oublié de me dévêtir convenablement. Pire que deux bestioles enragées. D’un coup de cheville flegmatique, je vire mon jean est mon caleçon. Putain, j’en encore mes foutus chaussettes. Pas glamour. C’est à peine si elle me laisse de temps de réagir, qu’elle s’empale déjà sur moi en m’arrachant un nouveau juron lascif. J’ai la gueule qui part en arrière, les lèvres qui s’entrouvrent alors qu’elle s’enfonce sur mon sexe bandé d’un coup de bassin. Puis un autre. On a pas oublié un truc ? Si, sûrement. Y a trop de choses que j’oublie depuis que je suis rentré dans foutu repaire qui pue la vilaine et le supplice. Elle est diabolique. Vénale. Avare. Elle prend tout. Elle me prend. S’accaparant le contrôle que je lui avais arraché quelques minutes plutôt. Je me redresse d’un coup, me trouvant en position assise alors que je donne un coup de bassin.

Elle sous mes cuisses, moi sous les siennes. Le tourbillon qui m’électrise est inhabituel. C’est elle. C’est ce visage. Ce minois en cœur et ses lèvres fines. Un souvenir douloureux, une lubie honteuse. Les derniers rempares de mon déclin se fissurent doucement alors que je me laisse emporter, agrippant sa taille en pressant les va-et-vient, embrassant sa nuque, tirant sur sa crinière et balançant sa bouille et son corps en arrière. J’inverse à nouveau les rôles en accélérant mes pénétrations désespérées et rageuses. Plus je continue, plus je me fais de moins en moins suave. Plus agressif. Plus atrabilaire. Je suis en colère. Contre moi. Contre elle. Contre cette hérésie. Contre ce putain de monde. Ca fait des années, maintenant. Des années que j’essaie de faire mon deuil. Je m’attendais à sentir des larmes rouler contre mes joues. Les dernières. Mais rien ne vient. Rien d’autre qu’une envie irrépressible de m’emparer de cette carcasse désirable. J’attends qu’elle plonge, j’attends qu’elle craque la première avant de me déverser en elle. J’entends ses gémissements de plus en rapide. Ma peau qui claque contre la sienne. Un truc cloche. Je la sens se distendre, changer. Son apparence défaille. Elle change, à nouveau. Elle ne contrôle pas son don, pas suffisamment. Je glisse mes lèvres mouillées jusqu’à son oreille, murmurant d’un don rauque à son oreille.

« - Qui s’égare, maintenant ? »

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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Ven 1 Juil - 23:40

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Je me suis trompée. Ce n’est pas un client ordinaire. Je me suis rendue compte dès l’instant où sa tête a disparu entre mes cuisses, à cause de cette foutue vague de plaisir qui m’a perturbée au point de perdre le Nord. Et loin d’abandonner l’affaire, loin de se rappeler qu’il est en train de se taper une prostituée, le voilà qui gronde de plus belle en se redressant. J’ai l’impression que tout va trop vite, que tout se mélange. Elisa. Adrastée. Je perds mon professionnalisme : j’oscille entre l’amante et la dominatrice. Mes dents mordent ma lèvre inférieure, se retenant de le mordre lui. Ce n’est pas ainsi que la parfaite petite Lisa aurait fait… Et alors que cette pensée me traverse, que je tente de garder le contrôle, il trace des sillons brûlants en allant plus vite. Plus fort. Plus loin. La sauvagerie, je connais. La brutalité aussi. La douceur m’ennuie le plus souvent, de même que la timidité. Mais c’est différent. Il sait et il oublie qui je suis. Je me demande même s’il s’en soucie réellement à cet instant. Ma vision se réduit bientôt aux deux billes azurines, mer d’orage et de volupté, d’un désir ardent, qui cherchent à me briser. Ses assauts se font plus âpres encore et sa main dans la tignasse d’Elisa la tire brutalement en arrière. Elle lui offre sa petite poitrine, sa gorge, son ventre, ses lèvres. Elle lui donne tout et je dois lutter pour rester dans le rôle. Surtout que je le sens perdre pied dans ce tourbillon de mensonges et d’érotisme, ne plus savoir si c’est le fantôme qu’il crève d’envie de voir en moi ou la catin. Et je sais que je me laisse prendre à ce jeu, malgré moi, parce qu’il le fait foutrement bien.

En dépit de tous mes efforts, je sens mon apparence onduler comme un reflet dans l’eau. Elle. Moi. Elle. Moi, complètement paumée et agacée. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ce qu’il fait. Ou alors j’aime, à un point totalement indécent. Ça fait longtemps que je ne sais plus. Il rapproche son visage de mon cou, son souffle erratique me chatouille atrocement.

« Qui s’égare, maintenant ? » Il a raison. S’il n’est pas capable de dissocier le désir du réel, c’est à moi de le faire. Mais il frôle la corde sensible, la caresse juste comme il faut, et je maudis le gouffre de plaisir dans lequel il menace de me faire chuter. Avec une force surprenante, je le repousse. Il ne me semble plus si lourd. « T’es complètement cinglé ! » C'est la seule phrase qui m'est venue à l'esprit. Aussi cinglé que moi, peut-être.

Je quitte le lit à grandes enjambées furieuses – et mes jambes menacent de me laisser tomber, parce que j’ai été trop proche de… Putain. Mes jambes. Depuis combien de temps est-ce que j’ai perdu la forme d’Elisa ? Je sais pas. Je sais plus. Je pourrais tenter de la reprendre, mais je sens mon cœur battre à tout rompre et je me rends compte de l’effet qu’il me fait. Il me contamine. J’aurais dû lui demander plus que cinq cent francs. Ce type est un danger public. Surtout pour moi. Je lui tourne sciemment le dos, espérant qu’il se tire ou que ça me permette de reprendre mes esprits. C’est plus difficile qu’il n’y paraît, surtout quand j’ai l’impression de le sentir encore sur moi. En moi. Et que j’en réclame plus. Je glisse une main dans ma crinière corbeau, pose mon front contre le mur – c’est moi qui suis brûlante ou le plâtre qui s’est changé en glaçon ?

Je pense aussi au fric qui m’attend si je termine ce boulot. C’est ça qui pousse mon derme à fourmiller d’un millier de frissons. Ou pas. Ou autre chose. D’encore plus con et malsain. Elisa se retourne vers Dean, elle l’observe. Il n’a même pas été convenablement déshabillé. Elle louche presque sur ses chaussettes. Mais elle ne s’avance pas. Je ne m’avance pas. Je fais la fière et l’insolente, seulement je ne sais pas si je parviendrais à me retenir. Je me corrige aussitôt que la pensée me vient : je pourrais. Ce gars est un client. Je ne le connais pas. Je me contrefous de ses sentiments ou de l’état de son portefeuille après cette nuit. L’essentiel c’est qu’il allonge la monnaie. C’est comme ça qu’on dissocie le réel de la comédie, Dean. On se gave de fausses excuses, juste assez pour s’en faire éclater la panse et s’en convaincre. Le mensonge est mon quotidien, ma came. Va falloir t’y faire, t’es tombé dans les griffes du pire démon qui soit – même si, ironiquement, la succube est humaine. Elisa penche la tête sur le côté, ses prunelles aux lueurs douces cherchant à attirer celles de Dean. Elle ne fait pas le moindre mouvement vers lui, elle pose ses mains sur ses hanches. Elle attise sa tourmente. Lentement, les doigts de ma main droite se mettent à pianoter sur la peau d’Elisa. Ils remontent sur un sein ferme, une épaule, un cou, s’emmêlent à ses mèches brunes. A ce geste s’ajoute celui plus lascif, plus lent. Quintessence de la dépravation. Celui de la main gauche qui descend trop bas et qui provoque un soupir intense. Celui qui dit : attrape-moi si tu l’oses. Avant que je ne sois partie pour de bon. Les doux balancements du bassin d’Elisa trahissent son appel silencieux. Et je garde le contrôle.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Dim 3 Juil - 22:03

How do you want me ?
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Elle a le doute qui la cisaille en deux. Adrastée, Elisa. Elisa, Adrastée. Elle en crève presque, s’enfonce dans le déni autant que je m’’enfonce en elle. De plus en plus vite, de plus en plus ardemment et hiératiquement. Elle me guide tel un métronome, de ces souffles spasmodiques. Je goûte les perles de sueur sur son épiderme, sur sa frêle carcasse organique. Séante autour de mon membre gonflé. Elle me rend dingue et ça me bouffe, ça m’incommode. A tel point que je me venge encore un peu plus sur elle. Pour son grand malheur ou son plus grand désire. Elle a l’air de me détester rien que pour ça. Parce que je suis pas conventionnel, comme client. Elle a sûrement jamais vu de mec rentrer chez une catin pour lui procurer du plaisir. Mais je suis comme ça. Incapable de prendre mon pied si l’autre n’en ressent aucune jouissance. Ca gonfle mon égaux, et pas que lui d’ailleurs, de voir une femme mourir d’extase. C’est pas de la charité. C’est de l’égoïsme à l’état pur. J’aime ressentir leur plaisir. Ca flatte mon putain d’égocentrisme trop malmené depuis belle lurette. Si je me mens à moi-même ? Pas tant que ça. Elisa, je l’aurai choyée par empathie, par … Non, ce mot est là est proscrit. J’en veux pas, j’en veux plus. Tout ce que je veux, c’est son cul. Ce qu’elle finit par me refuser alors qu’elle est au bord de l’extase.

J’enrage déjà, à deux doigts de l’agripper par le poignet pour l’obliger à revenir. Un geste que j’aurai regretté aussitôt, alors je me retiens, pose les coudes sur le matelas et la fixe. Elle se dandine sur place, semble tourner en rond et enrager. Son apparence oscille. Et j’en sais assez sur le surnaturel – je dirai même que je suis l’un des meilleurs – pour comprendre que la dose d’endorphine n’est pas étrangère à la confusion qu’elle m’offre. De dos, je la vois presque grésiller sur place, comme un écran de télé. Adrastée, Elisa. Elisa, Adrastée. Elisa. Elle se détourne enfin, me fixe et j’avise sa poitrine qui se soulève. Moi étalé sur le lit, avec mes chaussettes. Je suis la classe incarnée. Ou pas. J’hausse un sourcil, sans bouger, lui lançant un regard. Celui du partait petit connard éhonté. Qu’est-ce qu’elle a, avec ces putains d’état-d’âme, d’un coup ? On a inversé les rôles. C’est perturbant. Elle a dit que j’étais cinglé. C’est l’hôpital qui s’fout de la charité, ou quoi ? Et la voilà qui commence son nouveau petit jeu. Prendre à nouveau la forme d’Elisa. Ses doigts parcourent sa nuque, ses épaules, sa tignasse. Elle me nargue. Son regard est un putain d’appât. Ai-je seulement encore envie de jouer à ça ? Elle m’a vexé.On était à deux doigts de l’extase. Et maintenant j’ai l’air d’un con avec mon mât tendu vers le plafond.   Je me penche doucement pour retirer ses foutues chaussettes.  Y plus personne à la barre. Ah, la bonne blague.

Ayé. L’alcool est complètement monté au cerveau. Je suis totalement pété du ciboulot. Oubliés, les remparts. Oubliés les doutes et les réticences. De toute façon, ça fait déjà une bonne demi-heure que j’ai totalement zappé mon subconscient. Pas sûr de la retrouver par la suite. Je me suis déjà échoué sur cette île déserte qu’est mon cœur asséché. Après plusieurs années, cette soirée étrange à déclencher un truc en moi. J’ai la certitude que c’est la première et dernière fois que j’invoque le visage de mon ancienne lubie. Est-ce que c’est l’alcool qui parle ? Je n’en suis pas si sûr.

« - Fais ton boulot, je lance d’un coup en me levant, me hissant sur mes deux guibolles pour foncer sur elle, la choper par l’épaule et la plaquer contre le mur, joue la première. Elle est face au plâtre, et moi collé à son dos.

Je me plaque un peu plus contre elle, poussant mes hanches vers ses cuisses. Elle est trop petite, ma virilité touche le bas de son dos. Je courbe l'échine et susurre à son oreille mes mots de salopard.
- Fais pas la maligne, à 500 balles la valse, j’estime être tout à fait correcte. Alors quoi ? …

Je glisse une main contre sa colonne vertébrale, fait onduler mon index doucement sur sa peau pour lui arracher plusieurs frissons. Elle est bouillante, encore.

- T’as peur de jouir ? C’est ça ? je demande en glissant un peu plus vers la fente de ses fesses soyeuse, avant de ruer mon index vers l’intérieure de sa vulve.

Je l’enfonce en elle. Et elle est toujours aussi trempée dans sa cavité organique. J'effectue déjà des va et vient dans sa parois de chair.

- Me prends pas pour un con, j’vois tout. Tu sais vraiment pas à qui tu t’adresses, Adrastée. »

Et le ton de ma voix se fait de plus en plus menaçant. Pas violent. Je lui montre la couleur, lui fait comprendre que le mec brisé qu'elle a vu rentrer un peu plus tôt c'est qu'une façade que je ne montre jamais habituellement. Une rareté difficile à cerner. Que je suis bien pire que ce qu'elle croyait. Pire qu'elle.

Le néant. Ce soir, j’ai finalement sombré dans ma propre déchéance.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mar 5 Juil - 22:27

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Ce n’est pas dans mes habitudes de refuser la jouissance à un client, surtout pour le tarif qu’il va payer, mais Dean ne se comporte absolument pas comme mes habitués. Il s’est pointé, l’alcool remplaçant sûrement les quelques neurones de valide qui lui restaient, l’air de ne pas savoir ce qu’il voulait et maintenant… Maintenant, il semble avoir décidé que c’était moi qu’il voulait. Quelque part, je suis rassurée de voir l’ombre passer dans son regard et sa mâchoire se contracter brutalement en me dévisageant. La haine. Je connais ce sentiment. Je peux faire quelque chose contre ça. En quelques enjambées, il est sur moi – sur Elisa, qu’il plaque violemment au mur. Putain, il aurait pu me faire mal. Je tente un coup d’épaule pour me libérer, mais il se presse dans mon dos et ma gorge se serre brutalement. J'essaie de relativiser : là, il a retrouvé ses marques. Il ne se perd plus. Sa voix tranche à mes oreilles. Je relève le menton en frottant le plâtre de ma joue, insensible à sa poigne qui me meurtri l’épaule. Il ne hausse pas le ton, néanmoins il crache plus qu’il ne parle.

« Fais pas la maligne, à 500 balles la valse, j’estime être tout à fait correct. Alors quoi ? … » « Alors rien. » C’est la soumission que je feins, je tente de déterminer s’il veut montrer qui dirige ou s’il a vraiment perdu les dernières pédales qui lui restaient. C’est là que je le sens ; son index qui dévale ma colonne vertébrale. Il est vraiment cinglé. « T’as peur de jouir ? C’est ça ? »

J’ouvre la bouche pour répliquer quelque chose d’acerbe, sauf qu’il me prend de vitesse. Il me prend tout court. Malgré moi, j’hoquète, ferme les yeux. Pourquoi ? J’ai envie de lui demander pourquoi est-ce qu’il ne peut pas simplement faire son affaire, me payer, se tirer. Qu’est-ce qu’il a à se prouver, ce con ? Qu’il sait faire prendre leur pied aux femmes ? Bien. Bravo. Sauf que je ne suis pas son amante. Je suis sa prostituée, pendant encore moins d’une heure. Ou deux. Je sais plus combien de temps s’est écoulé depuis qu’il est entré.

« Me prends pas pour un con, j’vois tout. Tu sais vraiment pas à qui tu t’adresses, Adrastée. »

Et là, j’éclate de rire. Littéralement. D’un rire entrecoupé de gémissements, certes, mais d’un rire. A moitié cinglé. Complètement siphonné. J’abandonne brutalement la magie qui me masque – je m’appuie plus lourdement contre lui, m’aidant du mur pour ne pas être repoussée. Je ne peux pas maintenir l’illusion et m’envoyer en l’air. Et si ce qu’il veut, c’est que j’apprécie, alors je ne vois aucune raison de me brider davantage. Tant pis pour ses fantasmes fantomatiques. Ce n’est plus de mon ressort. J’ai décidé de profiter, vu qu’il a l’air de tellement y tenir. Sauf qu’il ne sait pas non plus à quoi il s’expose. Elisa était retenue, presque timide. Adrastée va lui en faire baver. Déjà je me frotte au membre rigide, accompagnant ses mouvements rapides d’ondulations lascives. Une paume fermement appuyée contre le mur, je tends l’autre main en arrière pour l’empoigner sans vergogne. Je déteste m’amuser seule.

Plus vite. Je frissonne tellement que j’en tremble. Et pourtant, dès l’instant où je sens sa prise sur mon épaule s’alléger, je lui échappe. J’inverse les rôles. Toujours. C’est à qui aura le dernier mot au final. Et sans le relâcher, je le fixe. La pudeur ? J’connais pas. J'suis pas Elisa.

« Parce que tu crois que tu me connais, simplement parce que tu me paies ? Parce que t’as entendu de drôles de rumeurs sur la catin qui sait changer de visage ? J’ai pas peur de prendre mon pied, Dean. » Mon emprise se fait plus ferme, plus avide. « Être payée et y prendre du plaisir, c’est un bonus. J’ai juste peur que tu me déçoives à la fin. Que je sois obligée de terminer toute seule, comme toujours. » Je baisse un peu le son en me collant contre lui ; son corps est brûlant. Moite. Il vibre. Adrénaline et colère. Plaisir. « Parce que les types comme toi, ça ne sait jamais tenir la distance. » Pas que je le prenne actuellement comme un de ces clients un peu trop rapides ; mais il m’a cherché et mes dents serrées peinent à éructer quelques mots. Je le relâche. « T’as payé, alors t’as le droit de faire ce que tu veux. Seulement, faut que tu réalises que tu m’effraies pas. Et que tu te fasses à l’idée que tu pourras sûrement pas me faire jouir, si c’est ce que tu cherches. »

Puis sans plus rien ajouter, je me suspends à son cou. Mes dents mordent ses lèvres, mes ongles griffent ses épaules et sa nuque. A défaut d’exprimer verbalement la rage qu’il fait naître en moi par sa suffisance, je me venge sur son corps. Mes jambes finissent par s’enrouler autour de sa taille. Je prends une fois encore l’initiative en reposant mon bassin contre le sien en un jaillissement de sentiments contradictoires. La danse reprend de plus belle, pas là où elle s’est arrêtée cependant, sur un nouveau tempo plus sauvage encore. Il était peut-être venu pour Elle, seulement il s’est fourvoyé entre Mes cuisses. Et alors que j’étouffe un juron en le sentant s’enfoncer plus loin, atteindre un point sensible, je me demande ce que je fous là. Adrastée, t’es complètement folle. Mais putain qu'est-ce que c'est bon d'assumer.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mer 13 Juil - 22:09

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C’est une lutte sauvage, stupide. Sans réel but. Sans queue ni tête. On est aussi insensés l’un de l’autre, aussi détraqués. On ne se connait pas. Pourtant j’ai un index dans son intimité et je lui grogne des mots sauvages à l’oreille. La vie peut être bizarrement foutue, quand même. Je lui crache ma vilenie aux esgourdes. Je sais pas à quoi elle joue, j’comprends pas forcément pourquoi elle a pété un câble. Je vois pas toujours quand je fais le connard. A mes mots, pourtant, elle rit. Elle éclate d’une expression démente et tonitruante qui m’arrache un froncement d’arcades sourcilières. Et ses boucles chatoyantes s’étirent. Se tâchant d’encre perdant de leur longueur. Ses épaules s’élargissent légèrement. Son grain de peau change.  Quelques grains de beauté évoluent, se mouvant pour pratiquement disparaître. Comment peut-elle seulement changer tant de détails à partir d’un simple visage ? La pensée est malvenue dans tout ce foutoir. Et je sens une main qui s’agrippe à moi. Là, en bas. J’hoquète légèrement, surpris par la poigne et son mouvement, à tel point que je relâche ma pression sur son épaule. Elle accélère, alors que j’en fait de même dans son intimité. C’est plus une partie de jambe en l’air, c’est à celui qui gagnera le premier. Elle est complètement cinglée et elle m’entraîne dans sa folie. C’est qui cette nana ?

La connaître ? Elle se colle un peu plus contre moi, ses omoplates touchant mes clavicules. Et je commence à nouveau à chavirer de plaisir, de désir. De rage. La décharge va de mon entre-jambe à ma tête, et je sers les dents pour me retenir de venir. Pas déjà. Pas comme ça. Elle se détourne finalement, se libérant de mon emprise. D’un mouvement souple, elle bondit pour entourer mes hanches de ses deux guibolles en me susurrant ses obscénités. C’est à mon tour de rire. Un rire rapidement étouffé par ses lèvres qui s’agrippent voracement aux miennes. J’empoigne son séant, enfonce mes doigts dans sa chair et la soulève pour avoir une meilleure prise. Je me laisse prendre en jeu avec un désintérêt des plus bancales. Bien décidé à prendre ce que je veux et à l’obtenir. Alors je mordille sa lèvre intérieure, m’exalte de son souffle et enfonce ma langue dans son gosier porteur de mensonges. Je sers sa lippe inférieure entre mes dents, un peu plus fort, en donnant à nouveau un coup de rein supplémentaire. Un. Deux. Trois. Son dos claque contre le mur. J’attends, j’attends qu’elle craque la première. Varie entre quelques mouvements plus lascifs, plus spasmodiques, avant de reprendre de plus belle.

Et je la sens. Cette vague, elle vibre. Pour un peu, j’en craquerai presque aussi, mais je me retiens vivement. La décollant du mur, la détachant de moi pour la laisser tomber à mes pieds, la tourner à nouveau, dos à moi, tout ne progressant vers le lit. Mon brutalement que contre le mur, je la plaque contre le lit, écarte sa jambe gauche et m’enfonce à nouveau en elle. Elle voulait un connard, elle en a un. J’aurai le dernier mot. C’est pas un orgasme que je veux lui arracher, et je sais qu’elle en a déjà eu un, mais deux. Je continue d’onduler des hanches, de mordre sa nuque en dégageant sa crinière et de gronder en sentant le plaisir me tourner la tête. Cette fois, je tiens plus. Le plaisir m’enivre et mes mains glissent jusqu’à sa taille, puis son bas ventre. Et je garde mes lèvres plaquées contre sa nuque en m’épuisant en elle. J’ai l’impression de me vider de toute cette crasse qui me pourrissait la tête, de laisser la place à d’autres saloperies. Pestilentielles. Je me fige, inspire longuement et attend de ne plus rien avoir à exulter avant de me laisser retomber, sans l’écraser. Les questions devraient alors fuser. Maintenant j’ai joui dans l’antre d’une catin.

Pourtant, rien ne vient.
Rien. Si ce n’est le néant.





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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mar 19 Juil - 5:38

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Je crois que j’ai touché un point sensible. C’est, ironiquement, la pensée qui me traverse quand il reprend les rênes de notre danse sauvage. Son emprise est étouffante, abrupte, et pourtant il s’y prend bien. Trop bien. Je sais déjà que je ne tiendrais pas face à ses assauts, que mon corps réclamera grâce le premier, pourtant je serre les dents et tente de retarder l’échéance. Je ne veux pas lui offrir cette satisfaction, parce que de ce que je découvre de l’homme, il en aura les chevilles gonflées pendant des mois. Et sa tête passera plus la porte de chez moi. Néanmoins, plus je contracte mes muscles, plus je retiens mon souffle, plus il redouble d’ardeur. Vitesse. Puissance. Témérité. Je crois qu’à un moment, ma tête heurte le plâtre, vu nos comportements de sauvageons, seulement j’en ai strictement rien à faire – parce que c’est là. Ça vient. Je cherche à le repousser d’une main plaquée sur son torse, l’autre agrippée à son épaule, je me tends à l’extrême. Je crois même que je jure lorsque malgré tous mes efforts, je me sens partir. Une ou deux insultes fusent entre mes dents collées, le goût amer de la défaite me restant sur la langue. Non, pas ce goût-là, l’autre. Dean change brusquement de position, ne me laissant ni le temps de souffler, ni le temps de refuser.

Ma démarche est presque hésitante, tant la première vague a été retenue, seulement il n’en a cure et me repousse sur le lit. Je dois probablement lui griffer l’avant-bras en tentant de me dégager, plus par principe que par réel désir – parce que j’en veux encore. Ses lèvres, ses dents sur ma nuque, sa poigne trop ferme, ses coups de rein dévastateurs. J’ai rarement connu ça. Jamais avec un client. Mes doigts se refermèrent sur les draps, je cherche une prise que je ne possède pas, emportée par ce tourbillon infernal. Qui baise qui, au final ? Je sais plus. Actuellement, l’argent est ma dernière des préoccupations. Ses mouvements se font plus brusques encore, s’ils le peuvent, m’emmenant plus loin. Cette fois je parviens à décoller mon buste du matelas, j’attrape sa nuque et le force à m’embrasser. Ses mains descendent plus bas, j’aspire son souffle à grandes goulées. Il a beau expulser du poison de ses poumons, je m’en enivre et j’en quémande toujours plus. Mon bassin se soulève, se colle, ondule, supplie. Je ne cherche même plus à me libérer, j’ai abandonné la lutte temporairement ; ce qui ne veut pas dire que je ne tente pas de l’aiguiller vers les derniers bons gestes. Mes doigts s’enroulent autour de ses poignets, ramenant l’une de ses mains vers le haut pour qu’elle se referme sur un sein, engageant la seconde dans des mouvements endiablés dans la même zone dans laquelle il plonge avec ardeur. Battements frénétiques. Morsure sur sa mâchoire. Je suis bruyante, je le sais, mais c’est de sa faute. Je jure beaucoup aussi, parce que je ne comprends toujours pas et que je déteste son obstination de cinglé. Néanmoins, pour rien au monde je n’arrêterais l’ultime cavalcade de Dean. Finalement, c’est là. La libération. La mienne. La sienne. J’ai la tête qui tourne, les idées pas très claires, le sang changé en adrénaline. Apothéose orgasmique.

J’ai pris mon pied avec un client. Deux fois. Ou plus. Sûrement plus. Et lorsqu’il se laisse tomber contre moi, je n’ai même pas ce soubresaut habituel qui consiste à éviter les embrassades – je me laisse faire, exténuée, rompue. Gavée d’un plaisir que je pensais impossible à atteindre. Son silence fait écho au mien. Pour une fois, je ne sais pas quoi dire. Donc je prends le temps de regagner mes esprits, mon souffle peinant à se stabiliser – et mon cœur a pris la tangente depuis belle lurette. D’un mouvement incertain, presque fébrile à cause de la jouissance, je me tortille pour glisser à côté. L’avantage c’est qu’il n’a pas pu apercevoir le sourire béat que j’avais quand tout est retombé. J’savais même pas pourquoi je l’avais. J’étais juste… bien. Satisfaite. Y’a bien un mot qui me viendrait, mais je le trouve tellement ridicule que j’ose même pas le penser. « Heureuse » – et j’ai presque un frisson de dégoût dans mon épiderme.

Glissant mes jambes hors du lit, je me penche vers la commode pour attraper la bouteille de whisky qui y traîne souvent. J’en bois une, puis deux longues gorgées. La brûlure a le mérite de me remettre les idées en place. Je la laisse posée sur le meuble, pour Dean, avant de me lever. J’attrape au passage mon déshabillé que je pose sur le rebord de mon bras, me dirige vers la porte donnant sur la salle de bain. Accoudée au chambranle, je me retourne pour le dévisager. Il a l’air paumé. P’têtre en colère aussi. Mais j’hausse les épaules pour me donner contenance : c’est un client.

« C’était sympa. T’oublieras pas de régler en partant, ça serait con qu’on se quitte en mauvais termes. »

Puis comme ça, je le plante sur le lit pour prendre une douche. Qu’est-ce que je pouvais lui dire de plus ? Que ça faisait longtemps que j’avais pas pris autant de plaisir avec quelqu’un ? Que c’était un connard égocentrique avec une fixette morbide ? Que je ne le voulais plus jamais le revoir, mais qu’en même temps je ne dirais pas non à un peu de sexe supplémentaire ? Non. J’suis restée professionnelle, parce que c’était pour ça qu’il était venu au final. Pas pour me connaître. Juste pour se vider et tenter d’oublier Elisa. On s’est perdus sur le chemin parce qu’on était trop bousillés l’un et l’autre. S’il se tire, c’est tant mieux. S’il paie, ça vaut mieux pour lui – je connais quelques démons qui crèveraient d’envie de me rendre des services. S’il reste… il restera pas. S’il revient… Je sais absolument pas ce que je dois en penser. Et je sais même pas si je suis prête à revoir sa tête en sortant de la douche, un jour ou l’autre. J’ai pas l’habitude de croiser des gens aussi perturbés que moi. Et Dean en tient une sacré couche.
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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mar 19 Juil - 6:41

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J’inspire. J’expire. J’ai le souffle coupé et le corps en sueur, les mains moites. Le palpitant qui se fait presque la tangente et un besoin irrépressible de m’écrouler. Elle glisse finalement sous mon buste, et je roule sur le dos en fixant le plafond. C’est étrange. Anormal. Bizarre. Déroutant. J’ai pris un pied d’enfer avec cette fille que j’ai jamais vu auparavant. Je dis pas que j’ai jamais ramené des nanas que je rencontrais dans des bars. C’était différent. Là, va falloir que j’allonge la monnaie. Et je me sens assez sale pour savoir que ce sera la première est dernière fois. C’est pas mon genre. J’ai beau faire des trucs crasseux depuis un moment, ça, c’est tout simplement pas ma came. Je pourrais encore plus facilement faire les trousses à une vieille grand-mère que de payer pour m’envoyer en l’air. Je voulais la revoir, une fois. Rien qu’une fois. Maintenant que c’est fait, j’ai l’impression d’avoir quitté un maux pour en découvrir un autre. La maladie qui m’habite a toujours été là. J’ai toujours été ce détraqué, dans le fond. Il a suffi d’une difficulté de trop, une seule, pour tout déclencher. Je la vois se lever, rouler ses guibolles hors du matelas et prendre sa chemise de nuit qu’elle glisse sur son bras. Les tintements de verre m’ont à peine interloqué. Je la fixe du coin de l’œil, alors qu’elle m’afflige d’un « c’était pas mal. » Elle me croit dupe ? J’ai déjà entendu des femmes simuler, elle, elle irradiait complètement. J’hausse les épaules, me redresse du lit et m’assoit face à la fenêtre en lui tournant le dos.

J’ai besoin d’une clope. Je tourne le menton par-dessus mon épaule, avisant le verre et le whisky. J’aime pas le Whisky. Je préfère le rhum. Je me lève, cherchant mon caleçon, mes chaussettes, mon pantalon … On en a foutu partout. Y me faut bien dix minutes pour parvenir à m’habiller correctement et pour fouiller mes poches à la recherche d’un paquet de cigarettes. J’ai recouverts mon torse avec mon t-shirt, recouvert mes nombreux tatouages ou presque. Un bout de la tête du bélier que j’ai sur l’épaule gauche et du signe que j’ai sur la droite sont encore visibles. J’agrippe mon paquet de nicotine, ouvre la fenêtre et allume rapidement mon bâton à cancer. J’ai peut-être merdé. Peut-être pas. Au fond, je m’en fous. Ouais, j’en ai rien à foutre. J’aspire, expire. La fumée toxique s’évapore de mes naseaux. A quoi bon avoir des regrets sur ce qui vient d’arriver, j’aurai regretté de pas avoir vérifié dans tous les cas. Mais cette fille là … Je me redresse en jetant le mégot, ferme la fenêtre et me dirige dans le salon. La partie la moins agréable. Je jette les billets sur la table basse, que je pioche dans mon portefeuille et me baisse pour prendre ma veste. Inutile de regretter. J’ai plus rien à perdre.

J’ai déjà tout perdu.
Autant sombrer.



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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   Mar 19 Juil - 6:41

FIN DU RP

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MessageSujet: Re: [-18] How do you want me? - Ft. Asrastée   

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[-18] How do you want me? - Ft. Asrastée
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