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MessageSujet: Hello from the other side   Sam 4 Juin - 21:28


 
Hello from the other side Ft. Mina & Ryodan
 
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Paris. Sans la nécessité de m'y rendre, je n'y aurais sans doute jamais remis les pieds si rapidement. C'est à Londres que j'ai terminé il y a de cela des siècles. A Londres que l'on a prétendu que j'avais fini par crever sous la folie d'une âme tourmentée par la mort de sa fille. J'ai sans doute fait se parjurer ceux qui ont pu autrefois le jurer.

Paris. Première visite officielle depuis des années. Les évènements le réclament. La tueuse a disparu. Le monde, à nouveau, semble sur le point de vaciller. Routine coutumière quand la gueule béante du mal est prête à dégueuler ses rejetons ici-même. Ne vous y trompez pas. Les choses n'ont jamais été ainsi. Peut-être est-ce la raison de ma sortie nocturne dans les rues parisiennes. Je ne risque pas grand chose, si ce n'est la souffrance, ce qui fait que j'assume mes pas solitaires sur le pavé.


Paris. Les pas de l'observateur maudits ne résonnaient même pas dans ces ruelles, ou d'une manière trop sourde pour le commun des mortels. Affublé d'un long manteau sombre, et de cette chevelure à peine coiffée, il avait passé une partie de la soirée dans un bar à cuver son verre et à écouter ce qui pouvait bien se dire et se souffler. L'humanité est assez sournoise pour dissimuler en son sein divers prédateurs, mais aussi des amateurs de ces derniers. Ryodan n'a, de son côté, jamais vraiment compris quel attrait si fabuleux les vampires et autres créatures mystiques pouvaient avoir sur les humains. Peut-être est-ce parce qu'il a vu lui-même la plus abyssales des ténèbres rôdant autour de sa fille, qu'il n'y est plus vraiment sensible. Ofelia restait un sujet délicat qu'il n'abordait jamais. Bizarrement, moins que le reste de sa famille qui avait pu vivre aussi naturellement que le monde le permettait, mais les dévots du mal ne s'étaient pas faufilés jusqu'à eux. La mort de son aînée les avait éloignés, guidés vers une autre jouvencelle, sacrifiable selon le conseil. Positionnement que Ryodan ne partageait pas avec ses confrères. Il fallait les préparer, les aider à affronter le mal, et non pas les précipiter vers les ténèbres têtes baissées. Il cherchait, fouinait. Ce n'était pas ici qu'il découvrirait une potentielle. Ou peut-être que si. Après tout, si on ne les trouvait pas, c'était aussi peut-être parce que l'on ne cherchait pas aux bons endroits. Néanmoins les quelques informations qu'il avait pu récolter ne l'avaient pas conduit vers l'une de ces jeunes filles.

A la place, il avait fini par juger que l'heure tardive ne méritait pas qu'il y reste plus longtemps, puisque de toute façon l'établissement allait fermer. Alors il s'était décidé à rôder dans les ruelles lugubres, à la recherche de monstres à observer, voir à détruire, ou bien encore à inclure dans une mission. La situation était suffisamment désespérée pour que tous les coups de main soient bons à prendre. Tous... Un cri. Ténu. Presque étouffé, perdu dans le silence environnant. Un autre. Alors qu'il sentait ses poils se hérisser sur chaque parcelle de sa peau tendue. Il savait qu'un autre, à sa place, trop humain, n'aurait rien perçu, mais les sanglots trop distincts lacéraient son esprit pour y ancrer un fil d'Ariane ne pouvant conduire ses pas que dans cette direction. Le cœur qui pulsait à l'intérieur de son poitrail. La respiration plus sourde qui clamait sa subite concentration. Il restait humain. Il n'était que cela. Terriblement. Sa malédiction ne lui avait pas arraché cette partie de lui-même, simplement l'incapacité à vivre la vie qui aurait dû être sienne, et la mort qui aurait dû le trainer sur l'autre rive la même nuit que le démon jeteur du mauvais œil. Il en était certain à présent, le sang, son sang, il y en avait eu bien trop pour qu'un simple humain s'en sorte. Il n'y pensait même pas à cet instant, à cette vie dénuée de la saveur véritable, quand la mort n'était plus capable de rendre chaque seconde si précieuse. Pourtant, il y avait une vie en difficulté, lorsqu'il déboucha dans cette impasse, refuge en retrait, donnant sur un bâtiment pourri jusqu'à la moelle. Sous l'éclairage bancal, il s'y introduisit, suivant toujours ces souffles saccadés fardés de sanglots et de suppliques étouffées.

Chemins tortueux, canapés moisis, seringues abandonnées, sang séché, nécroses des chairs, sperme séché, capotes usagées. Le squat embaumait l'odorat trop précis du maudit de toute sa puanteur, plus encore que les déchets, c'était la vision qui se dessina sous ses yeux qui retint ses pas. Il aurait pu tomber dans un piège. Il aurait pu arriver dans un repère. Il aurait pu... risquer sa vie ? Cela faisait bien longtemps qu'il savait qu'il ne risquait rien que la douleur et l'abysse de la folie tout prêt à l'engloutir à mesure qu'il flirtait avec lui. Un diable ayant pour victime un enfant. C'était la scène qui s'incrustait à ses rétines, maltraitait sa vision trop précise, sa mémoire déjà chargée d'horreur, et son odorat qui ne manquait rien du stupre et des larmes salées qui embaumaient l'air. Ses doigts se contractèrent, ses poings se refermèrent à en maltraiter ses paumes, mais s'il s'apprêta à faire un pas dans cette pièce, un autre parfum chatouilla ses narines. Vaguement familier. Vaguement différent. Vaguement caractéristique. Il poussa sa vision à scruter la pièce... un piège ? Ce fut à cet instant de ses pensées qu'elles se suspendirent, de même que sa respiration. Incapable d'un geste. Incapable du moindre soupir. Ses iris s'étaient abîmés sur le sable brûlant d'une chevelure trop rousse, sur cette peau si pâle qui aurait dû croupir dans les ténèbres des faucheuses depuis des siècles.

Mina. Était le seul mot, la seule réalité qui parvenait jusqu'à mon esprit. Je sais que j'avais perçu le mouvement avant son odeur, mais mon cerveau l'avait analysé autrement. Tout comme il semblait vouloir refuser l'évidence que j'avais sous les yeux. Partie. Morte. Elle m'avait abandonné autrefois. Moi et ma famille. Et elle se tenait là, de l'autre côté de la pièce. Cette silhouette qui captivait mon attention alors que je l'observais s'approcher. Pas de moi, mais d'un autre monstre. Mina.



 
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MessageSujet: Re: Hello from the other side   Mar 7 Juin - 9:18



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1624 – Angleterre.

Mes yeux observent obstinément la fenêtre. Je la vois qui s’agite dans tous les sens, si grande … C’est une jeune femme à présent. Sa crinière rousse est l’égale de la mienne.  Mes doigts glacés tordent mon mouchoir tandis que je retiens un nouveau flot de larmes. Une vraie avalanche lacrymale.  Ryoden aborde cet éternel air sombre, morose, si sérieux … Cet imbécile me manque. Ma crinière rousse perchée en hauteur forme un chignon impeccable, tandis que mes joues humides déforment mon faciès à la peau pâle. Mon cœur bat à tout rompre dans ma cage thoracique. Une main plus froide que la mienne se pose sur mon épaule, et je me détourne lentement. Les deux billes polaires de Marius m’observent. Il m’a encore retrouvée …
« - Emmène-moi en Angleterre, disais-tu, commence-t-il dans une très mauvaise imitation de ma personne en s’installant à mes côtés. J’ai toujours voulu découvrir le pays … Pff. Toi qui déteste les climats froids, je me doutais bien qu’il y avait anguille sous roche, réplique-t-il avec sarcasme.
- Marius …
Mais l’un de ses doigts effleurent mes lèvres. Je sens la lassitude dans son regard.
- Ta nièce est la tueuse, mes doutes étaient plus fondés que je ne le pensais moi-même. Les humains sont dangereux pour moi. Mais elle ...
- Et moi ? Ne suis-je pas humaine ? Je réplique d’un ton courroucé, prête à me lever pour me retirer de sa vision. Pour le moment, il m’agace. Je suis dans tous mes états, l’émoi me ronge de l’intérieur.
Je la vois, cette désolation dans ses prunelles polaires. Je jette un dernier regard à Ofélia et Ryodan, ils ne peuvent pas me voir d’où je me tiens. Mais un nouveau sanglot m’échappe. Ma petite Ofélia … Mon pauvre frère. Voués à une vie de désolation et de mort. C’est tout ce qui les attend, j’ai bien été informée sur le sujet. Ces filles ne survivent jamais bien longtemps. Je sens les bras de mon amant qui m’étreignent alors que je me laisse glisser mollement.

Le destin est cruellement ironique.  

1990 - Paris

Je m’empare d’une bonne bouffée d’air obsolète. Mes poumons morts se remplissent, ma main aux ongles rougeoyants se pose devant mes narines, tandis que je retiens une complainte écœurée.  Où-est-ce que j’ai atterri ? Je râle intérieurement, sans extérioriser ma désapprobation. J’ai fouillé tous les recoins de cette fichue ville à la recherche de mon bien. Et voilà que ma quête me mène à un foutu repaire de camés. Ces pauvres mortels insipides et brisés … J’observe d’un œil morose leurs carcasses allongées, leurs sculptures sveltes et couchées sur des tapis rongés. Quelques rats galopent à droite et à gauche, dans l’espoir de dénicher quelques bonnes friandises. L’endroit est loin d’être propice à ces petits rongeurs. L’un d’eux grimpe sur mon pied, renifle la chair dépassant de ma chausse et s’enfuit en un couinement terrifié. Les proies sentent les prédateurs plus vite que ça, d’accoutumé. Je soupçonne l’odeur de plus en plus forte. Le miasme d’un cadavre m’agresse les naseaux alors que je progresse dans ce sanctuaire de débauches. Diantre, mes pas m’amènent à un tombeau ouvert, et certainement pas jusqu’à mon saint-grâle.

Mes pieds poussent mon corps à faire volte-face. Inutile de rester ici plus longtemps, les services de Rachel me seront bien plus utiles. Elle est douée pour faire le sale boulot sans trop broncher, bien plus douée que moi. Je préfère aller me vautrer dans mon luxe. Je lâche un dernier râle de frustration, avant de me détourner de la ruelle sordide. C’est là que je l’entends. Le cri. Un cri d’enfant. Mon sang mort aurait pu ne faire qu’un tour dans mes veines. L’alerte sonne dans mon crâne comme un coup de massue, mes bras nus se tendent, dévoilant leur musculature légère. Mon odorat sent cette douce saveur qui excite habituellement mes papilles. Le fauve en moi se délecte, le démon veut se repaître. Mais quelque chose en mon sein se meurt. De la peur. La peur d’un enfant. Je jure entre mes lippes, faisant demi-tour dans cette satanée cage mortuaire pour piquer un sprint. Mes talons volent derrière moi, tandis que je m’en débarrasse avec flegme. Toute vêtue de noire, je ne me fonds pourtant pas dans le décor. Ma crinière de feu est une alerte à elle seule. Je file à toute vitesse, mes pieds nues écrasant l’asphalte humide.

Tout ce qui m’importe à l’instant, c’est sauver le gamin qui hurle à la mort. Alors que j’arrive sur place, je les vois. Un simple humain agressant son comparse miniature. Un pervers ? La rage voile mon regard d’un rouge carmin alors que mes prunelles virent au doré. La liqueur vermeille du petit être coule le long de son bras gauche, marquant un contraste parfait entre sa peau de lait et son hémoglobine. Je fais taire la soif qui me submerge, l’envie déchirante d’attaquer son épiderme et de plonger mes doigts dans cette carcasse organique. La bête n’a jamais eu raison de moi. Ma pauvre coquille dépourvue d’âme ne m’a jamais fait ce défaut-là. Je retiens pourtant l’air et bloque mes narines. Contraignant mon odorat avant d’avancer d’un pas rapide vers l’homme qui s’acharne sur le gamin, déchirant ses vêtements à la hâte dans l’espoir d’effectuer sa besogne au plus vite. Le dégoût que j’éprouve est sans limite. Mes doigts viennent s’écraser sur la gorge de l’horreur sur pattes, mon bras soulevant sa misérable carcasse d’une facilité infantile. Je l’entends qui gueule, qui se débat et qui geint. Je sais que mon visage s’est dévoilé. Le véritable, l’affreux, l’hideux.

Il voit en moi le monstrueux. La chose qui s’est emparée de moi à ma mort. Le virus qui fait de moi un hybride inférieur aux yeux des autres créatures.  Mais je sens ma toute puissance écraser les petites veines de ce misérable. Sous l’impulsion et l’action, je n’ai pourtant pas sentie cette chose. Cette odeur. Ma crinière rousse fait voile sur mon faciès tordu, tandis que je tourne lentement le menton vers l’homme qui se tient face à nous. Allure bestiale, animale et sauvage que je lui offre. A lui, l'inerte, figé sur place et perché sur ses deux guibolles.

Ryodan.

Je le revois, cette nuit-là. En Angleterre, observant sa tueuse de fille. Seul et désarmé face à tant de pouvoir entre les mains d’une créature si jeune et fragile. Mes doigts se pressent sur la gorge du malin qui tentait de violer l’enfant à mes pieds. Je l’entends qui sanglote. Mon cœur mort est déchiré. Mais ma face bestiale déforme mes traits perturbés. Il ne peut voir le conflit qui règnent en moi, il ne peut voir que le démon, l’animal enragé. C’est ainsi que je décide de laisser tomber l’immonde salopard tombé dans les pommes, avant de retrouver mon faciès humain. Pas pour Ryoden, pour l’enfant. Je me penche doucement, agrippant le petit être à peine âgé de dix ans, mes prunelles rougies par la crainte et l’effroi observent le garçon. Il est craintif, partagé entre la terreur de mon acte et son réconfort.

« - Va voir le gentil monsieur … je souffle doucement en essuyant les larmes du petit. Je suis désolée de t’avoir fait peur … Le monstre ne t’embêtera plus jamais, je te le promets. »

Je lui adresse un sourire, le plus beau que je possède, et le visage du gosse s’illumine légèrement. Je le vois se redresser tant bien que mal alors que je limite, gardant mes mains proches de son petit corps ankylosé. Je le vois fixer Ryodan. Hésitant entre mes bras et les siens.

Ryodan.

Il est difficile pour moi de conserver mon calme. Difficile de pas fondre en larmes. Il est vivant. Comment, pourquoi ? Par quel sortilège ? Je le sens, il est humain. Son palpitant tambourine. Je l’observe, espérant le voir encourager l’enfant à le rejoindre. Il a besoin de soins, et moi de m’enfuir d’ici à toute vitesse. Je ne sais pas ce qui me prend. Ce n’est pas dans mon caractère, contrairement à ma première fuite. J’affronte toujours tout, quoi qu’il m’en coûte. Un seul moment de faiblesse, et tout avait basculé. Mais Ryodan sait ce que je suis, il a compris. Que va-t-il croire ? Je laisse le cruel destin en décider, tandis que mes prunelles opales observent mon petit frère.

Vivant, bel et bien vivant.






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MessageSujet: Re: Hello from the other side   Mar 7 Juin - 22:32


 
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Vivante. Alors que je la croyais morte. Elle qui nous avait fui, autant que son futur époux. Mais nous plus que l'autre, puisque je n'avais jamais eu de nouvelles. Jamais. J'avais fini par la croire morte. Mais...

Ses prunelles ne parvenaient à se détacher de cette silhouette trop familière, au parfum qui l'était tout autant, pour des raisons différentes. La vision de ses doigts capturant le monstre trop humain, la démonstration de sa force... tout venait hurler à ses oreilles devenues trop sourdes durant une seconde, ce qu'elle était. Un monstre. Il n'y avait là aucun doute à avoir, sa propre éternité était une hérésie contre laquelle il avait cessé de luter intérieurement, sans réellement se l'avouer. Mais tous les autres, n'étaient que cela, des monstres, ayant le besoin de se nourrir de sang, ayant la nécessité de faire du mal aux humains. Pourtant, la chevelure rousse venait de s'attaquer à la même proie que Ryodan s'était brièvement choisi un peu plus tôt, et ainsi sauver le gamin qui se trouvait à leurs pieds. Pourtant, à cette morne seconde, où il restait insensible aux cris du pédophile impuissants, il ne portait que trop bien le nom qui était le sien, ce statut d'observateur qu'il se trainait depuis des siècles. Et puis ce mouvement dissimulé par les flammes de sa chevelure. Le visage dissimulé, le regard qui se croise sans réellement le faire. Il ressentit ce frisson presque inaliénable de la rancœur tenace qui brûlait au fond de lui, qui se mêlait à ce plaisir de la savoir en "vie".

Le premier monstre fut à terre, inconscient, et Ryodan eut ce mouvement, presque imperceptible vers sa sœur retrouvée, et le gamin vers lequel elle venait de se pencher. Un pli barrait son front. Son cœur se fracassait contre son buste, assourdissant le reste du monde en pulsant à ses oreilles. Mais le moindre de ses muscles s'étaient tendus, prêt à agir. Il n'était pas une tueuse, mais il savait se battre, et bien évidemment, il savait qu'il ne risquait rien. Du moins rien de permanent. Affronterait-t-il sa propre sœur ? Il n'était, à cette seconde trop précise, même pas capable de savoir ce qu'il comptait faire, ou même sur quelle venelle ses pensées tenteraient de l'entraîner l'instant d'après. Pourtant, il ne fit pas un geste de plus, parce qu'il les reconnut, ces gestes protecteurs qu'elle avait pu avoir avec ses propres enfants, ré-ouvrant une fenêtre sur un passé maladroitement enterré pour ne pas devenir fou, pour ne pas offrir ce redoutable plaisir à la créature qui l'avait maudit. Mina n'avait jamais été si douce qu'avec ces petits êtres dont il avait dû se séparer, et celle qu'il avait perdu. Un tourbillon de sentiments et de ressentiments naquit au fond des entrailles de celui qui se traînait cette foutue malédiction qui le faisait encore tenir sur ses deux jambes aujourd'hui, un palpitant enragé pour plus ancien compagnon.

« - Va voir le gentil monsieur … Je suis désolée de t’avoir fait peur … Le monstre ne t’embêtera plus jamais, je te le promets. » Les mots lui parvinrent. Il savait ce qu'ils signifiaient. Il savait, et il se noyait sous un sarcasme rancunier aussi brûlant que la joie de la retrouver cette sœur qui parlait de lui comme d'un "monsieur". Plaie béante. Purulente. Elle l'a abandonné. Elle le fera encore, lui murmura une petite voix à l'arrière de son crâne. Après tout, elle n'a jamais donné de nouvelle, n'a jamais repris contact. Et elle est ... un monstre... mais un monstre toujours sur cette foutue planète qui ne s'arrêtait jamais de tourner, quoiqu'il se passe. Prunelles contre prunelles, le maudit n'esquissa pas un geste d'invitation pour l'enfant, ne délaissant son attention qu'à sa sœur, tandis qu'un pli chargé d'amertume vint étirer ses lèvres. « Gentil monsieur ? » offrit-il avec sarcasme, tandis que ses poings se refermèrent avec âpreté et rancœur. « Qu'est-ce que tu en sais, Wilhelmina ? » La colère enflait, brutale, sournoise, tandis qu'il renoua avec facilité avec leur langue maternelle pour la suite de son discours. Dédaignant le français pour l'italien, la haine louvoyant derrière ses accusations. « Ça fait quoi ? Un peu plus de trois siècles que l'on ne s'est pas vu. Ou devrais-je dire, que tu es partie sans nous donner la moindre nouvelle. Que tu nous as égoïstement abandonné ! » Laissé dans l'ignorance totale de savoir si elle était vivante ou non. Le privant du soutien d'une sœur qu'il n'avait jamais réellement comprise, trop froide et distante avec lui. « Et tu crois que tu me connais encore ? Oh Mina... as-tu seulement une idée de ce que ma vie a été après toi ? » lui demanda-t-il en renouant avec le français d'une redoutable facilité qui donnait à saisir qu'il ne s'était pas tourné les pouces durant ces derniers siècles. Mais loin d'être l'étalage de son savoir, il avait simplement réalisé qu'il avait changé de langue, et qu'un enfant traînait entre les jupes de sa vampire de sœur. Lâchant un soupir, comme un moyen de briser, d'entraver la rancœur que son être tentait de vomir après toutes ces années, en réalisant... Non, il l'avait toujours su, mais les siècles semblaient vouloir intensifier la haine qu'il éprouvait pour l'absence persistante sous l'éternité nécrosante. Rouillé. Il avait évité les gamins, de s'y attacher, de renouer avec les êtres auxquels il s'attacherait bien trop pour les voir crever en un claquement de doigts. La plupart du temps. Malgré quelques exceptions et quelques tueuses. Il s'accroupit pour se placer à la hauteur de l'enfant, déposant un regard adouci... « J'ai crié, après la dame, pas après toi. Je l'ai connue, il y a longtemps. » Ironie des mots, frivoles. Il glissait ici ce terme comme s'il ne s'agissait que de la vengeance puérile d'un être plus que centenaire. « Viens. Éloigne-toi d'elle. C'est pour ça qu'elle veut que tu me rejoignes, parce qu'elle est dangereuse. » Elle, le monstre aux canines acérées.

Qu'il lui offre l'opportunité de se dédouaner à nouveau d'une situation, à abandonner, une nouvelle fois, ce frère que je restais mais dont elle semblait ne rien avoir à faire. Elle précipitait presque le gamin entre mes bras, sous ma protection, sans plus rien savoir de celui que j'étais devenu. Trois siècles, c'est long pourtant. Trois siècles à subir la mort et la malédiction, les flammes et les blessures, l'éternité maudite. Pourtant, malgré toute cette rancœur et cette haine qui me consumaient, je le sentais, ce besoin de la retrouver, cette envie de lui parler. Mina... Malgré sa froideur, j'aurais eu besoin d'elle, et je sentais la fissure, la plaie tourmentée, qui se dissimulait derrière une façade coléreuse. Il ne manquait que la faille. La sienne.



 
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MessageSujet: Re: Hello from the other side   Jeu 9 Juin - 11:01



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La situation m’échappe. J’entre dans une seconde phase. Le dénie. Le miasme insipide de la ruelle m’a tournée la tête dans tous les sens, et me voilà en train d’halluciner. Sûrement via un enchantement. Oui, c’est ça. C’est un foutu coup du sort. J’observe résolument mon benjamin, ce frère qui me fixe placidement. Les sentiments sont sûrement nombreux dans sa caboche, ça se bouscule, ça s’entortille. Mais ce qui transparaît le plus, c’est l’antipathie. C’est la colère. Une foule de ressentiments qu’il se permet d’exposer devant ce gosse victime d’un traumatisme important. S’il n’était pas de sa chair et de son sang, elle lui en aurait collé une. Mais la rouquine cesse tout mouvement, toute respiration futile. Sa poitrine reste figée. Et au fur et à mesure qu’il m’accable de ses mots rancuniers, le gosse s’accroche à mes jambes. J’enroule un bras autour de lui. Ma température corporelle est sûrement stable grâce à mon repas précédent. Le voilà qui ânonne dans notre jargon natal, crachant ses critiques que j’encaisse sans broncher. Mes opales hyperboréens observant ce frère qui m’a tant manqué. Je pourrai me sentir blâmable, mais mon absence totale d’âme au fin fond de ma carcasse tombale m’en empêche. Il y a des sentiments que je regagne, parfois. Comme la joie de le revoir, présentement. Pourtant, le sentiment de culpabilité … Il m’a totalement quitté. Peut-être est-ce simplement parce qu’il était quasiment absent de tout mon être alors que j’étais encore humaine.

Alors pourquoi, pourquoi est-ce que perçois la crainte d’un rejet pur est simple ? Pourquoi ai-je envie de prendre mes jambes à mon cou pour éviter cette cruelle désillusion ? Cette rancœur est de mon cru. Je l’ai sustenté, en fuyant et en respectant les choix de Marius à défaut de ceux des De Santis. Aujourd’hui encore, je sais que j’ai eu raison. Ofélia aurait sûrement tenté de le tuer. Elle aurait sûrement échoué face à un vampire aussi séculaire. Le choix qui se serait infligé à moi aurait alors été épouvantable. Malgré la rancœur que j’éprouve aujourd’hui pour mon sire, jamais je n’aurai supporté de le savoir changé en tas de cendres. Ryodan achève sa tirade, plus proche à présent de nous. Il se penche ensuite, s’adressant au petit homme qui s’accroche avec force à mes jambes. J’observe le regard planté au-dessus des deux joues encore bambines. Ses pupilles vont de mon frère à moi, de moi à mon frère … Il n’ose pas remuer. Je sens ses petits ongles figés dans ma chair, à travers mon pantalon. Ce n’est pas le moment de parler. Ce qui m’agace. Mais j’inspire longuement, avant de lâcher dans notre langue natale.

« - Oui, petit frère, demande-toi qui de nous deux est le plus dangereux pour lui.

L’humain miraculeusement immortel, ou la bête assoiffé de sang ? La question est purement rhétorique, voir paradoxale. Car nous avions tous les deux eu le même réflexe. Nous précipiter vers les cris de l’enfant pour le préserver. S’il est anormal, il est aussi empathique que moi à l’égard de l’enfant.

- On doit appeler la police, la nuit va être longue, je reprends dans un Français parfait.

J’ai toujours aimé emprunter l’accent des langues que je cultivais. Juste pour le plaisir de me fondre dans la masse, d’impressionner mes interlocuteurs et de me pavaner. Mais avec le temps, tout est devenu naturel. J’inspire profondément, tentant de détacher les doigts du petit, ce qu’il refuse catégoriquement de faire.

- Tu sais qu’en général, on me fuit ? je lance en souriant, on doit y aller. Je peux au moins te porter ? On va t’emmener à l’hôpital, d’accord ?

L’exercice est délicat, il me faut bien dix minutes pour qu’il accepte enfin de se dégourdir les doigts. Son petit palpitant bat avec force dans sa poitrine. L’étaux de ses bras s’enroule finalement autour de ma nuque, et je sens son petit corps tremblant se serrer contre le miens. Cette douleur-là, je la connais bien. Cette peine que la petite âme d’un petit être parvient à me transmettre. Je mords mes lippes gonflées et rougies, serrant l’enfant contre moi tout en jetant un coup d’œil à mon frère.

- Tu viens ou tu restes planté dans ce bourbier puant ?

Je tourne déjà les talons, pressant le pas jusqu’au prochain hôpital.


----

Plus de deux heures, deux heures pour faire comprendre au gamin qu’’on’ reviendrai le voir. A batailler pour le rapport de Police et avoir enfin l’opportunité de souffler loin de toute cette cacophonie. Et nous voilà, plantés eu milieu d’une rue de Paris. Je ne sais même plus où, ni comment. Tout ce que je sais, c’est qu’après plus de trois siècles, le visage de mon frère est froid. La dernière fois que nous nous observions, je portais un voile sur ma crinière rousse.
Son visage est glacial. Autant que le miens.

- Tu veux boire quelque chose ? »

La dernière que je l’ai vu. Il me souriait.
C’était mon dernier face à face avec lui.




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MessageSujet: Re: Hello from the other side   Mer 31 Aoû - 14:31

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