PRECIOUS - Marius
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 PRECIOUS - Marius

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Wilhelmina de Santis



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MessageSujet: PRECIOUS - Marius    Mer 15 Juin - 20:46


Precious and fragile things
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Et mes talons claquent contre le naphte. J’inspire interminablement le miasme inexistant de l’air frais. Les fleurs, les humains … Les veines combatives contre leurs tempes, l’impulsion qui me pousse jusqu’aux corps qui s’immiscent dans une même et seule destination.  Cette vague humaine qui m’entraîne et m’enivre. Mes longitudinaux doigts passent sur ma nuque, alors que j’inspire longuement, ma langue effleurant mes commissures gibecières. J’ai une fringale de … loup. Ironie. Un rire de gorge s’échappe d’entre mes défenses, à peine perceptible pour ceux qui n’écoutent pas. J’utilise mon index pour faire rempart contre mes lèvres, tout en me traînant à l’intérieur du club. Pour être tout à fait honnête, j’ai déjà deux bouteilles entières dans mon sang de morte. Et, le dieu de la bouteille soit loué, mes gènes surnaturels m’évitent de tomber dans le coma et mieux encore, de tanguer quand je progresse jusqu’à l’entrée. Ma démarche chaloupée et mon menton relevé confère à ma grande carcasse une allure de digne dame. Les mains dans les poches, un sourire suffisant et mes prunelles polaires tournées vers le barman, je me dirige vers une table du fond. Je sens les regards sur ma silhouette sans réellement les voir. J’éprouve une insensibilité totale pour ces misérables, comme bien souvent. Une fois attablée, je commande une bouteille qui me coûtera sûrement le salaire d’un employé humain, sans la moindre hésitation.

Je me dandine, m’écrase contre le dossier et attend ma boisson avec impatience. J’en ai vraiment besoin. Il m’arrive rarement d’en arriver à ce stade avancé de débauche alcoolique, mais la déprime menace de me bâfrer de l’intérieur. C’est absurde, mais qu’est-ce que j’y peux ? Ryodan est revenu et je ne m’y fais pas. Comment le pourrai-je, mon défunt benjamin que je vais visiter chaque semaine sur sa tombe factice Française s’avère ne pas être dans sa véritable boite mortuaire, a des kilomètres d’ici. J’en ai oublié quelque chose … J’étais bien là pour un but précis, mais quoi ? Le serveur m’apporte ma boisson, je le congédie en agrippant le goulot et le verre. L’air surpris, ce dernier me voit répandre la liqueur alcoolisée dans mon verre à vitesse grand V avant de l’engloutir. C’est odieux venant de la dame que je suis, de celle que je veux bien dévoiler d’habitude en posant les talons ici. A leurs prunelles vicieuses. Le jeune homme semble soudain mi- contrarié, mi- inquiet. Mais je m’en fous. Je baisse mon verre, mes yeux le foudroyant par-dessus le cristal.

« -Quoi ? je lance d’un ton dédaigneux, lui faisant ainsi comprendre de déguerpir.

Une bouteille vide, puis une autre plus tard, j’avise le nouveau client qui fait son entrée. Enfin, j’essaie … Je vois très floue. Je me pourlèche les babines, ayant soudain extraordinairement faim. Je m’incline en avant, posant mon verre vide et évaluant la bouts de poches sur pattes. Il faut que j’en alpague un pour l’assécher dans une ruelle. Qu’est-ce qu’on dit déjà ? Ah oui, plus de tueuse à Paris ! Pouf, morte. Tant mieux, j’ai besoin d’un massacre. D’un truc dégueulasse et sanglant. Tant pis pour la robe Dior noire fourreau qui met en valeur ma poitrine. J’en achèterai une autre. J’ai faim. Je suis à deux doigts de me redresser, quand le nouvel arrivé se plante face à moi. Je papillonne un moment, fronce des narines et tangue légèrement en me penchant un peu en avant.

- Oui ? je demande à l’importun qui semble vouloir quelque chose.

J’avais pas un client à voir ici, moi ? Oh. Je plisse les yeux, cligne plusieurs fois des cils avant de réaliser un truc. Y a deux billes bleues, froides et polaires, insistantes et troublantes. Une mâchoire carrée, très séduisante. J’y glisserai bien mes lèvres pour … Hein ? A en juger par sa silhouette et sa crinière ondulée sur son crâne, il me dit quelque chose. Je recule, me rassoit correctement et soupire longuement. C’est à peine si je distingue l’homme. Mes prunelles sont plus occupées à mater sa silhouette que son visage. J’ai la foutue impression de louper le coche. Un détail m’échappe grièvement.

- Vous êtes le client ? En toute franchise … Je baragouine d’un ton de poivrote, j’avoue avoir totalement oublié. Ca ne m’arrive jamais, mais là, j’avais besoin d’oublier un truc anormal. M’voyez ? »

Et voilà pas que je tangue de gauche à droite, montrant un caractère bien moins taciturne qu’à l’accoutumé. Bercée par la mélodie d’un quelconque classique encore et encore diffusé par les enceintes planquées dans les plantes du bar. Je me sers un nouveau verre, le lève en hauteur pour ‘trinquer’ dans le vide, et l’engloutie d’un coup, tête en arrière et chevelure rougeoyante serpentant dans mon dos.


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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Dim 19 Juin - 3:18


Precious and fragile things

La nuit s’est levée. Le néant l’emporte sur la lumière cruelle, hurle sa victoire à la lune pleine. Que les démons marchent sur le bitume, rampent les ivrognes aux dents longues, dansent les queues fournies et chasse le pieux vengeur des hommes esseulés, victimes, garde-manger. Mais oups, elle n’est plus là. Murmures sur le trottoir, la tyrannie a pris fin. L’obscurité se délecte de la liberté sous caution accordée, ce ne dura pas, ce ne dure jamais. Ce n’est qu’une bouffée d’air avant le retour sous les traits d’une autre. L’aïeul souffre de sa curiosité orpheline. L’histoire est vide. Le bouffeur de ragot attend encore inexorablement l’idiot qui se pointera avec la tête de l’adolescente, probablement blonde et aux proportions parfaites –quoique la tête ne donne qu’assez peu d’indications sur le reste du corps, enfin tout dépendra si le cou y sera toujours attaché- pour clamer sa toute puissance dans ce meurtre idiot et se faire assassiner par la prochaine. Mais non, pas d’idiots, pas de têtes de tueuse, juste le silence et l’ignorance. Ennui. Tant pis.

Marius siffle. La note enfle, les mains dans les poches, elle anticipe son passage dans les rues encore chaudes. Il est en retard. Il est en retard et il s’en fout. Le temps a perdu son emprise depuis trop longtemps. Le transylvanien passe sa langue innocemment à la plissure récoltant les traces de l’or rouge collecté plus tôt. Dans un coin, une rue indigne, traîne encore le corps désarticulé, un snack sur la route. Il s’en préoccupera plus tard. Ou il oubliera. Le sang chaud coule dans les veines froides, le goût s’attarde sur ses papilles gustatives, rien d’autre ne compte. Peut-être ainsi parviendra-t-il à s’intéresser au dîner à venir le ventre plein. Il ne sait plus pourquoi il a pensé que ce serait une bonne idée à l’époque. Une histoire de tableau qu’il voulait. Qu’il voulait même beaucoup, proche de l’obsession, sans doute parce qu’on lui avait sous-entendu qu’il pourrait lui échapper. Or Marius possédait un sens accru de ce qui devait ou ne devait pas être sien et ne laissait pas ses propriétés lui échappait. Les charmes du portefeuille se déploieront plus largement que les jambes d’une amazone des bois de Vincennes.

Il s’extirpe de la rue porteuse de songes et s’aventure dans le club choisi un peu au hasard du rendez-vous. L’endroit est huppé. Il pouvait déjà sentir les effluves de l’égo surdimensionné, la transpiration s’extirpant par tous les pores de tous les costumes trop à l’étroits qui menaçait de faire exploser la pièce, ou à défaut son odorat. Non. Étrange. Quelque chose se dégage, quelque chose de perdue. Le gentleman bâtard se met en chasse, se frayant un passage lentement entre les pathétiques. Il trie du regard froid la foule comestible, elle est là, il l’a senti à son odeur, à l’éclat de sa voix désabusée, à la claque dans la gueule de promiscuité, il cherche son exceptionnelle. Wilhelmina.

La voici, sa Lilith exposée à milles feux dans une robe trop avantageuse pour donner la moindre chance aux pauvres mortels. Elle empeste l’alcool son ange déchue. L’arrogance s’étale sur le visage, l’audace sans faille guide les pas glorieux jusqu’à l’objet de convoitise extrême. Le sursaut de la compréhension tarde, l’impatience émerge alors que l’immortel ne jouit pas de la réaction excessive espérée. « Oui ? » Insulte suprême. Le sourcil s’en souleva d’indignation. Osait-elle réellement ne même pas se souvenir de son existence ? Il se fichait pas mal de son état d’ébriété, un siècle d’absence n’excuse rien non plus. Elle devait partager son fardeau avec lui, s’ils pouvaient s’oublier, Lucifer savait que leur vie mutuelle serait bien plus simple. Moins agréables cependant. Elle baragouine quelque chose à propos de vouloir oublier. Aucun mot ne passe ses lèvres alors qu’il semble évaluer la situation, faisant taire la rage douce, l’hystérique harmonie. Ses yeux se posent comme sur un enfant.

« Ma chère » susurre-t-il en se glissant sur le siège en face de la belle ausonienne. Il admire la grâce manquée de la silhouette sans gêne. Il oublie un instant qu’elle ne pose pas ses jolis doigts autour de son cou pour la seule raison qu’elle ne le reconnaît pas encore. « Tu as certainement oublié quelque chose, oui … » Qu’il nargue le suranné voleur des fiancées dans leurs belles robes blanches de dentelles. Il joue du doigt avec le verre qu’il a volé au passage, tuant les protestations d’un regard. Vin rouge, pâle imitateur du réel nectar, mais qui reste un bon digestif. Les crocs sont rangés, les mots seuls souhaitent rallumer le feu, brûler l’édifice de haut en bas, oh oui, il veut perdre la raison à s’exalter devant sa belle folie endormie. « Quelle guerre mondiale me fera-tu tomber dessus pour m’être montré à toi cette fois-ci ? » Il se penche, l’intrépide, il profite de la paix précaire, et enroule ses doigts entre la mèche rousse tombée. Les yeux se lèvent lascivement dans ceux de la reine solitaire, le malin tentateur dansant dans les iris.

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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Mer 22 Juin - 21:27


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Deux billes de glaces, deux océans infinis. J’ai déjà vu ça. Plusieurs fois, en toute franchise. Mais jamais de cette façon-là, jamais comme ça. J’incline ma bouille bancale, gonfle ma poitrine en inspirant et m’arme d’un pauvre sourire déconfit. Ma prestance est lamentable, parce que le poids de l’accablement s’est rué sur mes épaules pour m’incliner, faire courber mon échine et plier ma silhouette plus bas que terre. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai abdiqué face à la pression des évènements. Offrant un spectacle navrant, mais salvateur. Qu’il est bon d’abandonner le contrôle pour s’abandonner au supplice du délassement. L’homme s’assoit finalement, se plantant plus nettement devant mes prunelles papillonnantes. Il commence doucement à prendre forme à mes iris embuées. L’impensable se dévoile par goûte. Toc. Toc. Toc. Une longue serre aux doigts longitudinaux s’agrippe à ma crinière. Personne ne m’a jamais touchée ainsi. Personne, sauf … Mes deux billes opalines s’élargissent. Pour le coup, j’en perds mon Italien. Mes doigts s’agitent lentement jusqu’à cet peinture que j’ai tant de fois imaginée. Dessinée, effacée. Il n’est presque plus un brouillon difforme à présent, je le vois, je le sens. Son odeur m’enivre.

Ca m'avait manqué, et ça me désole.

Mes empreintes tremblantes plantées sur sa lippe inférieure. Mon bien aimé enfoiré. Je retrousse alors les babines sur mes dents blanches dévoilées, serrées tel un étaux ferme. Ma main s’insinue sur sa joue mal rasée, puis glisse jusqu’à sa nuque. Là où j’empoigne sa crinière bouclée.

« - Tu t’es fait décolorer ? je demande d’une voix encore enivrée, sarcastique et caustique.

Mais mes vocales rouillées et rauques trahissent l’état dans lequel sa vision à présent dévoilée me met. Marius. Non. Pas maintenant. Pourquoi ? Comment ? Les petits malins d’en haut s’amusent sûrement à me torturer. J’imagine des séraphins rondouillards aux traits affilées percer nos deux crânes à chaque percutions. Sacré morceau qu'il joue là. A chaque fois que je pose mes prunelles sur cet homme, sur ce montre au sourire ravageur, une onde de colère me transporte et m’emporte. Mais elle n’efface jamais la bouffée de désire animal qui m’agrippe aux tripes, à la gorge, aux lèvres ou entre les cuisses. Un sourire narquois étire pourtant mes lippes alors que je m’approche au plus près, mon nez frôlant presque le sien. Je me pousse à lui cracher ma vilenie à la gueule.

- Aucune chérie, t’en vaut pas la peine. »

Menteuse. Putain de menteuse. Je reprend mon verre que j’achève d’un mouvement de tête, lâche sa crinière et hisse mon corps chaloupée. Mon sac à la main gauche et ma dignité de l’autre, je tangue vers le comptoir, bien décidée à fuir cet enfoiré de lâcheur. Et surtout à ne pas me retourner. Ne pas sombrer, ne pas me jeter à ses bras pour sentir son odeur entêtante.

Ne jamais, ô grand jamais se plier à mes désirs pitoyables de femme amourachée.


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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Dim 26 Juin - 0:41


Precious and fragile things

Elle est là. Il se le répète inlassablement, refrain bien-aimé aux accents étrangers et inattendu. Marius est incrédule. Marius en laisserait tomber la mâchoire et les soucoupes s’incrusteraient à la place de ses yeux si Marius n’était pas Marius. Impassible et arrogant quand la situation le dépassait, il possédait ses propres moyens de défenses, le prédateur. Et le malin savait comme l’imprévue le déconcertait, menace ultime, fait extrêmement trop rare. Lui qui s’efforçait de provoquer ce genre de petites rencontres fortuites, le voilà pris à son propre jeu. La souris se débat dans le piège avec vanité. Toutefois, la belle ne semblait pas plus au courant que lui du jeu absurde que l’univers leur faisait subir.  

Il ne peut détacher ses yeux de Wilhelmina, bien malgré lui d’ailleurs, la fascination est trop intense, trop soudaine pour être maitrisée. Il retient la mèche prisonnière, son otage, sa preuve, son absolution. Flamme entre les doigts, elle lui échappe trop facilement, encore. Le palpitant se pince, bordel, elle semblait presque innocente. Un ange passe. Mais il a dû se casser très vite en voyant la compagnie dont il avait été affligé. Il n’a pas le temps de savourer le contact timide, ni la victoire d’une Mina d’autrefois, sans rancoeurs, ni reproches. Une compagne dont la colère assourdissante se déversait avec délice sur les autres, et non sur lui.

Le touché dont la fièvre qui s’en suivait parcourait les étendues de son corps avec une familiarité vaine à ignorer s’en va de nouveau. La poigne se resserre violement à la base de ses cheveux. « Pas de préliminaires en public, mon amour, il y a des enfants. » Les tons dures de l’élégante contrastent avec les siens.
C’est fini, elle s’en va, elle ne lui appartient plus. Elle s’enfuit toujours, en cassant un immeuble ou deux au passage. Pourquoi ? Pourquoi ne comprenait-elle toujours pas ? La solitude des années pesait plus qu’il ne l’aurait imaginé, plus qu’il ne le savait même avant de reposer ses yeux sur elle.

La cruelle joue de ses charmes, le nargue de ses lèvres, de son parfum, lui tend la fleur interdite et la brûle sous ses yeux. Femme infâme.

Et elle n’est plus là, déjà, plus rapide qu’un songe d’été. Figé une seconde de trop, l’étranger se reprend bien vite, partagé entre l’envie de l’envoyer chier et de la prendre à l’entrée du club devant tous. Mon dieu, ce qu’il avait horreur de rattraper les bonnes femmes qui sortaient en furie. Toutefois, c’était elle. Quelque part, même le vampire savait qu’ils ne pouvaient s’éloigner aussi facilement l’un de l’autre, son italienne au tempérament de feu.

Ainsi, avant qu’elle n’arrive au comptoir, sa griffe se glisse à sa hanche et la force à se retourner brutalement. « Il était un temps où tu aimais danser. » Il lui souffle à l’oreille, les lèvres effleurant la peau le temps d’un soupire. Usant un peu de ses forces que le roi démon lui avait conféré le jour où il lui avait pris son âme, il entraîne sa poupée de soie entre les danseurs, ne se gênant pas pour bousculer deux ou trois couples sur son chemin.

« Wilhelmina, je m’en contrefous pas mal que tu veuilles réduire Paris en cendre pour avoir le plaisir de me voir brûler en enfer, car un Dieu là-haut se croit très malin de nous avoir fourré ensemble, alors on devrait au moins lui donner un beau spectacle. » Il la sent tenter de s’échapper, à vrai dire il a l’impression de tenir les sept enfers entre ses mains. Son pied s’égare malencontreusement sur le sien afin de la distraire un peu. L’amour fait mal, tout le monde le sait.

Le sourire carnassier revient sur les lèvres alors qu’il l’entraîne dans la foule, sa main broyant la sienne. « Dis-moi, combien de limbes doit-on traverser, combien de siècle doivent-ils donc passer pour que tu me pardonnes enfin ? » On entendrait presque la colère et l’exaspération gronder. « Tu m’as manqué, tu sais. » Il avait une façon remarquable de lui montrer en tout cas. Mais Marius n’y comprenait rien aux sentiments, il s’en voyait seulement parfois infliger et jonglait avec eux de la meilleure façon qu’il croyait possible, qui se révélait souvent la pire.

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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Mer 6 Juil - 18:10


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Je la connais, sa petite farandole. Je sais à la minute où je lui tourne le dos, me mêlant à la piste de danse en fixant l’entrée du hall avec envie et détresse, qu’il me poursuivra. Cette foutue tête de mule. On a déjà joué ce morceau en Allemagne. J’avais juré de lui crever un œil s’il avait le culot de montrer à mes rétines enragées, une fois de plus. Et il est pourtant là après plusieurs décennies, sur mes talons. Marcher rapidement sans percuter un morceau de carcasse ambulante n’est pas si aisé malgré mes réflexes, mon flegme toute vampirique. Il y avait une certaine élégance à conserver dans un endroit au standing si élevé. L’apparence est ma perte. Ma superficialité est à nouveau un lourd fardeau échoué sur mes épaules.  Je sers les dents et retrousse les lèvres quand le miasme de Marius s’échoue sur mes lippes. Je peux le goûter à distance, mes lèvres ne l’ont pas oublié non plus. Enflure. Ses doigts agrippent ma hanche, obligeant ma carcasse à tournoyer. Ma poitrine s’écrase contre la sienne alors que je retiens un juron. Nos jumelles opalines s’entrechoquent alors qu’il me faut lever légèrement le menton pour le jauger. Quelques centimètres à peine séparent le sommet de mon crâne au sien. J’ai le souvenir fugace de la joie qui m’avait provoqué la vision de Marius, la première fois. Un homme si élégant et séduisant qui me dominait de quelques centimètres, enfin un. Et non un vulgaire nabot. Je hais les hommes plus petits que moi. La pensée fugace s’envole au loin aux premiers mots soufflés par les lippes de mon amant maudit.

« -Les temps changent, je rétorque au tac au tac alors qu’il nous entraîne sur la piste, faisant tournoyer nos deux silhouettes.

On a plus l'allure d'une tornade bancale que d'un couple gracieux. Je voudrais me dégager. Mais une fois n’est pas coutume, le vieux mort affligé par les siècles fait pression sur mes hanches et use de sa foutu supériorité. Il sait que ça me rend folle.

- Et tu vas me faire croise ça ? je ronronne entre mes dents alors que notre valse bouscule quelques couples. C’est ça, ta version ? Tu l’as préparé pendant combien de temps celle-là ? C’est minable, Marius. Indigne de toi.

J’essaie encore de me dégager. L’un des pieds de mon damné écrase l’une de mes chaussures et je peste. Il vient de me broyer les orteils et de souiller l’un de mes escarpins hors de prix.

- Cesse donc ! je persifle sans rien montrer de la douleur qui m’assaille et me lance dans toute la jambe. C’est toi que je vais réduire en cendres, j’aime bien trop Paris pour le noyer sous les enfers.

Je pince mes babines rouges, lâche un râle semblable à un feulement et virevolte du menton pour éviter de croiser son regard. Je déteste être aussi proche de lui. J’ai l’impression de me fondre dans son buste, de ne pas pouvoir échapper aux pulsions salvatrices qu’il me procure. C’est comme un foutu poison. Ce ce qu’il est et ce qu’il a toujours été.

- Le pardon est Divin, je réplique en serrant les dents. Nous n’avons rien de céleste.

Les mots lâchés à la suite sont une remarquable calomnie. Mes prunelles se tournent brusquement à nouveau vers les siennes. Je les jauge, les juge. les miennes tremblent. Cherche à déceler le mensonge dans ses prunelles. A mon tour de lui écraser vivement le pied, sans aucune discrétion.

- AH ! Me ne frego ! Tu sais ce que t’es ? Uno Sciupafemmine ! je crache en faisant rouler mon accent italien. Et je me moque parfaitement de savoir s’il comprend mes expressions un tantinet baroques. Combien de femmes as-tu souillé avant de te lasser pour courir à nouveau sous mes jupes ? Qu’est-ce qu’il demande, ton foutu destin qui se joue de nous comme si nous étions des pantins ? Come ci si sente a morire in agonia, per mano del più grande sciupafemmine al mondo ? »

Je me mords la lèvre. Je viens de le cataloguer de meilleur amant du monde. Une simple flatterie qui balaiera le reste. L’air de rien, je le laisse conduire la valse, l’encourageant cependant à aller vers la sortie. Le hall d’entrée est tout proche. J’avise la petite marche par-dessus son épaule et lui folle un coup de hanche en avant pour le pousser en arrière.


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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Sam 23 Juil - 1:04


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Ça grille, ça frétille, il y a comme de la dynamite dans l’air, une étincelle un peu trop lourde, trop rutilante et boum, la mèche s’enflamme. Le lourd dans l’air pèse entre les drapées dorées et l’alcool limpide, voici que la mondanité du club surbookée dans l’élégance et la sueur retient un souffle de travers. Les statues dansent, les statues bousculent, les statues mordent et écrasent. Simulacre d’éternité qui se pavanent sur la piste de danse comme si le monde leur appartenait. La lèvre effleure le lobe, serpent atroce, Marius le connard ouvre la boîte à pandore, il répand son poison sans rien vouloir voir de ce qui se verse dans ses propres veines. La brûlure, il la connait. L’espoir au fond de la boîte, il sait bien, ce n’est que la pire des emmerdes, la pire des malédictions, c’est le vice en soi parée de ses plus belles nippes. Tentation ultime. Il la fait danser du bout des doigts mais la marionnette résiste, elle a coupé ses fils, l’affreuse. Pourtant elle ne tombe pas. Non, elle ne s’affaisse pas, le corps reste bien droit, ce doit être la fierté qui la tient sur ses deux pieds, qui lève ce menton de défi, qui lui donne envie de la croquer toute crue. Assaisonnement maison.

Le sale gosse ignore les mots jetés par les lèvres rouges. À quoi s’attendait-il ? Oh mais il ne s’attendait à rien du tout, et le voilà obligé d’improviser des retrouvailles mortelles. La main ressert un peu plus les courbes généreuses contre lui, il la bouffe littéralement du regard et il s’en fout, ça fait trop longtemps. Se concentrer, il faut se concentrer sur ses mots et arrêter de réfléchir aux sous-vêtements qu’il porte aujourd’hui, ou elle, pour ce que ça importe. Sans doute accordés à la robe, d’ailleurs. « C’est ça, ta version ? Tu l’as préparé pendant combien de temps celle-là ? C’est minable, Marius. Indigne de toi. » Prada s’habille comme le diable. Elle l’aurait presque vexé, était-ce sa faute à lui si on ne lui avait donné que quelques secondes pour regagner l’amour de sa vie ? Vie …Bref, ironie. Le menton se lève légèrement, ses étendues glaciales l’estiment alors qu’il les projette tous le deux contre un couple d’octogénaire, écartelant le pied délicat dans le processus. Il fallait bien que la guérison surnaturelle serve à quelque chose. C’est qu’il était fier en plus, un sourire carnassier plaqué sur les lippes. « C’est toi que je vais réduire en cendres, j’aime bien trop Paris pour le noyer sous les enfers. » Il pousse un léger soupire, parfois Marius se demandait si la vampire n’aimait pas mieux les capitales gorgées que les êtres devant elle. « C'est plus de sentiment pour une ville que tu n'as jamais eu pour un être humain. Je devrais vraiment considérer à rester dans le coin, cette ville doit être incroyable. Je l'aimais beaucoup dans les années 40, mais tu sais, pas la même ambiance. » Il dévoile ses dents carnassières mais il n’y a que douceur dans le creux des iris.

Et virevolte la robe. Le pardon ouvre un point d’interrogation douteux rageusement lacérée aussitôt que le bout du nez fut trouvé. Il ne comprenait plus, Marius, toute la colère qui s’était accumulé. Il ne voyait que l’éternité qui se profilait et une seule femme digne du bras princier. Une seule femme pour durer. La créature unique, malheureusement. Ses doigts remontent dans le dos, caressant avec délice le fin tissus, proférant les mots maudits. Manquer, perdre, rompre, faillir, tout, tout, foutu oxymore. Il a oublié de mentir. Elle aussi. Mais il n’entend rien que ce qu’il souhaite. Et les nuages passent sur le visage, les notes rauquent grondent plus fort. « Parce que tu n’as eu aucun amant depuis moi, signora ? Aucun jouet pour te distraire dans tes draps froids ? Tes cuisses sont-elles restées fermés durant toutes ces longues années ? L’hypocrisie ne te va pas au teint, bella. » Il l’attrape à la nuque, renversant un déluge de mèche rousse sous ses doigts, mais la prise se transforme en caresse, faiblesse d’un désir coupable. « Tu sais bien ce que je veux, ne me le fait pas dire. » Qu’il ajoute dans un murmure. Parce qu'il n'ose plus, parce que ça ne marche plus, qu'elle se dérobera et qu'il ne gaspillera pas ses mots-là.

Lorsque le sieur relève la tête ce n’est que pour apercevoir la sortie bien plus proche qu’il ne pensait. Avant de ne pouvoir esquiver aucun geste, la colombe le repousse violemment et déploie ses ailes en direction de la lumière bénie. Le bras s’étend mais n’attrape qu’un bout de tissus. La voilà dehors, déjà. Trop tôt, trop de non-dits, et diable non, il n’attendrait pas une prochaine cinquantaine pour la revoir. Les pas la poursuivent, encore, prenant tout de même le temps d’attraper son manteau, et il s’en veut déjà terriblement. Le changement de température le touche à peine. Dans l’obscurité, il ne met qu’une seconde à la retrouver. « El più grande sciupafemmine al mondo, hmm ? » Les accents joueurs de l’espiègle de l’insouciant sont revenus. « Tu n’es pas mal non plus … » Il se tient à distance prudente cette fois-ci, les deux mains enfournées dans ses poches. « Je veux voir le tableau. Est-ce que tu me croirais si je te disais que j’y tiens réellement ? Une toile très vieille, très rare, incroyablement belle et étrangement sexy. » La lyrique métaphore s’interrompit violemment sous l’interruption incroyablement impolie d’une boule de plume qui ne trouvait rien de mieux à faire que de venir s’éclater contre le crâne décrépi du vampire. Voilà qui repartait seulement pour mieux revenir, le pigeon tâchant de picorer sa carcasse. « Cacat împrastiat ! » L’injure est sortie toute seule et se retrouve bientôt accompagné d’un stylo sifflant dans l’air qui empala la pauvre bête contre le mur opposé. Vlad III serait tellement fier.

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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Ven 26 Aoû - 15:51


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Et le voilà qui me fait un cours d'histoire.

« - Je te remercie, mais je connais très bien Paris ! Je grimace en valsant dans ses bras. Sa foutue poigne de fer qui m'accable. La suite de son interrogatoire – parce que c'est ce dont il s'agit – m’embarrasse plus encore.

- Pas autant que toi ! Je grogne en le foudroyant du regard. Tu batifoles avec tout ce qui bouge.

Littéralement. Et je me fiche d'avoir l'air jalouse, il sait pertinemment que c'est dans mon caractère. J'ai l'hémoglobine qui bouille dans mes veinules polaires.

- T'as fini par craquer et par culbuter une chèvre ? je lui demande avec humeur, un brin vulgaire, certes. Un sourire hypocrite collée à mes babines carmin.

Mais c'est bien mérité. Sa pan-sexualité m'a toujours laissée … Mitigée. Qu'il aime les hommes a toujours eu un certains charme. En fait, ça m'avait souvent fait un drôle d'effet de le voir en draguer certains avant de les croquer tout cru. Ou de me les laisser. Leur sang était toujours plus grisant après. Pratique, lorsque par caprice, je jetais mon dévolu sur un homosexuel insensible à mes charmes.  Mais qu'il s'attaque à une démone avec trois cornes sur la tête et un vagin bizarrement placé ? Bien moins. Ces enflures nous insultent en permanence de déchets, de démons mineurs. Ca frôle l'absurde. Je sais que je me laisse emporter par des songes sans queue ni tête, mais c'est toujours mieux que d'avoir à le supporter, lui. Le Marius de maintenant. Le lâcheur. Le voleur de dames en blanc, le prometteur de fausses promesses. Mes mots finissent par dépasser mes pensées alors qu'on atteint enfin la sortie, j'en profite pour m'extirper de sa poigne, fonçant dehors. Et le voilà qui remet le tableau sur le tapis. Et j'ignore superbement sa première question.

- Sérieusement ? Tu vas me faire croire que tu ne savais pas à qui tu t'adressais et que ce n'était pas une ruse stupide ? Parce que c'était plus pitoyable encore que ta première tentative !

J'enrage en levant les bras en l'air. L'alcool ne me fait pratiquement plus aucun effet. Viens alors la scène la plus absurde que j'ai jamais vue. Comprenant un scénario avec Marius, en tout cas. Un pigeon qui l'agresse et lui laisse des plumes. Pour le coup, j'en oublie ma rage salvatrice pour lâcher un rire dévastateur. A moins que ça soit l'inverse ? Le voir se débattre ainsi me provoque une infime satisfaction. C'est ridicule.

- Oublie ce que j'ai dit pour la chèvre, ce pigeon t'adore bien plus ! »

Mon sourire s'efface pourtant rapidement.
J'ai trop baissé ma garde.

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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Mer 28 Sep - 23:34


Precious and fragile things

La langue se délie comme jamais elle ne se délie avec elle. Le silence lui est insupportable. Pourtant, la musique les transporte, lui perce les tympans, les bruissements des conversations se tordent jusqu’à lui, mais c’est son silence à elle qui le tue. Ce qu’elle ne dit pas entre les mots vains. Ce qu’il veut lui arracher mais qu’il perçoit à peine maintenant. Elle le torture et elle s’en fiche, à se tortiller pour s’échapper comme un oisillon entre ses doigts, il n’a aucun pouvoir sur elle et ça le tue.

Rah, l’hypocrite, la tortionnaire, le lit dorée en a donc vu passer à foison des amants inconscients. Éclat rouge dans les pupilles, sa jalousie ne représentait rien, n’excusait rien, le raisonnement lui passait au-dessus des esgourdes, elle a fauté et plus d’une fois.
Ses propres erreurs de parcours lui paraissaient si insouciantes et innocentes en comparaison. « Je m’accommoderai sans plus de problèmes de la chèvre, très chère, je t’ai eu toi. » Qu’il peste dans son calme olympien, preuve s’il n’en faut que le volcan est sur le point d’exploser.

Personne ne sait pousser ses boutons comme l’Italienne. Elle assassine son égo par coup précis, aveuglée dans sa rage de vengeance. Mais ça l’obsède : l’a-t-il perdu son ingénue ? Une chèvre … Il sourit de tous ses crocs. Qu’elle a toujours eu horreur de son penchant à faire les yeux doux aux créatures les plus étranges, mais il ne voit juste pas la différence, le salaud gentlemen.

Changement de tableau. On trinque le club huppé pour une rue, à défaut d’être mal famée, déserte. Le serpent fait miroiter l’objet promis pour retenir sa belle encore quelques secondes. Une peinture inestimable, Marius serait également bien aise s’il pouvait empocher son dû en même temps que les coordonnées parisiennes de Mina.

« Tu me connais Mina, si j'avais su que tu étais à Paris, nos retrouvailles se passeraient dans un endroit bien différent et dans des circonstances dont tu ne te remettrais pas. » Monsieur est adepte du grandiose, du contrôle, du minuté. Cette soirée le sortait de son confort aux grands airs, il en peste qu'elle puisse imaginer qu'il en soit l'investigateur. « Par contre, je commence à me demander si ce n’est pas toi qui a mis cette petite rencontre sur pied. Tu as tellement apprécié me rejeter la dernière fois, ça ne m’étonnerait pas que tu ais voulu remettre ça. » Bien sûr que c’était ridicule, mais pas moins que la situation.

Et affreusement moins que ce pigeon qui décida de mener sa croisade contre le vampire, rapidement empalé sur le mur d’en face. Une plume encore posé sur le haut du crâne, il la regarde, abasourdi, rire à gorge déployée contre son égard. « Oublie ce que j'ai dit pour la chèvre, ce pigeon t'adore bien plus ! » Sourire indulgent qui s’égare sur tes lippes.

« Ha ha, c’est ça, rit donc ! C’est une espèce mesquine, tu sais. » Ses guibolles en ont profité pour s’approcher tandis que les doigts passent dans ses cheveux pour enlever les traces du passage volatile.
Ses émeraudes se plongent dans l’océan des siens. Et cette électricité qui les caractérisent si bien. « Un Véronèse, je crois ? » Il ne lâche pas l'affaire, l'idiot. Le miel au bout de la langue, il tend la patte pour mieux se la faire battre. Est-ce qu’il n’apprend jamais ?


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MessageSujet: Re: PRECIOUS - Marius    Jeu 20 Oct - 13:51


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Il insiste, allant contre ma propre volonté. Tortionnaire caché sous de si beaux traits. La brutalité de son regard contraste toujours autant avec les traits de son visage. Je ne l'ai pas oublié, je n'ai oublié aucun détail de son anatomie, d'ailleurs. Je souffle longuement, l'amusement fugace est passé, et je reviens à la réalité. A moi-même. Je lui en veux, et ça ne risque pas de se tarir de si tôt. J'ai la rancune coriace. Je grince des dents mais conserve le port droit. Menton levé, je le jauge comme pour évaluer la fiabilité de ces dires. Il prétexte le désir de voir la toile, mais ne je suis pas idiote au point de le croire. Certes, il veut ce fichu tableau et je le comprends. Aucun de nous n'étais censé tomber sur l'autre, ce soir. Et même jamais. Mais nous voilà coincés pour la nuit au moins, et je lâche un soupire résigné.

« - Véronèse, oui.

Je pince mes babines vermeilles. Il a choisit un peintre Italien que j'ai toujours énormément apprécié. Je lui fais signe de me suivre, l'air bougon et les mains dans les poches. J'ai oublié mon manteau à l'intérieur, mais je m'en moque. Mon nom est dessus et je suis une bonne cliente. Mes talons claquent contre le bitume alors que j'ignore prestement mon ancien amant et créateur. Le second titre, il le gardera à jamais. Je ne peux le nier, Marius m'a faite. Les rues de Paris dorment à peine, et toutes ses lumières éclairent nos hautes silhouettes. A nos pieds et dans notre dos, j'imagine aisément nos ombres se joindre en souvenirs d'un passé pas si lointain, pour deux vielles carnes comme nous. A présent, mon sire a atteint la barre des 500 ans. Et je déteste admettre ce sentiment de petitesse qui n’empoigne à chaque fois qu'il est à mes côtés. A mes côtés …

Je ne m'y fais pas. Comment est-ce possible, qu'en l'espace de quelques instants, je retrouve mon frère et mon Sire ? Soit on me joue des tours, soit ils sont de mèche. Je secoue le menton, pivotant vers la droite sans prévenir Marius. Au fond de moi, j'espère le semer. Mais c'est un espoir vain. On ne sème pas un démon comme lui. Il est partout à la fois. La preuve, moi qui croyait qu'il était retourné dans ses foutues Carpates... Les questions me brûlent les lippes, mais je les retiens. Non sans difficulté, j'extirpe des clefs de ma poche et m'enfonce dans une petite ruelle. Impossible de joindre ma réserve sans passer par ce petit coupe gorge. Combien de fois ai-je été à deux doigts d'en égorger un dans ces boyaux de briques ? Trop. Et pourtant, j'ai toujours su retenir ma soif. Inutile de prendre des risques aussi près de ma galerie. Cette petite chose possède trop de ma fortune pour que je la sacrifie. Je jette un coup d’œil à mon « client », avance doucement vers la minuscule porte en bois bien entretenue et enfonce la clef dans la serrure.

La cours possède un certain charme. Ronde, comme un cul de sac. Ornée de plusieurs portes et fenêtres aux balcons florissant. Des dizaines de lianes de feuilles tombent du ciel. Au sol, sur les dalles, on peut même admirer une petite table où j'aime me poser entre deux ventes et négociations importantes. Ou parfois même effectuer quelques recherches, ensevelie sous une montagne de livres anciens. Le tout possède un certains charmes simples qui dénote avec mes apparats et la boutique que je dirige. J'ouvre la porte en sortant de mes songes, et invite le Roumain à entrer dans la réserve à l'odeur du neuf. Je ne l'invite même pas à faire attention à la marche. J'espère trop le voir se croûter comme un vaurien.

- Ne fais pas attention au désordre, jamais personne ne rentre ici à part moi en général.

La pièce est pourtant loin d'être désordonnée. Mais j'ai mon propre opinion sur le rangement. J'avance tranquillement parmi les toiles protégées sous des tissus de lin et agrippe le cadre d'une immense toile portant l'étiquette au nom de Véronèse.

- C'est l'original. Quand j'y pense … J'aurai dû avoir des doutes. Une mise en scène de la mort du Christ. C'est toi tout craché. »

Je retire la toile et un voile de poussière s'évapore dans l'air.

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HJ; j'ai improvisé pour la toile, hésite pas si c'est pas celle que tu voulais.

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